"Holy Shit"
(Head Records)
Au-delà du jeu de mots avec une célèbre marque de bière américaine,
l'expression "mudweiser" désigne aussi "une chiasse de lendemain de
cuite" ou "un pick-up boueux". Ce qui indique clairement que ce groupe
montpelliérain n'est pas tout à fait composé de passionnés de poésie ou
de chanson française.
En fait, Mudweiser est composé de deux anciens Eyeless, d'un batteur
chevronné en frappe lourde et de Reuno de Lofofora au chant. Ils se
sont trouvé deux passions communes : le stoner (surtout Kyuss) et la
culture du sud des Etats-Unis. Ça donne Holy Shit, un album pesant,
opaque et massif. Les dix morceaux sont calibrés pour déclencher le
headbanging (ou la danse de Saint Gui), parfaitement agencés entre
l'agression oppressante d'un Down et l'agilité complexe du Kyuss des
premières années. Certes, ils auraient gagné en force et surtout en
épaisseur si la production avait été un peu plus consistante, mais les
morceaux se suffisent à eux-mêmes, avec un groove plombé et des riffs
lourdingues. Même lorsque Mudweiser s'essaye à la lenteur extrême
("Elvis Loves Me"), le résultat est très satisfaisant.
— José Maria.
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