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Deux mini albums en 97 et 98, et Basement disparaît de la scène noise hexagonale. "Head On" et "Underneath" avaient emballé par leur noise incisive, dans la droite lignée de Jesus Lizard ou Cop Shoot Cop. Épaulées par Fred Norguet, leurs compositions exultaient et leurs prestations scéniques n'avaient pas grand-chose à envier aux Sleeppers, Portobello Bones ou à Condense. Il aura néanmoins fallu attendre la fin 2006 pour retrouver enfin ce trio de Libourne devenu quatuor avec l'arrivée d'un second guitariste. Basement n'a rien renié de ses aspirations tourmentées, ni rangé son énergie galvanisante aux oubliettes. La distorsion, la rythmique déstructurée (Slow Waiting) et la mélodie sont toujours là, transcendées par la production de Nicolas Dick (Kill The Thrill). D'entrée de jeu, l'impétueux Release Me donne le ton : hargne, fougue et noirceur. Et les huit morceaux s'enchaînent sans répit, mais avec sensibilité (voir notamment le vibrant Maelström, aux relents post-hardcore). Tout en tensions et tumultes, "Everything Gets Distorted" n'en oublie pas la mélodie, comme sur Sonar, à la construction typée noise hardcore, au refrain braillé, mais dont la gravité reste en filigrane. Le titre Train Fantôme, qui suit, casse inexorablement tout carcan que l'auditeur distrait aurait tôt fait de plaquer sur ce disque. Rien de linéaire ici : l'émotion se fait sournoise, l'énergie éclabousse violemment, impitoyable, salvatrice. Un retour inattendu et jouissif.
Catherine Fagnot pour Premonition
8:25 PM
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