K. Ivanovitch était un chrononaute, psychonaute et voyageur au long cours. Il fut envoyé du 23ème au 21ème siècle dans le but de transformer radicalement la vision que l’Homme a du monde. A la fois artiste, scientifique et philosophe, sa mission était d’empêcher la civilisation humaine de connaître une fin apocalyptique, éclairer les cœurs et les esprits afin de sauver l’Humanité des désastres militaire, financier et écologique auxquels conduisaient irrémédiablement les schémas de développement aberrants adoptés par l’Homme. Cette page est un hommage anonyme à son combat désespéré contre la nature humaine.
Mandaté par la CRISA (Agence Informatique et Robotique Intergouvernementale de Sécurité), K. Ivanovitch refusera de mettre un terme à sa mission malgré la décision de sa hiérarchie et devint un élément « incontrôlable ». Il poursuivit son action dans les milieux de la contre-culture indépendante, expérimenta l’usage de diverses drogues et fit la promotion de la désobéissance civile partout dans le monde. On a prétendu qu’il s’était suicidé après un épisode dépressif et psychotique, mais il a en toute probabilité était éliminé. La plupart des dossiers concernant sa mission ont par la suite été détruits afin d’enterrer ce qu’on appelle « L’Affaire de l’expérience K. Ivanovitch ».
La majorité des travaux de K. Ivanovitch ont également été perdus. Les œuvres et travaux restants (quelques centaines de pages de notes manuscrites, des carnets de voyage et des comptes-rendus d’expériences scientifiques originales, des dessins, quelques toiles ainsi que des données numériques comprenant des vidéos, des photos et des fichiers son) démontrent son ambition artistique : créer une représentation inédite, différente du monde au travers de l’Art et des idées.
Sa découverte du chaînon manquant entre les préceptes de la physique quantique et la théorie de la relativité générale a fait de lui un homme célèbre dans son époque (il refusa le Prix Crisa-Nobel de physique en 2209). Chaoticien convaincu, K. Ivanovitch pensait que l’expérience cognitivo-sensitive de l’Homme pouvait être modélisée et travailla sur des équations non-linéaires à cette fin.
Sa quête de beauté et de complexité, sa recherche d’une créativité exacerbée dans l’écriture, la poésie, la photographie, la peinture et la musique l’ont emmené vers des frontières inexplorées. K. Ivanovitch a relaté avec précision ses expériences sous l’empire de drogues psychoactives tels que les amphétamines, l’ecstasy, divers hallucinogènes et dérivés de l’acide lysergique, ainsi que des drogues chamaniques issues de plantes enthéogènes (ayahuasca, iboga, l’ololiuqui ou la mescaline). Adepte du mouvement perpétuel, K. Ivanovitch a parcouru le globe dans le temps comme dans l’espace à la recherche d’expériences nouvelles. On pense qu’il a séjourné (i.e. vécu six mois consécutifs) en Finlande, Croatie, Malaisie, Angleterre, au Gabon, au Chili, et on sait qu’il en a visité une cinquantaine d’autres (tels que le Canada, la Papouasie Nouvelle-Guinée, la Chine, le Pakistan, le Brésil, le Japon, la France, etc).
La vie et l’oeuvre de K. Ivanovitch sont un combat contre la dictature idéologique des représentations simplistes et stéréotypées véhiculées par la culture dominante. Au cours de ses nombreux voyages, il a cotoyé des figures proéminentes de la contestation politique, telles que Noam Chomsky, Anna Politkovskaia et Garry Kasparov, Benazir Bhutto, Hu Jia ou encore Aung San Suh Kyi. K. Ivanovitch a mené dans plusieurs pays des mouvements de résistance contre le contrôle social, les lobbies pro-OGM et les brevets sur le vivant, la destruction de la biodiversité, l’oppression économique et politique du Sud et le mouvement global d’uniformisation des masses et des cultures dans une quête artificielle du bonheur fondé sur le consumérisme outrancier.
C’est à nous qu’incombe désormais de faire de la mission de K. Ivanovitch un succès ou un échec.
Ce sont nos actions individuelles et collectives d’aujourd’hui qui donneront forme au futur.