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BLACK Critique par Drew Mc Weeny sur HitFix. lien : Le texte d'origine (en anglais)
Finalement, je pense que je vais devoir écrire plus tard ma critique sur "Black dynamite" que j'ai vu à Sundance. Après avoir vu "BLACK", le film français projeté à l'une des séances de minuit au "SXSW" à Austin, je crois que je peux enfin exprimer clairement pourquoi le dernier Sundance ne m'a pas complètement satisfait. Ce n'est pas grave, quoique… quiconque aime vraiment les films des noirs américains des années 70 sous tous leurs aspects, avec leurs hauts et leurs bas, va se régaler dès qu'un distributeur américain aura décidé d'acheter ce qui pourrait bien s'avérer un immense succès, un film qui parvient à mêler les croyances mystiques africaines, les séries B avec des noirs, un hold up angoissant, dans une œuvre réellement originale. Je l'ai adoré et je suis prêt à parier que d'autres l'adoreront aussi. MC Jean GAB'1 (tout admirateur du jeu d'acteur de Jean Gabin adorera sûrement ce nom de rappeur), est sans doute un personnage très familier pour les fans américains du genre, un des salopards de Banlieue 13, mais à voir sa prestation d'action dans ce film, j'adorerais voir ce type révélé comme star internationale. Il a une gueule et il est capable de porter à bout de bras toute l'action du film, avec conviction, tout en apportant toujours une subtile pointe d'humour à ce qu'il fait. Il n'est pas simplement là… Ce type est parfait là-dedans, un excellent acteur en tant que héros de film d'action. Carole Karemera a tout autant de présence physique, elle est tout aussi solidement bâtie, et elle est la partenaire idéale face à Hean Gab'1. Elle joue le rôle de Pamela, une femme dont le sort est complètement lié au sort de BLACK, le personage interprété par Jean Gab'1. La combinaison entre les deux est une des raisons majeures que le film fonctionne. Ils ne se rencontrent pas vraiment pendant le premier tiers du film, mais une fois confrontés, c'est immédiat, presque électrique, et le film (qui était déjà très bon jusque là) fait un bond en avant qui amène encore plus haut. De quoi s'agit-il alors ? Black est un braqueur de banques à Paris, et le film débute sur un hold-up complètement raté. Black est le seul qui parvient à s'enfuir. Que faire? Comment se cacher? Il est en train d'essayer de prendre une décision lorsqu'il reçoit un appel téléphonique d'un lointain cousin qui vit à Dakar, au Sénégal, qui veut lui proposer un gros coup. Il travaille dans une banque et il vient juste de voir quelqu'un qui déposait pour des millions de dollars de diamants non taillés. Il s'agit d'une vieile banque à la sécurité défaillante, et dès qu'il lui décrit la situation, Black rassemble une équipe et part pour l'Afrique. Lorsque, suite à diverses circonstances, Black rencontre Pamela - qui travaille pour Interpol - tout devient à la fois très dangereux et très étrange tandis qu'une prophétie d'antique tradition et le travail d'une police tout à fait moderne les amènent à rencontrer un mystérieux personnage connu sous le nom du "Serpent". C'est ici que BLACK est vraiment stupéfiant. Oui, il rend hommage aux "séries B" en termes d'archétypes, de jeu des acteurs, de vibration… mais il ne tente pas de contrefaire un film standard des années 70, ce n'est pas une parodie. Il n'essaie pas d'imiter ces vieux films. Au contraire, il est très moderne, très habile. Et la bande-son parvient à maintenir le son funk des années 70 tout en utilisant des arrangements plus modernes, mélangeant un peu tout cela ensemble pour faire monter la sauce. C'est un film qui a compris que la Blaxploitation n'était pas ironique. Il s'agissait de donner une capacité à des gens qui n'avaient pas l'habitude de se voir en héros de cinéma, qui n'avaient pas le droit de mener tous seuls l'action d'un film, à qui l'on ne donnait jamais de scènes d'amour à jouer. Le réalisateur Pierre Laffargue comprend de toute évidence l'attrait de ces films des années 70, tournant BLACK dans toute la splendeur du Panavision 2,35, maintenant l'action ferme et rude au lieu de la sur-chorégraphier ou de singer la manière dont on filme aujourd'hui toutes les scènes d'action. Il ne s'agit pas ici de chorégraphier, d'utiliser des câbles, ni d'avoir l'air décontracté… l'action est âpre et sans détours et sent la vieille école de la meilleure façon. Et, yeah… le film prend par moments quelques virages audacieux dans le cours de la narration. En particulier, il y a un choix dont on a discuté lors du débat hier soir; on disait qu'à l'origine le producteur détestait cela et qu'il ne voulait même pas laisser faire un essai jusqu'à ce que quelqu'un évoquât le nom de Jacques Tourneur, ce qui le réduisit complètement au silence. Ce que j'adore dans ce film c'est que, dès le début, il est impossible de prévoir ce qui va arriver, mais quand vous y repensez plus tard, vous y trouvez un million d'allusions et d'indices. Il s'agit d'un solide scénario de Lucio Mad et Gabor Rassov qui tire avantage des tenaces préjugés sur l'Afrique pour jouer sur l'attente du public, contrecarrant sans arrêt les prévisions des spectateurs sur le déroulement du film. Une fois de plus, "FantasticFest" et "SXSW" ont découvert une nouvelle perle. Hier soir c'était la pemière représentation mondiale de ce film qui ne sortira pas en France avant le mois de Juin. Cela veut dire que les américains qui aiment ce genre de films devront attendre encore un peu pour voir celui-ci, mais croyez-moi… cela vaut le coup. J'aimerais vois quelques autres épisodes avec les mêmes vedettes et j'espère que ce film aura suffisamment de succès pour justifier cela et pour que Laffargue soit remarqué en tant que réalisateur, ce qu'il mérite amplement.
Drew Mc Weeny. Austin, 16 Mars 2009.
1:49 PM
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