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IVAN TIRTIAUX



Last Updated: 12/4/2009

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Saturday, September 13, 2008 
Ivan Tirtiaux, gardien de mots

par Alexandre Alajbegovic
06/08/2008

On l'a peut-être entendu il y a quelques années, dans un bar ou un squat, ou plus récemment lors de prestigieux rendez-vous, du Forum Léo Ferré au Festival de Barjac. Là-bas comme ici, hier comme aujourd'hui, on se souvient d'Ivan Tirtiaux. De ses textes façonnés, denses, couchés dans de grands draps colorés, goûtant aussi volontiers au jazz qu'à la pop, à la soul qu'à la bossa. Fin 2007, l'auteur-compositeur-interprète sortait un mini-album de six titres, un opus aux allures de documentaire. Entre les lignes, Ivan y livre une partie de sa vie. S'il respecte tant le texte, c'est peut-être aussi pour cette vertu-là, celle de pouvoir y coucher l'ineffable.

Bruxellois depuis une bonne dizaine d'années, c'est à Charleroi que naît Ivan Tirtiaux, en janvier 1977. Il grandit à Fleurus dans une ferme assez particulière. "Mon père l'avait reconvertie en théâtre, avec une vraie programmation , se souvient Ivan, on y voyait passer des tas de comédiens, de musiciens. Ils dormaient souvent à la maison." En plus d'être un homme de théâtre et de lettres, le père, Bernard Tirtiaux, est maître verrier. "J'en garde un profond respect pour l'artisanat , raconte aujourd'hui le fiston, je serai toujours plus touché par un humble sculpteur face à sa pierre que par un grand intellectuel." Très jeune, Ivan est attiré par le milieu artistique. Il tangue un temps entre la bande dessinée et la musique. La seconde prendra vite le dessus. L'accordéon, le piano puis la guitare accompagneront ses premiers pas.

Stevie Wonder

Si chez les Tirtiaux, on écoute surtout Ferré, Brel, Brassens ou encore Barbara, c'est un autre genre qui va attirer dans un premier temps le jeune musicien : le funk et la soul de Sly Stone, Parliament ou encore Stevie Wonder. "J'ai appris à chanter en imitant Stevie Wonder !" , plaisante Ivan. Après un cursus général classique, Ivan décide d'étudier la musique et d'embrasser la carrière de musicien. Il rejoint le conservatoire flamand de Bruxelles. Il y acquiert de solides connaissances en matière de composition et d'arrangements, le souvenir reste pourtant mitigé. "Cette formation ne pousse pas vraiment à la créativité, elle a plutôt tendance à la museler. J'ai mis deux ou trois ans à m'en remettre, à me sevrer." C'est qu'à côté du conservatoire, Ivan fait déjà partie d'un groupe funk, The Capsicum. Les neuf, dont la chanteuse Mélanie De Biasio, servent un groove aux influences de Funkadelic, Prince, Wonder ou encore Zappa. "J'ai plus appris au sein de ce groupe qu'au conservatoire." Ivan y chante des compositions en anglais, mais il va vite se trouver attirer par la langue française. Alors que The Capsicum se sépare, le jeune musicien part pour un voyage de trois mois au Brésil. En plus d'y découvrir les sonorités brésiliennes, il est touché par l'attachement des Brésiliens à leur langue. Il chantera désormais en français. L'année suivante, un nouveau voyage, au Cap-Vert, cette fois, nourrit l'inspiration d'Ivan. Il y écrit "Les Océans", dont le texte intemporel, métaphysique, compte parmi les perles du répertoire du chanteur. "Le long du chemin que j'arpente/Les haltes sont plus éprouvantes/Car ne sachant pas où je vais/J'ai toujours peur d'être arrivé" .

Singes Savants

Entre 2001 et 2003, Ivan chante en solo dans des cabarets, salles, cafés et festivals. Le métier d'artiste commence pour de bon. En 2003, il s'entoure des Singes Savants, une formation à géométrie variable. Tout en jouant les compositions d'Ivan, le groupe revisite des classiques de la chanson française, parmi lesquels "Ces gens-là" de Brel ou encore "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" de Ferré (ou d'Aragon, devrions-nous dire). Très vite, Ivan et les Singes Savants se font remarquer lors de différents concours, comme la Biennale de la chanson française ou encore le concours "Musique à la française". A Paris, Ivan connaît aussi un certain succès, il y glane cinq prix en 2006, dont le prix de la SACEM.

Après quatre ans, avec ses Singes, Ivan a décidé d'autoproduire un mini-album de six titres. "Pour moi, c'est plus un outil de promotion, mais aussi une façon de graver les années passées avec le groupe, de les immortaliser sur un support." Car Ivan a décidé de voguer à nouveau en solo. Décidé à ne plus brader ses prestations, il s'efforce désormais de tourner dans des cabarets ou des petites salles, ces petits lieux dont il est un ardent défenseur. "Aujourd'hui, une énorme part du budget culturel est octroyée à des grosses machines qui font de la culture de masse. Les petits lieux en souffrent fatalement, bien que ce soit dans ce genre d'endroits que les artistes débutent et apprennent le métier." Ivan est d'ailleurs le programmateur du Stekerlapatte, le restaurant-cabaret des Marolles. Vous savez où le croiser.
Brice

 
Bel article.
 
Posted by Brice on Sunday, September 14, 2008 - 2:13 AM
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Marine B.
Marine Berthomé

 
Très bel article, qui salue aussi bien l'homme que l'artiste...
Bel hommage mon ami, ça n'est que le début !
Et n'oublie pas le jour où tu as besoin d'un éclairagiste je serai là !
Bises mon bon en espérant te voir bientôt.
Marinette (Marineke ????)
 
Posted by Marine B. on Monday, September 15, 2008 - 10:10 AM
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BEND IT !

 
Une vie d'artiste qui restitue avec passion et justesse son contenu accumulé ...
Bonne route
Ossain
 
Posted by BEND IT ! on Tuesday, December 23, 2008 - 3:40 AM
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