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Aaaa… voila belle lurette que l'on avait point vu du SMYT dans ces colonnes, mais point d'inquiétude, vous vils arpenteurs de l'Underground le plus infâme, en voici une nouvelle tranche, avec de la confiture des deux côtés, (vous noterez la métaphore filée, pas très claire : c'est un split Cd) l'un tartiné d'un coté de bon vieux fastcore punky et l'autre d'un petit peu de grindcore belge assez pépère ! Dans un élan d'originalité qui m'étonne moi-même, je vais d'abord m'atteler a tenter de vous décrire le bordel sonore bien funny des frenchies MITCH BUCHANNON, car en cette période de renouveau de la fierté nationale, (la coupe du monde de rugby) perdue après le second (voir le premier) tour des élections, il me semble tout naturel de faire passer nos compatriotes en premier. (bon aussi le fait qu'ils débarquent en premier sur la rondelle, mais on va pas chipoter…)
MITCH BUCHANNON, connaissez pas? Moi non plus en fait, je n'ai découvert ce groupe qu'après avoir envoyé une brève missive a notre ghis national (le Brian Slagel de SMYT) l'implorant de nous signer de quoi nous réjouir, nous pauvres fana de Powerviolence en manque… mais c'était sous estimer ce fin limier (dont vous aurez bientôt droit a une interview…enfin j'espère…) qui avait déjà fait fonctionner son flair légendaire pour aller dénicher ce trio breton. Bon alors quoi de bien beau la dessus ? Du bon fastcore bien old school comme on en attendait, avec une grosse base bien punk et des vocaux criards caractéristiques…notre trio se fend de 27 tracks qui, si elles ne son pas toutes équivalentes au niveau production (de grosses variations sur le chant entre deux morceaux) auront toujours de quoi faire claquer les cervicales du créteux en manque de speed… parce même si MITCH BUCHANNON n'est pas parmi les plus rapides de sa poule, on traite bien ici de fastcore, et dans fastcore, il y a le mot « fast », ce qui musicalement se traduit par un bon gros blastbeat incessant qui ne sera tu que pour laisser la place aux grands riffs punk-a-roulettes niché derrière des mosh parts et qui attendent la première occasion pour venir vous fendre le sac a viscères de haut en bas…
Pour ceux qui trouvent que la vie est triste (ou qui écoutent trop de black et qui commencent a croire ce qu'il y a de marqué dans les livrets) vous trouverez de quoi vous dérider la figue (petite expression bien franchouillarde) car nos amis les bretons, jamais avares d'une connerie (Aaa… ces bretons…) ont du passer de longues heures à trier tout ce qui pouvait être samplé en intro et on trouve de bonnes petites mises en bouche avant quasiment chacun des titres, qui peuvent aller des délires de JC Vandamme aux tubes nationaux pourris de Bernard Menez. Plutôt funny, ces intros plongent l'auditeur dans une atmosphère détendue, ce qui du coup renforce le coté punk, et donc plonge l'auditeur encore plus dans la fastcore dense et puissant du trio. Comme dirait cette grosse courge amorphe aux cheveux aussi gris que sont ouverture d'esprit de Drucker : « c'est frais, c'est léger, c'est printanier »… ça pêche peut être un peu du côté de la prod, inégale, mais le son est résolument garage et le tout sonne résolument punk… les fans de formation comme MICHEL PLATINIUM apprécieront énormément.
Les 27 pistes passées, la transition assurée par un sample d'une finesse ultime, voici venu le tour des SLAPENDEHONDEN (comment t'a dit ?) combo, qui cela ne vous échappera pas, n'est pas vraiment du coin puisqu'il arrive tout droit des Pays Bas, le vivier des groupes de gore bien pustuleux, mais aussi véritable grenier a grin(dcore… vous noterez l'habile jeu de mot) de l'Europe… De quoi traite-t-on ici avec ce quatuor ? Nous avons droit à neuf titres oscillants entre 1'31'' et 7'03'' (le délire de l'artiste) qui sont taillés dans une veine chère à d'autres combos européens tels un SEWN SHUT sous marijuana, voire même un AGATHOCLES ou leur compagnons de split les SUPPOSITORY… A l'instar de ces derniers qui visent plutôt volontiers la vitesse, notre combo a choisi de mettre en avant des passages plus ronds et lents, gorgés d'un groove mal a propos, car plombant réellement le début de leur face… en effet, les 13 titres de SLAPENDEHONDEN sont entamés par les plus dispensables, ce qui fait perdre en efficacité les suivants, pourtant taillés sur un modèle bien plus pêchu qui se laisse volontiers écouter (en s'amusant a intervertir ses disques cervicaux avec de violents mouvements de la boite crânienne, cela s'entend) Le grindcore du quartet est lui aussi teinté d'un certaine louche de punk (on est d'accord, le grindcore pas punk, c'est dur a trouver, mais flûte) qui se marie plutôt bien tantôt avec les grosses parties rondelettes, tantôt avec les blastbeats agressifs MAGRUDERGRIND-iens. L'ensemble dégage une certaine folie, difficile a discerner car on est a deux pas du carnage audiophobe des GLEARGH et du punk plus dirigé des … euh… bah en fait j'ai du mal a vous donner réellement une influence, je fais partie des gens qui n'aiment quasiment que les carnages audiophobes…
Je doit tout de même dire que cette partie m'excite moins que la première, même si tout est la : gros riffs lourdauds qui muent rapidement pour fonder un riffing sec et fichtrement nerveux, voire hystérique, vocaux criards au timbre sec accompagnés de leurs homonymes gutturaux, batteur sous amphèt'… bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, cependant j'ai comme un arrière gout qui me reste ancré dans l'hypophyse… peut être les 7 minutes de Hardcore sludgy (avec un petit rappel de 6 minutes, plus stoner, en outro) me refroidissent trop brutalement, mais il faut tout de même avouer que l'ensemble tient tout a fait la route.
Et bien que dire pour conclure ? On peut mettre en valeur le fait qu'on ait (encore) exhumé un bon petit groupe de nos terres françaises, qui tient tout à fait bien la comparaison avec un combo ayant plus d'expérience… Inutile de le rappeler, vous n'êtes pas sans savoir qu'SMYT c'est quasiment donné, alors pas de raison de se priver…
Worm Eater
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