MySpace
myspace music


POPNONAME



Last Updated: 12/22/2009

Send Message
Instant Message
Email to a Friend
Subscribe

City: COLOGNE
Country: DE
Thursday, December 11, 2008 



The Way of the dodo


Comme pas mal de gens j'imagine, je ne connaissais pas du tout Popnoname. Pourtant, l'année
derniere, son premier album avait renversé le coeur de pas mal de gens, ces derniers soutenant
la beauté de la galette, qui semblait impérissable pour une décennie. Bon, il faut dire que
depuis quelques années, avec tout ce qui était estampillé "Techno come from Allemagne", je
faisais vachement gaffe, presque traumatisé par une vague de disques impossibles à
ingurgiter, souvent estampillés d'un cinglant Minimale qui me refroidissait assez souvent.
Quoi qu'il en soit, même si le disque précédant était parti, selon les dires, pour devenir un
classique, Jens Uwe "Popnoname" Beyer a à peine mis un an pour nous balancer son petit
frère, le bien nommé Surrounded By Weather.


Attention, que les effrayés (j'en fais parti) par mon premier paragraphe contenant les mots
techno + minimale se détendent (en plus il n'y a pas Berlin, j'ai fais soft), Popnoname imprime
une recette bien différente des susnommés. Le patronyme lui-même choisi par Beyer pourra
parfaitement éclairer sur la direction musicale de son projet : Une pop sans nom. Une pop
masquée, dissimulée, qui ne veut pas se faire repérer, car l'idée d'un mélange pop et techno
fait encore plus peur aux puristes que le nouveau single de Hakimakli version fr. La musique
de Popnoname, c'est bien de la Techno. Une Techno candide, aérienne, cristalline. Qui dérobe
les mélodies de la pop, pour les fracasser sous un métronome monolithique. En plus, c'est
Kompakt qui distribue le bonhomme. Appréhensions annihilées.




Il doit y avoir une mode cette année, consistant à insérer des formes géométriques colorées
dans un décors quelconque, vu le nombre d'artworks reposant sur ce principes A l'instar donc
de Fuck Buttons, El Guincho, School Of Seven Bells, Pyramids ou Steeple Remove, entre
autre, Popnoname colle une curieuse structure aux faux airs de vaisseaux aliens en plein
milieu d'un panorama décrépi. Le livret assurera l'originalité avec un assemblage de cartes
postales formant une longue frise de d'horizons, de Moscou aux îles paradisiaques, en passant
par Montreal. Les lyrics seront sur le verso de ces cartes, écris à la main, et à peine plus
lisibles qu'une ordonnance faite par votre gentil médecin traitant.













Des Lyrics ? Oui, car Jens Beyer chante sur la plupart des titres. Comme si Sebastien Schuller
tentait de fricoter avec Technasia. D'ailleurs à l'entame du premier titre, 2012, on se
demanderai presque si un petit saloupiau de vendeur n'aurait pas échangé le disque dans votre
dos pour se venger de ne plus pouvoir reluquer la pochette du cd de The Sounds, parce que ce
dernier à été retourné au fournisseurs car les cds qui se vendent pas, faut pas déconner, on les
dégagent des rayons de la Fnac. Oui donc, étonnement, ce Cd estampillé Italic / Kompakt
commence comme un disque de Folk un peu enfumé, avec un mec qui chante, simplement
accompagné d'une gratte, et noyé dans les échos. On se laisse bercer, à moitié convaincu par
cette comptine, à dodeliner des fesses sur le béton d'une cours, avant qu'un gouffre s'ouvre
subitement sous notre humble séant : après une petite saccade, le morceau part dans une
Techno pure et cristalline, avec un beat bien appuyé mais cajoleur, le tout habillé de quelques
choeurs bizarres et autres litanies enjouées. La surprise résidait dans la rupture totale, ce grand
écart entre deux parties qui ne devraient normalement pas cohabiter. Alors le morceau va
tranquillement se dérouler, nous laissant le temps de profiter des nuages bien moelleux sur
lesquels nous rebondirons avant de s'envoler vers le soleil.

La première minute du disque sera d'ailleurs le seul passage du disque dénué de sonorités
électroniques, et Touch veut nous le marteler, démarrant directement sur un rythme martial, et
un Popnoname qui semble complètement s'étouffer à l'entame de son couplet, genre petit
oisillon qui veut chanter du Radiohead après avoir fait le marathon de Paris. Mais le gars se
rattrape bien, et aligne une phase tubesque à base de "Cash rich make a wish / Flash light
make it right / Smile feel make it real" qui parasitera longtemps les têtes. Le morceau, format
chanson, finira sur une ouverture assez belle, démultipliant l'organe de l'allemand pour en
faire une mini chorale, le tout sur les nappes de synthés qui vont bien.

C'est bien Id Card qui finira de nous convaincre d'aller nous rouler à poil dans les
cumulonimbus, très belle track, choisie à raison comme premier extrait de l'album (et qui
résume parfaitement ce que l'on pourra trouver dessus). La boucle hypnotique et duveteuse
qui tourne sans fin dans nos oreilles, secondée par une petite mélodie volatile, n'est pas sans
rappeler certaines perles de The Field. Le pied est surpuissant, et la basse fini d'enterrer les
oreilles. Beyer chante enfin d'une voix assurée, presque prophétique, alors que des choeurs
semblent épouser nappes et beats. Hop tu fais le con dans un ciel bleu éclatant, à te gausser de
voir le monde en miniature.
Même combat pour The Movement, jolie tech-pop éthérée, noyée dans des synthés cristallins,
et teintes vaporeuses, longue introduction planante, avant que le titre parte dans un bon trip
dancefloor, avec un rythme rehaussé et une bassline qui fera lever les bras de tous les gens
passant dans le coin.














"Hey les mecs, je sais aussi faire de la techno qui flingue les bassins !" semble d'ailleurs nous
dire Popnoname avec Crack, rouleau compresseur pour clubs, avec une base rythmique
énorme, surplombée une boucle massive et hypnotique, qui va se déplier pendant les trois
quart du morceau, se permettant de partir en grosses saccades histoire de filer le vertige. Des
notes angéliques tenteront bien de s'immiscer dans la fin du conflit, mais sans jamais
perturber ce dernier. Bourrin, le titre n'en est pas moins imparable.
Pas de chant, comme pour son camarade Perspective, plus long titre du disque (pointant dans
les huit minutes), sorte de négatif du précédant, alignant une techno céleste et limpide, entre
nappes cotonneuses et une harpe bizarre. Bref, azur et ses potes les nuages sont de retour. Et
ce n'est pas l'énorme break un peu Trance, avec ses synthés presque "pute", qui me feront dire
le contraire. La deuxième partie du morceau est plus enlevée, plus cabossée, t'écrase le corps
et le coeur juste avant de décoller. Bonheur.


Et après avoir privé deux de ses compositions de voix, Popnoname va charcler les rythmes de
The Smallest Part pour proposer la seule et vraie pop-song du disque. Une voix noyée dans
les reverbs, et surtout une sublime mélodie distillée par un synthé grave et claudiquant. Rien
de plus. Ca n'avance pas, ça n'évolue presque pas, et pourtant le morceau est un vrai diamant,
un intermède hors du temps, un vortex sonore. Je ne m'avancerai pas en disant que cette piste
est la meilleur de l'album, vu qu'elle en prend le contre-pied (dans la forme tout du moins)
mais on est pas loin.


Love proposera elle une très belle pièce d'electro-pop, en constante ascension, avec ce synthé
grandissant, avançant par strate, nous balançant directement dans l'espace dès que le rythme
reprend ses droits, et qu'une guitare acoustique vienne titiller la corde sensible.
La conclusion du disque, Storm en étonnera pas mal, en tapant dans le coté Trance soyeuse et
extatique, encore une fois superbe, bardée de nappes et de scintillements, le morceau
s'envolant à n'en plus finir, à griller la colonne vertébrale. Dès que Popnoname se met à
chanter, le titre chavire, les claviers s'enroulent sur eux même, ça brille de partout, on court
dans la neige avec un temps éclatant, à regarder ses potes éclater de rire en s'envoyant au
ralenti des boules de neiges, avant de partir dans une spirale qui transformera votre canapé en
véritable rampe de lancement destination Lune. On aura même le droit à un sympathique
morceau caché, qui interviendra non pas après dix minutes de silence, ni quinze, ni même
vingt, mais bien 25 minutes ! ( ?!?? le grand n'importe quoi...) Bref, cette petite pièce bonus
instrumentale, très réussie au demeurant, genre électro dans une caverne de glace avec des
anges dedans et un gros beat qui fait tout trembler, est évidemment condamnée à l'oubli.














Il faut quand même prévenir que le disque est un disque clairement Techno. Certes, matinée
de pop et autres litanies rêveuses, avec un chant omniprésent, mais Techno quand même. Les
réfractaires au genre risquent donc de ne clairement pas adhérer, même si le disque peut
permettre d'appréhender le genre avec douceur et évasion. Voir découvrir une pop bien
secouée, qui a rarement l'occasion de s'ébattre sur ce genre d'écrins. L'album est loin d'être
monolithique, et si la tendance est clairement au vol plané béat au dessus de pics enneigés, il
reste quand même plein de surprises, de mélodies en tiroirs et autres terrains escarpés. Il faut
imaginer, dans une fête foraine, le plaisir de courir dans un labyrinthe de glace, sans jamais se
prendre se prendre un seul miroir en pleine gueule.


A noter que la sortie digitale du disque (I-tunes, Beatport and co) est tronquée d'un titre,
Crack n'étant dispo que sur la version cd, qui a en plus le plaisir exclusif de contenir la ghost
track.


Surrounded By Weather n'est pas miraculeux en soi, mais reste une excellente galette,
proposant un mélange rarement aussi bien réussi (L'addition pop + techno est souvent casse-
gueule). Parfaite compagne d'un avant sommeil, la musique de Popnoname risque aussi de se
frayer un chemin pour tous ceux qui veulent se planter dans un canapé avec des rêves pleins
la tête, ou regarder le paysage défiler à bords d'un Tgv.

Voir adéquat pour déambuler tranquillement, proche du coma, dans une ville noire et
cradingue, en s'amusant à souffler de la fumée avec sa bouche. Quand il fait froid.



By Datura333
Evil

 
ich verstehe kein wort :(
 
Posted by Evil on Friday, December 12, 2008 - 3:59 AM
[Reply to this