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Louise



Last Updated: 8/5/2009

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Sunday, August 09, 2009 
C'est là que ça se passe..

Un texte par jour...

Louise, l'atelier

Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser des commentaires et bel été à vous !!!

A bientôt

Louise


Monday, July 27, 2009 
La danse de Merce Cunningham est celle qui un jour m'a permis d'être danseuse. Parce que la danse de Cunningham est une danse qui jubile. De danse. De plaisir. Pour le corps et pour l'esprit. Une danse inventive, qui ne s'arrête pas au plaisir d'être, mais qui cherche. Toujours plus. Dans la danse même. Dans l'esprit même du corps.

J'ai aimé cette danse et j'aime ces chorégraphies où l'abstraction rencontre toujours les sens des corps. Visuellement, alchimiquement, physiquement. Poétiquement.
Quelque chose qui donne à être. Toujours un peu plus.
Dans le retour infini à l'infini du corps, sans pour autant s'y enformer. Dans le reflet de ce que les corps, par les lignes habitées qu'ils dessinent et sculptent, donnent à vivre le monde.

Je suis très triste, ce soir. Pina Baush, puis Merce Cunningham.
Thursday, December 18, 2008 
Crise. Malheur. Nerfs en feu, en boule, en crise. Les mots me rejettent, il me refoulent, me désespèrent et ils m'empêtrent. Ces mots qui m'assassinent, me violentent, me torturent et me haïssent. Ces mots qui me malmènent le corps, le pétrissent, le sadisent, le violent pour ainsi dire, le calment, le rendent inerte, l'agitent, le bouleverse, le tuent de l'intérieur. Ces mots qui m'ont brûlée vive, sacrifiée sur l'autel des victimes expiatoires. Ces mots qui m'ont nommée, désignée, aimée, caressée pour mieux me happer et me détruire, ces mots qui m'ont piégée en somme. Dès le départ. Ceux qui frôlent mon cœur chaque jour, me détruisent ou me rendent ivre de bonheur, me sapent ou me raisonnent, les mots la langue sont mes meurtriers, mes assassins et ce sont eux qui me font respirer, vivre, bouger, marcher…voire exister. Très certainement exister.
Pour le moment, ils me harcèlent sans me laisser respirer. Ils agissent en moi comme des flèches assassines, me percent, entament ma chair laissant d'invisibles et multiples traces, puisant dans les douleurs anciennes pour en extirper leur venin et rouvrir les souvenirs infects. Je les avale, je les recrache, ils m'enveloppent et m'enserrent, parfois se transforment et métamorphosent quelque chose sur leur passage,
Un éclat de brillance, une fulgurance vivante, quelque chose qui se perd, autre chose qui éclot

« être attentif à ce qui croît », comme un mot d'ordre, alerte rouge à l'intérieur ou au contraire, signal d'une détente possible en ce corps convulsé de mots

comme hanté de morts, fantômes étranges contre lesquels il faudrait se battre sans jamais avoir le dessus, perte indicible

et ce qui renaît à la vie.

Les mots me trahissent-ils ? Ou bien est-ce que ce sont les morts que mon corps abrite malgré moi ? Ont si longtemps habité à mon insu ? Ces souvenirs qui ne m'appartiennent pas et sont pourtant là, enfouis dans ma chair, dans mon ventre. Mais pourquoi ???? crie-t-elle dans un moment de folie sans issue, dans un moment où les mots ne suffisent tout simplement pas, ou peinent à dire, ou n'existent pas encore, ne sont pas

Là.

Là où l'espace ne chute pas. Là où.

Je ne sais pas ce que les mots trahissent de moi ou non. Je sais seulement que c'est l'amour des mots qui me porte. Qui porte mon corps. Même en le gauchissant. Même en tentant constamment de l'annihiler d'en prouver une sorte de non-existence…
Violence intérieure. Quelque chose du déchirement. D'un déchirement perçu comme organique. Seulement organique.
Mais pour l'heure, je ne sais pas même plus ce qu'est l'amour des mots, ils me rejettent à moins que ce ne soit moi. La faille est là. Parce que partout pourtant j'écris sans cesse. Parce que partout pourtant j'écris sans cesse, mais loin de me retrouver, il m'arrive de me perdre encore plus. Les mots m'emportent, là où je ne suis peut-être pas encore, ils me précèdent, mais je me sens parfois perdue, détresse, perdue, comme chutant dans l'abîme des morts.

Pourtant je suis vivante. Là où l'espace ne chute pas.

LB.
Monday, October 20, 2008 
Eloignement, distance
Mais éloignement de qui, de quoi ?

Je me rends compte que depuis bien longtemps je me soustrais à la vie
Pas tant à "ma" vie, mais à la vie tout court, dans ce qu'elle a de trop violent pour moi. Je me rends compte aussi que cette violence-là est inhérente à la vie. C'est celle des sentiments, de ceux qui engagent et bouleversent une vie, justement.

Enfin non, heureusement pour moi, je ne me soustrais pas à tout de cela. Mais quelque chose en moi refuse. Semble déterminé à refuser. Refuse bien malgré moi, d'ailleurs.
Et je ne fais finalement qu'explorer des déserts brûlants, mais vides.

Je voudrais retourner auprès des fontaines jaillissantes et rafraîchissantes, mais j'ai peur que la douleur encore ne m'emporte. Je voudrais m'abreuver aux sources limpides de flots d'amour qui portent, mais je redoute encore plus la cruauté déjà éprouvée. Mon pas est vacillant, voire chaotique. Mon corps se courbe dès qu'il s'élance, rompant l'élan qui le projetait vers la vie. Quel que soit le côté où je me tourne, la souffrance est présente.

Je lève aussi les yeux vers le ciel et mes lèvres balbutient une prière. Il est possible que peu à peu mon cœur s'apaise. Cela va excessivement lentement. Pourtant, il est possible que cela avance.

Je ne sais pas ce qui est perdu ou non.
Sunday, September 28, 2008 


photos pour performance.

Saturday, August 30, 2008 
Alchimie cruelle
et brutale
des cœurs et âmes, peut-être sans âmes,
âmes ossements, âmes squelettes et morts-vivants
qui hantent,
taraudent
terrorisent et violentent
tourmentent

âmes sans âmes étranges, errantes
qui s'entredévorent,
s'entremêlent
sans jamais se toucher pourtant,
ni s'atteindre qu'en
se détruisant
chaque fois, un peu
plus
qui ne s'entremêlent jamais
qu'en
se haïssant
Ecoute les loups qui hurlent
là, à la mort lente

Alchimie douce, et miroir
décalé, reflet d'une réalité
qui s'ignore peut-être
encore, plus pour longtemps
car elle se faufilera dans
l'interstice, laissés
ouverts
où peuvent s'engouffre des flux d'amour
tendus

qui se déversent à flots
dans une mer
intérieure
et pacifiée
sans rancune
ni rancœur
libre
libre

douceur langoureuse
émanant sereine
d'un bouleversement
voluptueux
de soi à...
Saturday, May 17, 2008 
Le Cri - un texte





Quelque chose du bruit du monde
un instant
fait silence

Les corps oscillent
Imperceptiblement
Puis plus visiblement
Le temps est incertain, ce temps
Suspendu de l'intérieur
Du corps
Il est aussi
Fulgurant,
Et l'élan
Retenu
Immobile
Devient de plus en plus visible
Inonde aussi
Les visages
Inonde aussi
Les visages
Inonde aussi
Les visages

Vibration interne, externe
Vibration souffle, vibration corps
Corps vibrant
Matière fluide
Et résistante
Comme traversée
Par le souffle, matière corps devenant
Souffle
matière
métamorphosée
onde
fluide
tout autant que
Psalmodiante
Flux indistinct
Touchant, rendant
visible
Cependant
Ce qui parle
Se dit
A l'intérieur
Du corps, des corps
Et se délestant, s'imprégnant
Se délestant et s'imprégnant

Se répétant, inlassablement
Ce qui du corps
Des nerfs
Se jette
S'abandonne
Dans l'air
ému
Respiré
Respirant
tendu
Dans le même mouvement
Répété,
S'imprégnant

Peu à peu
De ce bruit sourd du monde un instant
délaissé
Et qui les traverse maintenant
Les éloigne ou, /
Les faisant se rejoindre
Les laissant se faire écho
De lumière, /
Les laisse
Habiter le souffle
Se laissent habiter
Par le souffle
Dans la fréquence
De la lumière

Temps dilaté
Sans temps, sans durée autre
Qu'absorbée,
Absorbée, concentrée
Imprégnée
Comme si le temps
Façonnait lui-même les corps
En mouvement
Lumineux

Temps absorbé, concentré
A l'intérieur, extérieur
Intérieur
Puisant et défaisant la lumière
Au seuil du mouvement
Vibrant, oscillant, psalmodiant,

L'élevant
Vers le ciel
Vers le ciel
Vers le ciel

Oui, il y a une forme de violence
De véhémence
Celle du cri
Muet
tendu
Ténu
Muet
Cri / appel
Cri / joie
Cri / lumière
Violence du monde ou sensation aiguë
De sa présence – ou sensation aiguë
De sa propre présence au monde
Corps monde
Violence contenue dans un souffle
Retenue, transformée
Métamorphosée
Elle-même subjuguée
On dirait renversée
Tête en bas, spirale inversée

Elan (ce qui joue de l'élan du corps et de sa puissance,
Elan
De douceur
Vers l'infini peut-être
Vers l'infini peut-être
Vers l'infini peut-être)

Violence
Renversée, ou inversée
Inversant ainsi son propre cours
Par l'appel
Qui s'élève
Vers Dieu
Vers lui-même
Ou vers l'autre
Silencieux,
Faisant silence,
Restituant
Ce qui chute
Et ne
chute
pas

Corps traversé des vibrations
Du monde
Par la violence
De l'amour
Du monde, de Dieu
Oscillation

Prière

Cri

Devenu lui-même vibration jusqu'à l'empreinte de
Lumière
Et balayant l'espace
Le défaisant, le restaurant
Le psalmodiant
Vite
Vite
S'élançant
Lentement

Vers le vide vibrant
Fécondant
Des temps de lumière

Fécondant
Ce qui du temps est lumière

Bruissant
D'une lumière
Fréquence aiguë, à flux
Tendu, du temps
Qui passe

Dans l'incertitude
Forte et fragile
Du souffle
Vibrant
Oscillant
Vibrant
Oscillant
Vibrant
Vibrant
Vibrant


LB08
Saturday, May 10, 2008 
les fleurs de rouille
de ruine
n'en finissent pas
de pousser
dans les interstices
brillants
ou mats
que laissent
les moisissures
d'orages

à l'intérieur

et tracent
presque malgré eux
de nouveaux
espaces

d'amour.

LB08
Friday, April 04, 2008 
Ce qui se défait,
ce qui se crie,
ce qui se vide,
ce qui hurle,

ce qui déborde, excède, déchire, dépèce
ce qui violente, étouffe, malmène,
ce qui meurtrit, comme frappe
à l’intérieur du corps, de la tête
ce qui bande les yeux

de l’intérieur
et laisse le corps
fantôme de lui-même
ombre noire se jetant
cognant, heurtant, glissant
contre des parois
obscures, invisibles
rugueuses

de cette âpreté
qui prend
à la gorge

ce qui
engouffre, gouffre, souffre
comme triture
la douleur

laissera-t-il la place
aux ombres heureuses
de l’amour
aux prémisses insensées
de la joie

à une douceur
autre qu’exsangue

LB08
Monday, March 24, 2008 
Silence
à l’intérieur.
Peu de mots.
Il y a peu, les mots ressentis comme meurtris, blessés,
crise aiguë de mots
devenus
silences.

Mots comme morceaux de chair douloureux.

Aujourd’hui, mots silences. Contre-coup ?

Ou tant de choses à dires. Et parfois cette sensation que les mots sont ma chair.
Qu’ils se confondent avec elle. Là,
une sensation de brûlure.

Je n’ai pas mal aujourd’hui. On dirait que
quelque chose est
atone. Juste silencieux. Assez doux, bien que la sensation de la brûlure ne soit pas
encore très éloignée.

En réalité, je pense à des millers de choses à la fois
en même temps.

C’est peut-être pour cela que les mots
me "cuisent", toujours cette sensation de brûlure. Quelque chose qui se révèle,
se répète. Les mots silencieux
comme je pourrais parler d’une dent creuse.

Creusée par les humeurs qui l’ont traversée.
comme un torrent d’émotions
négatives
positives
dévaste un paysage.

Atone. Ce n’est pas extrêmement désagréable. Peut-être seulement la trace ou le symptôme
d’une douleur passée
de quelque chose
qui change
profondément

le signe
d’une mutation
interne. Intérieure. Comme un silence musical
à l’intérieur
de soi

réunissant peut-être, qui sait,
cela n’est pas arrivé depuis longtemps
la chair
et les mots.

LB08