City: Brest, Finistère
Country: FR
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Saturday, February 03, 2007
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192 pages, tout couleur, plus de 500 photos, format 23,5 X 23,5 cm Auteurs : Olivier POLARD / Bruno LEROUX / André HASCOET / Philippe STOURM / Rémy TALEC / André GUYOMARC'H Mise en page par TIBOU Edité par La Blanche Production Imprimé à Montaigu par Imprimédia Dépôt légal : octobre 2005 Inclus : CD compilation 25 titres de 1963 à nos jours

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Saturday, February 03, 2007
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 "Cinq diables enflammés, un rock power pour libérer toutes les énergies : guitares incandescentes à vous faire griller les amplis, une basse qui lacère et vous tord les tripes, un batteur qui fouette vos nerfs à vif et un chanteur né dans la douleur, qui lâche tous les chiens de l'enfer de tant d'amour qui le brûle. Au secours !"
The Secret Faith nait en juillet 1985 et comprend Olivier Delaire (chant), Ronan Corre (guitarre), son frère Ian (batterie) ainsi que Fabrice Saint-Jal (basse). Le groupe, très jeune, joue une new-wave, proche des Cure et de Joy Division. Une démo quatre titres leur permet en juin 1986, de participer, à la première édition de Rock Sur La Blanche (c'est leur deuxième concert). Ils se sabordent à la fin de l'année et renaissent sous le nom de Devil's Delight.
Fabrice Saint-Jal est remplacé par Jean-François Caledec et Christophe Delaire, le jeune frère d'Olivier assure les claviers. Leur musique se durcit et s'éloigne complètement des premières influences. Il faut désormais aller chercher les références dans les sixties et le rock australien. Ils présentent leur nouvelle formule à la deuxième édition de Rock Sur La Blanche et reçoivent un accueil enthousiaste.
 Il faut dire que les premiers concerts sont impressionnants de concisions et de panache. Ils ont murit et leur néopsychédélisme garage d 'excellente facture fait mouche. Leur répertoire est exclusivement composé de compositions en anglais qui n'ont rien à envier aux groupes des compilations Peebles qu'ils vénèrent. Le groupe enchaîne les premières parties : Kalashnikov, Thugs, Meteors, Dominic Sonic, Washington Dead Cats, Raorunners, 999, Larry Wallis, Tav Falco ...
Christophe Delaire s'en va en juin 1988, après un dernier passage à Rock Sur La Blanche. Il est remplacé par Marc Fontenoy, l'un des meilleurs guitaristes de la région. Leur musique quitte un peu les sphères du psychédélisme pour devenir plus radicalement garage, entre Stooges et Flamin' Groovies. Les Devils gagnent en efficacité tant les riffs et les solos de Marco sont précis et affûtés. Olivier assure le show par sa fougue et son look de jeune dandy rock'n roll (ce qu'il est d'ailleurs).
Michel Carval prend en main le groupe et les concerts, déjà nombreux, s'intensifient encore. Ils jouent à Caen, Orléans, Tours, Lille, Nantes... et ouvrent pour les Fleshtones, Vibrators, Creeps, Arno ou encore les Miracles Workers à l'UBU en juin 1989: "On voudrait remercier la première partie, Devil's Delight, pour leur set fantastique !". Ils ouvrent également pour les Vandals au Gibus et les Barracudas au New Moon et passent en interview sur Oui Fm pour l'occasion.
Début 1990, Luc Marghalo remplace Michel Carval comme manager. Le rythme se ralentit. Le seul seul titre "officiel" du groupe est enregistré au studio Amadeus par Patrick Péron pour la compilation "90 de Rock" de Caen. La lassitude et le manque de moyens amène les 5 diables à se séparer à l'automne 1990 après deux très bons concerts en ouverture des Pirates au festival de Quemeneven et salle Surcouf pour 1'anniversaire du CCM. La signature tant attendue n'est jamais venue alors que les Devil's Delight méritaient bien une place de choix dans l'univers rock hexagonal.
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Saturday, February 03, 2007
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 "Les gardiens du Temple"
Le groupe se forme en février 1964 autour de Gérard Breut (guitare/chant), Michel Pillot (basse), jacques Huet (Batterie/chant) et Joël Cabon (guitare). Ils reprennent exclusivement des standards du rock'n'roll (d'Eddie Cochran à Chuck Berry). Contrairement à d'autres formations comme Eddie Dan et les Daners, ils veulent se couper des adaptations françaises et aller à la source. Le répertoire ne se compose que de titres en anglais, excepté " Fais Attention ", de Ronnie Bird. Issus du milieu ouvrier, ils n'ont que peu de moyens et les premiers salaires permettent d'acheter le minimum, c'est à dire un ampli pour tout le groupe. Ils jouent surtout dans des patronages ou des tremplins comme le Grand Festival des Jeunes salle St Louis en 1965. C'est cette même année qu'ils participent à la création du Rockin' Fan Club avec Aldo et Chico. La petite salle mise à leur disposition par la mairie leur permet de jouer régulièrement devant un petit public de connaisseurs.
Ils répètent dans un local à Kerbonne, prêté par la paroisse et enregistrent sur le magnétophone du curé. Ils font presser un vingtaine de disques, pour leurs amis du Rockin' Fan Club. A la fin de l'année, ils doivent partir faire leur service militaire et passent les 16 mois qui suivent à répéter et à perfectionner leur répertoire.
Joël Cabon est remplacé par Bernard Hélies en juillet 1966. C'est après le 31 décembre 1967 que les choses décollent. Enfin libérés de leurs obligations militaires, ils commencent à prospecter en vue de concerts. Ils passent une audition avec Charlot, le patron du Prado et grâce à leur premier cachet, achètent une sono à crédit. La conjoncture leur permet désormais de pouvoir trouver des salles où il est possible de ne jouer que du rock. Ils tournent de plus en plus régulièrement et passent l'année 1968 à animer les bals de la région, se déplaçant à quatre avec le matériel dans une vieille 203. Ils jouent une cinquantaine de titres qu'ils n'hésitent pas étirer pour gagner un peu de temps. Comme ils travaillent tous, ils refusent systématiquement les bals du dimanche soir. Ils se démarquent des autres formations par un mode de vie plus stable, et surtout une intégrité sans faille.
 Lorsqu'ils passent à la Redoute, Charles Muzy n'hésite pas à parler d'eux comme du "groupe français qui lance un défi aux formations anglaises". C'est bien sur exagéré, mais ils font effectivement mouche grâce à leurs bonnes qualités techniques et vocales. Leur son s'améliore et se rapproche des originaux. Le 15 mai 1968, ils participent au deuxième Grand Festival Rock and Blues à la Redoute avec le Cratère, les Gods, Lee-Archibal, les Kingstones…
Ils jouent désormais dans tout le grand ouest, jusqu'en Vendée, le nombre de bals culminant dans les périodes estivales. En janvier 1969, ils ouvrent pour Eddy Mitchell et Les Enfants Terribles, puis en avril, pour le jazzman Lou Benett. On peut les comparer à une sorte de Flamin Groovies brestois, leurs reprises, et les quelques compositions proposées, allant dans le sens de la tradition d'un rock brut et carré. Le choix de la guitare Gretsch pour Gérard renforce ce parallèle.
Les années soixante-dix marquent un ralentissement des concerts. Bernard Hélies quitte la région et Jacques Huet rejoint le groupe de bal rétro Jack Ezam. Les Blues Shades sont donc dissous en mai 1971. Début 1973, ils se reforment avec le retour du batteur et l'arrivée Jean-Luc Duputz, un organiste qui ne reste que six mois. Ils recrutent alors Jean-Claude comme deuxième guitariste et tournent surtout dans de petits clubs ou des boîtes de nuit. Leur répertoire se réduit considérablement puisqu'ils ne jouent plus qu'une heure à la place de quatre comme en 1969. Leur jeu gagne en puissance, mais en 1974, ils décident de se séparer, autant par lassitude que pour raisons familiales.
Leur disparition marque la fin d'une époque, celle des bals rock, des publics survoltés, acceptant de vibrer sans retenu devant des groupes locaux, pourvu qu'ils soient crédibles. S'ils ont tenus plus longtemps que les autres, c'est parce qu'ils étaient déjà en décalage par rapport à leur temps, ne se laissant pas influencer par les modes changeantes. Pendant dix ans, ils firent uniquement la musique qu'ils aimaient et c'est ce qui les rend si attachants.
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Saturday, February 03, 2007
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En juin 1987, François Barvec (guitare, ex Metallique Baroque) rencontre Philippe Stourm, originaire du pays Bigouden et étudiant à Brest. Pendant plusieurs mois, ils composent leurs premières maquettes dans un local improvisé au 1er étage du bar le Blues Time (auquel ils dédieront la chanson "Blues Time Bop"). Leurs influences, très différentes, vont de Lou Reed à XTC, de Gainsbourg à Prince. En fait, tout les inspire, même la musique brésilienne qu'ils mixent sauvagement avec des boîtes à rythmes. Les deux premiers concerts se font avec appoint de bandes magnétiques. Pascal Morvezen, ancien bassiste de Coyote Pass et le batteur Erwan Le Bousse complètent la formation à l'automne 1988.
Au printemps, les concerts dans les cafés-concerts s'enchaînent rapidement. Ils font forte impression avec un rock au goût acide. L'attention se focalise aussi sur les textes en français. Peu de groupes brestois proposent à l'époque des paroles aussi abouties.
Une première maquette (" Tout va bien ") est réalisée au CCM en mai 1989. Les Haddock Gibbons se placent alors comme la révélation de la scène brestoise. Pour promouvoir le groupe, leur manageur Pierre Cloarec décide de produire deux 45 tours qui sont enregistrés au studio Amadeus par Patrick Péron et sortent en décembre 1989. Le pari de Pierre Cloarec est osé. Produire deux 45 tours d'un groupe encore jeune et peu connu en dehors de Brest peut aboutir à un gros trou financier, ce qui arrive. Ceux qui suivent le groupe de près ne retrouvent pas la folie que les Haddock Gibbons dégagent sur scène. Les disques se vendent peu malgré les dates effectuées en Bretagne.
En mars 1990, ils sont à l'affiche de l'anniversaire du CCM où ils font forte impression: " Un set très cohérent, un rock qui intègre parfaitement ses influences. Haddock Gibbons est assurément le groupe le plus original de la scène rock brestoise. A suivre de très près. " écrit Jean-Luc Germain du Télégramme. Ils font la première partie des Thugs (qui cherchent à les produire), des City Kids… Jean-Yves Queffelec de l'association New Déclic reprend le groupe en main qui cherche en vain un deuxième guitariste. Malheureusement, les Haddock s'essoufflent. Le groupe paye le prix de son éclectisme et peine à élargir son audience. Une dernière maquette est réalisée au CCM mais la lassitude et les tensions minent définitivement la formation qui fait un ultime concert le 2 mars 1991.
Erwan Le Bousse rejoint les Locataires. Tous les membres du groupe participeront en 1996 à l'aventure " Dimanche " avec André Guyomarc'h qui, malgré de belles premières parties les amenant jusqu'à Rennes, se terminera prématurément. François Barvec et Philippe Stourm reforment un nouveau groupe du nom de Dogger et German. Evoluant essentiellement en duo, ils réalisent de nombreuses maquettes et manquent de peu une reconnaissance méritée. Nullement découragé, ils reprennent l'écriture et recrutent de nouveaux musiciens en 2000. Ainsi Eric Le Pape (batterie), Patrick Jegou (guitare) et Olivier Polard (basse) rejoingnent nos deux compères, sans oublier le fidèle Fab'z (roadie). En 2004, le groupe jette l'éponge, de guerre lasse. Philippe Stourm rencontre Valier. STOURM est né.
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Monday, January 29, 2007
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" Saviez-vous que les araignées peuvent chanter ? Moi non plus. Elles ont des pattes maigrichonnes, le torse velu, les cheveux carotte et la voix grinçante comme un cafard. Leur nom justement, les Hot Bugs. "
Grand espoir de la scène brestoise, les " Chauds Cafards " produisaient un rock brut et carré " sans particule ni parti pris ". Jean-Yves "Eliott Bugs" Pleyber, en rupture de Gulf Stream, guitariste taciturne et efficace, rencontre Michel "Clac Poum" Abgrall, batteur et lui aussi fan des Ramones. Dédé "Sandro" Martin se joint à l'aventure comme bassiste. Tous trois décident de monter un groupe courant 1987. Eric Conq alias "Rackam", ancien chanteur des Spooky's, petite boule de nerf au timbre très particulier (entre Johnny Rotten et Brigitte Fontaine, c'est dire!..) se joint à eux début 1988. Ils prennent comme nom Hot Bugs.

Le groupe tourne dans les cafés concerts bretons pendant près d'un an. Eric Stéphan arrive comme second guitariste et en octobre, ils sont sélectionnés pour la finale régionale du Printemps de Bourges. La troupe de marionnettistes Réêèpercussions intervient alors sur scène avec décors et mise en scène. Les show sont complètement délirants, Rackam en dandy destroy bondit au milieu de marionnettes à têtes géantes : une jeune fille à cheveux roses, un rocker à banane, une petite lune qui quand elle se retourne devient soleil. Les Hot Bugs sont acides, agressifs, spectaculaires et drôles !
 Rien ne semble pouvoir les arrêter. Leur concert a Bourges a lieu le 7 avril 1989. TF1 les choisit pour présenter le festival au journal télévisé de 20 heures. A leur retour, ils sortent leur 45 tours. Tiré à 1000 exemplaires, il est coproduit par le studio Amadeus. Cela donne lieu à un concert événement au Vauban. Ils passent également à Tempo, interprétant " Pitch No Pitch " toujours accompagné des Réêèpercussions mais pour la dernière fois. En juillet ils ouvrent le festival de Tamaris (Fleshtones, Noir Désir, Yargo..) puis celui du Tour Du Rock (Kid Pharaon, Dogs..), tout en participant sur M6 à un concours lié à leur prestation scénique de Bourges. Eric Stéphan quitte le groupe à l'automne. C'est donc réduit à quatre membres que les Hot Bugs se présentent à la finale du Yamaha Band Explosion à Paris. Sur 700 formations, ils finissent troisièmes et Rackam premier chanteur. Ils sont approchés par Fabrice Nataf de Virgin France et reviennent à Brest avec une prime de 15000 francs.
Après la première partie de la Mano Negra salle de Penfeld, tout semble indiquer que les temps sont venus pour une reconnaissance nationale, tant leur show est percutant ce soir là. Le rappel pour un ultime morceau avec Rackam met la salle à genoux. Le mois suivant, la Mano propose aux Hot Bugs d'ouvrir pour leur concert à la Cigale à Paris. Malheureusement, les conflits internes sont de plus en plus fréquents. Un contrat est signé avec Amadeus pour la production d'un album qui ne verra jamais le jour. Le groupe se décompose à vitesse grand V. Au printemps 1990, ils engagent un jeune guitariste, Guillaume Jouan et jouent avec les Maniacs, les Lolitas ou les Raodrunners. Une tournée en Suisse et en Allemagne est prévue puis annulée. En octobre, les Hot Bugs n'existent plus.

Les Hot Bugs ont laissé l'image du groupe rock'n'roll par excellence, grandeur et décadence, excès et désillusions. Le chant en anglais a sans doute limité leur ascension alors qu'ils étaient capables d'écrire un titre aussi fantastique que "Les Bigoudis".
45 tours " S/T " ( Amadeus / Hot Bugs ) 1989 Pitch No Pitch / Last Night
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Monday, January 29, 2007
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"les Jets cultivent la beauté glaciale du gigolo berlinois des années folles."
La première mouture du groupe apparaît en 1977 au lycée Amiral Ronard autour de Bernard Gouret (chant), Alain Mouden (guitare), Jean-Michel Joncourt (basse) et Renaud Ackert (batterie). Alors qu'autour d'eux le folk est à la mode, c'est le Velvet, Hawkwing et bien sûr la déferlante punk qui les rapprochent. Après un an d'efforts permanents, ils font leur premier concert au Paris sous le nom de Blitz Krieg. Ils changent leur nom pour pouvoir repasser en septembre 1978 dans ce même café-concert suite à la tornade que les Damned ont laissé derrière eux. Leur nouveau nom est un hommage au Velvet Underground.

Les premières influences punks laissent place à un rock plus intellectuel, toujours en anglais, plus proche de Bowie ou de Roxy Music que des Sex pistols. Luc Contignon les rejoint à la guitare. Au printemps 1979, ils ouvrent pour The Cure à Quimper et gagnent un tremplin du golf Drouot. Après quelques concerts, il apparaît que Renaud, par sa faiblesse technique, ralentit la progression du groupe. Jacques Trélu le remplace. Une maquette est réalisée aux studios DB de Rennes, produite par Jean-Louis Colleter, et un titre apparaît sur la compilation Rock'n'Rennes. Ils sont ainsi plus connus à Rennes qu'à Brest, d'ou leur assimilation à cette fameuse scène rock si mythique. Leur musique passe peut-être mieux dans cette ville étudiante plus branchée et plus sophistiquée.
U.V . Jets s'affirme et s'active. En décembre 1980, ils font les Transmusicales et tournent le plus possible dans toute la Bretagne. Une nouvelle maquette est réalisée qui séduit Jean-Louis Phillibert de RCA qui les signe en octobre 1982 . Ronan Cudenec (ex Nicolas Cruel) passe derrière les fus tandis que le saxophoniste Philippe Guennou devient membre permanent. Ils sont à l'affiche de la Nuit du Bout du Monde en janvier et apparaissent comme le groupe le plus professionnel de la ville. La scène new-wave brestoise attend un détonateur qui permette une reconnaissance nationale (l'exemple rennais est bien sûr dans toutes têtes) et UV Jets est le meilleur candidat du moment.
Le groupe se retrouve du 4 février à la fin mars 83 au studio DB de Rennes pour réaliser un mini album 6 titres. Patrick Péron (clavier) et Alain Trémol (percussions) participent aux sessions. Pendant l'été, ils passent en ouverture du festival Elixir de Morlaix et de Toulouse (Undertones, Stranglers, Lords Of The New Church...) et font la première partie de Wishbone Ash (sic). Le 33 tours est dans les bacs en septembre 1983. Sa sortie a été retardée pour que le groupe puisse refaire le mixage au Miravel Super Bear de Nice, le studio de Dick Rivers. UV Jets ne veut pas tomber dans le piège de l'époque (les fameuses batteries métronomiques en avant toute) et ce choix permet au disque de ne pas avoir mal vieillit comme tant d'autres productions. Malheureusement, c'est un marché de dupe que RCA leur a proposé. Le département rock de la maison de disque est liquidé et, malgré ses qualités, le disque est un flop, ne disposant d'aucune promotion (c'est la même chose avec les Nus et Ubik). Seuls 500 exemplaires sont vendus en Bretagne. Le groupe ne s'en remet pas et se sépare début 84.
Novembre 2005. A l'occasion de la sortie de "40 ans de rock à Brest" et du concert qui en découle, UV Jets se reforme exceptionnellement. L'excitation suscitée les amène à repartir dans une nouvelle aventure. Nouveau titres, nouveau batteur, pour la 4ème Nuit du Lézard à Brest, ils proposeraont aux spectateurs du Vauban de nouveaux titres, affirmant bien fort qu'ils sont de retour !
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Monday, January 29, 2007
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"Chemises hawaïennes, skaï noir et polyamide violet ne suffisent pas à décrire ce groupe plein d'énergie qui attira vite les trois quart de la salle grâce à un chanteur au jeu hystérique, à d'excellents musiciens et à un rock particulièrement solide." Rock Hebdo juin 1978.
En juin 1976, l'Eléphant Rose apparaît comme l'un des meilleurs groupes sur Brest. Jouant avec un minimum de moyens dans des petites strucutres un répertoire composé essentiellement de rock et de blues ( JJ Cale, Brownie Mac Ghee, Tom Petty...), le groupe s'articule autour de DD Grall et Chris Georgelin aux guitares ainsi que François Daniel à la basse et au chant. Ils rencontrent , cette même année, Yves Andréo, plus connu sous le diminutif d'Yffic. Jeune étudiant en anglais de 20 ans, il impressionne par sa maturité vocale et sa manière bien à lui d'appréhender la scène. Comparé sans complexe à une sorte d'Iggy Pop français, il se fait appeler Felix Bagheera et dit adorer la viande pour chat !
L'Eléphant Rose décide de se rebaptiser "Nicolas Cruel" en octobre 1977, lorsque Ronan Cudenec est engagé comme batteur. C'est vers un rock sous haute énergie que le groupe veut désormais se diriger. Jean Moul complète l'équipe en devenant manager tandis que Michel Appriou s'occupe à la fois du son et des photos. Le groupe travaille dans son local de Logona-Daoulas, au rythme effréné de cinq répétitions par semaine, et ce pendant deux ans (sans compter les concerts). Il veulent réussir quelque chose que personne n'a vraiment tenté ici : créer sa propre musique et donner le maximum. Jean-louis Colleter est engagé comme clavier d'un groupe qui améliore considérablement son envergure et devient rapidement la meilleure formation que Brest ait connu.
Nicolas Cruel est à la fois le groupe le plus mythique et le plus oublié du rock brestois, car aucun 45 tours ou album n'est venu témoigner de cette formidable expérience réunissant les meilleurs musiciens locaux des années soixante-dix.
Les concerts permettent de voir un groupe en devenir, formidablement bien soudé derrière Yffic qui donne l'image d'une panthère passant son temps entortillé autour du pied de micro. Le public est assailli par des vagues successives d'énergie brute, d'un tempo sec et précis, et du jeu hystérique du chanteur. Le répertoire du début est surtout composé de reprises (Mink De Ville, Graham Parker) mais très vite des compositions apparaissent, particulièrement convaincantes. Tous les textes sont écris par Iffic: "J'ai commencé à écrire en anglais que je préfère de beaucoup…mais le public se sent beaucoup plus concerné par un groupe qui chante en français…..A la rigueur, les textes, j'en ai rien à foutre. Ce qui m'intéresse, c'est de chanter, pas de dire quelque chose. Ca se passe à un niveau organique, pas intellectuel. Quand je chante, pour moi, ce n'est pas une langue mais des mots qui swinguent." Rock Hebdo, juin 78.
Jean Moul décide de faire tourner les Damned à Brest, uniquement pour faire passer Nicolas Cruel en première partie. C'est donc au printemps 1978 qu'a lieu ce concert mythique, salle Cerdan. Captain Sensible passe tout le concert à se cracher dessus et les Damned finissent par lâcher des bombes lacrymogènes dans le public, faisant fuir tout le monde à vitesse grand V. Ne parlons pas du café-restaurant Le Paris, place Sanquer, qui eut l'immense privilège de recevoir les deux groupes à leur table. Les tenanciers ont failli tirer à vu sur tous les punks qui se présentaient par la suite devant eux… Cependant, pour Nicolas Cruel, le bilan est plus que positif. C'est dans la même optique qu'est organisée la venue de Téléphone à la salle de l'Auditorium. Ces derniers sont séduits par la prestation du groupe et proposent aux Brestois d'ouvrir à plusieurs reprises pour eux. Le management de Téléphone leur trouve des dates et des adresses. Leur musique atteint un niveau et une intensité incroyable sur scène. Ils jouent partout où c'est possible malgré le manque cruel de moyens dont ils disposent, allant même jusqu'à tourner dans les dépôts de l'armée, entourés sur scène par les flics maritimes.

Ils sont en pleine ascension et l'idée d'un album se précise. Mais, au printemps 1979, Yffic prend tout le monde de court en quittant précipitamment la fin d'une tournée en région parisienne. A Béthencourt, il laisse un mot d'excuses et rentre à Brest, laissant le groupe assurer sans lui une date le soir même, François Daniel assurant le chant au pied levé. Yffic n'a sans doute pas supporté les pressions diverses et est retourné à ses études. Il quitte Brest pour Cambridge jusqu'en 1982.
Le groupe continue quelques temps en engageant le jeune chanteur des Bannis, Nicolas Rastoul. Mais quelque chose est cassé. Après quelques semaines de répétitions et une première partie d'Au Bonheur Des Dames à Rennes, Dédé Grall et Jean Moul partent former Monsieur Jean. Chris Georgelin et Ronan Cudenec s'en vont eux aussi, lassés des galères. A partir de là, c'est donc une formation bien différente à tous points de vue, qui garde néanmoins le nom de Nicolas Cruel. Cela entraîne d'ailleurs certaines critiques. Pour leur passage au festival de la chanson à Rennes en décembre 1979, la presse parle d'un " rock serré à faire chavirer les cœurs tendres ". On est donc bien loin des frasques d'Yffic. Un peu comme si les Stooges s'étaient transformés en Roxy Music.
Yffic et Chris se retrouveront en 1985 au sein des Coyotes Pass pour une suite tout aussi fumeuse et rock'n'roll ...
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