ROCK ONE :
Les Franciliens nous auront fait languir et on est en droit d'exiger un résultat digne de l'attente.
Aujourd'hui, nous découvrons avec "Travelling In Travel", un disque de rock d'une classe rare. Savant mélange d'influences, Dysby a su digérer tout le meilleur du metal et du rock'n'roll pour en tirer une brutalité paradoxalement subtile, une lourdeur aérienne, tant d'éléments qui ont la bonne idée de s'entrechoquer là où d'autres se contentent de les juxtaposer. Un son purement international, des compos millimétrées et inspirées, réussissant le tour de force d'être à la fois complexes, mélodiques et accessibles.
Une baffe comme on aimerait en prendre plus souvent, on en deviendrait presque masochiste.
W-fenec.org :
Dysfunctional By Choice est de retour ! Espoir excitant au début du millénaire, les Dysby se sont éclipsés quelque temps pour nous revenir directement à leur zénith. Il sortent d'un brouillard magmatico-électronique ("Fog") pour nous rentrer dans le lard et si ce n'est qu'une "Alert" nous sommes déjà dans le vif du sujet. Avec Travelling in travel, les Parisiens continuent de mélanger plein d'influences ayant pour dénominateur commun le rock, chacun y trouvera des sons, des riffs qui pourront lui sembler familier alors que l'atout principal de Dysfunctional By Choice est clairement sa fraicheur, ils font preuve d'une inventivité rare et réussissent à assembler tout ce qu'on aime pour proposer un album neuf et douze occasions de s'éclater ! Et si ce puzzle d'idées forme toujours le même Travelling in travel, les pièces qui le composent seront différentes selon le background de chacun, par exemple, je ne suis pas sûr que beaucoup de monde tiltera sur le I'm on my own de "Pimple" et le connectera au "Unbeliever" de Therapy?...
Petits bidouillages, traficotages de sons, derrière une puissante base binaire, Dysby joue des arrangements, des ambiances et des effets, les plus audibles étant ceux apportés au chant (toujours en anglais) qui n'est que rarement servi "pur". Ainsi sur "Step & learn" une douce mélodie claire est assombrie par une voix robotisée qui s'ajoute aux riffs plombant l'atmosphère. Autre constante, c'est l'énergie qui habite chacun des titres, les rythmes et les cadences donnent un énorme dynamisme à des compositions qui nous dominent physiquement ("Travelling in travel (out of trap)", "Feedback disease", "Non reached lights", "Gotham"...), avec pour point culminant la dernière plage "Underworld", synthèse des sons (clairs, saturés, gras, graves, larsen...) sur un tempo plutôt mesuré qui pénètre en profondeur sous la peau. Dysby s'offre alors un autre voyage intérieur, plus personnel et mélancolique, une mise en abîmes plus mentale et personnelle que le rocailleux et bagarreur "Travelling in travel (out of trap)".
Si on retrouve des touches émo, d'autres industriels, des éléments pop, l'ensemble est avant tout rock n roll et comme on adore ça, le rock n roll, on est obligé de succomber ! Comme indiqué par leur nom, les Dysfunctional By Choice ne sont pas toujours en état de marche, là ils le sont foutrement.
ROCK MAG : DYSFUNCTIONAL BY CHOICE
Travelling In Travel_Gandhi's Revenge_37'19_18/04/08
Voilà maintenant 12 ans que Dysfunctional By Choice (Dysby, pour les
intimes) écume les salles rock de l'hexagone. Avec le temps, le rock des débuts influencé par Nirvana s'est affiné et Travelling In Travel nous place en face d'un groupe qui a véritablement trouvé son chemin.
Toutes les influences sont passées au mixeur pour délivrer un nectar unique, dans lequel les agrumes Rage Against The Machine, Tool, Helmet et Cult Of Luna ont été soigneusement broyés. L'atmosphère est sombre, les guitares tranchantes et la batterie martèle un rythme écrasant et sans concession. Quelques samples viennent ponctuer l'opus tandis qu'un chant rageur et torturé à la disto vient définitivement rompre avec certains liens pop du passé. Le Dysfunctional By Choice de 2008 est sanguin, venimeux et concasseur. Travelling In Travel fait mal et en fin de compte, ça fait du bien. T.M.
Visual music : par hillikus
Soyons honnêtes, la plupart des lecteurs de Visual-Music n'ont probablement jamais entendu parler de Dysfunctional by choice. "Dysfunctional by choice". Plus qu'un nom de groupe, un sacerdoce. Explosif, novateur, réfléchi. Puis disparu, donné pour mort, rangé dans la catégorie des bons souvenirs du début des années 2000. Enfin, ressuscité après avoir subi maintes retouches et bouleversements, et plus vivant que jamais.
Difficile de rentrer de prime abord dans ce nouvel effort de Dysfunctional by choice. "Travelling in travel" est un album très hétéroclite, le groupe n'a apparement pas voulu restreindre son champ d'action au rock à tendance metallisé ("Alert", "Gotham") et nous offre une palette de style très variée. Ainsi, la chanson-titre "Travelling in travel" tire son énergie d'influences punk très assumées; "Non reached lights" est un titre très nerveux, aux couplets post hardcore que n'auraient pas renié At the Drive-in, alors que "Pimple" est un véritable brûlot fusion, ente rap et hardcore furieux, où le chanteur pose son flow comme au travers d'un mégaphone saturé. Petite surprise sur "Feedback in Disease", qui n'est autre qu'un ancienne chanson de Dysby, "Frostbite", excellemment remaniée façon stoner rock avec notamment un riff monstrueux dans sa conclusion.
Pourtant, "Travelling in travel" n'est qu'un simple patchwork d'influences. Au contraire, c'est un album avec une couleur qui lui est propre. Les titres sont liés entre eux par des interludes faits des sons electro tantôt dissonant, tantôt très zen. Après plusieurs écoutes attentives de cet album, on remarque que ces sonorités electro se retrouvent en filigrane en arrière plan des différentes chansons de l'album, habituant l'auditeur à une sorte de thème sonore. Je n'avais pas ressenti une telle impression d'unité sur un album aussi varié depuis le très bon "Spanking Day" de Flying Pooh.
Et puis, il y a ce morceau étonnant, "Sleep and Learn". Titre instrumental aérien et racé… rythme lourd, riffs plombés… et pourtant d'une sobriété épatante. Son insoutenable légèreté prend litteralement aux tripes. Sans conteste, mon coup de cœur sur cet album.
Pour renforcer l'idée d'un ensemble cohérent, Dysfunctional by choice sort son album dans un magnifique coffret, explicitant le concept de « chute » qui leur est propre (Je vous laisse admirer l'objet plus en detail par vous-même chez votre dealer préféré). Parce qu'à l'heure où la musique se consomme morceaux par morceaux de façon totalement dématérialisée, il est bon de se rappeler qu'un album n'est pas une compilation de titres sans rapport enchaînés les uns à la suite des autres, n'en déplaise à Monsieur Bellamy.
Au final, Dysfunctional by choice propose une musique protéiforme sur un fond uni, pari risqué, exigeant mais qui s'avère payant au vu de la qualité de l'ensemble. Une démarche artistique déroutante et grisante.