Tournée, 5e partie : La suite
30 Avril 2009, nous partons pour le Cap d'Agde, sur l'A6, car ce soir nous dormons à Chalon-sur-Saône, joli port de pêche au nord de Lyon. Je suis malade, la crève, semi-extinction de voix... pffff... Vive le printemps !
Notre hôtel est totalement improbable, je l'ai trouvé pas cher sur internet, et le nom présageait d'une escale dépaysante : "Hôtel Syracuse". Il s'agit en fait d'un vieil immeuble ambiance Les Valseuses, au bord du fleuve, déco des chambre proche de l'internat, toilettes sur le palier et on se fait engueuler par la vieille réceptionniste parce qu'on parle dans les couloirs. Une des galères des concerts en province, c'est qu'on doit monter le matériel dans les chambres pour ne pas se le faire voler dans la voiture durant la nuit. Donc notre chambre ressemble vite à un entrepôt, même si on voyage assez léger aujourd'hui.
Départ pour le cap d'Agde le lendemain matin, toujours cette crève, ça craint pour ce soir... bah on verra bien... Allez, un Ricola...
Lyon, Nîmes, on prend au passage Jonathan à Montpellier, je ne sais pas comment on a fait pour faire tout rentrer dans la voiture, mais il faudra que je fasse réviser les amortisseurs de ma 206 après ça...
Arrivés au Cap d'Agde, on débarque pendant la balance de Benoît Dorémus. Il est 14h30. Puis c'est au tour de Berry, et ses musiciens géniaux (notamment Alice Botté, guitariste de Daniel Darc). Un autre moment bizarre des jours de concert : les temps morts. On glandouille jusqu'à 18h30, et c'est enfin à nous de balancer.
Le concert étant prévu à 19h30, le temps que le plateau se libère, et que l'on s'installe, il est 19h : heure où les organisateurs ouvrent les portes de la salle ! On se retrouve donc à faire un mini sound-check en public, exercice périlleux, et ma voix qui n'est pas au top...
Finalement on descend de scène 1/4 d'heure, et c'est parti pour notre set, qui sera relativement court (35 minutes). C'est cool pour une fois de jouer devant une salle pleine (environ 250 personnes), même si les gens ne sont pas vraiment là pour nous (à part Virginie, notre manageuse, et Valy, venue spécialement de Montpellier).
J'arrive à faire chanter un peu les gens sur Aquagym (vidéo sur notre page), et c'est déjà fini ! Tout ça pour ça... ;-)
On dîne pendant Dorémus, et je regarde avec intérêt le très bon concert de Berry. Fin de soirée, Je donne des badges Fletcher à tout le monde, et la salle va fermer pour la nuit. Patricia, l'organisatrice du festival, m'assène alors : "vous avez un hôtel ?"
"Euh... bah tu nous avais pas dit que tu nous réservait une chambre ?"
"..."
On finit quand même par trouver un logement en ville, et c'est sous un soleil éclatant que l'on reprend la route pour rentrer vers la capitale. Nous ne verrons pas Mareva Galanter et Arman Méliès qui jouent le soir même... Tant pis.
Deux show-case isolés ensuite, le 9 mai au Mans (super accueil de Vincent à la Fnac, et du public, très sympa), et à Parly 2, en banlieue ouest parisienne, c'est à dire à la maison. La Fnac de Parly 2 occupe une place importante dans ma vie, car outre le fait d'être né à 200m de là, c'est le magasin où j'ai acheté quasiment tous mes disques depuis l'adolescence. Combien de fois ai-je traîné dans ses allées, en rêvant d'avoir un jour mon album en vente, dans le rayon "Chanson française" (plus jeune ça aurait été "Rock Indépendant" !) ? Ma grande activité était alors, en fonction du nom de mon groupe du moment et de l'ordre alphabétique du classement des rayons, d'imaginer où ils serait placé dans le présentoir, entre quels artistes.
Et voilà, ça arrive enfin, alors que le marché du disque dégringole, et qu'avoir son album en vente à la Fnac n'a plus la même signification qu'avant. Mais c'est la vie, et on est tout de même bien contents de jouer au forum de cette Fnac, devant nos amis et familles.
Le Mans
Parly 2
Début juillet, nous descendons à Bordeaux pour un concert dans un bar associatif "La Politique", où mon vieil ami bordelais Manu, ancien guitariste de mon groupe d'ado parisien "Duplex", me rejoint sur scène pour un duo. On reprend un de nos morceaux de l'époque : "Yesterday and Today", morceau beatlesien dans l'esprit avec doubles voix harmonisées. Bon moment, et nous allons boire un coup au St Ex ensuite, où un groupe d'electro-indus se déchaîne au sous-sol.
Manu nous héberge dans sa maison du Bouscat, et on le quitte le lendemain car on nous attend au Ferrailleur, à Nantes. Situé sur le quai des Antilles, c'est un nouveau quartier Nantais très sympa, avec plein de restos et bars. Nous jouons ce soir avec le groupe folk local "JJH Potter", dont le guitariste me laisse jouer sur son superbe ampli Vox. On se régale d'un coucher de soleil sur la Loire...
On termine le dernier morceau ("Nous sommes..."), et on monte dans les loges s'affaler dans les canapés... Mais le public nous rappelle, on ne s'y attendait pas, et on leur rejoue Aquagym de bon coeur.
Sympa.
La soirée se termine comme souvent dans le bar fermant le plus tard, et j'ai oublié le nom de celui où on échoue... spécialité maison : le rhum arrangé.
Aïe aïe aïe...
Pendant l'été, nous nous retrouvons pour répéter pendant une semaine dans une maison louée en Normandie. Nous connaissons bien cet endroit car on y a déjà préparé l'album. C'est parfait pour travailler car il s'agit du lieu à peu près le plus paumé de France, à côté de la petite ville de Conche-sur-ouche, au large d'Evreux. Outre les anciens morceaux que l'on revisite, on travaille un nouveau titre semi-instrumental, et on se familiarise avec une reprise, un morceau de Bob Marley qui me tient à coeur depuis longtemps, et que j'ai abondamment "popifié". Mes amis m'ont toujours dit que j'étais bon en "popification" de chansons d'autres styles musicaux... C'est déjà ça :-)
Pour casser la routine, nous passons une soirée à Cabourg, à 1h30 de voiture, et par ces temps de canicule, la manche à 19°C nous semble particulièrement bonne ! Retour de nuit après avoir fait un peu de pub dans un bar de Cabourg, Nicolas ronfle à l'arrière.... Répétition, barbecue, balade dans les champs, foot en tongs, bataille rangé de polochons au milieu de la nuit (chambre "section rythmique" contre chambre "mélodistes") et le séjour bucolique s'achève.
Les 4 et 5 septembre se déroulent à Poitiers. L'ambiance est bonne car nous venons d'apprendre que Stéphane Bern nous invite dans son émission "Le Fou du roi" sur France Inter le 16 septembre prochain pour jouer "Aquagym" en direct !
L'équipe du Pince Oreille nous reçoit chaleureusement dans leur café concert ô combien sympathique. Mylène, Rémi et Aurélie, merci pour votre accueil ! Le grand luxe est de loger dans l'appart juste au dessus du bar, avec salon et fauteuils en cuir, même s'il fait aussi office de fumoir ! Peu de monde dans les rues de Poitiers ce vendredi soir, heureusement le Pince se remplit suffisamment et le concert se passe bien. Nous faisons la connaissance de Lucile, étudiante à Poitiers, qui reviendra d'ailleurs le lendemain, car nous jouons deux soirs de suite.
Le samedi, je me rends avec Philippe au magasin Cultura pour un showcase acoustique. Je gratifie notre charmante hôtesse et vendeuse, Alexandra, d'un morceau du 1er album, "Alexandra", qui lui donne la joie de se faire chambrer par tous ses collègues. Ohhhh, Alexannndraaaaa...
Pendant ce temps Alex et Nico font la sieste... puis vont distribuer des flyers dans les rues de Poitiers. Où bien vont au bistrot, je n'ai pas réussi à savoir...
Le concert du soir est énergique, avec des titres comme Marin ou 15 heures, et la soirée se finit tranquillement autour des quelques verres à moitié pleins, et traditionnellement bientôt vides...
Anthony, 7 septembre 2009
Photos Anthony