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Jehan™

Jehan De Charcey


Last Updated: 11/8/2009

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Gender: Male
Age: 101
Sign: Cancer

City: Paris / Geneva / LA
State: France / CH / US-Ca
Country: MC

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Thursday, April 16, 2009 

Current mood:  optimistic

Claudie présidente !



Dès la prime enfance, il est important d’acquérir des bases solides pour affronter toute « chose » de la vie.
J’ai conscience que la plupart nous vient de l’environnement familial et des maîtres du savoir.
Je mesure chaque jour ma chance d’être « tombé tout petit dans la marmite de potion magique » ;
chance renforcée il est vrai par d’aussi improbables rencontres … Qui firent de moi un optimiste effréné !

En dépit de la morosité économique, j’ai confiance en l’avenir sans regarder constamment dans un rétroviseur.
D’Hergé à Brel, parmi tant d’autres aînés qui m’auront servi de guides, je continue à rêver ardemment au lendemain.
J’admire avec passion les plus jeunes qui transforment leur rêve en réalité tel qu’annoncé au fronton de cette page.

Certes, la plupart de ces « petits bouts que j’ai presque vu naître » demeurera inconnue du public ; qu’importe !
De savoir Thierry (22 ans) guide à l’Observatoire de Saint-Michel-de-Provence, ou Ludo (44 ans) pilote d’un Airbus,
sans oublier mes demoiselles qui exercent des métiers injustement réservés aux hommes il y a encore 2 ou 3 décennies,
je suis ravi de voir mon petit aréopage grandir dans mon espérance d’hier.
Et je suis gâté, avec ce plaisir de vous faire partager mes joies !

En 2002, j’eus l’insigne honneur de conduire le Jubilé du savant Emile Chateau, père de la phytosociologie.
Je n’avais qu’un très vague souvenir de ce pépé « jardinier » apportant ses salades fraîches à ma grand-mère.
Néanmoins sa descendance m’aura beaucoup aidé en mettant à ma disposition toutes ses archives privées.

Tout naturellement, en 2002 pour l’encadrement des manifestations, nous avions constitué un Comité d’honneur
en puisant dans mon répertoire relationnel de scientifiques réputés sur le sujet, et sans froisser personne.
Pour l’établir, la difficulté fut de trouver un équilibre entre hommes et femmes, jeunes et disons « pas trop âgés ».

D’ores et déjà la bonne fée avait bien fait son travail sur le lieu même de ma naissance pour me tirer d’embarras.
Mon père, ancien athlète et rugbyman, eut de nombreux amis sportifs qui défilaient souvent à la maison.
Il avait un collègue de travail qui présentait la particularité d’avoir à deux chiffres près (nos années de naissance)
le même numéro d’immatriculation à la Sécurité Sociale que moi.
Ça ne s’oublie pas ! Car il me le fit remarquer plus tard, alors que je devenais étudiant immatriculé SS !

Pour faire court, « Manu ANDRE » (tel est son nom) eut d’abord une fille, d’une dizaine d’années ma cadette.
Je me souvins de cette petite brunette qui ne voulait pas que je lui emprunte « sa » chaise pour m’assoire !
Elle était précoce, passa le bac à 15 ans puis devint vite rhumatologue, quand d’autres rament jusqu’à + 30 ans.
Manu ANDRE, hélas, nous avait déjà quitté emporté par un astrocytome, lorsqu’en 2002 j’ai sollicité sa grande fille.
Après une aussi longue absence, malgré une actualité chargée, celle-ci avait gardé bonne mémoire de nos racines :
J’ai reçu par retour du courrier son plein accord pour présider le Comité d’Honneur du Jubilé de Emile CHATEAU.
Ainsi, Madame la Ministre Claudie ANDRE-HEIGNERE, ex-cosmonaute, venait d’entrer à nouveau dans ma vie.

Et aujourd’hui, j’apprends qu’elle va succéder à un autre ami d’enfance plus âgé que nous (Roger Lesgard) :

Mercredi 15 avril 2009
Claudie André-Haigneré a été nommée en Conseil des ministres :
Présidente de la Cité des Sciences et de l'Industrie, a annoncé l'Élysée.
Mme Haigneré, 51 ans native du Creusot en Saône & Loire, qui a été ministre de la Recherche
puis ministre des Affaires européennes,
avait été chargée de mission en mars en vue de « préfigurer le nouvel établissement public
issu du regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l'industrie ».


Voilà, je suis ravi pour elle, pour sa famille et pour tous nos amis Creusotins,
et par extension pour tous celles et ceux qui des quatre coins du Monde honorent cette page.
Comment voulez-vous que je ne sois pas d’un optimisme effréné ?
Encore un rêve devenu réalité.
Soyons heureux d’amitié,
Jean





Tuesday, April 07, 2009 

Current mood:  romantic

Aujourd’hui, 8 avril 2009 :


C’est la date anniversaire de sa naissance, Jacques BREL aurait 80 ans.
Et je devine ex abrupto son rire moqueur à devoir sauter pareil obstacle du vieillissement !
Par dérision, il se dirait - tel un avion - en pièces d’un mécano pour la TGV (très grande visite).
En 2009, quelle appréciation porterait-il sur notre Monde déprimé subissant la dérive climatique ?
J’imagine sa mine défaite à m’apercevoir dépoilé du crâne : Tu n’es pas malade, gamin ?
Ayant à lui répondre malicieusement, pour preuve d’allant : Côté coeur, je pilote toujours, mec !

Voilà, je préfère célébrer son début dans la vie plutôt que m’attarder au 9 octobre de sa fin.
Le 6 octobre 2008, lorsque j’ai publié ici la première partie du blog « Jacques Brel selon CASTOR-77 »,
en pleine surenchère médiatique du trentenaire de sa disparition, je me suis senti coupable
d’accompagnement des marchands du temple. J’eus alors le sentiment de bousculer nos Ailes.

À peine mis en ligne, mon blog fut repéré par quelques affairistes en quête « d’actu people » :
Aussitôt j’ai reçu le courrier d’éditeurs pressés de négocier mes droits d’auteur, et les mails
d’obscurs collectionneurs désirant m’acheter tout objet ayant pu appartenir à Jacques Brel.
La belle affaire … « L’odeur de fric » n’a pas changé pour trahir l’amitié à la manière du showbiz !
Tandis que je m’apprêtais discrètement à rejoindre les Marquises pour y fleurir une tombe,
on me proposa de vendre mon âme Brélienne au plus offrant, voire d’aller l’abîmer sur place.
Pour toute réponse, je fis savoir que n’importe quelle brosse à dents usagée,
trouvée çà et là entre 1960 et 1970, ferait sans doute l’affaire des marchands …
Car Jacques avait oublié la sienne presque systématiquement dans chaque hôtel.
Il n’était pas possessif, moi non plus - zut - voilà tout !

Ainsi, la publication de ma seconde partie de blog a été différée en signe d’indépendance.
Elle ne sera mise en ligne qu’au service de la mémoire de Jacques Brel, et qu’importe la date.
- Rebelle moi ? Que nenni ! J’aime accorder du panache aux arbres symboliques que je plante …
Ce sera ma manière de protester contre la vente aux enchères des souvenirs de Jacques.
« Miche », son épouse indignée, avait proposé de les acheter en bloc pour la Fondation.
On ne lui a pas accordé cette destination qui oeuvre pour la recherche contre le cancer.

Sans tambour, ni trompette :
Merci à Patrick Poivre d’Arvor d’avoir participé à notre pèlerinage au sol marquisien.
Quelle émotion d’y retrouver la veuve de Jacques s’inclinant sur la grave de Hiva Oa.
Là-bas, c’est la famille hétéroclite des aviateurs qui a rendu hommage à l’un des siens.
Par-delà l’océan, au-delà de toute étoile, son « Petit Prince » demeure immortel.
Et si j’ai retenu quelque enseignement de Brel, de Saint-Ex et consorts ailés :
c’est bien celui de ne jamais rien abandonner à la facilité.

Maintenant, il n’y a qu’une seule chose que j’aimerais faire en prolongement de Jacques :
Ce serait de rencontrer l’enfant marquisien qui est né de sa dernière passagère, enceinte
lors de l’ultime transport sur Ua-Pou, le 7 juillet 1978, à bord du Twin Bonanza F-ODBU.
Cette femme allant accoucher à Papeete avait demandé à Jacques …
S’il pouvait la ramener avec son bébé le 5 octobre suivant.

NB. Lucide, Jacques avait tellement souffert durant ce vol qu’il décida illico d’arrêter le pilotage ;
bien que sa licence n’expirât que le 30 septembre 1978.
Sachant qu’elle ne pourrait être reconduite, il mit en vente son avion au retour de ce dernier vol

- Si quelqu’un pouvait m’aider à retrouver ce « bébé » trentenaire oublié, j’en serais ravi.

À suivre …

Bien à vous,
Jean (alias « Saintexounet », selon Brel)



Wednesday, February 11, 2009 

Current mood:  cheerful

Pleins phares sur le 4L Trophy 2009

Et c’est reparti, le 19 février 2009 …
Pour les nombreux mordus d'aventures qui m'ont contacté
mais aussi pour tous les rêveurs et autres adeptes du fauteuil Internet ;-)
Retrouvez ici toutes les informations sur le 4L Trophy 2009



Bonne découverte … Faites de beaux rêves.
Cordialement,
Saintexounet



Sunday, October 05, 2008 

Current mood:  romantic
1977 - année de retrouvailles après 4 ans d’éloignement


Pour comprendre le contexte qui va suivre, il faut d’abord remonter au printemps cinéphile de 1973.
Ma rencontre avec Jacques Brel au hasard d’un terrain d’aviation datait alors de presque dix ans.
Au gré de nos occupations, peu à peu on se voyait moins souvent, tout en gardant un contact fidèle.
Ayant renoncé au célibat en 1969, désormais je me consacrais à mes labos et à ma petite famille.
Je m’étais installé à Montreuil-sous-Bois (93) après mon retour d’Afrique (cadre de la Coopération).

Jacques s’était lancé de nouveaux défis dans le cinéma, comme acteur puis comme réalisateur.
Il a toujours aimé scénariser et savait trouver les partenaires et réunir les moyens de ses ambitions.
Tout cela n’empêchait pas nos routes de se croiser, surtout quand je descendais sur la Côte d’Azur
à Sofia Antipolis (Valbonne) près de Nice, où l’on développait un pôle international d’innovations.
Sofia étant voisin d’Antibes, autant dire que je pris racine sur l’aérodrome de Cannes-Mandelieu.

Certes il y eut bien des trous dans nos assiduités, comme en 1971 quand on découvrit que Jacques
avait été approché à son insu dans sa vie privée par Paul Berthet (alias Touvier ex-milicien en fuite).
Mes parents déjà peu enclins à me voir mineur fréquenter un « saltimbanque qui ne chantait plus »
s’inquiétèrent de cette influence … Pensez donc, en « gamin » d’authentiques Résistants de 1939-45
je devais « savoir choisir mes fréquentations » ; et surtout fuir la rumeur véreuse et ses paparazzis …
Tout un contournement juvénile de l’interdit parental dont je me régalai par fidélité à Jacques volant.
NB. Je connaissais sa droiture et je savais très bien qu’il n’aurait jamais caché un criminel de guerre.

Ainsi, Jacques, devenu pilote en 1965, renouait depuis 1967 avec le succès comme acteur comédien
après avoir incarné Jean Doucet, l’instituteur des Risques du Métier
et un truculent Benjamin , médecin de campagne d’Edouard Molinaro.
André Cayatte en s’opposant aux doutes de la production des « Risques du Métier »
ne s’était pas trompé sur l’honnêteté viscérale et les dons de notre ami, quand il disait de Jacques :
J’étais sans inquiétude, parce qu’il est aviateur
C’est un homme qui a un sens de la discipline, un sens de l’espace,
qui sait ce qu’il doit faire au moment où il doit le faire
qui a les réflexes d’une extrême précision
et j’étais absolument sûr qu’en m’adressant à Brel aviateur
j’obtiendrais de lui qu’au bénéfice de Brel acteur, il oublie Brel chanteur.


En 1973, trop occupé par ma seconde thèse, j’étais devenu pour Jacques un dock-instruisou.
Un brin moqueur, ce sobriquet me reprochait gentiment aussi une prise de distance intellectuelle.
Si nos chemins ne se croisaient plus, ils n’en demeuraient pas moins proches en parallèle.
Le cinéma ne m’intéressait que sous la forme d’outil pédagogique pour vulgariser la Recherche Scientifique.
Jacques avait bien essayé de m’enrôler, mais j’avais gardé un trop piètre souvenir d’un film ardéchois.
Alors il envisagea de me motiver comme « repéreur » des sites de tournage, ce métier n’existant pas encore.
Je lui fis cela en dilettante, en allant revisiter mes compagnons des facs de Montpellier ou de Paris.
Voilà pourquoi je retournai à mes rêveries d’amoureux transis au château d’eau du Jardin du Peyrou
entre le Pic Saint-Loup et l’Ilot ensablé de Maguelone.
Ainsi, pour la petite histoire, à 100 m de mon ex-piaule d’étudiant, rue Foch à Montpellier,
Brel y a joué son dernier rôle avec Lino Ventura dans « L’Emmerdeur » de Molinaro.

En mai 1973, Jacques me proposa de venir au Festival de Cannes où il était en compétition avec « Far West ».
Je déclinai son invitation car mon épouse était au neuvième mois de gestation de notre second enfant.
À ma grande surprise, Jacques prit ombrage de ma décision telle l’expression d’un mauvais pressentiment.
L’échec de son « Far West » fut un coup de massue pour Jacques qui renoncera définitivement au cinéma.
Peu après, quand je lui fis part de l’heureuse naissance alibi, l’ami boudeur trop meurtri ne me répondit pas.

Malgré l’amitié mise en berne Jacques me fit inviter à la première de l’Emmerdeur en septembre 1973.
Hélas, alors que l’on pouvait enfin se retrouver à Paris, je dus assister mon nourrisson qui était très malade.
L’antibiogramme ne donnant plus de réponse franche sur les résistances bactériennes, il fallait agir d’urgence.
L’enfant fera infection sur infection tout l’hiver ; heureusement je découvris l’origine de son mal en février 1974.
Alors que le bébé était chez grand mère à la campagne, j’eus l’idée de faire analyser l’air de notre appartement.
On y découvrit que l’enfant présentait une allergie sévère à la pollution atmosphérique ; on déménagea aussitôt.

Ce danger insidieux marquera l’origine de mon attention portée à la connaissance de l’environnement.
Et je décidai de me rapprocher du Plateau de Saclay, où exerçaient mes partenaires professionnels ; mais
encore, où Jacques et moi avions déjà notre communauté de pilotes sur l’aérodrome de Toussus-le-Noble.

En mars 1974, à Evry Ville Nouvelle, devenue préfecture de l’Essonne suite au démantèlement de Seine et Oise,
je fus accueilli avec beaucoup de facilité et d’empressement ; le relationnel étant plus simple en zone vierge.
J’y fis rapidement la connaissance de nombreuses personnalités, principalement d’anciens Résistants …
Je précise ce profil car il qualifie des appuis administratifs qui seront ensuite bien utiles à Jacques ou à moi.

Après mon déménagement, sottement, j’oublierai de communiquer à Jacques mes nouvelles coordonnées.
Lui, entre terre et mer, revint en Belgique sans crier gare pour y suivre un stage de navigateur hauturier.
Jacques allait-il s’éloigner à jamais au-delà des mers ou n’étais-ce qu’un tour du monde ?
Au pire de mon incompréhension, je déplorai sa manière de quitter ainsi notre domaine favori :
L’aviation, dite : légère (par les militaires au sol) ou d’affaires (par les pontes pressés du Bourget) …

Quel étrange destin nous était réservé, tandis que nos chemins se séparaient ?

Un autre événement fortuit surviendra en 1974 qui fit que je ne perdrai pas totalement de vue Jacques Brel.
Après la mort du Président Pompidou, un familier de mon enfance entra au premier gouvernement de Chirac.
André Jarrot (alias « Commandant Goujon » au Maquis de Corlay fondé par mon oncle en 1943) m’ouvrira
la porte du Ministère de la Qualité de la Vie hébergé par la Marine au 2 rue Royale, c’est-à-dire à La Concorde.
Précieux sésame à l’époque pour moi, avant de fonder l’Institut Français de l’Environnement (IFEE) avec l’ami
qui en deviendra mon très dévoué vice-président : André Holleaux, Conseiller d’Etat, ex directeur de cabinet
de André Malraux, directeur du Centre national de la cinématographie française, etc.



En 1974, de l’observatoire privilégié de la rue Royale, j’apprendrai bribe par bribe où Jacques Brel s’amarrait.
Ainsi, début septembre une première nouvelle en provenance du port de Horta aux Açores m’apprit qu’il avait
interrompu sa traversée de l’Atlantique pour venir assister aux obsèques de Georges Pasquier (alias Jojo).
Et à mi-octobre, je pensais qu’il avait déjà atteint les Antilles quand me parvint de Santa Cruz des Canaries
l’horrible nouvelle qui allait me glacer le sang :
Jacques rentrait précipitamment avec de gros ennuis de santé ; pour un pilote c’est dramatiquement l’interdit.
La confirmation me sera donnée quelques jours plus tard en Suisse, par ma tante qui travaillait à l’hôpital
cantonal de Genève. Ce que je redoutais le plus pour Jacques, gros fumeur, était avéré : cancer du poumon.
En Belgique, Jacques subira l’ablation du lobe gauche supérieur le 16 novembre 1974.
NB. Cochez ce jour ; car j’y reviendrai symboliquement en 1977.

Quelques semaines plus tard, Jacques convalescent traversait l’Altantique avec sa fille France, et Hélène (Maddly).
Ensuite, on me signala son passage dans plusieurs ports des Caraïbes jusqu’au franchissement de Panama.
Puis dans l’immensité du Pacifique : silence, plus aucune nouvelle de lui ; « amer » il voulait qu’on l’oublie.

Tardivement en 1975, j’apprendrai sa présence aux Marquises par la voie administrative d’une requête houleuse
de renouvellement de sa licence de pilote par équivalence auprès des autorités françaises basées à Tahiti-Faa’a.
Cela signifiait pour moi que sa santé s’était nettement améliorée et qu’il allait enfin reprendre la voie des airs.

Jacques avait encore un statut d’intrus dans l’archipel malgré la présence de sa compagne guadeloupéenne.
« Dans les îles, les femmes sont nos phares », avais-je dit prophétiquement un jour à Jacques plié de rire …
Au manque d’empressement d’une administration française tatillonne,
un discret coup de fil ministériel venant de métropole (ne le répétez pas)
lui servira d’accélérateur pour l’obtention des autorisations souhaitées.

Quel bonheur : une fois encore Jacques avait un projet novateur.
Il voulait créer une compagnie aérienne de transport inter îlien.
Oui, rien que ça, d’abord on l’a pris pour un simplet un peu fou !
Il faut comprendre la situation de l’Outre-Mer polynésien à cette époque :
le Centre d’Expérimentation Nucléaire se développait sur les atolls de Fangataufa et de Moruroa.
Vous imaginerez sans peine la tête du fonctionnaire civil face à ce chanteur Belge entrain de lui expliquer
qu’il voulait naviguer en toute indépendance à proximité d’un espace hyper surveillé par les militaires.
In fine, grâce à l’appui ministériel, ce sont les militaires qui donneront l’accord à cet intrus sympathique.
Sur le moment Jacques ne saura pas d’où cette bienveillance venait ; son bonheur était de pouvoir revoler.

En janvier 1976, Jarrot quitta le gouvernement, juste avant la création de l’IFEE avec l’ami André Holleaux.
Et l’on abandonna momentanément Jacques Brel … « à son rôle d’agitateur d’idées en Polynésie » (dixit Jarrot).
Sitôt l’IFEE paru au Journal Officiel, je déposai un projet scientifique d’auscultation des pollutions urbaines.
Et l’on me prit aussi pour un gentil rêveur un peu fou.
Le rêve - que voulez-vous - autant que le mimétisme n’est-il pas une forme de contagion entre amis ?

À l’époque, aux frais de Benson - fabricant français de tables traçantes pour l’infographie – et de Tektronix,
j’étais parti en Pologne donner ma conférence devant 5000 ingénieurs sur l’imagerie médicale et aérospatiale.
Ai-je besoin de rappeler ici que mon visa était encore délivré sous le régime politique de l’URSS ?
Voilà sans doute mon point commun Brélien : nous étions de gentils fous culottés – je veux dire des précurseurs.
Et c’est bien là que réside la force du pionnier : ne pouvoir être contredit sur l’inconnu envisagé à explorer ;
quelle que soit la complexité des voies et moyens !

Au printemps 1976, à Paris, on ne s’inquiétait pas d’une variation climatique par effet de serre,
mais des rejets urbains polluant la Seine.
Dans les salons branchés et autres ors républicains - genre seizième - (suivez mon petit doigt)
les barreurs endimanchés se plaignaient des odeurs « de chiottes et de poissons crevés » …
Pouvait-on croire en la promesse du Maire de Paris de pouvoir bientôt se baigner au pied de Notre Dame ?
Moi, fin juin, j’étais au pied de la Tour Eiffel, invité sur un bateau-mouche par Jacques Baumel
pour une nième conférence de presse sur de bonnes intentions … palliatives,
quand on apprit la seconde victoire de Eric Tabarly sur la Transatlantique en solitaire.
Sous le coup de notre jubilation, on oublia d’y parler de mon projet à Jean Carlier alors chroniqueur écologiste à RTL.
Néanmoins, détail important pour la suite, on y fit quelques photos marquant notre « numéro-appéro » sur Seine.

Au bout de longs mois de tergiversations administratives et d’assauts contre « l’énarchienlit » francilienne,
je pris la décision de fixer au culot un site d’expérimentation sur la Seine, face à EVRY Ville Nouvelle,
et de désigner l’IGN comme premier partenaire technique.
Du même coup, je donnais compétence d’appréciation au Préfet de l’Essonne, avec André Holleaux en éclaireur.
C’est ainsi que je fis mon entrée chez Paul Cousseran (autre ancien Résistant) avec mon dossier sous le bras.
Et pour bien agrémenter le propos j’avais poussé ma séduction jusqu’à dessiner un logo et donner un nom au projet.
On ne parlerait plus de choses aléatoires, mais d’une Opération « CASTOR » sous le sigle de l’IFEE que je présidais.



Cousseran m’écouta durant une vingtaine de minutes, puis par téléphone convoqua illico ses collaborateurs.
On prit congé, sans rien savoir de ce que pensait ce Préfet ni de la teneur des ordres qu’il passerait à ses Services.
Mais quelques mois plus tard je reçus ma nomination comme délégué départemental à la Commission des Sites
désigné par le Préfet parmi les personnalités à raison de leur compétence … Me condamnant ainsi à faire la preuve !



Le projet scientifique dont j’étais l’auteur souleva bien des objections,
au point qu’une première tentative de réalisation avorta le 16 mai 1977.
NB. Appréciez mon choix : c’était le dixième anniversaire des adieux à la scène par Jacques Brel.
Il est parfois des écueils (budgétaires) qui deviennent des repères inespérés … pour les sauveteurs !
Nos détracteurs agissant ainsi firent involontairement la publicité de notre affaire tenue secrète,
et les Rédactions parisiennes attentives voulurent en savoir davantage …

Las de ces tracasseries, en juillet 1977 je suis parti me ressourcer en famille au fin fond de l’Ardèche.
Plus précisément nous y avions loué pour l’été un petit chalet mitoyen de chez Jean Ferrat, maire d’Antraigues.
Et tandis que je rêvassais au bord du torrent, loin des bruits de la Ville … À la mi-août, sans crier gare,
un chat noir de l’aérogare à Paris accueillait une ombre furtive traquée par les paparazzis.

Alors, vint septembre avec ses jours compressés, comme si la fin d’été relançait un cycle du passé.
Nous étions en pleine négociation discrète pour fixer une nouvelle date à l’Opération Castor,
quand Monsieur le Préfet d’Evry me fit mander sur l’heure.
J’avais quand même quelques kilomètres à parcourir pour le rejoindre, et pour réfléchir aussi.
Je m’attendais à devoir subir son courroux pour retard inconsidéré.
Or sitôt arrêté à hauteur du portier de la préfecture, l’huissier du cabinet me fit savoir …
qu’à déjeuner à la résidence du Préfet, j’étais attendu dare-dare.
Catastrophe pour un jeunet tiré du labo sans cravate, je n’avais pas la tenue adéquate pour un cocktail,
mais au diable le protocole : j’assumai ma détresse !

Diantre ! Nulle âme qui vive au grand salon ; c’était donc un déjeuner en tête-à-tête ?
Paul Cousseran viendra à moi, avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles et l’œil moqueur en disant :
Alors comme ça cachottier, j’ai devant moi Saintexounet !
Et poursuivant amusé sous un faux air de sévérité - en me tendant un télex -
Voici. Dois-je rappeler que la correspondance privée n’est pas admise au cabinet …
J’aurais tant voulu être ailleurs, au fin fond de la mine de sel, mais planté-là comment reculer ?
Je lus le papier, devinant déjà le nom de son expéditeur, si expéditif en ces termes :
« Bon manche Saintexounet. Quand tu veux … signé Jacques Brel - Paris ».
Rien d’autre. Ni adresse, ni téléphone. Bref tout un programme !

Ne me demandez pas la couleur de la nappe ni ce que j’ai avalé au déjeuner dans l’heure qui a suivi.
Je n’ai pas cessé de répondre aux questions du préfet qui m’apparut soudain sous un tout autre habit.
Manifestement, les RG (Renseignements Généraux) avaient beaucoup de retard sur notre actualité.
On parla un peu d’avions, de Brel bien sûr, et beaucoup de l’Opération CASTOR sous l’égide de l’IFEE.
Paul Cousseran apportait son soutien à l’opération et il me promit de prendre un arrêté pour la faciliter.
Je repartirai de cet entretien tel un cabri en trottinette à ressort sur la Voie Lactée ! ! !



Jacques Brel était de retour à Paris pour y enregistrer en septembre son ultime chef d’oeuvre
et malgré une insolente pression médiatique qui lui rendait la vie impossible,
jaugeant mon nouveau statut, il tenait à me parler du social et de l’environnement en Polynésie …
M’ayant reconnu sur une photo presse du bateau-mouche de Baumel (alors maire de Rueil-Malmaison),
il n’avait trouvé d’autre moyen, pour me joindre, qu’en remontant la filière administrative …
Las de se cogner aux portes et aux sas des sous-fifres, il avait fini par s’adresser directement au préfet.

Ainsi, après tant d’années de silence, Jacques ressuscité ne m’avait pas oublié.

Au moment de prendre congé, Cousseran me demanda si d’ores et déjà j’avais une date à proposer …
Avec la précision d’un rendez-vous spatial, malgré mon état second, je lui répondis :
Oui, si cela ne tombe pas un week-end, je tiens à ce que ce soit le 16 novembre !
Pourquoi ce choix ? Souvenez-vous, c’était le jour où, en 1974, Jacques avait subi l’exérèse pulmonaire.

Moi aussi n’avais rien oublié, quels que soient la distance et le temps qui nous séparèrent.
Ainsi, le moment venu, sans que l’on en sache publiquement la véritable signification,
l’arrêté préfectoral de Cousseran mentionna la date de cet attachement indéfectible,
comme on grave depuis toujours dans le marbre, les rendez-vous importants de l’Histoire.



Mais avant tout ce bastringue Essonnien,
le premier octobre 1977, à Paris,
Jacques Brel à bout de souffle, sublime dans l’ultime, nous enregistra « Les Marquises ».
Aux Marquises, où bientôt Paul Cousseran … posera le pied !

À suivre …

Bien à vous,
Jean (alias Saintexounet)

Wednesday, September 24, 2008 

Current mood:  creative
1978 – 2008



« La bonne mine de Jacques selon l’étamine de mon crayon » ©
Et ton pesant silence est d'un poids si cruel, que j'entends ta présence le soir au fond du ciel ... (Jehan)


En cours d’année 2007, à l’approche du trentenaire de la disparition de Jacques Brel (9 octobre 1978),
vous avez été nombreux à me réclamer l’écriture d’une biographie de l’aviateur Jacques BREL,
tel que je l’ai connu dans mon adolescence puis durant ma période estudiantine à Paris.
Certes, vu de mon « petit nuage » de très jeune pilote d’alors, j’ai bien conscience d’avoir vécu
une complicité de « volatiles » ivres d’espaces, épris d’une liberté seulement bridée – à ses débuts –
par les caprices d’une météo défavorable au vol à vue … Mais,
favorisant de joyeuses attentes d’une éclaircie devant la « mousse » (bière) d’un verre sans fond ! ;-)

Et il faudrait plus d’un livre pour vous conter encore nos interminables vacations téléphoniques …
Des conversations de rebelles ailés partant refaire le Monde des « rampants » majoritaires !
Bref, tous ces souvenirs décousus nécessiteraient d’abord la sérieuse mise en ordre de mes archives.
J’avoue ma paresse à m’y employer et sans doute aussi mon inappétence à ressasser nos illusions perdues.
De grâce laissez-moi vieillir encore un peu ; j’y viendrai plus tard par l’écriture sage d’éventuelles Mémoires.

Mais puisque ce sujet vous intéresse, et mesurant votre impatience d’admirateurs du Grand Jacques,
voici le résumé du programme de célébration par notre communauté d’hommes volants :
(Cliquez sur l’image pour accéder au fichier en format .pdf)


NB. Sous réserve, j’avais cru entendre que Michel Polacco devrait publier cet automne « Jacques Brel aviateur ».


Mon blog commémoratif, en préparation …
Néanmoins, à lire vos fougueux emails, je me ferai un devoir de vous dévoiler ici quelques coulisses.
Certes je n’aurai jamais la plume du pisse lignes « people » ni la désinvolture d’un paparazzi.
Riez de mon infirmité :
Mon domaine est davantage celui du conférencier devant un parterre d’académiciens somnolents !
Évidemment, je plaisante ici sur l’aiguillon d’un auditoire soucieux de m’épargner la sénilité précoce.
Ayant du pain sur la planche, je suis déjà dans un sacré pétrin.

Je me suis penché sur les archives officielles rapportant mes actions où Jacques avait trouvé intérêt
seulement un an avant sa disparition ; d’où le titre du témoignage en préparation :
« Jacques Brel selon CASTOR-77 »

Il aimait être épaté « mon Jacques », il aimait expérimenter ; et en 1977, il a été servi !
Alors qu’il enregistrait son ultime chef-d’oeuvre aux Studios Hoche à Paris ;
Jacques me fit signe, malgré un temps définitivement compté … Hélas, nous ne le savions pas.
Vous trouverez ci-contre dans ma « boîte à images » quelques pièces du puzzle illustrant mon propos.
Attendez la chute de cette historiette pour apercevoir en filigrane ce mystérieux « CASTOR » …
Qui huit semaines plus tard retrouvera Jacques dans son prolongement aux Marquises.
Pressentiment final de six mois de vie, remplissant cette annus horribilis de 1978 pour l’éternité !
Ainsi, 30 ans plus tard, l’aéroclub Marquisien d’Atuona sur l’ile de Hiva Oa portera le nom de Jacques Brel.

A suivre …

Patience !
Pour vous faire patienter, voici quelques belles pages Bréliennes que j’ai choisies pour vous :

- ITW vidéo, dix ans avant « CASTOR-77 » lors des débuts cinématographiques de Jacques :

Archives de l’INA


- 9 octobre 2008 - Jacques Brel, aviateur ; 30 ans après …
(Cliquez ensuite sur l’aviateur à l’atterrissage pour lancer la vidéo)
« Jojo » aux Marquises


- Et pour ne rien perdre de son immortalité, ouvrez grand vos oreilles à l’écoute de « sa Radio éphémère »:
(Cliquez sur l’image pour accéder au podcast)


MERCI à tous ces talentueux contributeurs.
Cordialement vôtre,
Saintexounet

Thursday, February 21, 2008 

Current mood:  chipper
L'ancienne « garçonnière » de Jacques Brel

D'aucuns, amis lecteurs fort intentionnés d'affection à son égard,
scrutant ci-contre l'album photos « Souvenirs de Jacques Brel »
m'auront fait remarquer que la fiche administrative de l'aviateur
enregistrée à l'Aéroclub de France en date du 11 décembre 1964
portait mention d'une adresse « 11 cité Lemercier » à Paris 17è ;
alors que, dès 1955 selon la biographie, les BREL (femme et enfants)
étaient censés résider à Montreuil-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.

NB. Il ne s'agit pas d'une erreur, mais bien d'une subtilité administrative
voulue par Jacques lui-même, et qui mérite une explication.

Il convient de se resituer dans la carrière du chanteur pour comprendre.

Si 1964 est d'abord l'année du décès de ses père et mère (janvier et mars),
c'est aussi l'année où Jacques obtint le Grand Prix national du Disque en France.
Il n'y devient célèbre qu'à partir d'octobre 1961 par son récital à l'Olympia.
L'achat d'un petit avion « Gardan Horizon » en 1965 répondra aux impératifs
« TGV » du franchissement de longues distances par ce « galérien des galas ».
Néanmoins, Jacques n'oublia jamais les premiers temps de sa vie parisienne.

En 1953, il vint seul à Paris contre l'avis de sa famille qui lui coupa les vivres.
Même la naissance, en juillet, de France - sa seconde fille - n'aura pu le retenir.
Jacques Canetti, responsable artistique chez Philips et découvreur de talents,
fut son introducteur local qui tenait le cabaret des « Trois Baudets »,
situé 64 boulevard de Clichy, Paris 18è, à deux pas de la Place Blanche.

Aujourd'hui, ce haut lieu de mémoire de la chanson française
renaît en un espace de promotion et de présentation
de la chanson francophone dans toute sa diversité.
L'achèvement de sa rénovation est à suivre ici : « Les Trois Baudets 2008 »

Ouverture prochaine de la programmation ici : « Espace des Trois Baudets »

Donc à Paris Pigalle, en 1953, dans un secteur de longue date
fort réputé pour sa densité et sa diversité artistique
« notre » Jacques impécunieux chercha à se loger à proximité,
entre Les Batignolles et Montmartre.
Il trouva refuge dans la chambre N°13 de l'Hôtel du Chalet, situé
entre l'avenue de Clichy, au square Chausson, et la rue Lemercier ;
et desservi par la ligne 13 du métro, à la station « La Fourche ».
L'adresse indiquée sur la fiche de l'aviateur : « 11 cité Lemercier »
correspond bien à cet espace arboré, entouré de petites habitations,
auquel on accède par un porche fort discret sis 28 rue Lemercier,
dans le 17ème arrondissement de Paris.



Hé bien, saviez-vous que Jacques avait tenu à garder cette location
en souvenir des temps durs de son installation en France ?
Ainsi, pour se domicilier en 1964 …
Il pouvait encore, en toute légalité, faire mention de cette adresse.




Alors, quelle était donc la destination finale de ce lieu inutilisé ?
Pour la beauté relationnelle de cette anecdote, sachez qu'à
mon arrivée comme étudiant à Paris, quand bien même j'avais
déjà de quoi me loger en résidence universitaire …
Jacques n'hésita jamais à proposer sa « garçonnière » pour y
jouer « la pièce » qui me conviendrait sans avoir à le remercier
… ;-)

Bien à vous,
Saintexounet

PS 1. L'accord parfait des rencontres accordées à notre destin,
bien qu'incertain, est un guide têtu toujours épatant …
Car dans ce quartier, à la station suivante du métro « Guy Moquet »
où vécu mon Parrain dès 1925, puis d'autres cousins jusqu'en 1980,
où se tint en 1969 le repas de ma noce chez mes beaux-parents,
résidèrent aussi les grands parents maternels de ma filleule Elodie.
Par l'étalement dans le temps et l'absence de concertation,
qui me fera croire en l'occurrence au fruit d'un pur hasard ?

PS 2.



A propos de cette photo d'un avion « rouge » qui vole encore : il s'agit
du Wassmer Super IV, acheté par Jacques à Issoire (Puy de Dôme) ;
il avait été qualifié à son pilotage exactement jeudi 27 novembre 1969.
J'étais alors à Tunis, à mon premier poste professoral (coopération scientifique).
Jacques jubilait de bonheur à pouvoir me l'annoncer en direct au téléphone
au bon milieu de mon cours en labo, où mes étudiants furent plier de rire
à me voir jouer le pitre volant en suivant à l'écouteur le récit Brélien !

Tuesday, February 12, 2008 

Current mood:  cheerful

Pleins phares sur le 4L Trophy 2008

Pour les nombreux mordus d'aventures qui m'ont contacté
mais aussi pour tous les autres adeptes du fauteuil Internet ;-)
Retrouvez ici toutes les informations sur le 4L Trophy 2008



Et suivez, étape par étape, son parcours en direct depuis le satellite



Bonne découverte … Faites de beaux rêves.
Cordialement,
Saintexounet



Sunday, December 30, 2007 

Current mood:  mischievous

Jour de l'An … Pas l'ombre d'un doute : A vos souhaits !

Ami lecteur, BONNE ANNEE !

Il y a juste un an …
Une jeune coquette, qui m'est chère malgré ses bêtises,
répondait aux voeux dits de Nouvel An par une pirouette
littéraire peu convaincante sur l'arbitraire du 1er janvier.
Avec un brin de moquerie, elle fustigeait le conventionnel
pour exprimer son attachement aux valeurs essentielles
de la vie occupant les 364 autres jours de son existence.
Ma mignonne épicurienne eut raison de pointer-là son essentiel :
LE TEMPS DE RIEN … !
J'ai coutume de dire à qui m'aborde soi-disant « très pressé » :
Passez donc plus tard !
Car peu m'en chaut du médium évoquant un futur équivoque.
L'aviateur que je suis, de temps en temps à mon gré,
n'est partant et revenant vivant, sans horoscope,
que par son emploi … DU TEMPS, maîtrisé !
Ce Temps précieux insaisissable, je le fais mien en tout lieu ;
bien que tributaire du mode de repérage qui m'assiste.

Par exemple, que mon présent soit de l'An ou d'ailleurs,
tout jour (ou nuit) que je vis en volant temporairement
avec ou sans visibilité de l'horizon - s'il vous plait -
est fait de références au passé et de projections au futur.
L'instant vécu n'est validé que par la connaissance durant
ce « d'où l'on vint et où l'on ira, à temps » en conscience ;
avec l'impérative faculté de savoir anticiper à bon escient.

Ainsi, on peut gloser à l'infini sur les circonstances présentes
du temps qui vole ou va passer … Sans excuse sur l'essentiel :
C'est toujours l'avion qui vole, pas le pilote !
Sachant qu'a priori :
C'est la Terre qui tourne, pas le jour … De toute manière
dépendant, je dois faire confiance à beaucoup d'autrui.

Manière à peine voilée de redire « J'AIME » à qui M'AIME,
et à tous mes guides inconnus, aussi.

Aujourd'hui (= Au trait de lumière sous la porte)
ce temps m'a inspiré un miroir de voeux « 2008 » devant
répondre aussi largement que possible aux correspondants
qui, en tout point « obscur » de la Terre, ont apporté lumière
à mon bien-être en partageant ici même la diversité culturelle.

D'un coup d'aile maîtrisé en retour, j'ai fait le pari insensé
de tourner en dérision ce temps précieux qui nous dévore,
en empruntant au calendrier, toujours fonctionnel à bout d'ans,
son inconnu « Jour Premier » voulu par ses concepteurs.

Sur Stonehedge, j'ai porté mon dévolu aérien afin d'éclairer votre jour,
des ombres qui de tout temps - de par leur longueur portée -
apportèrent aux Hommes une part de leur langueur, à n'être
que d'infimes particules rêveuses de lendemains incertains.
A naître ainsi dépourvu du choix d'une tribu d'ancêtres millénaires,
souriez, nous avons survécu au ballet fantomatique desdites ombres.



Si vous souhaitez connaître les arbitrages de ce Jour de l'An,
qu'affectueusement je vous souhaite agréable et plein d'entrain
prenez le temps de consulter ici « leurs dévoués »
calendriers.

Sorti vivant de ce casse-tête, vous n'en serez pas quitte
du prochain rendez-vous à ce même point d'espace,
bon gré mal gré transporté, vacant pour un dit « Jour de l'An ».
Celui que vous voudrez … Bien sûr.
Au suivant ! Au suivant ! Etc.

MERCI pour tant d'attention portée à mes tempes grisonnantes ;
sans vous en conter toute l'histoire, car mon temps restant compté,
je n'en demeurerai pas moins à toute heure d'un fuseau arbitraire
de tout coeur fusionné à vos heurs de plaire bien à vous
durant toute cette année à venir bissextile, quelle veine ;-)
A tantôt, je vous souhaite bon courage !
Saintexounet

PS. Le croirez-vous, si j'avoue maintenant que j'adore l'imprévu ?



Friday, December 21, 2007 

Current mood:  artistic

Joyeux Noël ~ Merry Christmas ~ Mele Kalikimaka

D'Onde & d'Azur ©

Affiché en page d'accueil, durant cette fin 2007,
pour changer un peu du traditionnel Noël européen,
j'ai choisi de vous faire découvrir un air des Iles.
J'évite ainsi d'avoir à déguiser le "Petit Prince"
en "Petit Papa ..."
Et comme vous me l'avez si gentiment demandé
voici les paroles du « Joyeux Noël » Hawaiien
associé à mon dessin et chanté en 1950 par :

Bing Crosby (1903-1977) et les trois soeurs Andrews


Mele Kalikimaka

Mele Kalikimaka is the thing to say,
On a bright Hawaiian Christmas Day,
That's the island greeting that we send to you
From the land where palm trees sway,
Here we know that Christmas will be green and bright,
The sun to shine by day and all the stars at night,
Mele Kalikimaka is Hawaii's way
To say "Merry Christmas to you".

Mele Kalikimaka is the thing to say,
On a bright Hawaiian Christmas Day,
That's the island greeting that we send to you
From the land where palm trees sway,
Here we know that Christmas will be green and bright,
The sun to shine by day and all the stars at night,
Mele Kalikimaka is Hawaii's way
To say "Merry Christmas to you".

~ ~ ~ ~ ~

Here we know that Christmas will be green and bright,
The sun to shine by day and all the stars at night,
Mele Kalikimaka is Hawaii's way
To say, "Merry Christmas to you".

Mele Kalikimaka is the thing to say,
On a bright Hawaiian Christmas Day,
That's the island greeting that we send to you
From the land where palm trees sway,
Here we know that Christmas will be green and bright,
The sun to shine by day and all the stars at night,
Mele Kalikimaka is Hawaii's way
To say, "Merry Christmas",
A very "Merry Christmas",
A very very very "Merry Christmas to you".




Cliquez sur mon oeil d'églantine pour entendre Mele Kalikimaka

Bonne écoute.
MERCI pour vos compliments, cela me touche énormément.
Cordialement,
Saintexounet


Monday, December 03, 2007 

Current mood:  artistic
Ha ! Vous écrivez …

Vous êtes de plus en plus nombreux à m'adresser des textes.
D'abord, merci de me croire capable d'en analyser leur qualité.
Je triche un peu en les donnant souvent au comité de lecture
de notre vénérable Académie Lamartinienne.
Quand j'ai un doute, je lis toujours à voix haute, et si nécessaire
je vais jusqu'à m'enregistrer un passage pour mieux comprendre.
Mais puisque vous m'y invitez, voici deux critères d'appréciation
sur lesquels repose toujours ma conclusion.

Un texte poétique est fait d'images, de sensibilités et de sons.
Et c'est pourquoi il faut aussi le « sentir » avec ses oreilles.
Voici deux exemples bien différents de musicalité en poésie,
que vous apprécierez parfaitement en les lisant à haute voix.


1 – Dans ce poème de Tristan l'Hermite (1601-1655)

Le promenoir des deux amants (extrait)

Auprès de cette grotte sombre
Où l'on respire un air si doux
L'onde lutte avec les cailloux
Et la lumière avecque l'ombre.

Ces flots lassés de l'exercice
Qu'ils ont fait dessus ce gravier
Se reposent dans ce vivier
Où mourut autrefois Narcisse.

C'est un des miroirs où le faune
Vient voir si son teint cramoisi
Depuis'que l'Amour l'a saisi
Ne serait point devenu jaune.

L'ombre de cette fleur vermeille
Et celle de ces joncs pendants
Paraissent être là-dedans
Les songes de l'eau qui sommeille.



C'est une mélodie coulant comme une source,
une fluidité aqueuse rendant parfaitement l'esprit du texte.
Notez que l'on pourrait faire la même observation phonétique
dans le rendu ouaté du célèbre « Le Lac » de Lamartine.
A ce propos,
je vous recommande cette page d'explication littéraire : MÉDITATIONS POÉTIQUES


2 – Dans ce passage du drame en trois actes de Paul Claudel (1868-1955)

Partage de midi (1905 - extrait)

… La mer, comme elle sautait sur nous, la païenne !
Voilà une mer !
Quel vent féroce il faisait dans le grand soleil !
Comme cela sifflait et cinglait,
et comme le dur mistral hersait l'eau cassée !
Toute la mer levée sur elle-même, tapante, claquante,
ruante dans le soleil, détalant dans la tempête !


L'évocation théâtrale chez Claudel est rendue par des rythmes heurtés
et des allitérations qui peuvent se comparer aux sonorités orchestrales.
Et l'on ne s'y trompe pas, c'est la Mer Méditerranée en tempête,
ce n'est pas l'Océan.
Remarquez aussi que pour respecter cette euphonie,
Claudel n'a pas hésité à faire une faute de français :
« ruante » alors que le mot correct serait « ruant ».
Mais « ruant dans » sonnerait mal.

Vous voilà prévenus, si vous m'écrivez,
sachez que je vous écoute plus que je ne vous lis !

Amitiés.
Jehan