Le Haut Bois
Au delà des sombres collines venteuses,
Et des marais tourbeux de Brennilis
S’effilochent les brumes du mystère.
Se dressent fiers les monuments de pierre,
Hérissés d’arbres noueux et hostiles.
Ici se trouve la pointe occidentale
De la forêt sauvage de Brocéliande.
Des blocs de pierre sculptés par l’érosion,
Où le granit s’habille de mousse grise
Telles les eaux qui noyèrent la Cité d’Ys.
Sans fin écume le Ruisseau d’Argent,
Le Haut Bois est un palais minéral.
Le vent murmure et pleure sous les chênes
Qu’un trésor fut caché en ces lieux..
…Le roi légendaire viendra le rechercher…
Y Ladi Wen
Les nuits de pleine lune, une forme livide,
Rôde en ces lieux maudits, en chantant tristement.
Elle cause la terreur de tous les habitants,
Et leur fascination, car les cachots humides
De son sombre château, recèlent un trésor.
Et quiconque s’en approche rencontrera la mort.
A la tombée du jour, un homme téméraire
Passe le pont-levis et contemple l’enceinte,
Guidé par d’envoûtantes mélopées centenaires.
Qui semblaient autrefois pareilles à une plainte.
Une frêle silhouette surgit de la muraille,
Elle ne marche pas et glisse sur les dalles.
Portant en diadème une couronne de corail,
Et tenant dans sa main un jeune rameau d’aulne,
Elle offre le trésor mais une fois seulement.
Quand l’homme reviendra, elle ne sera plus là...
Tempus est iocundus
Tempus est iocundum, o virgines
Modo congautede vos iuvenes
O, o totus floreo ! Iam amore virginali totus ardeo.
Novus, novus amor est qui pereo.
Mea me confortat promissio
Mea me deportat negatio.
Mea meam ludit virginitas
Mea me detrudit simplicitas.
Sile philomena, pro tempore
Surge cantilena depectore. Le voyageur
Au terme de ce long voyage,
Me voici à destination
Je me tiens aux abords du temps
Recherchant les limites du monde.
J’ai dû traverser le néant
Et suivre la course du vent.
Et aujourd’hui que tout est ombre
S’annonce enfin la vérité.
Dans son regard froid et glacé
J’apprends que ma morne existence
N’était qu’un rêve qui s’effondrait.
Je ne suis plus qu’un messager
Porteur de mots désespérés.
Vers l’Ouest
J’ai parcouru pour le trouver
Le long et sinueux sentier
D’une mémoire abandonnée
Et retenue par le secret.
Seul mon désir d’y accéder
A ouvert la porte cachée
D’un pays bâti de légendes
Où la brume parcourt la lande.
La teinte ambrée de ses forets
Où vivent tant de créatures
L’onirisme de sa nature,
M’ont à tout jamais envoûté.