Nous sommes au cœur d'une fête foraine, sur les lieux de tournage d'une émission de télévision racoleuse retraçant un fait divers. Tout le monde est là : les victimes, l'agresseur, la réalisatrice entourée de son équipe TV, et le narrateur qui porte un regard extérieur et qui guide le spectateur dans cette foire.
Le dispositif scénique recrée le lieu de cette fête foraine. A chaque stand sa mansion. On retrouve le stand de tir, le train fantôme, manège... Peu à peu va émerger de tout ceci la métaphore d'une exhibition monstrueuse du quotidien : le chamboule tout devient alors le défouloir d'un mari violent, le manège se transforme en scène de crime et le train fantôme en hôpital bien gardé. De cette foire se dessine progressivement une image de la vie alors que le tournage, lui, prend une dimension de plus en plus carnavalesque.
Sous la forme panoramique d'un espace de jeu de 23 mètres de long, les scènes et les tableaux se succèdent et se superposent. Entre théâtre forain et mystère médiéval, le dispositif laisse au spectateur la possibilité de se déplacer au fil des scènes ou de garder une certaine distance pour garder une vision d'ensemble.