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Category: Music
Compositeur, « performer » et producteur. (richardhorowitz.com)
"Il n¹y a rien de pire qu¹une transe où rien ne transpire ! »
Ce musicien américain hors normes n¹a cessé de voyager. Paris, l¹Europe, le monde entier, mais aussi le Maroc, où, dès 1969, il tombe amoureux de la musique et de la langue arabe (qu¹il parle couramment) et se passionne pour la philosophie orientale. Co-fondateur du Festival Gnaoua d¹Eassouira, ce chercheur infatigable de nouveaux sons, n¹en a pas cessé pour autant de se produire à travers l¹Europe et le Maroc. En 1974, il fait la connaissance de Brion Gysin et de Paul Bowles, tous deux devenus des amis et mentors. En 1982, Bowles le recommande pour le prix « Goddard Lieberson Composition Awards » à l¹Académie des Arts et des Lettres en Amérique. Installé à new York et à Los Angeles de 1980 à 1993, il est célébré pour l¹originalité du son unique qu¹il est parvenu à créer, tiré des racines musicales classique, jazz et électronique, métissées de mélodies et rythmes tribaux sacrés de l¹Afrique du Nord et d¹Indonésie. Chercheur mais également musicien virtuose, il joue de plusieurs instruments : claviers, percussions et de plusieurs instruments à vent comme le « ney ». Sa musique est donc une fusion, un véritable carrefour de plusieurs influences. Compositeur de la musique des films de Oliver Stone « Enfer du Dimanche » et de Bernardo Bertolucci « Un thé au Sahara », il a reçu pour cette ¦uvre un « Golden Globe Award ». Enfin, Richard Horowitz ne dédaigne pas les collaborations prestigieuses : Sussan Deyhim ( depuis 1981 pour les disques, films et performance opéra, y compris « Majoun » sur Sony classique), Jon Hassell, Bill Laswell Abdellah el Miry, Brahim el Belkani, Brion Eno, David Byrne, Hassan Hakmoun, Branfort Marsalis, Abdellah el Miry,Ryuichi Sakamoto,Will Calhoun, Loy Erlich, Steve Shehan, et plusieurs autres grandes figures de la musique l¹ont accompagné dans ses voyages musicaux. Rencontre pour un thé à Marrakech, au Kassour Agafay de Abel et Kinza Damoussi, avec cet artiste Américain qui aime le Maroc mieux que chez lui.
MVM : pourquoi êtes-vous à Marrakech ? R.H : Pour voir mes amis, aider mon ami Abel Damoussi dans ses projets humanitaires, produire un jeune groupe de rappers « Les Fnayers » et pour le festival du film. MVM : date de naissance, signe astro, etc. R.H : Je suis un Capricorne de lune Verseau et ascendant Bélier Immigré Russe aux Etats-Unis, vous avez toujours baigné dans un univers musicalŠ J¹ai commencé le piano à 3 ans. Ma mère était chanteuse, avec un programme de radio nationale dans les années 40, dans le style de Judy Garland, mon père était violoniste et quant à mon oncle, il accompagnait ma mère au piano. La musique, c¹est d¹ordre génétique ? Cela va bien au-delà. À moi de vous poser une question : au commencement du Big Bang, il y eut le son ou la lumière ? Je ne sais pasŠ Non, répondez ! Le Verbe, je pense. Mais comme vous êtes musicien, je voudrais vous faire plaisir en répondant le son, évidemmentŠ Ok, alors admettons que le Verbe est un fait de Son. Juif new-yorkais, vous parlez parfaitement l¹arabe. C¹est plutôt rare ! Je parle assez bien le Darija, mais pas de tout parfaitement, malheureusement. Je voudrais revenir au concept du Son originel, si vous voulez bien. Il dépasse les principes de la génétique. Enraciné bien plus profondément, il nous parle déjà en termes de vibrations. Vous avez entendu parler des micros vagues cosmiques de l¹Univers ? Non, désoléeŠ C¹est là une constante universelle observable techniquement et avec ça, il y a deux ans, ils ont établi une carte des vibrations au commencement de l¹univers. C¹est une info qui, après analyse, a donné un résultat passionnant : ils ont trouvé qu¹au moment du Big Bang, il existait un Accord cosmique en forme de vague de SINE. Les premieres atoms ont forme apres 380 billion des annes, les premiers etoiles apres 760 billions des annes. Donc, le son était déjà dans l¹univers, 760 billions d¹années avant la lumière. L¹univers est un grand instrument de musique, c¹est pour cela que le son est en nous à un niveau subatomique, donc plus profond que génétique. Quel effet cette info a-t-elle sur vous ? J¹en ai pleuré d¹émotion. Et puis, la structure harmonique de cet Accord a été scientifiquement analysée. Il en est ressorti que tous les anciens systèmes microtonaux des musiques arabes, indiennes, perses, sont basés sur cet Accord. C¹est cette quête du Son originel qui vous a mené en Orient ? Pour résumer, en Occident, on a changé cet Accord pour en créer un nouveau. L¹accord majeur de l¹occident existe seulement depuis quelques siècles et il n¹est pas très bien accordé avec l¹univers. C¹est plus qu¹une métaphore. Donc, oui, j¹ai toujours senti intuitivement qu¹il y avait des choses à découvrir à ce niveau, en dehors des enseignements occidentaux, bien qu¹il y ait des choses sublimes également dans la musique de l¹Ouest ! La première fois que j¹ai touché la note « mi » sur un piano, j¹ai su que la note possédait une couleur propre qui m¹est apparue très clairement orange ! Le « ré » était d¹un jaune éclatant. À trois ans, c¹était mes notes préférées ! (Il se plonge dans le silence) Vous êtes parti ? Non, je suis là. Vous savez, ici, au Maroc, je cherche quelque chose que je n¹ai pas trouvé en Occident. Quand j¹ai rencontré la musique orientale, j¹ai subi un grand choc. À Paris, je partageais un appartement avec un étudiant du psychanalyste Jacques Lacan. Il s¹appelait Georges Bittoun, Marocain, qui m¹a entraîné dans un périple en stop, jusque chez lui, à Marrakech. C¹était en 1969 et j¹ai soudain compris en écoutant la musique du Maroc, notamment les lilas gnaoua, que c¹était pour cela que la musique existait, qu¹elle avait été donnée aux êtres humains. Pour les guérir. Profondément. Il s¹agit essentiellement de percussions. Est-ce musique ou transe ? C¹est une musique très riche mélodiquement et rhytmiquement. On sait que le guenbri est à l¹origine de la basse en jazz. La basse rock est pesante. Dans le son Gnaoua, la basse est sans cesse en mouvement. Très complexe, elle se développe pourtant dans l¹extrême simplicité de quelques notes. C¹est cette subtilité qui permet d¹atteindre une telle richesse et d¹entrer dans un état secondaire avec l¹aide des quarakech. Il est difficile de rester à écouter cette musique de façon détachée. Elle vous prend et s¹empare de vous au plus profond. On a la chance d'avoir Brahim el Belkani avec nous ici. On ce connais depuis 1972. On a joue a L'ORF avec Loy Erlich en 1975. Et sur le program de Frederiaue Mitterand en 1990. Aussi A SEVILLE en 1992 et au Festival De Essaouira. Enfin beaucoup. Vos racines à vous, sont pourtant loin de ce type d¹émotionsŠ Mes racines sont sémitiques. Mais ce n¹est pas seulement cela qui compte. De plus en plus de gens différents se comprennent de nos jours, le festival d¹Essaouira en est un brillant exemple. Au Maroc, il existe une grande sensibilité poétique et artistique. C¹est pour cela que les gens sont ouverts et chaleureux. On dit que l¹Ouest est trop rationnelŠ Et que tout cela est de la faute à Descartes ! (Il rit) « Je pense donc je suis ». Foutaise. Je suis, donc je pense, c¹est ça la vérité. Je peux fumerŠ Ah, non ! C¹est un vrai danger, ma mère fumait beaucoupŠ Comment alors s¹enfumer un peu l¹esprit ? J¹ai lu dernièrement un livre passionnant du Docteur Rick Straussman. Il étudie dans cet ouvrage l¹existence d¹une substance DMT, produite par la glande pineal cérébrale, substance qui ne se dégage qu¹en deux occasions de l¹existence humaine : au moment précis de la naissance, et à celui de la mort. C¹est en quelque sorte une substance qui ouvre les portes de la perception comme il dit Huxley. Vous êtes-vous beaucoup drogué à la grande époque ? Non, je n¹ai pas pris d¹héroïne et je n¹aime pas la cocaïne, juste quelques champignons choisis et une goutte de majoun. Maintenant, presque rien. Cette substance dont je vous parle, issue de cette glande du cerveau central a déjà été mentionnée par Descartes. Il estimait que cet endroit du cerveau représentait le lien précieux entre l¹âme et le corps. Cela a évidemment beaucoup changé mon opinion sur Descartes ! Je l¹ai soudain trouvé très sympathiqueŠ Vous croyez en Dieu ? Je crois en une Vibration Universelle Conscient dans le sens infini du terme. Dont vous cherchez les preuves dans la science ? Non, je ne cherche pas particulièrement. Je suis juste content quand je trouve ces preuves ! Cela me conforte dans certaines de mes intuitions. Dans ma vie, j¹ai eu quelques expériences prémonitoires, des rêves ambigus, des expériences extrasensorielles. Ma fille est née à Marrakech. Au moment de sa conception, j¹en ai eu une conscience très aigue. C¹est un peu comme connaître l¹agent de voyage qui était en train de la faire descendre ! Darwin, une conception de la nature humaine, plutôt décevante ? Non. Et Newton, alors ? Avait-il tort parce qu¹Einstein a découvert la Relativité ? Chacun a découvert les vérités pou la dimension universelle qu¹il cherchait à expliquerIl faut pas confondre le research de Darwin avec le metaphore associe par les gens a "survival of the fittest". Avec Einstein, on se rend compte que les extrêmes de l¹univers (l¹infiniment petit (subatomic) et l¹infiniment grand, l¹infiniment rapide, etc.) ne fonctionnent pas comme les choses du « milieu » de l¹univers. Newtion travaillait avec les outils de son siècle, idem pour Darwin. En dehors de son Univers Mécanique, Newton a également beaucoup écrit sur l¹ésotérisme. Pour en revenir à Darwin et à sa théorie controversée de l¹évolution, il est très intéressant de s¹apercevoir que ses principaux détracteurs utilisent aujourd¹hui des exemples scientifiques d¹une extrême complexité en microbiologie, afin de prouver que Dieu a tout fait et que l¹Evolution n¹existe pas ainsi le fait que nous n¹avions rien à voir avec les singes. Evidemment Darwin ne possédait pas à l¹époque un électron microscope. Pourtant, tout dans sa théorie n¹est pas fauxŠ Les bons scientifiques ont un respect et une croyance dans les mystères de l¹univers et les choses que l¹on ne peut calculer avec les outils scientifiques. Ces choses là sont définis uniquement par les artistes, les visionnaires, les illuminés, les shamansŠ Vous n¹étiez pas revenu au Maroc depuis deux ansŠ Cette année, c¹était pour le festival ? Oui, le festival du Fim et je regrette qu¹André Azoyulay ne soit pas là. Je sais que ses actions pour le pays sont plus importantes qu¹un festival. Il représente pour moi un vrai visionnaire, un sage avec une grande sens de l¹humour. Sa présence et son esprit au festival du Film, comme à celui d¹Essaouira, a toujours ajouter un élément de forte inspiration et un niveau de profonde sincérité. Je trouve aujourd¹hui que le festival a pris une tournure trop française. Ce n¹est pas le Festival du Film de Paris à Marrakech, mais le Festival du Film DE Marrakech !
VM TON website. richardhorowitz.com
V.M
7:18 PM
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