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So. Noël

Sophie Noël


Last Updated: 12/14/2009

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Gender: Female
Status: In a Relationship
Age: 30
Sign: Gemini

City: Paris
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 6/24/2006

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Friday, April 10, 2009 
CRACK CRASH
L’auréole brunâtre
sur l’aluminium,
Alléchante et trompeuse,
Nous appelle.
Autant l’admettre, on a besoin d’elle… un minimum
Le crépitement du cristal nous assaille
Et les synapses déraillent.
Perfide et insidieuse, la chose insère son dard
Le dragon distille son venin du bout de la paille
Qui part à la chasse perd sa place…
La bête pétrifie nos palais,
Anesthésie notre jugement
Et fossilise nos sens.
Le dragon momifie le monde alentour
Et malmène notre amitié.
L’espace d’un battement de cil (cristallisé),
Dans cette épaisse fumée
Subitement fragiles,
Nos liens ont été pulvérisés (Poupée)
Qui part à la chasse perd sa place…
Chacune dans son film
On soliloque, toute logique est abolie (ma jolie)
Chacune dans sa bulle
Abruties, démolies
Nous sommes devenues des parodies
De junkies (baby)

PROGERIA
Alarme. Chant lointain du coq…
Mécanique.
Les paupières encore soudées par les séquelles d’une nuit sous médocs
Léthargique,
J’entrouvre ces fentes ourlées de sel séché
Qui devraient me faire office d’objectif grand angle.
Mais je suis exsangue;
Pas d’autofocus, aucune netteté.
Ma chambre est floue, mon souffle court.
Je ne distingue que mal la lumière du jour
Qui filtre à travers mes stores, toujours baissés.
Juste quelques rayons fades matérialisés par la fumée de joints accumulée.
La plante de mes pieds effleure le carrelage…
Les fourmis y affluent et mes jambes, faibles, fondent sous moi,
Quel dommage !
C’est loin d’être la première fois
Que je vacille
Malhabile, fragile, sénile... avant l'heure, quel malheur

Alors je réintègre le Bultex.
Je me gave de Xanax
Et caresse mon sexe,
Sans jamais atteindre le climax.
Vessie pleine, mais trois gouttes d’urine évacuées,
Bien que sur les chiottes un quatre d’heure je sois restée… Scotchée.
Puis café chaud, poigne shamallow, marre fumante sur le lino…
Parkinson dans le pilulier, débordement, gestes patauds,
Deux gélules bleues au creux de ma paume racornie
Et trois cachets dragéifiés entravent ma ligne de vie.
Plus tard, mes fesses frottent la faience froide de la baignoire,
J’ai basculé, (à bout de forces), j’ai dû m’asseoir
La flotte fouette mon anatomie atrophiée
Et j’ai tout le loisir d’admirer ma chatte mal épilée.
Mais trop de tremblements pour œuvrer.
Devant le putain miroir (impitoyable),
Je scrute les stigmates de mes symptômes, sans gloire (minable)
Ma jeunesse s’efface et laisse place
A de profonds sillons
Précoces, (mais féroces)
(On t’avait pourtant dit de faire attention)

Alors je réintègre le Bultex.
Je me gave de Xanax
Et caresse mon sexe,
Sans jamais atteindre le climax.
Le frigo regorge de seringues préremplies.
C’est l’avantage d’une longue maladie...
Pas de préliminaires, pas de chichis.
Juste à chasser la bulle d’air, et on pique, c’est parti !
Les labos connaissent bien le cahier de charges
De la SEP et de ses ravages…
Pas d’aiguille émoussée, toutes savamment calibrées
Pour pénétrer mes chairs, malgré tout méchamment meurtries
Endolories, décomposées, déjà molles et flétries
(t’as pas l’air en forme, Sophie)
Quel carnage
(surtout quand on connaît ton âge…)
Sur mon corps : des creux, des bosses, un vrai terrain de cross !
Ma peau est celle d’une vieille bique,
Mon ventre, un champ de mines thérapeutiques.
Mes cuisses subissent les outrages du temps,
A même pas trente ans…
Alors je réintègre le Bultex…
Et je me gave de Xanax
J’éclate une plaquette de Subutex,
héritage de l'ex poly-tox,
La pille et en sniffe un max sur le plexiglas.
La situation devient bien trop complexe
Je me préfère vide et flasque.
La progéria me colle aux basques.

RIP (au Pays des Merveilles) A la mémoire d'Alex Anger...
Trente centimètres de haut,
18 de profondeur, 15 de large,
Voilà à quoi ta grande carcasse est réduite
Parallépipède rectangle de marbre rose,
1981 – 2008…
Tout juste 28…
La pute s’en contrefout,
Elle se casse en plein milieu des adieux,
Il faut bien qu’elle aille faire ses courses, grand Dieu !
Elle a déjà perdu trop de temps
à piller les vestiges de ce que tu fus.
Ton rire et tes scandales tiendront-ils dans ce pavé sinistre ?
Tes cendres s’évaderont-elles de ta dernière prison ?
La pierre pourra-t-elle contenir tes émotions ? Si grandes... démesurées
Es-tu enfin moins malade, moins triste ?
(Qu'est ce qu'on risque à se sentir mal ?
Qu’est ce qu’on risque à se mettre minable ?
A quoi bon souffrir dans cette vie fade ?
J'laisse le vide devenir obstacle)
La vieille chouine et la môme braille.
Les potes souffrent, silencieux et graves.
Ta mère s’ennuie, baille…
Et l’ex d’Alex pleure
Le point d’orgue de ta tragédie est à l’image du script
Injuste et pathétique.
L’occasion de rencontrer ton bourreau
Est amère, navrante
Mes pensées se court-circuitent
Elle est venue… pourquoi ?
Par conscience professionnelle ?
Et moi ?
Pour psychose obsessionnelle ?
Et eux ?
Pour bonne conscience occasionnelle ?
Mais qui est là? Qui est là?
Malgré les viols, les plaies et les crachats,
Je suis là.

La vieille chouine et la môme braille.
Les potes souffrent, silencieux et graves.
Ta mère s’ennuie, baille…
Et l’ex d’Alex pleure

Repose en paix
Toi le poète trop fragile
Toi le fou sans pareil,
Repose en paix
Au pays des merveilles.

RU 486
Je gobe,
Je souffre,
Je saigne,
J’expulse
L’Alien sanguinolent
Qui ferait de moi une MAMAN
Et je tire la chasse
Avec classe
Et détachement
Franchement, lui et moi, des parents ?!
Inutile de se poser la question,
Je suis contre ce genre de création…
Pas d’embryon dans mes entrailles
Pas de "miracle de la vie" qui vaille
Pas de dilemme cornélien qui tiraille
Pas de putain de marmaille.
A coup de pilules létales,
Moi, je la mitraille !
Douce RU, viens là que je t’avale
Et que j’évacue.
Je gobe,
Je souffre,
Je saigne,
J’expulse
L’Alien sanguinolent
Qui ferait de moi une MAMAN
Et je tire la chasse
Avec classe
Et détachement
Franchement, lui et moi, des parents ?!
Le protozoaire issu du spermatozoide ne suçotera pas mon utérus
Ma misérable existence n’a pas besoin de ce genre de malus…
Le squatter perfide… insidieux… sournois,
Celui qui fait de moi une baudruche
Celui qui fait que je ne me reconnais plus
Cette chose minuscule
Qui fait que tout bascule
Je préfère… l’arracher à ma chair,
Violemment, irrévocablement.
A coup de guillotine chimique
Je joue à Dieu, je deviens christique
En toute impunité
En toute simplicité
Je pratique l’infanticide légal
Douce RU, viens là que je t’avale
Et que j’évacue.

DOLOROSO ERGO SUM
Confutatis, maledictis, flamis a cribus addictis
Le mal est sourd, mais bien présent
Cruel, latent, invalidant
Il conditionne chaque instant, chaque mouvement,
péniblement,
Et j’ai mal
Doloroso Ergo Sum

Confutatis, maledictis, flamis a cribus addictis
L’échine se tord, endolorie
L’âme pleure un corps amoindri
Un frisson fissure ma jeune moelle
Quelle fâcheuse faille ….
Et j’ai mal
Doloroso Ergo Sum
Système central – pelote de nerfs
Sectionne, tronçonne si nécessaire
Mais stoppe ce courant continu mortifère
Isole ma colonne de cette prise de terre
Je suis lourde, mes membres gourds,
Mon Moi se meurt, mon enveloppe se fane
larve triste et lamentable
je me trimballe tant bien que mal
Et j’ai mal
 
SALOPE EN PROSE

Une vieille dégoulinante dégobille dans le bidet
Au menu : bile et bouillon alphabet
Borborygmes bafouillés
Patiente impotente dans le lit d’à côté
Malades en miettes échoués sous les néons des couloirs
Brandade fadasse dégueulée sur le brancard
Miroir, mon beau miroir oh ! Dis moi quel teint blafard !
Laïus médical
Lapsus radical
Mais sans jamais rien savoir
Blabla bidon
Balivernes, putain d’balivernes
Blabla bidon
Branlette obsolète
Bave âcre sur la couette
Bullshit, bref...

Myéline pas maligne
Trop sniffé de cocaïne ?
Axones HS,
Et tant pis la rime
Paranoïa panoramique
Micmac Médocs
Neurones en berne
Pauvre conne prends en de la graine
Malades en miettes échoués sous les néons des couloirs
Brandade fadasse dégueulée sur le brancard
Miroir, mon beau miroir oh ! Dis moi quel teint blafard !
Laïus médical
Lapsus radical
Mais sans jamais rien savoir
Chuuuuuuuut...
Calme toi.
Tout ira bien...