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Gaë Bolg



Last Updated: 8/4/2009

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Country: FR
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Wednesday, October 22, 2008 

 

 

La Nef des fous, excroissance deuxième (séquelles ferroviaires), sera créé le 18 Novembre 2008 au théâtre des bouffes du Nord (Paris, France) par l'Orchestre National des Chemins de Fer Français dirigé par le Grand Maistre lui-même.

La Nef des fous est un projet d’opéra multimédia librement inspiré de l’univers de la bande dessinée de Turf qui porte le même nom. Petit Roy, oiseaux qui ne savent plus voler, ritournelles obsédantes, Prince Putatif, enfermement claustrophobe et bestiaire improbable peuplent cette nef bigarrée aux couleurs oniriques criardes et grotesques.

Excroissance deuxième (Séquelles ferroviaires) est le deuxième extrait de cette œuvre à être interprété en public et est une commande de l’ONCF pour son 60ème anniversaire.

L’œuvre est construite autour de citations détournées de pièces musicales interprétées par l’orchestre au cours de son histoire, en particulier l’horrible et vulgaire Chant des chemins de Fer d’Hector Berlioz .

Séquelles ferroviaires

La Nef des fous comme nous parle en train. Elle écarte ses babioles et un filet de frein s’en échappe. C’est un sifflet grincheux, mais tout attachant, somme toute. Et c’est coulant à la fois.

L’excroissance rumine et chapeaute la tôle. Et le défilé chaperonne.

Les abeilles vont bon train, entre les mûres et les banquettes, tétines d’ailes entre tes doigts.

Gentille petite nef, nous venons de dépasser la zone aux framboises, nous couvrons les rails de pétales et de pétoncles, petite cotte de mailles, dors-tu ?

Toute la nuit nous avons battu le gravier et la forge, c’était délicieux, les tuiles peluchaient ! Nous avons mis des tas de planches derrière ton dos, sais-tu ? Nous les avons saupoudrées de croches et au matin, on aurait dit comme un pépin, comme un nodule de ferraille sur une toile de suie !

Au four. Nous n’avons jamais été aussi nombreux au fond. Avec des lasagnes de clowns, les uns contre les autres, nous sommes de la pyramide !

Je suis derrière toute cette pyramide et la Nef baigne sous la grotte de mon tablier. Elle gratte les cerises accrochées et se teinte les dents de lait parme. Elle attache ses bretelles cubiques, rase les torchons, ses crottes bottées gémissent sous les roues du cadran. Avec les pis du peigne elle crâne ses lèvres, elle plante contre un mur de seigle ses douves de plomb.

Un rubis plat s’est posé sur la banquise, nous attendons le coup de sifflet, les boulons de nos dos frissonnent, le siège est strident.

Lise N.