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Tout droit venu de la prolifique (et parfois très surfaite voire très chiante) scène Montpelliéraine, Air Bacon se pose comme un groupe à la schizophrénie musicale parfaitement assumée. Schizophrénie musicale ? Oui, car ce qui différencie le combo des autres c’est qu’il n’évolue pas dans un seul et même moule. La mixité des genres, des univers et des ambiances diverses semble être la clé de voûte d’un Air Bacon qui prend son pied (de porc…aha !) à se diversifier et se renouveler dans ses morceaux en passant du punk rock au hip-hop via le blues et le funk… Mais c’est bien connu : dans le cochon tout est bon !
C'est pour quoi les Montpelliérains vont directement tailler dans le lard (Jean Roucas, elle est pour toi, celle-là…) avec un "Moustacha Zebra" qui défriserait le poil d'un Demis Roussos suintant. La rythmique est terrible, le riff acéré et le chant défouraille tout. Un constat s'impose : Air Bacon ce n'est pas que 4 gars qui font un joyeux bordel; il y a une grosse maîtrise derrière et ça s'entend.
En l'espace d'un "Paris Hilton" (d)étonnant, le groupe va nous montrer une autre facette de son univers et nous prendre à revers avec une musique qui flirte avec le hip-hop et le rock n' roll. Ici encore, le joyeux bordel est de mise et tranche d'une façon nette avec "Moustacha Zebra" mais témoigne d'un solide sens de la composition car l'auditeur est toujours tenu en haleine devant cet ovni musical venu de nulle part.
Et Air Bacon va prendre un malin plaisir à enfoncer le cou en enchaînant avec un "Your Monster Side " et "D'jango" qui partiront dans des délires bluesy, rock n' roll et même funk à la sauce alternative. De quoi vous faire hérisser les poils devant une telle énergie créative !
En fait, le revers de la médaille c'est qu'Air Bacon ne revendique aucune étiquette hormis la sienne. Ce n'est pas un mal en soi bien au contraire, car cela témoigne d'une bonne dose de personnalité, mais il n'est pas toujours évident de trouver des bases communes à tous les morceaux tant le panel musical est vaste. Si bien qu'à la fin, l'auditeur ne sait plus trop où le groupe veut en venir.
De la confiture à des cochons (festival de gaudriole powaaa !) ? Non pas vraiment, car Air Bacon s'est donné les moyens de mettre en place des compositions dignes de ce nom et de laisser entrevoir un univers haut en couleur. Il ne manque plus maintenant au quatuor qu'à recentrer ses débats (avec une ligne directrice ouverte musicalement, bien sûr) pour tracer son propre sillon. Est-ce que c'est à l'ordre du jour pour Air Bacon ? Est ce que le groupe s'en trouverait alors dénaturé ? La question reste ouverte et seul l'avenir nous le dira.
Petite cerise sur le gâteau, nous auront droit à un bonus track "I’m Not A Fish" enregistré en répet' dans une version non finalisée. De quoi nous mettre l'eau à la bouche…
En définitive, Air Bacon fait un rapide tour de son univers coloré et bigarré au travers de ses 5 compositions et se place comme un groupe très intéressant avec une démarche artistique qui ne s’impose aucune frontière.
Le maxi tient bien la route mais reste à savoir ce que vaudrait Air Bacon sur toute la longueur d’un album avec des compositions aussi barrés et si différentes musicalement. L’équilibre risque d’être assez difficile et le patchwork indigeste si les montpelliérains ne canalisent pas leur créativité.
Vivement la suite…
"Merci Mr Zed, t'es fou !" Claude François, Darty, rayon sèche-cheveux, 1973
6:10 PM
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