Suite des aventures du label Black Shoes Records. Après Arch Woodmann, voici Every Man Has Your Voice. Renonçant à tout effet électrique, Every Man Has your Voice se limite volontairement à l'usage d'instruments acoustiques comme la guitare, le ukulélé, le glockenspiel et autre mandoline. On peut craindre que ces ingrédients rudimentaires limitent assez vite le potentiel du duo. Pourtant, les compositions sont loin de tourner court et procurent un bonheur inattendu. Every Man Has Your Voice dévoile un talent d'écriture pour les mélodies frêles et fragiles laissant par-là même ..é toute comparaison facile avec leurs pairs. Entre l'entrée en matière "
I'm not mad" dont Zach Condon pourrait être l'auteur et "
Dear You" qui pourrait faire figure d'inédit de Nick Drake. Every Man Has Your Voice vous emmène dans un climat folk intimiste et plein de nuances. C'est comme si votre groupe préféré faisait "
un concert à emporter" rien que pour vos oreilles. Un nouvel EP sortira avant l'été. Composé de six morceaux celui-ci sera plus instrumentalisé grâce notamment à plusieurs collaborations (George Adamski, Hope and Belief Collective, I Come From Pop, Ched Helias). En attendant, vous pouvez vous procurer leur premier EP en leur adressant simplement un mail.
http://pretentiousasshole.blogspot.com/ :
EVERY MAN HAS YOUR VOICE S/t CD-R
Projet solo d’un membre d’ARCH WOODMANN. Jolie folk américaine sans batterie. Les cordes sont au centre de la discussion. La voix est chaude et réconfortante. Ca me fait parfois penser à KINGS OF CONVENIENCE, les refrains tubesques en moins. Ouep, je trouve ça très cool dans l’ensemble mais je regrette vraiment l’absence de catchiness (sauf sur Life Under Water, terrible). Merde, y’a bien moyen de faire cinq hits qui tuent, avec un potentiel pareil. Alors ouais, j’espère que ce sera le cas la prochaine fois, hein. Excellent début, en tout cas. (Black Shoes)
http://www.danslemurduson.com/archive/2009/06/20/live11-les-boutiques-sonores.html :la Péniche Cinéma le 5 juin 2009
Sur
la terrasse on fume. En bas on regarde le ciel, la péniche n'ayant pas
été entièrement recouverte. En tout cas de toute part on subit la
proximité sonore du Cabaret sauvage. Mais sur cette péniche les
spectateurs profiteront goulument du programme concocté par Les
boutiques sonores.
[...]
Every man has your voice
est pourtant un projet parmi d'autres. Jérémie tient aussi la guitare
chez Arch Woodmann.
Quelle
joie d'assister à de telles surprises. Car sans en faire des tonnes, le
duo ajoute à des morceaux impeccables une présence bon enfant, un
détachement qui crée la connivence sans verser dans le second degré.
Ajoutez que ces deux garçons sont scandaleusement sympa, vous avez un
bon point de départ. Sans doute les musiciens de talent sont-ils bons
partout où ils passent. Jouer dans différents entités les libère
probablement de la pression, mais aussi de l'obligation de se chercher,
de faire des choix.
On pourra citer quantité d'influences, et
faire défiler toute la généalogie de l'anti-folk, Moldy peaches en
tête. Le tout n'est pas d'avoir bon goût, encore faut-il y puiser de
bonnes chansons. Et quel que soit l'instrument qu'ils touchent, ces
deux là savent lui faire dire des mots doux. De bout en bout on a le
sourire accroché aux oreilles. Ils savent gratter, pousser un accord
juste un peu plus longtemps, juste ce qu'il faut, et quand Christophe
pousse un peu la voix elle prend des teintes qu'on veut réentendre.
Pour la première fois, sur certains morceaux, je pourrais comparer des
garçons à Cat Power. Que ce soit par les arpèges à l'andalouse ou par
la basse d'un vieil harmonium, les sons se nouent autour de mélodies
qu'on emporte avec soi. Tout est juste, dosé, et on oserait même croire
que l'ombre des Pale fountains leur tapote amicalement l'épaule.
Chapeau
et longue route. On attend avec impatience ce nouvel EP que vous nous
annoncez chez Black shoes records pour la fin de l'année.
arbobo
Le petit monde indé parisien bruissait:
l’Espace B.,
ex- « haut lieu » du blues/ death métal hardocore goth réouvrait hier
ces portes après un léger ravalement de la salle et surtout une sacrée
révision de ses acteurs et de sa philosophie. Leur vision? (je cite là
leur myspace) :
- Travailler avec les labels sur des événements isolés, des
résidences ou des micro-festivals dans une logique d’accompagnement des
projets artistiques -Favoriser l’expression créative, sensible et
organique
- Favoriser l’échange avec les structures de province française ou
étrangère (Rennes, Nanters, Bordeaux, Glasgow, Reykjavik, Dublin,
Alger, New York…))
Là, j’applaudis des deux mains (fini le limonadier fan de blues, de
pizzas et de canevas représentant des femmes nues) et je fais des pieds
de nez à ceux qui vont voir The Dirty Projectors pour aller prendre la
température du lieu, d’autant que je sais que le programme de la soirée
n’aura très certainement rien à envier en termes qualité à celui de la
Maroquinerie. Le premier « espace » du lieu tient encore du bistrot PMU
mais la salle du fond a maintenant plutôt belle figure et comme en
attestent les inscriptions au mur ( »l’abus d’alcool est à consommer
avec modération » par exemple), la volonté d’Erik, Jay et Guilhem est
d’y faire régner une ambiance d’entre potes. Pari qui semble réussit
d’emblée, parce que ce n’est pas juste parce que je retrouve plusieurs
têtes bien connues que je me sens d’emblée à mon aise, impatiente de
découvrir «
Every man has your voice » que je n’avais jamais vu en live.
Composé de Jérémie (qui joue de la gratte chez Arch Woodman) et de
Christophe, et pour la première fois hier avec la participation
d’Andrea Perdue, Every man has your voice consacre un son qui si on l’a
un moment et injustement catégorisé « folk.Point barre » trouve au
contraire des résonances multiples aux confins du rock, du post rock,
de l’expé, de la noise ou du blues pour distiller quelque chose bien à
lui, riche et abouti, qui sait créer une osmose réussie entre mélodies
et légères dissonances. La complicité entre les membres est tangible et
communicative et le duo/ trio conquiert d’emblée notre sympathie et ne
cessera de faire preuve d’autant de simplicité que de spontanéité dans
sa prestation.
Moi qui suis un rien lassée par le 100% pur folk acoustique, et des
originalités ne consistant qu’en quelques notes de Glokenspiel, je me
réjouis direct de voir que Jeremie commence par bidouiller, triturer sa
guitare électrique qu’il tient sur ses genoux et que Christophe est une
joueur de ukulélé hors du commun qui sait extraire la substance
purement ludique de son instrument pour le rendre complétement
convaincant dans des morceaux profonds, subtils, graves et raffinés
(faisant de Dent May un petit rigolo popeux, c’est dire…)
Guitares,
donc, souvent jouées, ciselées qu’en est leur jeu, à l’andalouse, mais
aussi xylophone, toy harmonium, percussions organiques ou encore effets
de pédales bien sentis révèlent un goût certain et assuré pour les
orchestrations travaillées et les arrangements entre ombre et lumière à
la Grizzli Bear sans pour autant perdre de racines dans l’anti folk new
yorkaise. Les effets choraux enrichissent cette impression
d’harmonie
complexe et inspirée.
Ainsi portée par des choeurs mixtes hâbités, sensibles, à la fois
puissants et vaporeux, la voix de Christophe, qui – c’est une chose
assez rare pour le signaler, chante dans un anglais impeccable,
s’impose par une grâce toute particulière, fruide, grave ce qu’il faut,
parfaitement maîtrisée. On est souvent proche d’un univers
mélancolique, sombre et onirique à la Castanets où se glissent les
ombres de Nick Drake ou Sufjan Steven. Toutefois, Every Man has your
voice a le tact de ne pas se complaire dans l’éthéré de la folk et
emprunte avec tact aussi bien au post rock instrumental intense et
planant façon Jonsi et Alex qu’aux sonorités pop tropicalisantes de
Foals en embrassant un large spectre de tonalités sonores et
émotionnelles.
La chanson « How Could I » (ce doit être vraisemblablement le titre)
illustre parfaitement la force de frappe du combo dont la musique
touche au coeur, émouvante sans pathos, sans effet tire larme
outrageux, évoquant aussi bien un José Gonzales gonflé à l’électrique
que les envolées lyrico progressives de Radiohead.
Bref, sans mauvais jeu de mot – quoique…, Every Man Has Your Voice a
très nettement voix au chapitre sur une scène indé qui semble parfois
sclérosée par les classifications et manque d’inspiration. Ils seront
le 20 septembre à l’International, le 23 en première partie d’Anna
Ternheim à l’Alhambra et le 26 aux Disquaires.
Laure