Vendredi 30 octobre, 9h30 :
Hier, je suis allée à un concert, phénomène devenu rare, Caroline à un concert, ou encore Caroline dans un bar à Annecy et surtout Caroline dans un bar à Annecy la nuit et qui plus est Caroline à un concert dans un bar de nuit à Annecy (oui, et il y a aussi
Caroline et ses amis, avec Boum, Pouf, Youpi!... mais ceci est une autre histoire).
Oui j'ai dormi 3h alors bon.
Non pas que cela ait fini tard mais après le 1er set, on est allé se promener, oui, "on", et on n'est pas revenu.
Oui parce que déjà que je ne "sors" plus depuis des mois à Annecy, si en plus il faut que ce soit pour aller seule dans un bar, j'ai peur.
Et c'est officiel, je ne connais plus personne à Annecy, dans les bars.
Voilà bien un an que je n'avais fait ce genre de chose, une soirée café-concert, alors que je me souviens d'une époque jadis lointaine où cela m'arrivait souvent et les gens, après un petit temps d'accoutumance, avaient pris l'habitude de me voir dans les bars. Ils n'avaient donc plus peur et moi non plus.
Mais là, la bête ressort de son trou après une longue absence, on l'avait un peu oubliée celle-là, on était bien tranquille et voilà qu'elle ressurgit dans la nuit et oh, mon Dieu! Qu'est-ce qui se passe??! Que va-t-il se passer??!!!
Voilà, on ne se connait plus, on est à Annecy, ville de culs froids (oui, d'habitude on dit "ville de bourges", "ville de vieux" ou "ville de vieux bourges" mais je me suis dit que j'allais changer, pour l'occasion). Et ce ne sont pas les groupes de rock venus d'ailleurs, d'Espagne par exemple, ou de Suède, et qui ont eu joué à Annecy, qui vont me contredire, n'est-ce pas, vu qu'ils sont tous déjà loin.
Mais je suis contente, on ne m'a pas jeté de cailloux. On a donc été gentil (ce "on", n'est pas le même que celui du "on est allé se promener", bien que ce on là ait aussi été gentil, alors que lui aussi aurait parfois bien des raisons de me jeter des... bref). Oui parce que je considère que tant qu'on ne me jette pas de cailloux, tant qu'on ne me dit pas "Dégage !", c'est déjà qu'on a un bon seuil de tolérance et qu'on est donc bien gentil.
Donc ce fut une gentille soirée.
Le Ruby's était bien rempli, des gens dansaient à 2cm des micros en renversant gaiment leur verre, de la bière fut même projetée jusqu'au plafond, il y avait de l'ambiance, tout le monde était content.
Les
Black Flowers, en plus d'être capables de réchauffer joyeusement un bar plein de culs froids dans des conditions acoustiques rudimentaires, sont devenus en quelques années de pratique, on peut le dire simplement, de bons zicos. Je fus contente de pouvoir constater cela de mes yeux et de mes oreilles, cela et quelques petites choses plus ou moins futiles, par exemple qu'Hugo a toujours autant de cheveux, que Romain en a beaucoup plus, que Davis semble être resté égal à lui-même tout comme Ben, toujours aussi bon guitariste à chaussures très rouges et très pointues.
Seul bémol, les lignes de chant restent peut-être un petit peu à travailler, à étoffer, idem la voix, qui pourrait gagner à se faire raviner au cours de chant, au whisky et aux cigares... A moins qu'on soit vraiment très attaché à un style de chant euh, punk-hardcore!? Et qu'on vise à développer quelque chose du genre scream'n roll? plutôt que datsunien ou mothorheadesque.
Oui, on ne me refera pas. Moi, je vous jure, j'essaye de faire des efforts pour devenir plus gentille, un peu plus douce et diplomatique mais mon côté "tacle à la carotide" (dixit un Stanley Kubi) reste bien accroché. Incrusté.
Me pardonnera-t-on un jour?
Ah!
Je choisis spécialement le titre de ce texte en l'honneur de mon neveu Thomas, âgé d'un peu plus de 2 mois, parfait symbole d'innocence et de pureté qui régurgite pourtant beaucoup sur l'épaule tendre et aimante de sa maman, et parce que j'essaye d'être gentille moi aussi, vous dis-je, et que je veux bien aller jusqu'à tendre le bâton pour me faire battre. C'est de bonne guerre.
Enfin, j'en rajoute avec une vidéo massacrée qui atteste bien de la fin d'une ère: je ne joue plus des coudes pour me mettre tout devant, je ne brandis plus mon appareil très discrètement à un mètre au-dessus de tout le monde pour que lui au moins puisse y voir quelque chose, et non, je ne monterai jamais sur les comptoirs.
Rideau.
Non mais en vrai, je retournerai peut-être encore à des concerts dans le coin...
Et j'ai toujours un blog.
Attention, attention!
(par contre mes plus vieux sites web ont disparu avec leur hébergeur il y a quelques jours, paix à leur âme)
Quant à ceux qui se demanderaient ce que je vais faire maintenant que je ne chronique plus, que je n'ai plus à essayer de répertorier les mille et un groupes d'Etienne, à enquêter sur la sortie du second album des Capush, à m'acharner à définir le style d'Antioche Kirm, à écouter Ju parler de Thoreau jusqu'à plus d'heure, à retracer la généalogie de TAT sur 7 générations, à me lamenter sur le split des Lutins Greluts ou des Rhesus, à suivre les Rosemary d'Héry sur Ugine jusqu'à Charleville-Mézières, à trouver la façon de vous parler des Varsovie sans trop vous en parler, à guetter l'apparition des successeurs des Coming Soon et autres Longwood's Cluedo, à harceler Gallien pour qu'il joue dans la rue... Bref, aux deux ou trois égarés déviants qui auraient loupé les précédentes notes de ce blog, la mise à jour de ce profil ou de la page d'accueil de
tamazic.net (dont j'avoue avoir hésité à renouveler l'hébergement cette année) et qui pourraient sincèrement se demander ce que je glande, et bien par exemple hier à 21h37, avant de partir de chez moi, je profitais d'un moment de battement pour écrire, à peu de choses près
ceci, qui n'a vraiment rien à voir, non non.
Samedi 31 octobre, 8h:
Oui, je suis une lève tôt, même quand je me couche à pas d'heure 2 jou... nuits de suite. Trop fort.
Du coup, après avoir parlé de Motorhead hier, ça m'a donné envie d'écouter Ace of Spaces et là je suis plongée dans l'album du même nom sur deezer (c'est bien, deezer, quand même, ça ne fait pas gagner d'argent aux groupes mais, au moins, ça ne leur coûte rien non plus, c'est toujours bon à savoir) et donc je suis contente.
Je reviens au clavier vu qu'hier je suis encore allée à un concert à Annecy et que cela mérite bien deux mots de plus.
Cette fois, c'était au Brise-Glace, qui n'a donc toujours pas coulé.
Pour les concerts au Brise-Glace, on peut acheter ses places à l'avance et alors ça coûte moins cher, on peut même prendre une carte d'adhérent et alors ça coûte encore moins cher et en plus ça rapporte un cadeau, c'est donc ce que je suis allée faire hier aux alentours de 18h, ce qui m'a permis de me faire accueillir par la voix si sexy d'Yves Blanc, vu que la très accueillante damoiselle de l'accueil écoutait un podcast de la Planète Bleue, émission fort éclectique et classieuse parsemée d'info utiles pour ceux qui se préparent à l'apocalypse (si si).
Bref, hier soir, au Brise Glace, ce fut guinchant.
Jouèrent en première partie, pour des raisons de kilométrage illimité et d'arrivée tardive (Oberstdorf-Annecy: 500km), les têtes d'affiche: les
Firewater, livrés par le tourneur annécien Soyouz, notre fournisseur d'étrangetés pour Annecy et l'Europe.
Voilà donc un groupe venu de loin et à les écouter, on se demande vraiment d'où exactement. Leur myspace indique New-York, Indonésie et Turquie mais à vue de nez on pourrait facilement ajouter Londres, Moscou, Mexico, Pakistan et Roumanie. Le chanteur évoque un Bertrand Cantat qui aurait rangé sa rage dépressive pour devenir chef de fanfare hyperitinérante, comme un ex-punk british à la voix bien rocailleuse, tellement motorheadesque, elle, ou Blues Brotherienne que je ne pus m'empêcher de penser que l'album des Firewater serait à offrir au chanteur des Black Flowers, avec pour chaude recommandation qu'il s'amuse bien à chanter tout ça, histoire de bien se décomplexer la voix à fond.
Et le plus fort, en fait, c'est que tout cela se fait sur scène sans tout un capharnaum d'instruments exotiques. Il s'agit juste d'une formation rock agrémentée d'un trombone, d'un brin de percus et parfois d'un dohol. Mention spécial au dohol, d'ailleurs, ça a de la gueule.
Et bien sûr, rien qu'à la façon dont les gens dansent sur cette vidéo, on devinera qu'il ne s'agit pas d'annéciens, n'est-ce pas. Ce sont des Autrichiens, en fait. Bref.
En deuxième partie de soirée, s'en vinrent les
Delavegas, "vieux" pilliers pas du tout effrités, tout juste bien patinés, de la scène locale.
Ah! La nostalgie des westerns, Enio Morricone, la country, le banjo, la slide, le vent, les grands espaces, les horizons qui s'effacent, ah... Oui, même à Annecy, on peut être hanté comme ça par ce genre de choses, par tout un tas de choses d'ailleurs, plus ou moins troubles et tragiques et avoir envie d'en faire des choses dansantes quand même.
Ah! Mais la pudeur annécienne me reprend...
Leur nouvel album, financé grâce à de généreux souscripteurs (la souscription c'est de plus en plus la bouée de sauvetage des "indépendants": c'est le principe du "tu achètes ton disque d'abord, comme ça après le groupe a les sous pour l'enregistrer") vient de sortir et c'est une autre bonne raison d'être content.