UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE : ALTERMONDIALISATION :
I - MONDIALISATION NEOLIBERALE, dernière étape du capitalisme :
C'est une idéologie qui a été mise en place dans les années 60-70 qui consiste à écraser le monde ouvrier et à transformer les échanges pour qu'ils deviennent mondiaux. Il fallait privatiser pour que les biens publics deviennent de plus en plus des biens privés et ceci dans un cadre politique mondial.
Or il n'y a aucun libre échange au niveau culturel ni au niveau de la valeur humaine, cela reste du libre échange au niveau économique. Et les grands organismes de crédits : la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International poussent les pays du Sud à l'endettement. La mondialisation n'est que la préparation des assassinats des peuples !
La Banque Mondiale et le FMI ont une responsabilité dans la crise de la dette et dans le maintien de celle-ci. Sur le site de la Banque Mondiale, la première chose que l'on voit c'est « --uvrer pour un monde sans pauvreté ». Depuis sa création elle fait annuellement des bénéfices, même durant les années de crises la Banque Mondiale fait environ un milliard de dollars de bénéfices chaque année, et elle soutient des régimes dictatoriaux à l'heure actuelle.
PHILIPPINES :
Au début des années 80, de nombreuses politiques de libéralisation commerciale ont été appliquées en suivant les objectifs de l'Organisation Mondiale du Commerce (qui dicte les lois du marché international dans l'intérêt exclusif des multinationales occidentales) car auparavant les agences qui poussaient à la libéralisation du commerce étaient la Banque Mondiale et le FMI.
Ensuite, cette escalade a continué avec des politiques de privatisations. Au début, ces privatisations étaient motivées par une course au profit dirigée par le gouvernement, et ils ont vendu beaucoup de biens publics car ils ne pouvaient pas payer la dette. Et plus tard, les privatisations ont été menées par les sociétés privées qui ont pris le contrôle des services sociaux du pays.
MALI :
On a tué les agricultures vivrières au détriment des agricultures d'exportation en mettant l'accent sur la culture du cacao, de l'arachide, sur tous les produits destinés à ravitailler les industries européennes en refusant de considérer ce dont le peuple a besoin pour survivre.
Ces institutions : l'OMC, la Banque Mondiale, le FMI ne songent même pas à savoir comment survivent les populations. Ce qui les intéresse seulement c'est le côté financier, l'apport économique.
Les firmes en Occident étaient en quête ou même en manque de marchés pour écouler leurs produits. Et c'est à partir de ce moment que des firmes étrangères en particulier françaises (BOUYGUES, ELF…) se sont implantées dans toute l'Afrique en disant il y a la guerre, la famine et le soutien des dictateurs (Gabon, Burkina Faso, Togo…).
Tout doit devenir profit, tout doit devenir marchandise
ARGENTINE :
Après 12 ans de privatisation à Buenos Aires et à Santa Fé, après avoir suivi toutes les indications de la Banque Mondiale et du FMI, les organismes de crédits, après avoir appliqué textuellement toutes les recommandations, on peut en tirer aujourd'hui une conclusion très concrète qui ne vient pas d'une idéologie comme ils le prétendent mais qui vient des résultats concrets : les entreprises privées sont inefficaces, inadaptées, incompétentes et mauvaises gestionnaires !
II - CRIMINELLES PRIVATISATIONS :
La mondialisation c'est aussi celle du flux des finances qui travaillent 24 heures sur 24 entre Londres, New York, Tokyo, Frankfort, qui cherchent les profits les plus élevés. Et le secteur actuellement le plus rentable est l'immobilier, le logement. Donc, on cherche des endroits où l'on peut faire des profits facilement sans trop travailler.
INDE :
- Les choses basiques comme l'eau sont en train d'être privatisées. Un grand nombre de fermiers se suicident car ils n'ont plus accès à l'eau puisque maintenant celle-ci est payante.
- Il y a aussi les graines utilisées par les fermiers qui deviennent contrôlées. Ils devront acheter les graines pour l'agriculture aux multinationales américaines. Et s'ils utilisent leurs propres graines, celles qu'ils utilisent depuis des générations, ils seront arrêtés car c'est illégal.
- Il y a à peine 5 ans, les soins médicaux en Inde ne coutaient vraiment pas chers. Or maintenant avec la privatisation, c'est devenu aussi cher qu'en Europe. On développe le système des mutuelles mais les gens n'ont pas d'argent pour s'assurer…
PHILIPPINES :
En 1995, les Philippines furent le plus important projet de privatisation de l'eau réalisé par la Banque Mondiale en Asie. Le premier projet de privatisation concernait la métropole de Manille qui couvre plusieurs villes et villages comptant à l'époque 12 millions d'habitants. Au début, la Banque Mondiale présentait les Philippines comme le meilleur exemple des privatisations car juste après la privatisation les prix de l'eau ont baissé. Mais moins de cinq ans plus tard, les prix ont recommencé à augmenter et aujourd'hui après dix ans de privatisation le prix de l'eau est 4 à 5 fois plus élevé qu'avant la privatisation. Et l'une des pires formes de privatisation est le système d'eau pré-payée : c'est comme pour le téléphone portable vous devez acheter une carte d'un certain montant avant de pouvoir accéder à l'eau. Et s'il n'y a plus de crédit sur la carte, il n'y a plus d'eau !
MALI :
Tous les secteurs publics ont été bradés. On a d'abord estimé le patrimoine du chemin de fer malien à 113 milliards de francs CFA, mais le gouvernement malien l'a vendu à 7 milliards de francs CFA. Regardez l'écart ! Et on a mis à la porte près de 800 personnes. Le chômage déchire les familles. Et tous les villages le long des rails ont été privés de ressources parce que la société qui a repris le chemin de fer n'a repris seulement que le trafic de marchandises. Ils ont dit qu'ils n'assuraient pas le transport de personnes parce qu'il y a trop de risques, c'est peu rentable par rapport au trafic de marchandises. Et des milliers de villages se trouvent aujourd'hui enclavés. Ils ont des tonnes de mangues, de bananes qui pourrissent dans les villages là-bas. Il n'y a pas de routes pour les envoyer, seul le train était le moyen d'acheminement de ces produits sur le marché. Aujourd'hui, ils n'ont pas de solution, l'Etat ne s'en préoccupe car il y a une pression de la Banque Mondiale et du FMI pour privatiser.
Les capitaux n'ont pas de frontières. Et partout où ils vont, ils font des victimes. Et c'est le même type de dégâts qu'ils causent : dégâts écologiques, sociaux, économiques, politiques parce qu'avec leur puissance ils arrivent à effacer la politique des nations.
ARGENTINE :
Ce modèle a pu être mis en place parce que les partis politiques majoritaires sont absolument complices de ce système. Ils savaient que cela augmenterait la dette, que cela ferait augmenter les prix, qu'ils allaient virer du personnel et fournir un système de qualité inférieure, et ils l'ont quand même appliqué !
Ce n'est que ça le capitalisme : du profit, on se fout de la qualité humaine.
NIGER :
Il y a des impôts que paye la communauté. Mais en plus de cela, si on veut franchir le seuil d'un dispensaire même en cas d'urgence il faut payer quelque chose juste pour accéder aux centres de santé. Le dispensaire du village devient une affaire privée mais on ne sait pas qui est le privé qui la tient Alors on s'en fiche de votre état, il faut d'abord payer pour accéder au dispensaire afin que vous puissiez être soigné par la suite. Ça c'est le problème des privatisations progressives !
III - MANIPULATION :
La puissance de cette représentation du néolibéralisme dans certains pays est basée sur une médiatisation. Donc on communique fortement sur notre politique mais ce sont des mensonges.
INDE :
Beaucoup de gens ne savent pas lire, ils n'ont accès à aucun média à part la télévision. Tout le monde regarde CNN. Et qu'est-ce qu'ils voient ? L'information donnée est celle que le gouvernement américain veut que l'on voie.
MALI :
La télévision ne sert qu'à nous embobiner, qu'à nous envoyer des missiles dans notre subconscient. La jeunesse est très fragile. On est porté que vers la Starmania, la musique. Tout ce qui conscientise le peuple est relégué en arrière plan. Le peuple est destiné à être un peuple de consommation de produits.
FRANCE :
Les jeunes grandissent aujourd'hui avec 3 heures et demie de télé en moyenne dans la tête. On leur vend du désir et on leur propose un modèle dont ils ne seront jamais acteurs et seulement victimes, c'est-à-dire que lorsqu'ils vont consommer, ils ne vont pas avoir conscience qu'on fabrique leurs propres prisons et ceux de leurs frères ailleurs. Le drame c'est que la mondialisation et la notion du profit s'imprègne dans la tête des jeunes. La nouvelle colonisation est dans la tête : « C'est quand ils nous voient tous nous bagarrer pour acheter leurs merdes. »
ARGENTINE :
Le système veut nous arnaquer, nous voiler les yeux pour que nous croyions en lui. Le système veut nous assassiner subtilement en nous vendant une vie confortable, une voiture, une maison, une femme en nous disant que tout ceci est la vérité et que nous sommes nés avec cette nature.
MALI :
Cette forme de mondialisation n'est qu'un moyen de maintenir le peuple dans un état d'exploitation, de consommation, de soumission et d'anéantissement. Or il faudrait une autre alternative
IV - REVOLUTION :
Comment voulez-vous que les populations se soulèvent contre les politiques qui sont imposées par le FMI ou la Banque Mondiale alors qu'elles croient encore au Nord comme au Sud que ces organismes --uvrent à l'amélioration de la pauvreté ?
Pourquoi y a-t-il eu un changement progressif en Amérique latine et en Asie ? C'est à chaque fois parce que les populations locales ont eu un esprit civique qui s'est éveillé, et c'est aussi le résultat d'un travail de longue haleine des mouvements sociaux.
Nous, les humanistes, travaillons partout dans le monde pour la libération et l'évolution de l'être humain.
Nous, les humanistes, luttons pour une révolution totale, sociale et spirituelle car une véritable transformation sociale sera possible uniquement si elle est accompagnée d'une profonde rénovation interne.
Nous, les humanistes, connectons notre vie personnelle avec la vie sociale. Nous croyons en une transformation personnelle et sociale simultanée.
Personne ne va venir faire la révolution à notre place, la révolution se trouve en nous-mêmes.
Il y a beaucoup de résistance radicale dans la production d'informations, de faits, de documentaires, de radios
PHILIPPINES :
Il y a un mouvement populaire et social très fort. Il existe une combinaison de plusieurs actions : mobilisation dans les communautés, grève des transports, grève des travailleurs et des actions paralysantes qui bloquent les activités régulières. On utilise aussi les radios locales avec des programmes qui expliquent ces questions aux gens.
Il y a aussi dans cette expérience le rôle très important joué par les étudiants. Il y a eu un très fort mouvement étudiant dans les années 60-70-80. Entre 90 et 2000 cela a un peu décliné, mais historiquement la base de l'éducation politique du peuple a été réalisée par ces mouvements étudiants. Maintenant, ils ne sont plus assez nombreux, donc c'est une préoccupation pour de nombreux mouvements et organisations. Comment réactiver le mouvement étudiant car c'est très important pour le processus politique du pays.
Il faut être plus politique dans la compréhension et dans l'approche de ces problèmes et de la lutte. Et on doit comprendre qu'il faut d'abord un changement politique pour qu'il puisse y avoir de grands changements économiques.
Ce qui est très important dans tout ce travail, c'est d'être capable d'expliquer en quoi ces problèmes sont en relation avec ce que vivent les communautés. Il faut parler de la dette, expliquer pourquoi il n'y a plus d'eau, et pourquoi le gouvernement ne peut plus payer ce service.
Bien sur il y a beaucoup de groupes politiques et de mouvements sociaux différents donc une chose importante est la coordination entre eux. Ainsi, une des activités est d'organiser des meetings de coalition pour que les différents groupes puissent coordonner leurs plans et leurs actions.
INDE :
Il y a de la censure, mais il y a aussi un mouvement anti-censure qui est très fort.
Par exemple : Nike a des usines ici où ils fabriquent leurs chaussures, et les Indiens les achètent, ça c'est la globalisation. Mais il y a aussi beaucoup de petites fabriques chez les gens, dans leurs maisons, ils montent de petits ateliers et fabriquent leurs propres Nike et les vendent. Ce n'est pas une grande résistance, mais imaginez-vous que des milliers d'Indiens en vivent. D'accord ça n'est pas très bien de faire ça, mais c'est une question de survie, et la globalisation n'est pas vraiment un modèle en ce qui concerne la morale !
Les gens reprennent le contrôle des rivières car elles ont été privatisées. Ils volent l'eau la nuit ! Et où est le problème : ça leur appartient et ils volent les multinationales américaines.
FRANCE :
En dehors des partis politiques, les Citoyens qui sont conscients de cette exploitation de la main mise de l'impérialisme, s'assemblent et agissent à travers différents mouvements. Et c'est dans ce sens là que ces mouvements-citoyens vont avoir tendance à suppléer l'espèce de carence des partis politiques et des syndicats.
Il y a beaucoup de gens qui parlent contre la politique de Bush, et même qui crient « Bush terroriste » mais dans la main droite ils ont un coca-cola, ils ont des Marlboro, des Nike donc ils donnent leur argent aux multinationales des Etats-Unis qu'ils combattent. Ce n'est pas conséquent, on pourrait même dire que ce n'est pas intelligent.
ARGENTINE :
Il ne faut pas avoir peur du système. Nous sommes plus forts qu'eux tous, en vérité le système vit de nous, et si nous disparaissons, le système n'est plus rien. Le système est une construction illusoire et c'est nous qui lui donnons de l'importance.
Travaillons main dans la main pour la révolution avec l'ouvrier, le pêcheur, l'agriculteur, l'étudiant, la femme au foyer, l'enfant, l'ancien, le prolétaire, dans les villes, les quartiers et les campagnes.
BRESIL :
Des gens font partie d'un mouvement de lutte pour le logement. Ils entrent dans les bâtiments vides car aujourd'hui dans le centre de Porto Alegre il y a une quarantaine d'immeubles abandonnés dont certains appartiennent à l'Etat ou à la ville. Avec tant de personnes sans logement, il faut défendre cet acte d'occupation. Et ils essayent de négocier avec des responsables, des dirigeants, des gouverneurs pour que cet immeuble qui est abandonné depuis longtemps ait une fonction sociale pour le logement.
ARGENTINE :
« Nous les piqueteros argentins avons commencé à bloquer les routes car c'est par là que transite la majeure partie des capitaux transnationaux. Avec cette globalisation mondiale, les usines ont cessé d'exister au profit des transnationales protégées par l'Etat. Nous avons occupé les usines, les travailleurs se sont organisés et nous avons vu que les blocages étaient la meilleure méthode de lutte. En général, les médias sont contre les piqueteros. Nous savons qu'ils sont à la solde de l'Etat et des entreprises. Et c'est pourquoi la classe moyenne ici est plutôt contre nous. Je crois que l'essentiel est l'unité du « camp populaire », l'unité de tous les secteurs en lutte. Nous revendiquons la solidarité avec les peuples qui sont aussi en lutte. Nous croyons que ce système n'a de réponse pour aucun pays et que cela ne concerne pas que les pays du Tiers monde. Les crises qu'il y a eu en Europe sont aussi le reflet de cette mondialisation. »
FRANCE :
Le système capitaliste, mondialiste est tellement inhumain que finalement on ne peut pas vivre, donc on se révolte. Il y a une espèce de révolution à faire dans la conscience politique. Et l'habileté du capitalisme a été de tenter de donner le plus possible à la conscience politique.
Les Citoyens de leur côté prennent les choses en main, quartier par quartier, thématique par thématique. Cela est très important, les cellules qui agissent dans un certain domaine en rapport avec d'autres, et tout ça d'un point de vue général de l'émancipation de l'homme et de la femme.
Regardez une seconde quand est-ce que ça marche ? Ça avance quand on est ensemble.
MALI :
« On devrait tous être animé par l'esprit d'accomplir notre devoir, après nous revendiquerons notre droit. Mais Babylone refuse qu'on ait conscience de notre devoir. Et comment accomplir nos devoirs ? Un jeune de 15-17 ans n'a pas conscience aujourd'hui qu'il doit s'imprégner des réalités économiques de son pays, qu'il doit savoir comment se porte le marché de l'emploi, qu'il doit savoir comment se fait la prise d'un budget, qu'il doit savoir quel est le fonctionnement d'une Assemblée nationale, qu'il doit savoir ce qu'est l'impôt, comment se fait la privatisation, qu'est-ce qu'est la politique, mais tout ce qui l'intéresse c'est la musique, la vie de telle star, et c'est ce que les dirigeants veulent que nous soyons.
Nous avons besoin d'une révolution mentale. Comment opérer la révolution mentale ? Nous devons avoir confiance aux peuples, chercher à comprendre comment le mécanisme du système marche, l'expliquer aux gens.
La conscientisation doit être au point que nous devons tous s'auto-éduquer, s'auto-instruire, et de renforcer l'objectif de résister sans tomber à la tentation, de ne pas penser qu'à soi seul, et de ne pas se chercher un petit trou de passage et laisser les Frères derrière. C'est la seule solution. Qu'on se dise qu'on n'est rien sans les autres. »
Il faut réagir de toutes les manières dont on dispose, avec nos moyens.