Enregistrement de l'album - Episode 1
Je me remémore cette phrase dite il y a huit mois : "hey les gars, si on faisait un titre en demo ?" Que de temps parcouru entre cette phrase et ce premier jour où nous prenons possession du studio pour notre premier album. Le titre demo s'est transformé en quatre titres, puis en maxi, puis en album, puis en album enregistré dans les studio de l'Hacienda, réalisé par le grand maître "Djoum" et produit par un certain "Roscia Records". La vitesse et la croissance de ce projet fait presque peur, ahah! D'autant plus que pour ma part c'est une première car ça va être mon premier album où je serai à la fois bassiste et batteur.
Nous en parlions depuis huit mois et nous nous sommes vus quasi tous les jours pendant trois mois, à raison de cinq à six heures par jour pour préparer, arranger, maquetter et parfaire treize titres parmi la vingtaine de compositions de Sofi et les textes de ce chèr Cris. Le tout conseillé, aiguillé, soutenu à distance, depuis la Belgique, par un réalisateur d'exception : Djoum. Trois mois ou j'ai tour à tour endossé le rôle de bassiste (pour lequel j'ai rejoins Glasgow il y a plus d'un an) mais aussi celui de batteur car comme on dit : "on est jamais mieux servi que par sois-même". Du coup ça nous a permis de nous recentrer sur un univers et de vraiment savoir ce qu'on voulait. Au fur et à mesure des semaines, les titres sont devenus le reflet d'un état esprit (cette petite famille que nous formons tous les trois), d'une énergie proche du trio rock ("proche" car vous vous doutez bien que sur scène je ne peux pas me dédoubler)... Bref, une démarche à part entière qu'on assume totalement car elle en dit long sur ce que nous avons vécu pour en arriver là. Trois mois enfermé dans un local pour faire éclore ce qui nous ressemble le mieux. Jusqu'à arriver à saturation, deux semaines avant notre entrée à l'Hacienda.
En tout cas, il est 10 heures et nous voilà au rendez-vous. Le studio de l'Hacienda est un grand complexe dans une vielle bâtisse toute en pierre avec une grande cabine de prise de son et une autre pour la console. Et le petit plus, la maison à coté, avec cuisine, chambres, tv et... wifi... Halleluia... Tout ça pour nous tout seul pendant un mois... le pied!
Entre la batterie grosse comme un avion, le matos basse lourd comme un camion et le set up de guitare long comme un jour sans pain (et oui, il est loin le temps où Sofi était jalouse de mes trois basses), Cris a bien réussi à faire une place pour son stylo et son cahier. C'est vrai, quand on voit Sofi déballer son matos on se croirait à Guitar Center. Neuf guitares et trois amplis... Non mais franchement, ça commence vraiment à se la jouer dans ce groupe ah ah ! Je m'en fou moi j'ai un pedal board plus grand que le sien... enfin plus pour longtemps à mon avis... Tout ça sans oublier Arthur et Aymeric, l'équipe video qui nous suit pour vous offrir des épisodes vidéos souvenir de cette aventure.
Bref...C'est quasi un semi remorque qui se présente aux portes de l'Hacienda. Heureusement, il y a du monde au portillon. Jo, Jordan, Clement et Jean Gamet sont là pour nous accueillir et à eux tous il ne faut pas longtemps pour tout décharger... et tout installer.
De mon coté je change toutes les peaux de ma batterie à la demande de maître Djoum . S'en suit un accordage de ma part aussi précis qu'une photo prise en bougeant la nuit tombée, ahah ! Autant dire que c'est pas gagné puisque j'ai toujours été nul en accordage. La preuve, une fois installé et fier de moi j'appelle Djoum pour lui montrer mon bon travail. Et là...catastrophe. Il prend une baguette, tape sur tous les éléments et me dit : "ok va t'amuser dehors et laisse moi accorder ça tranquillement"... oups... ok, je sors... Bon, après une bonne heure à entendre "boum boum tchac tchac", je me décide quand même à aller le voir pour faire style je m'intéresse ! Une fois fini, il me retend les baguettes et me dit : "tu vois quand tu veux"... Comme dirait Cris (enfin c'est pas de lui hein !) : sans maîtrise la puissance n'est rien ! Ahah... Branle-bas de combat pour le personnel du studio : 18 micros autour du monstre, installation des pieds, des câbles, branchement, vérification... De quoi occuper une bonne partie de l'après-midi. Et puis, différents essais de placement de micros, à faire "boum boum boum" pendant des heures...Enfin prêt quand mes mollets on atteint la taille des cuisses de Schwarzenegger.
Il est 14h. Sofi, en bonne ménagère et seule fille du groupe (heureusement d'ailleurs, enfin je me comprend), décide d'aller faire les courses. S'en suit un débat houleux pour savoir quel régime alimentaire nous allons adopter pour tenir un mois sans péter le bouton du jean qui serre deja pas mal.
"Les gars, on prend salade, poulet, légumes, soupe...en un mot des repas de gonzesses"
La consigne suprême étant bien évidement : un macdo par semaine et pas plus !!! (sniff.....)
Il est 16 heures, Sophie n'est toujours pas revenue et on est tous prêt a tuer le premier venu pour nourrir les autres. Mais elle fout quoi, y'a un Leclerc à 100m, elle s'est mise en ménage avec le gérant ou quoi ? (ah, les femmes). Puis la voilà. "Poussez-vous, j'ai faim" (la batterie ça creuse). Un bon plat de pâtes bolognaises y'a que ça de vrai... Ahah ! ça commence bien!
Après cette plâtrée, rien de tel qu'un premier titre à enregistrer et ce sera le dénomé "21 grammes". Le son de batterie ? Putain de sa... ça tue !!! Faut dire qu'avec 18 micros sur une config' 26, 14, 16, 18, plus une caisse claire en bronze, ça peut être pas mal non ??? En tout cas moi je suis scotché, et pourtant des albums j'en ai fait quelques uns (hihi). Je me dis que si le son de mes basses est du même calibre, je vais devenir aveugle ! Bon ben voilà, trois minutes après la batterie du premier titre est dans la boite (mais non bien sûr que ça a pris un peu plus de temps, c'est pas une maquette !!!). Je rentre dans la cabine pour écouter et je trouve Cris et Sophie affalés sur le canapé, le visage blanc, la bave aux lèvres et l'oeil hagard...
"Ben qu'est ce qui se passe?"
"Rien, c est monstrueux!"
"Merci"
"Non, pas toi, le son de batterie"
"Merci quand même"... (allez tous mourir bande de...)
Bon benh c'est quand même dans la boite, on peut commencer à travailler le son des différentes basses. Là aussi je tombe à la renverse (certes j'ai que du matos vintage qui le fait
bien, mais le talent de maître Djoum me tuera toujours).
Après avoir fait quelques essais de sons de gratte, là, c'est Sophie qui ne peut plus contenir son excitation. Ceci a pour effet que la donzelle se met a danser devant le premier venu en déblatérant des paroles que la décence m'empêche de révéler sur ce blog. Non elle a pété un plomb là non ?... la pauvre haha (j'te l'avais dit qu'une fille dans un groupe ça allait péter la carafe à un moment).
Le plus malheureux reste notre Cris qui risque d'attendre un moment avant que ce soit son tour. Faut dire que monsieur à pas grand chose à régler pour l'instant à part de soigner ses cordes vocales pour qu'elles soient prêtes le moment venu... enfin, ceci dit il est toujours présent et s'exprime beaucoup (j'ai rien dis hein, c'est normal !)... Donc il risque pas de s'ennuyer et au moins le matos sera chaud en cas de besoin...ahah !
Il est déjà 23h et la soupe du soir nous attend. On a pas encore pris possession des chambres. De toute façon il y a le wifi partout, à moi la belle vie jusqu'à point d'heure !!! J'en suis malade, demain on attaque aux premières lueurs de l'aube, à savoir... Dix heures... aie !!!
PS : La phrase culte (prononcée par Sophie sur l'éventualité de recruter une fille en tant que batteur additionnel pour le live) : "on fait de la musique couillue, on va quand même pas prendre une gonzesse non ?"