G-Nox "Ventre" (M-Tronic)
De l'indus à l'ancienne (Cold Meat et co), en veux tu, en voilà ! G-Nox puise avec bonheur dans les vieux pots et vient martyriser nos oreilles de sons métalliques, distordus, répétitifs et brouillés à souhait.
Emballé comme à l'habitude du label dans un beau digipack à trois volets en papier mat, ce "Ventre" devrait en lessiver plus d'un avec ses percements aigus, ses superpositions de couches sonores épaisses, et ses rythmiques implacables et lancinantes (Ventre 1 part 2, Ventre 1 part 4), régulières comme les mouvements hypnotiques d'un pendule, entrecoupées, ça et là, de micro-plages de calme troublé agissant comme autant de contrepoints angoissés à la débauche de sons écrasants.
Claustrophobie primale, malaise envahissant, ce ventre enferme l'auditeur sans confort, le soumet à ses remous inextricables (Ventre 2), ses vacillements confus (les samples de voix entrechoquées de Ventre 1 part 5) et ses fluides acides déconstructeurs et corrosifs (Ventre 1 part 2) sans répit.
Pour ceux qui croyaient que le ventre était synonyme de retour intra-utérin reposant et idyllique, voilà une belle leçon d'ironie mordante, et pour ceux qui s'apprêtent à l'écouter, bonne digestion !
Célia Schneebeli - Août 2003