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A NE PAS LIRE SI ON VEUT M'APPRÉCIER ENCORE.
* Aujourd'hui, 31 janvier, je n'ai pas souhaité la bonne année générale, la santé pour tous et le bonheur en sus,… et ce n'est pas un hasard. Comme une mauvaise mayonnaise faite par moi-même, j'ai viré misanthrope occidentale. J'ai bien réfléchi, bien remué, mais depuis que mon frère (le seul être humain qui pense de travers avec lequel j'ai essayé de communiquer), m'a dit fuck off, je suis (à demi) prête à déclarer la guerre. Pour 2008, je souhaite donc des souffrances atroces, physiques & psychologiques, à tous les tordus de la cervelle. Allez, environ un milliard de mauvais sorts, à la grosse louche.
Des langues bleuies, gonflées et douloureuses, empêchant la déglutition.
Des épidermes suintant le pus, devenus si sensibles au contact qu'ils seraient rougis par le frottement insupportable des vêtements.
Des hordes de mouches collés aux yeux (qui ne distingueraient plus les couleurs), bouchant les nez (qui ne laisseraient plus passer les odeurs de croissant chaud, d'herbe coupée et de parfum envoûtant), assourdissant les oreilles (qui ne pourraient plus se réjouir de musique ou de babillements).
Un regard de haine et de mépris, venant de ceux qu'ils ont aimé, braqué sur eux nuit et jour.
Des organes qui s'affoleraient et ne rempliraient plus bien leurs fonctions.
Mais des cerveaux lucides qui comprendraient toute cette déchéance, cette souffrance, ce manque de vie.
(je suis le diable en personne ou quoi ?)
* Je n'ai pas écrit depuis longtemps pour être lue, et c'est évident maintenant, ce n'est pas un hasard. Voici un millième de ce que j'ai sur le cœur, alors que les choses vont plutôt pas mal pour moi :
* J'ai pleuré devant un documentaire, rien d'anormal. Au risque d'éloigner définitivement de moi la horde de mous du cul qui sévissent sur terre, au risque d'ajouter au nombre de mes ennemis ma famille et de vieux amis, je veux jeter hors de moi ce mépris qui me ronge depuis plus de six mois.
J'ai commencé par le silence, mais il a certains inconvénients qui me pèsent.
Je me reproche la lenteur de mon déclic, les années perdues à converser aimablement avec des gens dont je n'aurais jamais dû m'approcher, pas au point de devoir acquiescer à toute sortes de stupidités plus bancales les unes que les autres. Mon séjour en France cet automne m'a montré à quel point il m'était dorénavant impossible de rester calme et de parler gentiment quand on m'offrait le spectacle de la bêtise. Daniel sera le dernier pour qui j'ai fait un effort. Ça m'a trop couté, ce sera plus jamais ça.
Que plus personne, plus jamais, ne me parle de tolérance, de communication avec l'ennemi qui serait plus efficace que la colère, de faire attention à ne pas devenir extrémiste, de faire des compromis, de surtout ne pas juger, et enfin de ne pas abuser du prosélytisme ! Moi, je pense intégrité, je pense à l'impardonnable, je pense justice, je pense justement valeurs humaines. La tolérance est surfaite. Poussée à outrance, elle nous rend vide de sens. Le jugement est nécessaire, il nous permet de nous situer dans un système de valeur. L'ennemi est l'ennemi, on peut le combattre avec moult moyens différents. Prosélytisme n'est pas un gros mot, c'est vouloir que les autres partagent nos valeurs : si on a des convictions, il est préférable de les arborer. Les compromis sont l'ennemi de l'intégrité, avec eux, l'éthique est vite compromise. Quant à extrémiste, vu l'état du monde, je ne vois pas comment on ne peut pas l'être, à moins d'avoir subit une ablation quelque part. Et puis le petit à petit, c'est trop long, c'est trop tard.
On va me dire que j'exagère, et que ce que je prône peut servir de dangereux maniaques (et surtout qu'on arrête de me dire tout court), mais je suis pourtant pour l'interdiction pure et dure des partis d'extrême droite. Le discours qui consiste à dire que si on réprime les cons, ils vont faire ça en cachette et trois fois plus me révulse. Si c'est interdit, ceux qui se font prendre sont punis. C'est interdit de violer, c'est interdit de vouloir créer plus de pauvres qui crèvent la faim de part le monde et sur le pas de porte d'à côté, c'est interdit de donner si peu de choix à des être humains qu'ils préfèrent se jeter par une fenêtre plutôt que de retourner là où ils sont nés !!! C'est interdit de voler, c'est interdit de voler ceux qui n'ont rien !
J'en veux maintenant parfois aux autres de faire comme moi avant, sans avoir tout le temps le courage de mes pensées, parce que ce serait finir seule (hum, en fait, là aussi je vais finir seule, peut être).
Je me bats contre mon propre père que j'aime, mon frère que j'aime (l'autre frère), mon chéri que j'aime, parce que je les trouve respectivement soit trop borné, trop flou, ou trop indulgent, sans compter ceux avec qui le dialogue n'est même plus possible. C'est déjà dur de se séparer de la majorité de ceux qu'on connaît, pour des raisons obscures de fierté, éthique & politique mélangées, je dois en ménager quelques uns pour ne pas être toute seule. Aucun de mes amis, je crois, à part L., qui ne lira jamais cette phrase, ne ressent la même chose que moi. Je rêve d'être entourée d'Ernesto, Salvador et Ben, de grandir à leur contact, de me nourrir de leur amitié. Mais je ne suis pas à la hauteur une seconde. Je n'ai pas assez lu, pas assez réfléchi, pas assez donné de ma personne. J'en veux aussi à tous les autres de me les avoir tué, par leurs convictions, leur indifférence, leur égoïsme. J'en veux à la terre entière de me rendre cette vie si difficile à vivre sereinement.
Heureusement que je n'ai aucun pouvoir et aucun argent. S'il ne tenait qu'à moi, les ultras riches et les gros politiques seraient sous la torture à l'heure qu'il est, obligé d'avouer en détails leurs méfaits par milliers, ce qui ne m'ôterait en rien le droit de leur cracher à la face. & à côté, il y aurait tous les petits de la même espèce, logés à la même enseigne.
Je vais loin, je vais loin, je vais même plus loin.
Dans mes rêves mégalomaniaques, je tiens un discours sans concession en tant que candidate à la présidence du monde, pour tous les cons sur terre, & il y en a. Chez les pauvres comme chez les riches. & je les hais. & je tiens ce discours sachant pertinemment que je suis perdante, mais je jubile rien qu'à imaginer que je peux communiquer ce trop plein de haine.
Je me servirai ensuite le même discours devant mon miroir, pour manque de caractère.
Car si je voudrais bien être révolutionnaire, je n'ai pas le cran de déclarer : hasta la muerte. Je peux hurler tant que je veux toute ma haine, je ne vaux pas mieux.
Je veux vivre & que ceux qui pensent juste, comme moi, puissent vivre aussi. Les autres, au bûcher !!!
Ouais, il ne resterait pas grand monde sur terre, et on ne saurait pas faire tourner la machine, on se retrouverait bien malin ! Mais ahhhhhhh, que ça fait du bien.
J'ai beau essayé de tempérer, ça revient comme le ressac, le dégout, la tristesse, la violence, la colère : non, le monde n'est pas COMME ÇA, on peut le changer, il est notre reflet. Votre reflet, je suis extra-terrestre.
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