Elle est là, sublime, majestueuse. Son sourire est forcé, ses dents sont pourries, mais elle se dresse devant moi comme un rempart, une évidence. Elle m'appel. Elle m'attire. Ses mains squelettiques sont tendues vers moi et je veux les saisir. La laisser m'enlacer, sentir son froid m'envahir, geler mon corps désespéré.
Pourtant, depuis toujours, elle avance et je recule. Elle fait un bon en avant mais moi, j'en fais dix en arrière… Puis sept… Puis trois…
J'ai brûlé mes oreilles pour ignorer son tendre appel, amputé mes bras pour qu'ils ne tendent plus vers elle, verrouillé mon cœur, travesti mon âme. Mais je la sens. Je l'entends. Je la désir et l'implore au plus profond de moi… N'abandonne pas… Ne m'abandonne pas, car tu es ma seule issue, mon seul espoir.
Il est beau le murmure qu'elle m'envoie. Il est douceur, il est amour. Fait de tendresse et de promesses. Vide de détresse et d'amertume.
Elle m'appel. Et je la veux.
Mais je m'obstine. Je me débine. Attends encore… Encore un peu. Il est trop tôt, laisse moi du temps.
Alors le temps s'est arrêté. Alors d'un bon elle m'a rattrapé. Je sens son souffle contre ma peau, ses lèvres se posent sur mon visage. Elle me susurre des mots d'amour, elle me promet paix et repos. Repos du corps, repos de l'âme. Mon être s'endort sous ses caresses…
Mais son étreinte s'est resserrée. Elle me blesse. Elle me transperce. Je me débats, je la repousse. Je la supplie pour qu'elle me laisse mais elle s'accroche, me tient en laisse. Mais moi je lutte.
Je veux du temps.