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sZent Itzvan.G

étienne Greib


Last Updated: 11/17/2009

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Thursday, July 09, 2009 
Brian Eno Here Comes The Warm Jets, Taking Tiger Montain (By Strategy), Another Green World, Before And After Science (Virgin/Import) De Brian Eno, l’histoire aura tendance à ne retenir que ce théoricien pénible de l’ambient-music, ce professeur doué cuisinant des plats végétariens aux enfants de Bono dans des cuisines designés par des architectes italiens. Qui penserait que cet homme a un jour construit (malgré-lui ?) des disques remarquablement inventifs, post-punk d’avant le pré-punk, essayé d’inventer une musique pop moderne avec les moyens du bord, ouverts de nouveaux mondes ? Qu’il influençât de manière palpable ou inconsciente, la totalité de la production actuelle, de l’écurie Kompakt aux groupes qui se réclament de My Bloody Valentine ? Les leçons d’histoire se donnent ailleurs (et les apports de Robert Fripp et de Fred Frith à la guitare électrique se discutent ici assez peu), mais qui ignore délibérément les rééditions de ces quatre albums n’a vraiment aucune volonté de pédagogie envers son lectorat. Les premiers albums d’Eno sont l’œuvre d’un type qui ne se contente pas de sa renommée au sein de Roxy Music, orchestre atypique mais fait pour briller jusqu’à en devenir salement clinquant, non. Dans le contexte, le milieu des années 70, les disques d’Eno sont comme des vignettes naïves dans des bouteilles à la mer qu’on ne retrouvera qu’un peu plus tard, des bulles d’explorateurs incompris, des tapis volants vers la modernité. Toute une génération de curieux y trouva d’ailleurs une nouvelle topographie de la musique enregistrée, une réinterprétation des cartes, des dogmes précédemment admis. Here Comes The Warm Jets est une pure perle de glam-rock contrariée, une vraie pépite. Les deux premiers morceaux inventent My Bloody Valentine et Talking Heads, Big Black et Chris Knox, Baby’s On Fire connaît de nos jours les développements hautement x-tasiés (Superpitcher)) que l’on connaît, et le morceau titre annonce les sommets d’Another Green World. Il y a plus de panache dans ce chef d’œuvre que dans les trois premiers Roxy, ce qui est peu dire. Indispensable. Taking Tiger Mountain (By Strategy) en est un peu le cousin bâtard, faussement anecdotique, un excellent disque pop annonciateur de Blondie (The True Wheel, le meilleur morceau de Le Tigre) ou de Bauhaus (qui reprirent Third Uncle toute honte bue). Another Green World est le socle du post-rock, une merveille absolue, peut être l’un des dix disques les plus beaux de l’histoire, s’ouvrant sur une série de morceaux pénibles (preuve en est que l’innéfable Phil Collins y fait quelques percussions…) mais ouvrant ensuite vers LES disques du silence (Labradford, Talk Talk, Bark Psychosis, Bed pour ne citer que les plus marquants…) sans négliger deux des plus belles pièces de songwriting jamais fournies par le cerveau alambiqué d’un simple fils de facteur (St Elmos Fire-repris en sous-main par Yo La Tengo et Superchunk, Ui et Stereolab- , I’ll Come Running). Cas particulier de disque qui mérite que l’on s’y arrête à plusieurs reprises avant de le savourer pleinement, -à l’instar du Rock Bottom de Robert Wyatt- pour en découvrir la grandeur, The Big Ship, Sombre Reptiles, Becalmed et surtout Spirit Drifting étant (ce que tout le monde ignore) les bonus tracks aphones du Closer de Joy Division. Before And After Science est un cas complexe s’ouvrant comme LE disque des Talking Heads (Remain In Light) trois ans avant qu’ils ne le réalisent (et que Brian Eno ne le produise), annonçant l’ouverture vers la world music et le sampling de My Life In The Bush Of Ghost avec David Byrne, mais en miniatures prétentieuses. Disque ardu (lire casse-couilles) mais fondateur Before And After Science ne vaut que par King’s Lead Hat qui est en fait le meilleur morceau de Franz Ferdinand et par la fin du disque (By This River, Through Hollow Lands, Spider And I) triumvirat de berceuses habitées mais inoubliables. Ces disque sont importants car ils représentent un tournant. C’est le rock qui devient adulte tout en redevenant ludique, Motown qui rencontre l’école allemande, avant de se prendre la tête. Brian Eno aura accompli beaucoup de choses, inventé la new-wave en tant que musique entr’autres, puis d’un geste péremptoire ré-instauré le silence comme un élément prédominant dans la musique moderne. À l’écoute de ces quatres disque-là on aurait presque préféré qu’il en reste là et se taise à jamais. Étienne Greib
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A Year With Swollen Appendices: The Diary of Brian Eno
By Brian Eno