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Dusty Springfield
Just Dusty
(A2B Media/ Import)
Dusty Springfield, vaste sujet… C’est probablement le toujours fringant Marc Almond qui en parle le mieux avec un lieu commun mille fois entendu (« elle aurait pu chanter le bottin ») mais qui résume à lui seul toute la portée d’une des plus grandes voix de soul blanche de l’histoire. Sauf que, de Burt Bacharach à Carole King en passant par Randy Newman ou les Pet Shop Boys, la grande Dusty, née Mary Isabel Catherine Bernadette O'Brien a chanté tout sauf le bottin. Et comme l’écrivait encore récemment dans le Times, cet esthète de choix qu’est Bob Stanley (Saint Etienne) : « la proximité et l’honnêteté de sa voix étaient parfois presque trop dure à supporter. ». Cette plongée au cœur du sujet s’en tient aux lieux communs, aux clichés que porte l’histoire de la star des sixties. On y constate qu’elle avait deux personnalités distinctes, à la vie et à la scène au point que quand elle voyait son nom sur l’affiche, elle n’avait pas toujours l’impression que c’était bien elle. Myope, capricieuse et perfectionniste, elle allait jusqu’à enregistrer ses voix mot à mot en studio. Elle fut aussi dès 1965, et c’est de la plus haute importance, celle qui introduisit la soul de Motown au cœur des foyers britanniques, invitant pour une édition spéciale du mythique Ready Steady Go rien moins que Martha And The Vandellas, Stevie Wonder, The Temptations, The Miracles et The Supremes. Elle gravera d’ailleurs quelques années plus tard un classique absolu du genre, Dusty In Memphis, sur la magie duquel on s’étend malheureusement assez peu ici. En revanche, rien ne nous sera épargné sur sa bisexualité et l’échec de sa carrière aux States, dégringolade assombrie par la drogue et l’alcool, et son retour triomphant (et pas qu’au niveau capillaire) dans l’Angleterre de la fin des années 80, assombri par une mort précoce (cancer du sein) à l’aube du nouveau siècle. On est en droit de trouver ce documentaire, un peu plat, un peu limité, un peu ronflant, en un mot : télévisuel. Mais on le conseillera tout de même aux fans, voire aux néophytes, rien que pour les versions complètes (en bonus) des classiques millésimés et éternels que sont I Only Want To Be With You, I Just Don’t Know What To Do With Myself et I Close My eyes And Count To Ten.
Étienne Greib 4/6
1:18 PM
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