Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore Malkavian ?
RL : Malkavian est un quintet nantais, formé il y a environ 4 ans et qui officie dans un registre power thrash metal.
"November Ends" vient tout juste de sortir. Comment vous sentez vous ? Avez-vous eu des retours des ventes ? Des fans ?
RL : Soulagés de voir le résultat exister de manière physique, surtout au moment de la release party en mai dernier. Au niveau des retours que nous avons eu pour l’instant, nous ne pensions pas en recueillir autant en si peu de temps, et majoritairement des avis positifs, notamment sur la qualité du son pour une autoproduction. Après, il y a toujours des critiques négatives et on espère les entendre pour nous aider à avancer. En ce qui concerne les ventes, lors de la date de lancement, une cinquantaine d’exemplaires est partie et on commence tout juste à être en bacs dans les points de distributions habituels de notre région (espaces culturels, Fnac et disquaire indépendant).
Pourquoi ce nom de groupe, "Malkavian" ?
RL : Lorsque la formation a commencé à être au complet, on n'avait pas encore de nom fixe. Je suis tombé un jour sur le nom Malkavian qui désigne un clan de vampires tarés, j'ai soumis l'idée aux autres, et nous avons décidé d'opter pour ce nom car ça collait bien à l'idée qu'on se faisait de notre musique.
Comment définirais-tu votre musique ? On sent qu'il y a une multitude de styles divers de thrash…
RL : On n’est pas forcément fan des définitions à rallonge et parfois à coucher dehors. Ce que l’on en retient surtout, c’est que dans nos influences diverses, il y a un dénominateur commun qui se dégage de chaque titre du disque, et qui s’inscrit dans le power thrash qu’on écoute tous. Après, certains titres sont plus syncopés, directs, ambiants que d’autres, mais on s’applique toujours à proposer des morceaux qui ne stagnent pas. On cherche les variations, la surprise.
L'alchimie de Malkavian fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quelle sont vos parcours musicaux ?
RL : Pour la plupart, on est des potes de collège et de lycée. Parmi les membres, certains jouaient déjà ensemble ou dans d’autres formations avant l’aventure Malkavian dans des registres allant du deathcore au heavy, pour d’autres ce groupe est la 1ère expérience.
Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?
RL : Comme tout groupe qui se débrouille seul, l’autoproduction est un vrai chemin de croix. Nous avions peu de moyens financiers mais on a essayé de profiter du fait d’enregistrer la majorité du disque par nos propres moyens, chez nous, pour prendre notre temps sur le son auquel nous voulions aboutir et peaufiner le maximum de détails possibles sur l’exécution. Au final, le travail s’est étendu entre décembre 2008 et mars 2009, entre la recherche de son des instruments, les prises de son et le mixage.
Un mot sur la production de l'EP ? Comment ça s'est passé ?
RL : On a travaillé avec un ami, Alex Liagre, qui avait déjà collaboré avec nous sur notre 1ère demo. De fait, on était en terrain connu, on a prit pas mal de temps pour essayer diverses couleurs sonores et ça s’est plutôt bien passé. On a essayé de faire en sorte que la basse ne soit pas en retrait par rapport aux guitares, contrairement à beaucoup de productions actuelles de metal.
Est-ce que toutes les compositions étaient déjà terminée avant de rentrer en studio ou est ce que vous vous êtes laisser une marge de manœuvre pour improviser quelques trucs ?
RL : En effet, toutes les compositions étaient terminées avant d’enregistrer. On s’est juste fait plaisir de rajouter quelques arrangements ci et là pour aller plus loin que les possibilités du live, sans pour autant tomber dans le piège de la course aux arrangements compulsifs afin de ne pas avoir un trop grand fossé entre les versions CD et live.
Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe et la démo "MKV" ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…?
RL : Il y a clairement une évolution, ne serait ce que dans la manière d’enregistrer : -MKV- avait été réellement enregistrée à l’arrache. Et puis même si l’EP est différent d’un titre à un autre, on a essayé d’être plus concis dans la globalité. On voulait quelque chose de mieux produit, mieux exécuté tout en restant varié sans pour autant tomber dans le patchwork musical. Le style est globalement plus thrash, sombre et froid. Pour ce qui est de la voix, j'ai pas mal évolué depuis "MKV", et j'essaie sur "November Ends" d'exploiter au maximum mes différentes textures de voix.
Tu es totalement satisfait de "November Ends" où tu changerais quelques petits trucs avec du recul ? Lesquels ? Pourquoi ?
RL : On n’est jamais satisfait à 100%, mais si on devait retoucher ce disque, on le ferait sans cesse et on n’arriverait jamais à le sortir au final, eheh. Il nous fallait une photographie à l’instant T pour avancer, mais s’il y avait des choses à changer, ça serait peut être la couleur du son en général pour avoir plus d’ampleur, rallonger la fin du titre « November Ends » et rajouter des morceaux pour faire un album plutôt qu’ un EP.
Etes-vous à la recherche d'un label ? Si oui, avez-vous eu des pistes ? Des contacts ? Si non, est-ce un projet pour vous ?
RL : Pour l’instant, on t’avoue ne pas avoir encore cherché mais nous allons nous atteler à prendre contact avec les nombreux labels français. On est conscient des réalités concernant la scène metal, mais on compte bien décrocher quelque chose avec des gens motivés pour faire avancer tout ça car nous voulons développer le groupe.
Quels sont les sujets de vos textes ?
RL : Les sujets sont assez variés, en écrivant j'essaie de me mettre dans l'histoire, et de passer d'un point de vue subjectif pour mieux coller à l'ambiance du morceau et développer un chant plus instinctif. Les sujets vont des risques de la course à la technologie, à des histoires fictives inspirées de références historique ou mythologiques, en passant par l'individualisme ou encore "November Ends" qui traite de faits réels m'ayant marqué. Nico à également écris 2 textes sur cet EP, qui parlent de zombies (thème cher au Thrash) et d'une histoire indescriptible très Lovecraftienne à mon sens. Pour en savoir plus, il suffit de se pencher sur le livret!
Vous avez fait le choix du chant anglais et vous vous en sortez plutôt bien. Est-ce que des compositions en français peuvent avoir vocation à exister dans l'avenir ?
RL : Nous avons une chanson en français sur "November Ends", il s'agit d'"Injection", écrite par Nico. Pour ce qui est du chant en anglais, c'est un choix personnel, pour plusieurs raisons. Je suis tout d'abord plus à l'aise pour écrire en anglais qu'en français, et j'aime énormément cette langue. Mais il n'est pas du tout impossible que j'écrive à l'avenir un ou des textes en français.
En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?
RL : Eh bien la triste vérité se situe un peu entre les deux. : Malkavian est une tyrannie démocratique ! Plus sérieusement, les compositions émanent généralement d’un seul ou de deux membres du groupes qui composent sur ordinateur. Une fois le premier jet abouti, le morceau est mis en commun et les arrangements provenant de chacun façonnent à nouveau le morceau jusqu’à ce qu’on en soit tous satisfait. Il faut avouer que c’est parfois laborieux mais on est toujours super content du résultat final. Les identités de chacun sont de toute manière trop fortes pour qu'une seule personne impose ça vision des compositions.
Un mot sur l'artwork. Qui s'en est chargé ?
RL : C’est Kaëlig. En quelque sorte, c’était sa punition en plus d’être bassiste.
Qu'attends tu de Malkavian à court et long terme ?
RL : A court terme, on veut promouvoir cet EP du mieux possible mais de manière générale, on a très envie de faire quelque chose avec Malkavian, et ça passe par beaucoup de concerts, et également par une approche plus pro du travail. Nous voulons également développer tout 9a en trouvant nos propres ingés, et un manager/tourneur. L'objectif comme tout groupe est de se faire une bonne place pour pouvoir vivre des expériences que seule la musique peut nous faire connaître!
Comment tu définirais un concert de Malkavian ? Est-ce que des dates sont prévues afin de promouvoir ce disque ?
RL : Lors de nos concert nous essayons de vivre notre musique à fond et de faire en sorte que le public passe un putain de moment de rock n' roll, tout en le faisant passer par divers sentiments à travers l'évolution des morceaux. Au fur et a mesure on arrive à proposer des concerts plus dynamiques, plus maîtrisés, mais on a encore beaucoup de boulot bien sur! Pour ce qui est de futures dates, on book tranquillement les dates pour la promotion de "November Ends", qui devraient être nombreuses à la rentrée.
Que pensez-vous de la scène métal française ?
RL : J'ai le sentiment que la scène metal française est à un tournant, et qu'elle à maintenant largement sa place parmi la scène internationale. Mais pour ce qui est de la place du metal en France, il y a du progrès : je pense qu'on est encore loin des pays scandinaves ou anglo-saxons. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir un grand nombre de groupes talentueux.
Penses-tu qu'avec ce disque, Malkavian puisse avoir vocation à pointer le bout de son nez au sein de la scène métal française ?
RL : C'est notre souhait en tout cas! Et on espère que cet EP nous amènera les opportunités pour.
Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou dumoins est en cours de réflexion ? Toujours en autoproduction ? A quoi peut-on s'attendre ?
RL : La compilation « French metal : à tombeau ouvert » vient tout juste de sortir et on y figure, parmi une soixantaine d’autres groupes francophones. On devrait également apparaître sur une compilation d’artistes nantais dans les mois qui viennent. Par ailleurs, on commence déjà à réfléchir sur la suite des événements, à savoir commencer l’écriture d’un album ou bien avant cela enregistrer quelques nouveaux titres pour accoucher d’un split CD avec un ou des groupes étrangers car on aimerait que notre musique voyage le plus possible et parce qu’on trouve que la scène thrash française n’est pas tant friande que ça de ce type de support, qui pourtant est vraiment fun. En autoproduction ou sous l’égérie d’un label, c’est pour l’instant trop top pour nous de le dire ; on attend d'avoir du recul sur "November ends".
Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…
RL : Mon meilleur souvenir... il y a beaucoup de très bon moments, alors en choisir un... Je vais être vague, et je dirai tous les concerts ou on a sentis une putain d'alchimie avec le public. Tu ressort de la comme sur un petit nuage. Le pire souvenir... le retour à la vie normale.
Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?
RL : Sober guys don't play Thrash Metal!" |