La Jaupitre (http://www.jeuxbretons.org)oeuvre pour que les jeux populaires qui ont
traversé le temps, depuis la plus haute antiquité jusqu'à aujourd'hui,
patrimoine culturel matériel et immatériel, patrimoine à la fois universel et
décliné en une multitude de formes locales (matériaux, règles, postures et
comportements, environnement et organisation, langues et vocabulaires,...),
autrement dit jeux de cultures traditionnelles, poursuivent leur existence en
tant que patrimoine culturel vivant et non objet d'études anthropologiques ou ethnologiques,
ou décors et objets d'expositions muséales.
Comme d'autres, en Bretagne, en France et de par le monde,
nous voulons non seulement que les pratiques de jeux et sports traditionnels
continuent à vivre et à se transmettre, mais encore qu'elles deviennent un
outil d'échange, de partage et de rapprochement entre les gens, entre les
peuples, entre les cultures.
Que l'on nous comprenne bien : nous n'opposons pas la
modernité des "jeux virtuels", supposés suppôts de tous les maux de
la terre, à l'ancestralité des "jeux traditionnels", supposément
parés de toutes les vertus du "bon vieux temps" ! Les jeunes
animateurs de notre association savent aussi bien faire danser leurs doigts sur
un téléphone portable et une console de jeu que lancer un palet, une boule ou
un fer à cheval !
Mais ils sont acteurs de la transmission de ces jeux, de
tous ces jeux, à leur manière, avec leur comportement et leur langage d'enfants
du 21ème siècle. Et ils vivent ainsi leur culture aussi bien en se nourrissant
de celle qui leur vient du passé, des anciens, de la tradition que de celle
qu'ils vivent dans leur siècle et dont ils sont eux-mêmes les futurs
"anciens".
Et nous leur apprenons, nous fondant sur cette dualité, à
tirer parti de cette culture en marche pour aller vers les autres et être
ensemble, pour avancer ensemble, en paix et dans le respect de la différence
qui est en chacun, au niveau individuel comme au niveau collectif. Ce n’est pas
une posture intrinsèque au jeu : le jeu, qu’il soit traditionnel, moderne
ou virtuel, peut être porteur de germes mauvais. C’est ce que l’on en fait,
c’est le sens et le rôle qu’on lui attribue qui peuvent en faire ce vecteur de
rencontres, de progrès et de développement, individuel et collectif, auquel
nous aspirons.
Nous faisons du jeu traditionnel un instrument de
développement culturel durable en donnant à ce concept le sens qu’il revêt
lorsque l’on parle de développement durable économique : transmettre aux
générations futures une terre où les cultures des gens et des peuples, nourries
du passé par la tradition vivante et pérenne, continueront de vivre et de se
transmettre en permettant aux gens et aux peuples de vivre, dans leur propre
modernité et un monde plus équilibré.
S’il est vrai que le jeu peut sembler futile au regard des
grands enjeux de la planète, il est vrai aussi qu’il est un élément essentiel
de la nature de l’homme et que, au contraire de bien d’autres comportements
disparus au long de son histoire, le besoin de jouer demeure et se perpétue.
C’est pourquoi nous en faisons un matériau de développement
social et culturel au même titre que l’art, la musique, la gastronomie ou
encore la danse ou la langue vernaculaire, mais aussi, en effet, une expression
d’identité, un signe de reconnaissance. C'est-à-dire à la fois un élément
distinctif d’une communauté, peuple, ethnie, groupe, et un instrument de connaissance
des différences, de leur richesse et de leur valeur, et du respect dans lequel
elles doivent être tenues.
Ce faisant, nous créons de l’activité économique et nous
créons de l’emploi (3 au 01/10/2009). En cela, nous sommes soutenus par des
collectivités dont nous dépendons pour une moitié de nos ressources. Pourtant nous
nous efforçons, de façon obstinée et permanente, depuis bientôt quinze ans,
d’augmenter notre part d’autonomie en même temps que nous cherchons à nous
assurer une meilleure assise financière par un autofinancement plus conséquent.
Nous sommes donc à la recherche d’entreprises ou de
fondations qui pourraient être intéressées par notre posture et nos objectifs
et souhaiteraient nous proposer de nous soutenir dans une formule de mécénat.
Par l’intermédiaire des réseaux que l’internet permet de
créer aujourd’hui, je lance cet appel qui n’est pas une demande d’assistance
mais bien une offre de partage, dans un partenariat sain et équilibré.
Dominique FERRE, Président de l’association