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Pascal Pacaly

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Last Updated: 10/30/2009

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Thursday, November 05, 2009 


La Poupée

"La poupée" publiée dans le numéro 40 du magazine Twice :sur commande... :) http://www.twicezine.net/spip.php?rubriq..ue58


Les horloges résonnaient dans le noir. Le vieux tourne-disque poussiéreux pouvait entrer en transe. Damien s’approcha de Carrousel et lui tendit la main. Il la prit dans ses bras et la serra fort contre son corps. Tous deux dansaient maintenant. Elle, gigotant, bras et pieds ballant, lui, joue contre joue, murmurant des mots doux à celle qui partageait ses jours. Carrousel était une poupée de bois, une marionnette si belle qu’on la croyait réelle. Elle avait des cheveux blonds, bouclés et courts, des yeux maquillés de mascara et portait également du rouge à lèvre. Enfin, deux petits ronds noirs de fards ornaient ses joues. Cette poupée ne quittait jamais le grenier. Pour Damien, elle était exceptionnelle à plus d’un point. C’était elle qui lui permettait de tenir le coup, elle qui lui permettait de continuer à rêver, elle qui avait tué ses parents.

Cela s’était passé alors qu’il avait vingt ans. Carrousel était dans sa chambre depuis l’âge de dix ans. Il l’avait trouvée abandonnée dans une poubelle, bras et jambes démantibulés. Il l’avait cachée au fond d’un placard pendant des années jusqu’à ce qu’enfin il se décide à la réparer. C’est ainsi que ses parents la trouvèrent un jour assise sur son lit. Elle mesurait au moins un mètre cinquante. Bien vite Damien ne voulut plus sortir de sa chambre, dormant, jouant, mangeant avec Carrousel à ses côtés ou sur ses genoux. Sa mère et son père, inquiets de voir la situation évoluer de cette étrange façon voulurent alors s’en débarrasser en la jetant aux ordures. Mais lorsque sa mère vint le réveiller le matin suivant, quelle surprise de voir la poupée revenue sur le lit de son fils, tout comme avant. Son visage était noirci de saleté et ses bras une nouvelles fois désarticulés. Lorsque Damien se leva du lit, il était vêtu d’une longue robe bouffante et portait une perruque blonde, coiffée et maquillé à la manière de Carrousel

 

Nul ne sut jamais ce qu’il advint des parents de Damien. Lui racontait volontiers qu’ils étaient partis un jour se promener et qu’il ne les avait jamais revus. Tout le monde s’accordait à dire qu’ils avaient sans doute été victime d’un accident de voiture ou d’un rapt. Quelques mois plus tard, faute de résultats, l’affaire fut classée sans suite. On trouva bientôt un travail à Damien : il devait trier le courrier dans le centre de tri de sa ville, tâche dont il s’acquitta fort bien, jusqu’au jour où, rentrant chez lui, il invita cette dame âgée dont le chien venait juste de déféquer sur Carrousel. Damien l’avait en effet posée un instant sur le seuil de son entrée, cherchant les clefs pour ouvrir la porte. La dame fut si gênée de l’incident qu’elle ne put refuser l’offre de Damien, bien que de sérieuses rumeurs commençaient à circuler sur lui et Carrousel, cette poupée qui l’accompagnait jusqu’à son lieu de travail. Quand la vieille dame entra dans sa maison, il posa la poupée sur le meuble du salon, avec la merde du chien toujours collée à ses vêtements. La conversation fut en tout point charmante et lorsque Damien demanda à son hôte si elle voulait bien reprendre du thé, cette dernière ne sachant refuser, il rentra dans sa cuisine pour en ressortir déguisé en Carrousel La vieille dame essaya bien de s’enfuir mais il était déjà trop tard. D’un coup de couteau, Damien éventra le chien et sauta sur son hôte. Il força cette dernière à lécher et à avaler la merde répandue sur sa poupée avant de mettre fin à ses jours à elle aussi.

 

Des années s’étaient écoulées depuis ce fâcheux incident et Carrousel vivait désormais dans le grenier. Damien ne cessait de lui répéter que c’était mieux ainsi, que dehors, il pouvait lui arriver des tas d’ennuis plus fâcheux les uns que les autres. La disparition de la vieille dame entraîna beaucoup de questions. Cette dernière étant très connue pour sa méchanceté et sa rapacité, nul ne s’offusqua donc de ne plus la voir dans la ville. Mais il n’en restait pas moins que sa disparition demeurait un vrai mystère. La ville se rappela soudainement l’étrange disparition des parents de Damien et bientôt tous les murs chuchotèrent que cet homme ne pouvait qu’être le coupable. Un policier se rendit alors interroger le suspect et il alla même jusqu’à inspecter sa maison, sans toutefois y trouver quelque chose de concluant. Néanmoins la rumeur continua à enfler : la demeure de ce bien étrange homme était désormais maudite. Il n’en fallut pas plus pour attirer tous les enfants en mal de sensation. La nuit, on frappait ou on sonnait désormais à sa porte, laissant sur le palier des mots injurieux. Parfois il arrivait qu’on jeta des cailloux à ses fenêtres. Mais nul n’osait cependant l’affronter face à face. Jusqu’au jour…

 

Jusqu’à ce nouveau jour où une nouvelle famille arriva dans le village. Cette famille avait une petite fille prénommée Sophie dont la ressemblance avec Carrousel s’avérait plus que frappante. Tout le monde ayant oublié le visage de la poupée de Damien, nul ne songea à avertir les nouveaux venus du danger éventuel que courait leur enfant. Et c’est ainsi que ce qui devait arriver  arriva…

 

Nous étions le 31 octobre. Pour tous les enfants, c’était l’heure des citrouilles, des bougies et des fantômes. C’était Halloween. Tous les gosses du quartier s’étaient déguisés et rassemblés pour l’événement. C’était la première sortie de Sophie. Il était donc parfaitement normal que nul ne la reconnaisse. Tout se passait merveilleusement bien : les parents étaient enchantés de donner des bonbons à leurs adorables bambins. Toutefois, lorsque ces derniers abordèrent l’enceinte de Damien, nul ne se risqua de frapper à sa porte. Bien au contraire, ils évitèrent soigneusement la maison maudite. Sophie, qui pour ses treize ans, était plutôt assez maligne, repéra rapidement ce drôle de manège. Pourquoi évitait-on cette maison ? Qui pouvait y être assez effrayant pour éviter d’y frapper ? Elle se sépara donc du groupe et décida d’aller frapper chez l’inconnu. Damien était en train de danser avec Carrousel dans son grenier quand la sonnerie retentit. Surpris, il arrêta la musique et cacha soigneusement sa poupée, puis descendit lentement les marches de son escalier jusqu’au seuil de sa porte. Il regarda à travers le judas et fut littéralement abasourdi à la vue de cette petite fille qui lui rappelait tant sa poupée. Il réfléchit à la situation un instant puis cria à la petite fille d’attendre. Il allait, lui disait-il, revenir dans quelques secondes avec des bonbons. Sophie acquiesça et attendit sur le palier, main dans le dos, regardant les étoiles. Lorsqu’elle entendit la clef dans la serrure, elle eut soudainement le cœur serré. A quoi devait-elle s’attendre ? Le spectacle qu’elle vit alors la glaça d’effroi. A peu de choses près, l’homme était habillé de la même façon qu’elle. Et surtout, il avait le même visage. Aussitôt, elle fut violemment attrapée par le bras du résidant, le forçant à rentrer dans son antre. A peine eut-elle le temps de pousser un petit cri. Au loin, le groupe d’enfants dont elle faisait partie n’entendit rien. Seul l’un d’entre eux, tourna la tête, croyant avoir entendu un vague bruit, mais bientôt la présence de nouveaux bonbons détourna rapidement son attention.

 

Sophie se trouvait maintenant dans le grenier de Damien. Elle découvrit avec horreur la beauté ténébreuse des lieux. Il y avait des bougies partout dans la pièce tandis qu’un immense miroir ornait le mur. D’innombrables poupées envahissaient encore l’endroit, toutes identiques ou presque à la plus grande d’entre elle. Damien mit en route le tourne-disque et s’approcha de l’enfant, la serrant tout contre lui et la forçant à danser. Il ne cessait de lui murmurer des choses incompréhensibles à l’oreille. Il lui demandait pardon, pardon pour tout ce qu’il avait fait, et tout ce qu’il s’apprêtait à faire. Il lui disait aussi que ce n’était pas sa faute, que c’était Carrousel qui le poussait à accomplir ces choses-là. Sophie était terrifiée par ce que l’homme lui disait. Tant bien que mal, elle essayait de se dégager de son étreinte mais il n’y avait à l’évidence rien à faire, il était bien trop fort pour ses petits bras frêles.

 

Lorsque le groupe d’enfant repassa devant la maison de Damien, le même enfant qui crut jadis avoir entendu un cri, aperçut alors quelque chose d’étrange. Bien que ses amis le pressaient de s’en aller, il se sentait comme attiré par ce qu’il voyait. Il n’en croyait pas ses yeux. S’approchant de la fenêtre, ce qu’il croyait être une citrouille éclairée en son intérieur par une bougie était en réalité la tête décapitée de la malheureuse Sophie, qui, la bouche grande ouverte, illuminait les ténèbres de cette affreuse nuit.

 

PPacaly

 






La Boîte à musique.

 

Le carillon venait de sonner son douzième coup et Boris n’arrivait toujours pas à trouver le sommeil. Dehors la pluie commençait à tomber, arrosant le cimetière et l’église d’une fine couche d’eau. Comme souvent, le bruit des corbeaux franchissait sa fenêtre. Ces derniers se tenaient debout sur les pierres tombales et semblaient se répondre les uns aux autres. Bien des rumeurs couraient sur ce cimetière et cette église qu’on disait hantés par les fantômes de ce garçon et de cette fille, qui, il y a cinquante ans de cela, lors d’un hiver particulièrement rigoureux, s’étaient éteints pour l’éternité dans ce morbide sanctuaire. La police avait arrêté le concierge du cimetière, qui, insupporté par les ébats du couple, avait sorti l’arme et tiré sur les innocents, répandant ainsi leur sang rouge sur la pellicule blanche. Le lendemain, des passants attirés par la malsaine curiosité découvrirent à l’endroit exact du crime, une boîte à musique. Celle-ci représentait une vieille poupée décharnée, dansant et se penchant en avant pour saluer la foule. A son pied, un corbeau déployait ses ailes.

Depuis lors, depuis cette terrible année, chaque début d’hiver marquait le retour des corbeaux. Boris feignait de ne pas y prêter attention, mais il était difficile de ne pas entendre les incessants bavardages des volatiles noirs.

Cela faisait bientôt dix ans que Boris n’était pas sorti de son appartement. Là encore, les rumeurs les plus folles circulaient à son sujet. Certains avançaient qu’il était devenu difforme suite à un accident de ski, tandis que d’autres, même si le temps jouait en leur défaveur, ne voyait en lui que le fameux concierge qui jadis, avait tiré sur les deux amants. Il est vrai que Boris avait atteint l’âge de quarante ans, un âge assez avancé pour que l’on se pose bien des questions.

Tout ceci prit fin un beau jour, où plutôt un beau soir, lorsqu’une chose bien étrange se déroula sous les yeux ébahis de Boris. En effet, désespéré de ne pouvoir trouver le sommeil, ce dernier, se leva et, après avoir tourné en rond dans sa pièce, jeta un œil sur le cimetière, éclairé, comme à son habitude, par un faible lampadaire. Et ce qu’il y vit le fit frémir. Courant dans la pénombre, sous l’ombre de la lune, une femme d’une beauté splendide semblait chercher sa direction. Elle tourna et retourna la tête ici et là, se penchant vers les tombes, accueillant les corbeaux sur son bras ou son épaule. Lorsque la lumière de la maison du nouveau concierge s’éclaira soudainement, la fille disparut alors mystérieusement… ou presque. En réalité, celle-ci s’était réfugiée dans une petite cabane abandonnée, située au creux du petit bois qui jouxtait le cimetière. Peu après, Boris eut la surprise de voir une dizaine d’hommes prendre le même chemin. L’homme qui refusait de sortir de chez lui était soudainement interloqué. Ce visage, cette beauté… et ces hommes… Mais l’extérieur lui faisait si peur, l’extérieur était si froid, les gens si laids, si remplis de haine. Il se rallongea un moment, se tournant et se retournant dans tous les sens. Mais il ne parvenait pas à oublier ce visage. Il était pour ainsi dire hypnotisé par cette vision angélique. Prenant alors son courage à deux mains, il enfila son imperméable noir, ses gants et son bonnet de laine, emmitoufla son visage et s’engouffra à jamais dans la nuit. Ses parents, gras et endormis devant la télé encore allumée, ne virent plus jamais leur fils…

 

La forêt était noire, si noire que Boris ne parvenait qu’avec grande peine à distinguer ses propres souliers. La pluie était devenue neige, alourdissant désormais chacune de ses foulées. Il avançait ainsi depuis une dizaine de minutes et il sentait le découragement l’envahir. Ses mains étaient de plus en plus gelées et il craignait que les gerçures ne soient trop nombreuses. C’est alors qu’il distingua une vague lueur en face de lui. Celle-ci le revigora aussitôt et c’est avec détermination qu’il arriva sur le seuil d’une bien étrange demeure. Cette demeure, ce n’était pas une cabane abandonnée comme il l’avait cru. Non, ce qui se dressait devant lui n’était ni plus ni moins qu’une sorte de cabaret –théâtre. Un néon où il manquait la moitié des lettres, éclairait la nuit de sa couleur rose. On y distinguait, malgré les trous, les mots « Mary’s Dead Club ». Sur l’une des fenêtres closes était collée une affiche qui représentait une ballerine en train de danser. Boris n’eut guère de difficultés à reconnaître le visage de l’artiste : c’était celui de la mystérieuse femme qu’il avait vu s’enfuir du cimetière. Il poussa la vieille porte en bois qui servait d’entrée et pénétra dans l’antre. Ce qu’il y vit le stupéfia. Ici et là, des immenses cages en fer, avec, à l’intérieur, se courbant et se recourbant, des jeunes femmes vêtues de plumes noires. Ailleurs, sur les murs, c’étaient des tableaux de femmes et d’hommes enchevêtrés les uns sur les autres, les uns dans les autres. Des miroirs gigantesques se trouvaient également au plafond, accompagnant deux lustres recouverts de bougies allumées. Deux lustres dont l’hauteur, vertigineuse, donnait l’impression qu’ils touchaient jusqu’au sol lui-même. La scène était jonchée d’instruments de tortures plus horribles les uns que les autres. Enfin, une vierge noire, cette statue remplie de piques en son sein, trônait en plein milieu. Boris se mit dans un coin, prenant bien garde à se cacher de la foule, qui, de toute manière, avait les yeux rivés sur la scène. C’est à ce moment précis qu’un orgue se mit en route…dont l’organiste n’était autre qu’un horrible épouvantail ! Cette introduction musicale ne dura qu’un bref instant, et fut vite suivie par l’arrivée d’une troupe d’enfants, tous maquillés et vêtus en robe de ballerine noire. Ils se tenaient la main et dansaient, chantant des comptines, tournant en rond autour de la vierge noire. Lorsque leur ode s’évapora dans le funèbre décor, on entendit alors le grincement de la porte de la statue fatale. Celle-ci s’ouvrit et apparut dans un amas de fumée cette inconnue qui fascinait tant Boris et les autres convives. La femme était éblouissante, également vêtue de plumes noires. Des hommes attachés à des fers s’avancèrent alors sur la scène, puis, baisèrent les pieds de la Déesse de la nuit. Cette dernière prit un fouet qu’un jeune éphèbe vêtu d’un simple caleçon argenté lui apporta. Le fouet claqua dans les airs, claqua sur la peau, répandant sur le sol les gouttes de sang des aspirants. Bientôt la musique s’intensifia et les coups redoublèrent. Les hommes étaient de plus en plus nombreux à s’allonger sur le sol, inertes et ensanglantés, souriants et glorifiés. Le spectacle dura toute la soirée et Boris n’en perdait pas une miette. Il découvrait un monde nouveau, gorgé de sensualité, de sexualité, et tout cela l’exaltait. Lui, l’être que ses parents avaient caché, le freak au crane et au dos déformés osait enfin se dévoiler. Il sentait son cœur battre comme jamais il n’avait jamais battu. Il était enfin prêt à affronter les autres, quoi qu’il puisse lui en coûter. Ainsi, il ôta son bonnet et s’avança à travers une foule effrayée de voir cet homme si difforme. Seule Sarah, maîtresse des lieux, semblait ne pas s’émouvoir de son apparition. Bien au contraire, elle l’accueillait avec une chaleur qui en surprit plus d’un, les rendant aussitôt furieux et jaloux. Elle ouvrit ses bras comme les oiseaux déploient leurs ailes. Elle l’appelait, l’amenait à lui, dans son nid, dans son lit. Boris marchait d’un pas lent, tremblant, ne sachant vraiment ce qui lui arrivait. A vrai dire, il était désormais trop tard pour reculer. Cette femme lui était destinée. Il n’osait encore se l’avouer mais la belle et la bête étaient fait pour se rencontrer. Sarah l’aida à monter sur scène et l’organiste composa un nouvel air. Tous deux se mirent à danser, à flotter dans la pièce, à n’être qu’un sur terre. Boris se sentait agrippé, serré, comme si deux griffes le faisait tournoyer dans les cieux, comme si tous ces visages autour de lui qui étaient désormais déformés par la vitesse n’étaient que le miroir de son histoire. Oui, enfin, enfin, il se sentait parmi les siens. Enfin, il n’avait plus peur.

 

Ce qu’il advint des deux amants réunis, nul ne le sait vraiment. Encore une fois, les plus folles rumeurs se mirent bien vite à circuler dans le village. Certains n’y croyaient tout simplement pas, d’autres juraient qu’ils s’étaient enfuis à jamais dans la forêt. Bref, tous disaient ce que bon leur semblait.

 

La solution à cette mystérieuse énigme trouva sa réponse exactement un an plus tard. L’hiver venait à nouveau recouvrir le village de ses plaies blanches lorsqu’une famille prit la courageuse décision de partir dans les bois à la recherche de quelques branchages pouvant alimenter leur cheminée. Ce couple et ses deux enfants s’en allèrent donc dans l’épais brouillard, ramassant de leurs mains nues les branches qui parsemaient la forêt. L’un des deux garçons, nommé Louis, voulant ramasser une fleur qui survivait on ne sait trop comment dans le gel, trébucha de tout son long dans la neige. Il se cogna violemment le front contre quelque chose de dur, quelque chose qu’il crut d’abord être une pierre. Mais si c’était bien une pierre, à l’évidence, celle ci était bien trop étrange, bien trop taillée pour n’être que cela. C’était en réalité une immense statue qui émergeait devant lui. L’enfant eut un petit cri aigu et laissa tomber ses branchages. Ses parents et son frère, alertés, accoururent aussitôt. Eux aussi ne purent que rester stoïques devant cette sculpture qui n’était rien d’autre que l’exacte représentation de Boris et Sarah. Elle dans un habit de ballerine, lui dans son long manteau. Tous deux, leurs lèvres scellées à jamais, étaient enlacés, des corbeaux vivants se dressant partout sur leur corps de pierre.


PPACALY - Septembre 2009


Cette nouvelle a été écrite dans le cadre d'une collaboration avec le groupe Dollbox



 
Friday, December 12, 2008 
Elles se dérouleront le :

- 31 Janvier à Paris à partir de 19 heures à la Cantada II , métro Ménilmontant


- le 20 février à Marseille de 18h à 19 h avec Eths, Tripod, Klyde, Lunatice age au Lollipop Music Store ( 2 Blvd Théodore Thurner 13006 Marseille - Métro Cours-Julien/Notre Dame Du Mont)- Concert de Alive Inc.

- le 20 mars à Saint-Etienne, au Fil avec Punish Yourself. Horaires à préciser.


- le 25 mars à la fnac Clermont-Ferrand,  à partir de 17h30 avec Les Elderberries en showcase

- le 18 avril au festival RUKUPERSOUND de Lyon, de 18h à 00h

- le 7 mai à la fnac Part-Dieu de Lyon avec The Elderberries à partir de 17h30

- les 27,29 et 31 mai à Saint-Etienne pour le festival Paroles et Musiques de 12h à 00h00

- le 3 juillet à la fnac de Saint Etienne avec Bario Populo
Monday, October 27, 2008 

Héroïn(e)

 

24/01/09 - 24/02/09

La Cantada, 13 rue Moret, Paris

 

Nathalie Sicard ake Irae - Pascal Pacaly

 

Héroine est une série de vingt quatre textes et poèmes (douze poèmes et douze textes) publiés dans un recueil de poésie intitulé « Il e(s)t Elle » et sorti en Novembre 2007 aux éditions Les Deux Encres. L’expo comprend donc les douze photos et les douze textes.

Prises en photo par la photographe professionnelle Nathalie Sicard aka Irae, nous avons démarché des musiciennes/chanteuses oeuvrant dans des groupes de rock français afin que chacune d’elle illustre l’un des douze poèmes de Héroïn(e)

Les artistes illustrant les photos <?xml:namespace prefix = o ns = 'urn:schemas-microsoft-com:office:office' />....

Candice (Eths)....

Lussi (Mypollux)....

Manu (Dolly)

Melissa Mars

Anne (Oxygen)....

Jacqueline (Les Suprêmes Dindes )....

Anne-clair (Ex Nihilo Vox)....

Laurence (Molly)

Tita (Nelly Olson)

Résumé des textes :

Héroin(e) est l’histoire d’une adolescente de 16 ans, Sarah, qui, seule dans son lit rêve de gloire, de devenir une star. A l 'école c 'est pas vraiment ça : les gens sont froids, tristes, moutons et sans rêves. Et moqueurs. Des étoiles pleins les yeux elle décide alors de leur montrer à tous qu'elle ira tout là-haut, qu’elle gravira cet interminable sommet. Ce qu’elle fera effectivement. Le problème, c’est qu’elle ne sait pas chanter. Ainsi, lors de son audition, elle y passera, couchera et réussira. Bientôt ce sera. la une des magazines, les télés, les radios. Mais Sarah a tout oublié. Elle a désormais oublié d où elle est venue, ses parents, ses amis,... ne compte que le sommet. Un sommet duquel elle tombera, car c’est bien connu, on brûle ce qu’on a aimé : la presse se lasse d'elle et une nouvelle « révélation »vient d arriver. Elle lui prendra la place. Alors pour 'rester dans le coup' elle posera de plus en plus nue dans les magazines, se droguera pour « faire comme les autres » etc etc... mais on la repousse partout, on ne veut plus d'elle, son temps est passé, plus à la mode. Et ce qui devait arriver arriva : on la retrouve un jour chez elle, allongée et morte dans son lit. Elle a succombé à une overdose... Parce qu’elle ne voulait pas revenir en arrière, parce qu’elle ne voulait pas redevenir « transparente », elle a préféré s’accrocher à ce quoi tant s’accrochent pour oublier leur dure réalité : aux rêves.

Un exemple de photo ici:

Le reste et plus ici :

http://www. nsart-photography. com

Monday, June 09, 2008 
Parution en Janvier aux éditions 'les Trois Orangers'...



- en vente en Fnac, en rayon ou sur commande ici :


http://pacalyrockstories.skyrock.com/




Les groupes présents :




ASYL, AQME, DEAD SEXY INC,DIONYSOS, ED-AKE, ElDERBERRIES, ETHS, FANCY, GLOW,HUHSPUPPIES, KLYDE, LUNATIC AGE, MASS HYSTERIA, MATMATAH,
MLLE K, MYPOLLUX, NARCYS, OXYGEN,PLEYMO,PUNISH YOURSELF SIDILARSEN,SUBWAY, TAGADA JONES, TRIPOD et VEGASTAR




Les nouvelles qui composent le livre sont ce que l'on pourrait appeler des 'biographies-fictions'. Ces récits, à la fois réels et imaginaires évoquent la genèse de chaque groupe, et ce qu'ils sont devenus.
Il faut également savoir que les membres de ces groupes ont été interviewés, et que les faits les faits rapportés sont en tout point conformes à la réalité de leur histoire.
De plus un cahier photo couleur enrichira chacun des DEUX tomes de nouvelles prévus à la même date.

Une dédicace est également prévue en Janvier en présence de certains groupes.




Plus d'infos ou d 'autres extraits que ceux-dessous : http://pacalyrockstories.skyrock.com/ ou http://www.myspace.com/streetteamppacaly 



 



 



Quelques extraits....



Eths :



La musique qui passait, c’était de la bonne, du putain de bon son. Métal comme j’aime. Sauf que cette fois ci, c’était pas une vulgaire radio qui crachait le morceau. Non, y’avait un concert plus bas. Alors j’ai commandé un rhum et j’ai descendu l’escalier en colimaçon. La lumière se faisait de plus en plus faible et quand je suis arrivé en bas c’était le noir total. Autour de moi j’voyais de vagues ombres. Des filles, des mecs, des filles-mecs et inversement qui riaient à gorge déployée, maquillés comme des amours, comme des mannequins. Des mannequins bien, hein. Y’en avait d’autres qui semblaient se tripoter et encore d’autres qui se piquaient. Tranquilles, comme si de rien n’était. Super étonnant. Le concert était plus au fond, fallait se frayer un chemin dans la sueur et l’alcool.
Je commençais à me contorsionner quand je l’ai revue. Ouais, encore. J’y croyais pas. Non mais sérieux, je comprenais plus rien à rien. Que dalle. Paumé encore plus que d’hab’. Candice était là, seule, assise à une table. Un verre d’absinthe à la main, la cuillère encore dégoulinante de sucre, elle était comme je me l’étais toujours imaginée : parfaite. J’me suis alors approché d’elle, comme un couillon, essayant d’avoir un minimum d’allure. Vous savez, genre pour pas se déchirer avant même de l’avoir ouverte. Elle m’a souri et je lui ai demandé si je pouvais m’asseoir à sa table. Elle a hoché de la tête et je me suis posé. C’était quoi ce délire ? J’en savais que dalle. Rien de réel dans tout ce bordel, dans ma tête. J’arrêtais pas de me dire qu’il allait bientôt arriver un truc qui ferait tout foirer. En attendant, tout ça tenait encore debout. Alors ce que j’ai fait, si vous voulez savoir, c’est que je me suis pas démonté. Et on a causé toute la nuit.

J’étais content qu’elle ne me prenne pas de haut. Parce que quand on est ado, putain ! ce qu’on peut se foutre de votre gueule. Comme si la vérité et les sentiments n’appartenaient qu’aux vieux. Je n’avais qu’une envie, c’était de l’abreuver de questions sur ETHS et elle, et en gros, c’est un peu ce que j’ai fait. Elle m’a tout expliqué. Avec patience et gentillesse.

C’est comme ça que j’ai su qu’elle avait grandi dans la banlieue de cette ville dingue de foot, vers la mer. Sauf que son coin à elle, c’était un peu trop tranquille, mort et tout ça, et qu’au final, ça ne lui convenait pas de se laisser endormir. Au collège, c’était la seule à écouter du rock. Les autres, leur truc c’était plutôt le rap, voyez. Alors bon, c’est sûr, un peu de différence ça fait pas de mal, sauf que du coup, il vous manque toujours cette étincelle qui doit foutre le feu à vos tripes. Et cette étincelle, c’est venu de HOLE. J’sais pas si vous vous souvenez de ce groupe, avec la nana au chant, Courtney Love, la femme de Kurt Cobain. C’est Anaïs, sa cousine, qui lui a fait découvrir HOLE. A vrai dire, comme elle était un poil plus âgée, Anaïs, elle connaissait pas mal de trucs rock et Candice en profitait vachement. Alors voilà HOLE. Candice elle a treize piges et elle se prend ça dans la gueule. Un groupe de filles. Et qui jouent du rock. Le pied. Enfin les filles montrent qu’elles savant autant jouer d’une gratte qu’un mec. Forcément ça attire. Et puis, la dame Courtney, c’est pas trop une sainte, donc bon, ce côté rebelle ça ne déplaît pas non plus. Sauf que quand vous regardez une rock star avec les yeux d’une môme de treize ans, après, pour le coup, c’est plus vraiment pareil. Je veux dire, quand je lui ai posé la question de ce qu’elle pensait de Miss Love maintenant, Candice m’a dit qu’ouais, elle était un peu déçue de la tournure, trop commerciale et tout. La sincérité qui fout le camp, voyez. Dommage…

C’est comme ça que chaque été les deux filles se retrouvaient à la campagne. Et Anaïs lui montrait les derniers trucs cool, bien rock et tout. Et puis comme tout le monde, comme vous et moi, on saute sur le lit dans la chambre, on joue aux rock stars, on s’éclate entre filles et la vie est belle.

Puis arrive le tournant, le truc qui change tout ...




La suite dans le livre!!



Oxygen :



(divisé en deux petits extraits ) :



 



Alice venait d’avoir seize ans. Visage blanc, cheveux noir, yeux bleus. Un ange, un vrai. Je veux dire pas un truc que ces crétins d’écrivains ou de cinéastes essaient de nous faire croire. Non, là, quand je dis que c’était un ange, c’est que c’était vraiment un ange. Des fois, dans la vie, on comprend pas tout. Et plus on est jeune, moins ça s’arrange. Le truc, c’est que dès que vous avez aux alentours de seize piges, on vous fait pas des masses confiance, si vous voyez ce que je veux dire. Alors voilà, du coup, comme on a pas super confiance en soit, c’est le truc qui se ressent vachement partout où vous allez et surtout à l’école. Et y’a toujours un idiot ou une idiote pour vous faire ressentir que vous êtes super mal dans votre peau et tout. Alice, c’était ça. On sentait trop bien à la voir que ce devait être une personne super douce et super fragile, mais voilà, comme on se moquait d’elle, du coup, elle voulait plus parler à personne. Parce que parler c’était souffrir. Forcément, elle a fini par se créer un monde. Vous savez, y’a des tas et des tas d’ados qui font ça, sérieux. Elle, je me rappelle, elle arrêtait pas d’écouter ce groupe, Oxygen, dont on commençait pas mal à parler. Elle les avait vu à un concert lors d’une première partie d’Indo et ça a pas loupé, direct elle a accroché. Et elle est pas la seule je crois.



Bref, comme le monde dehors, il est pas terrible, alors on se fabrique une bulle, une sorte de carapace voyez. Et puis on met tous ces sentiments dans cette bulle. On s’évade, on s’en construit un meilleur. Parce que rêver, c’est tellement plus beau, plus fort. Sauf que des fois, c’est pas assez. Qu’on a beau se droguer jour et nuit avec la musique, à coup de piquouse et le reste, y’a toujours quelque chose qui vous fait sentir que la vie c’est pas forcément votre truc. La solitu..ait de ça dont souffrait Alice. Et la solitude, je veux dire… quand vous tendez fort la main, que vous espérez de tout votre cœur que quelqu’un vienne l’attraper et la serrer tout contre vous et que, justement, ce quelqu’un n’arrive pas, que personne ne vous prend la main, suspendue comme une moins que rien, alors là, on voudrait mourir et jamais revenir. Et des fois, c’est un peu beaucoup ce qui se passe. Alice, avec tout ça, toutes ces conneries-là, elle avait voulu en finir. Une bonne fois pour toute. Sauter par la fenêtre et tout oublier, n’avoir jamais existée. Heureusement, pour le coup, ça avait foiré. Elle était bien restée des mois à l’hosto mais elle était pas partie figée à tout jamais dans un putain de bout de bois.







 



 





 



Il lui raconta comment la musique avait été vitale dans sa vie, que sans elle, il ne sait pas ce qu’il serait devenu. Tout avait commencé avec la Dance. La Dance et ses groupes tels que Culture Beat, 2 Unlimited, dont les gimmicks et les mélodies l’avaient accroché. Puis, ce fut le déclic, un peu beaucoup grâce à son père qui écoutait les Beatles. C’est là, là que tout commence vraiment. Le coupe de foudre. Jusqu’à Nirvana, second coup de foudre. La puissance, l’énergie du rock mélangée à des éléments pop. Et puis ce type, Kurt Cobain, il avait un côté tellement sombre, perdu, solitaire… bref, ce mec, c’est un peu le messie, celui qu’on voudrait être. Ou du moins ressembler. Sauf qu’il y a la mort qui rode tout près. Suicide, suicide…une claque, une perte, humaine et musicale. Un rêve passe… mais ne trépasse pas. Dans sa chambre, il compose, compose et compose encore sur la vielle guitare désarticulée de son père. Plus qu’une passion, c’est une obsession. Une véritable obsession qui inquiète ses parents. Oui cette dualité plaisir/souffrance est nécessaire pour écrire, plus que jamais même. Ainsi il se créera d’autres mondes, des mondes meilleurs… Max est un enfant unique, pas de sœur ni frère. La solitude grandira donc. Mais plus ça fait mal, plus c’est beau, et l’on si complait dedans. On a besoin de ça. Pour écrire, aller plus loin, toujours plus loin.



      A l’école, on le chambre. Ca gave. Mais ça donne la rage. Ca donne envie d’aller au sommet et de leur montrer à tous qu’on est arrivé à grimper, et que eux, misérables vers de terre sont encore si bas, si bas… pourtant cette rage, cette petite vengeance personnelle de les mépriser à son tour disparaîtra peu à peu, la musique étant le sédatif, le médicament à toutes ces frustrations. Parce que Max existe, et ses chansons aussi. Et que les gens de plus en plus nombreux les écoutent, et les aiment. Non, désormais il n’est plus seul, et il le sait.



Pourtant ce n’est qu’un début, il faut grandir, viser plus haut, toujours plus haut. Un premier groupe, Vitamin, qu’il monte à Châteauroux, et dans lequel il chante. Il chante pour une raison simple : que ses textes ne soient pas déformés par un autre. Que l’univers dans lequel ils vivent reste à jamais le même. Lui seul sait comment chanter, les donner aux autres. Le groupe durera trois ans, de 96 à 99. Les textes sont en anglais… c’est frustrant car les gens ne comprennent pas, mais ça permet aussi de défier ses appréhensions, de monter sur scène sans s’exposer mais aussi d’affronter ses démons, de se forger une expérience. Et comme souvent, ce sont les études qui font tout échouer… chacun doit partir dans sa direction. Max aussi en fera de même, mais la musique, sa vie, ça non, il n’abandonnera pas. Alors pendant les études de droit, il continuera, encore et encore. Trois nouvelles années à enregistrer des chansons sur des multipistes. Beaucoup de mélancolie dedans, beaucoup car il faut bien s’évader, rêver, oui rêver encore…



Jusqu’à ce nouveau choc : Indessa, de Daisybox. Enfin un groupe français qui a la même conception de la musique que lui. Le côté anglo-saxon, le côté Indochine. Mélange idéal, génial. Dancetaria dans la foulée, juste toi et moi. L’album qu’il attendait. Y’avait tout : dark, électro, avant-garde, énergie saturée, puissance des mélodies… Ce sera l’influence à venir.



Mais maintenant, il faut se faire connaître. Il est temps. Viendra ce site internet. Max doit tout faire, tout gérer. C’est parfois dur mais c’est le prix à payer. La première maquette, ça sera « D’une étoile à l’autre », pour que la solitude se partage, pour que le rêve devienne réalité. Les réactions ne se font pas attendre. Les fans sont là, ils échangent, aiment. Max est surmotivé… emprunt de 3000 euros à la banque, pour financer le premier album en studio, « Supernova and the dark side of the pop »…et toujours les mêmes thèmes, ceux qui font l’âme…la sexualité adolescente, le suicide, l’amour entre la vie et la mort, le pays des cauchemars… Comme il le dit lui-même… « Evadez-vous avec moi, vivons et mourons ensemble, mais laissez moi vous donnez mon oxygène, mon… Oxygen ».




Punish Yourself :




Ce soir-là, je ne peux pas vous dire l'effet que ça m'a fait. J'étais tellement ailleurs, tellement hypnotisé par tous ces flashes, ces couleurs, ces images. Ce groupe, j'en avais tellement rêvé. Et maintenant qu'il était là devant moi, j'en avais les larmes aux yeux. Putain ouais, je sais bien que pour un mec, ça fait gamin de dire qu'on chiale pour un groupe de punk. Mais là, pas possible autrement.
Plus les enceintes répandaient leur musique dans mes veines, plus je sentais le truc monter en moi. L'excitation, l'incitation. Je n'avais plus besoin de me cacher de cette société pourrie jusqu'à l'os. Plus besoin de porter ce costard, de coiffer mes cheveux comme ils le voulaient, eux, mais comme je le voulais, moi. Je m'étais donc fait cette super crête rose et aussi des piercings sur la langue et sur le sourcil. Sapé de mes boots et de mon Perfecto, j'étais redevenu vivant. Enfin.
Au concert, y'avait tous ces mecs et toutes ces filles, genre coiffés comme moi. Mais pas toujours. Sauf que là on s'en foutait. On savait qu'en allant voir ce groupe, ce qui comptait, c'était pas l'apparence, c'était d'être en accord avec soi-même. Et rien d'autre. Ce groupe, si vous voulez savoir, c'est Punish Yourself. Ça sonnait bien comme nom. Je m'étais trouvé plein de significations sur ce que ça pouvait vouloir dire, mais y'en avait qu'une qui avait retenu mon attention. Je me disais qu'en fait on est tous en train de se faire baiser la gueule. Tous seuls, comme des grands. Qu'on est en train de devenir des mutants d'une société dans laquelle on prend du plaisir à être esclave. Parce que maintenus en condition, maintenus en hibernation. Plaisir du confort, plaisir de l'écran ; réfugiés du monde autour, réfugiés de la différence, de la culture et de tout ce qui pourrait nous pousser à réfléchir un peu. Mais plus que l'intelligence ou l'ouverture d'esprit, c'est l'âme qui nous manquait. Pardon, qui nous manque. On va tous crever sans savoir pourquoi et on n'aura même pas fait l'effort d'apprendre de l'autre alors que quoi, si on faisait juste un pas en avant, ça pourrait être drôlement bien. On s'ouvrirait sur des tas de mondes nouveaux et on prendrait du plaisir à être ensemble, à partager, à apprendre. Des mots qui n'ont aujourd'hui plus qu'un vague sens. Mais y'a des résistants. Pas beaucoup mais c'est déjà ça. Mieux que rien. Y'en a qui veulent pas baisser le rideau, qui on envie de rejouer la partie encore une fois. Et Punish Yourself est de ceux-là.
La première fois, ça a été un choc. J'avais vu une affiche d'un de leurs concerts et y'avait ces couleurs flashy fluo et ce dessin un peu zarbi d'un pseudo mec partant en vrille. Ça faisait terriblement underground, comme un message qu'on se refilerait entre initiés. J'avais déjà entendu parler d'eux et y'avait des avis qui partaient dans tous les sens. Du coup, comme ça me les cassait d'entendre les autres raconter des trucs dont, une fois de plus je passais à côté, je décidai de bouger mon cul et d'aller les voir. J'ai jamais regretté. Le bruit, la fumée, les odeurs, les couleurs, le son, putain, c'était un royaume hors de tout ce que j'avais pu connaître. Un trip hors de cette société. Un trip pour planer haut, si haut qu'on voudrait jamais atterrir.
Quand je suis rentré chez moi, je me suis allongé bras et jambes écartés et j'ai commencé tout doux à redescendre sur terre. Vachement lentement. Je voulais pas aller trop vite, histoire que la dose fasse son effet le plus longtemps possible. J'étais encore dans le bus bleu de Jim Morrison, encore en voyage entre ailleurs et les autres. Et c'était bien.
Le lendemain, la bouche pâteuse et les membres engourdis, j'ai filé sous la douche et après je me suis rhabillé des fringues de la veille. Même coupe aussi. J'ai enlevé un peu du bordel sur mon bureau, me suis enfilé mon mars de trois jours et je me suis mis à pianoter sur le clavier. Je voulais tous savoir sur eux, tout. En mode accroc.
J'ai commencé par Miss Z, alias Sandrine, ou inversement.




 




Voici une interview d' UNDERGroun.d - INTER.VIEWe.s de la radio.. belge.. www.radio.quartz. be avec quelques éléments sur Rock Stories...



By Virginie




1. Présentez-vous aux lecteurs.



31 ans vivant dans une petite commune proche de Saint-Etienne.



2. Le nom d'écrivain « Pascal Pacaly »... pourquoi (est-ce votre vrai nom ou un nom inventé) ?



Parce que mes parents l’ont décidé ainsi !




3. Comment vous est venue l’envie d’écrire ?



Tout a commencé à l’âge de 17 ans, au pire ou meilleur moment de l’adolescence, alors que s’opère en vous cette transition entre l’enfant et l’adulte. C’est le moment où on prend vraiment conscience de certaines choses. Que tout n’est pas comme on le voudrait. Que les adultes nous ont lâchés, que la voiture ou le feuilleton passe avant nous. Que la justice est une prostituée, que les rêves sont embués, cloisonnés. Qu’on finira tous par crever de toute façon. Alors parfois on aimerait vider ses tripes, dire à elle ou il ce qu’il en est, comment tout cela bout en nous. Mais même à l’école y’a plus personne à qui parler. Là-bas, on se regarde, on joue à être, à paraître. On joue à exister parce que, comment dire, il faut que tout cela ait un sens... on peut pas juste vivre et mourir et basta non ? Alors on cherche des solutions sur nos questions, on s’habille comme ci ou comme ça et on met nos âmes ....C’est qu’on voudrait tellement être comme les autres, juste un peu aimé, admiré... que quelqu’un s’approche et nous dise que non on est pas un raté, qu’il y a de belles choses au fond de nous. Mais bien sûr cela n’arrive pas. Cela n’arrive jamais. On reste seul à se demander à quand l’amour et à quoi bon au fond ? C’est ainsi que le stylo et la feuille deviennent vos meilleurs amis. Pour faire vivre tous ces rêves qui se consument les uns après les autres au fur et à mesure que se dévoile cette triste société...




4. D’où vous vient l’inspiration ? Et comment ?... Comment ça se passe ?



L’inspiration vient d’elle-même. Je lis beaucoup aussi. Ca doit jouer, forcément. Parfois il y a des choses qu’on ne s’explique pas et c’est tant mieux. Peut-être est-ce cette adolescence si freinée qui ne demande qu’à s’exorciser, même à trente piges. Peut-être est-ce un dégout si profond de ce monde qui nous entoure qu’il faut bien sans cesse en créer de nouveaux pour oublier un tant soit peu la puanteur de celui-ci, même s’il y a encore de lumière dans certaines chambres. Fort heureusement.




5. Quelles sont vos influences littéraires ?



Je crois que cela a commencé avec « Justine » de Sade. Ce n’est pas tant le sexe qui m’a attiré dedans que cette capacité qu’a eu l’auteur de s’extraire d’un monde qui ne lui convenait pas. Un Sade qui crachait sur l’Histoire, qui éructait sur la religion, et tous ces liens, toutes ces chaînes qui maintiennent le peuple prisonnier et aveugle. Oui l’homme était libre, libre d’aller au-delà des conventions, des qu’en dirait-on. Quand vous lisez ça à 17 ans, ça ouvre des perspectives. Vous vous dites qu’il y en a eu qui ont eu ce cran que vous rêviez d’avoir. Après le côté sexe, c’est toujours agréable, non ? « Justine » c’est le début de tout...




6. Quelles sont vos préférences littéraires ? et quels sont vos auteurs préférés ?



Hormis Sade, il y a vite eu Salinger et Mac Cullers qui tous deux écrivaient sur la solitude. Mais ce qu’il y a de bien dans ces livres est qu’ils ont été écrits par des auteurs aux personnalités excitantes et dérangeantes. L’un joue au reclus tandis que l’autre se battait pour une meilleure condition des noirs dans une société des 50s on ne peut plus raciste. Et sa sexualité ambiguë était attirante. Il y a encore Tenessee Williams et Bukowski, là encore des hommes si beaux, si tragiques et si libres, et qui envoyaient balader les conventions. Je ne saurai jamais assez conseiller les « contes de la folie ordinaire » de Bukowski.




7. Quelle est votre lecture du moment ?



Une biographie d’Oscar Wilde.




8. Que pensez-vous des sorties littéraires de cette rentrée 2008 ?



Aucune idée. Rien ne m’attire là-dedans. Trop aseptisé.




9. En général, quelle est la réaction de vos lecteurs ? les critiques spécialisées lors de la sortie de vos livres ?



J’me plains pas. Y’a pire je crois.




10. Quel est votre meilleur souvenir de votre vie d’écrivain ? Et pourquoi ?



Le prochain livre, encore et encore écrire. Parce qu’il n’y a rien de plus magique que de pouvoir donner vie à des mondes en floraison. Oui, créer des heures parfaites avec des hommes et des ombres imparfaites, voilà le pied. Mettre de l’ordre et de la joie dans tout ça, et de ses mains, faire une beauté des maux.
Il y aussi le fait de voir que de plus en plus de jeunes se mettent à écrire. Et bien. Quelle joie de pouvoir parfois être le lecteur de certaines proses, de certains cœurs qui bien que floués par la société, en écrivent néanmoins de superbes pages. Je lis des mots de garçons et filles d’à peine 15-16 ans et bon sang c’est tellement fort et puissant. C’est rassurant de se dire que peut-être tout n’est pas encore foutu. Qu’il y en a qui pensent encore un peu. Mais le mal-être n’est-il le propre de l’adolescence ? Que deviendront ces adultes en puissance ? Des amis ou des traîtres ?




11. Et quel a été votre plus grosse déception ?



De n’avoir pas commencé à écrire plus tôt. D’avoir perdu tout ce temps.








12. En ce moment, êtes-vous en train d’écrire ? Pouvez-vous nous en dire davantage (quant au sujet ou thème) ?



Rock Stories, nouvelles biographiques et romancées sur les groupes de rock français. Sortie en janvier 09. Il y aura d’autres choses à venir, sur le rock encore… ou l’esclavage. Je rêve de théâtre.




13. Avez-vous des dates de dédicaces de livres ? Quelles sont-elles ? Et où ?



On va essayé d’en faire une sur Paris, avec certains groupes, lors de la sortie officielle en librairie en janvier 09.




14. Niveau management et publicité de vos livres, comment cela se passe-t-il ?



J’ai l’extraordinaire chance d’avoir lecteurs et lectrices qui aiment ma vision et qui me soutiennent. Ca aide. Après c’est entre soi et soi.




15. Comment s’est déroulée la conception de votre dernier livre ? Comment avez-vous fait pour convaincre les différents groupes de vous suivre dans l’aventure ?



C’est un truc de fou. Plus de deux ans. J’avais écrit une première nouvelle sur un groupe de lycéens qui montaient un groupe de rock par passion et aussi parce que bon, le rock, ça plait sacrément aux filles. Donc, pour se dépuceler, on montera ce groupe. Un ami m’a alors dit que ça pourrait être une idée sympa de demander à de vrais groupes de raconter leur histoire, des anecdotes sur leurs débuts et tout ça. Ca a commencé comme ça... Après, faut trouver des groupes d’accord... Ce qu’il y a de bien c’est que les groupes sont avant tout des artistes qui s’intéressent bien sûr à la musique, et bien sûr aux autres formes d’art... Après, le truc, c’est qu’il faut jamais baisser les bras, se créer son petit réseau, montrer ce qu’on a dans le ventre et tout ça. De fil en aiguilles, on a une nouvelle, puis deux... plus cinq, dix, vingt...




16. Et avec la maison d’édition, cela a-t-il été facile ? Quels ont été vos arguments ?



Aujourd’hui, faut plus se faire d’illusion et d’ailleurs peu s’en font, non ? Les maisons d’éditions, c’est comme toute société. L’art compte de moins en moins. Il reste des survivants de la littérature mais bien sûr, le but premier restera de vendre le livre qui va être publié. C’est pour ça qu’il est important de bien savoir se vendre, même si c’est terrible à dire. Parce que quoi, y’aura des tas de mecs et filles qui écrivent des choses terriblement belles mais qu’on écartera car par assez vendeurs. C’est la triste réalité... Alors, forcément, pour Rock Stories, quand vous amenez tel ou tel groupe, pour sûr que ça aide pas mal. Après, comme je le disais, tout n’est pas noir... faut juste savoir que la lutte est sévère mais si on s’accroche tout est jouable. Faut pas baisser les bras au moindre refus. Faut persévérer encore et encore et un jour, on a la chance de tomber sur quelqu’un qui croit non seulement dans le projet, mais aussi en vous. De toute façon, pour la littérature comme pour tout, tout dépend de votre volonté de réussir. Encore une fois c’est entre soi et soi.




17. Que pensez-vous de la vie d’écrivain d’aujourd’hui ?



Que dalle. Je veux dire j’en sais rien. Je suppose que tous les écrivains ont deux bras et deux jambes donc bon à partir de là on n’est différent de personne. On s’accroche pour pas tomber, comme tout le monde.




18. Qu’aimeriez-vous que le futur vous apporte ? Quelle est votre devise ?



Le futur je le vois pas rose. Quand on voit comment tout part en couille, comment on nous abreuve de conneries à la télé. Et vu que dans cette société actuelle on est obligé de se faire baiser d’une manière ou d’une autre, on se dit qu’il vaut mieux s’en accommoder sans pour autant être un mouton prêt à se faire égorger sur l’autel divin de la télé et tout le reste. Ce qui fait peur, c’est qu’à l’heure où internet est censé nous rapprocher, finalement, ça part dans l’autre sens. Je veux dire, on est tous là dans nos solitudes, derrières nos pc à rêver d’un monde moins égoïste et tellement plus merveilleux. Et puis, il se passe quoi ? Y’a jamais eu autant de célibataires dans notre société… c’est bizarre… on se connecte, on se ressent à travers l’écran mais au final, quand on tape sur le clavier, on reste seul, seule, désespérément seul. On est des solitudes connectées à d’autres solitudes. Et ça nous fait du bien. Le truc, c’est qu’aujourd’hui, les jeunes sont vachement plus éveillés qu’on pouvait l’être dans notre génération. Ils comprennent tout plus vite, comment tourne le monde et comment on est obligé d’être un rouage parmi les autres. Les consciences s’éveillent et peut-être avec un peu de chance, on aura un monde moins visqueux. Mais bon...




19. Avez-vous des références internet (rappelez vos sites et page myspace, etc) ?...



Devenez des géants.




 



On a commencé à en parler dans :



 Tribu Rock...







Elegy :




 Pulszmag -




 

Magazine ROCK


 

Magazine Longueurs D'ondes

 

 

 
Magazine Elegy





 


Hard Rock Mag

 





Tuesday, March 11, 2008 

Ce type avait le Sida...

 

... et on le montrait du doigt. ..

 

Ouais je sais, à peine croyable hein. Les gens je vous jure, des fois, on croit les comprendre mais on comprend que dalle. Bref, à moins que ça vous emmerde, laissez-moi vous raconter son histoire à mon pote, parce que je vous jure, des histoires comme ça, ça devrait jamais exister.

Je me rappelle, on était en 79, et avec Jim on trainait dans ce parc de paumés vers la 163ème rue. Sans déconner, y'avait tous les déchets de la ville. Drogués, traves, mecs en costard qui pétaient les plombs, enfin, vous voyez le tableau quoi. Bien sûr, j'étais l'un d'eux. Et Jim aussi. Ouais, c'est clair, c'est pas un truc dont on est super fier mais la vie est parfois une belle chienne qui vous collerait d'un peu trop près. Quand vous avez la loose, des fois, vous avez beau essayer de casser le joujou, y'a rien qui fait que. Avec Jim, on traînait donc dans ce parc minable et il le soleil se faisait déjà la malle quand il m'a annoncé la nouvelle.

« - Jim, qu'il m'a dit, tu sais quoi ? Je crois bien que je suis foutu. J'essayais de capter ce qu'il disait mais comme j'avais pris de l'héro j'étais un peu parti voyez.

-         Quoi ? Qu'est-ce tu racontes, j'ai demandé d'une voix pathétique.

-         J'ai dit que je suis foutu mec. Je vais y passer.

-         Passer où ? Tu dois passer où ?

-         Mec, j'ai été à l'hosto ce matin. Mes globules blancs se font la malle. Putain, j'étais dans les vapes complètes. Je pigeais que dalle.

-         Mec, je pige que dalle, j'ai alors dit.

-         Je vais crever dans pas longtemps. J'ai rien dit pendant quelques secondes. J'étais pas sûr s'il se foutait de ma bibine ou quoi.

-         Tu me racontes des conneries ?

-         Merde, tu fais chier à planer. J'ai le Sida.

-         Tu déconnes. Y'a que les pédés qui choppent ça. T'es pédé ?

-         Je suis aussi pédé que toi t'es clean. Tu piges ?

-         Je pige mes fesses ouais.

-         Arrête, suis sérieux. Je vais en crever dans pas longtemps ils ont dit les médicos. Y m'ont dit que c'était parce que je trainais trop avec les mecs, tu vois. Et que je couchais avec eux. J'ai dit que c'était pas vrai et j'ai tout balancé leurs résultats. En partant je me suis souvenu d'une nuit avec ce type qu'on avait croisé chez Barry. Tu te souviens, drôlement baraqué je crois. Et bon, vite fait, peut-être bien que, la dope aidant… enfin, j'sais pas. J'sais juste que j'ai cette merde en moi et qu'elle va m'enterrer.

-         Mec, personne enterrera personne, c'est bien compris ? On a encore des tonnes de matches de basket – on jouait dans l'équipe de l'école, on était des cracks, sans déconner – à jouer et des tas de filles à grimper.

-         Tu les grimperas tout seul. Ciao ».

Après ça, il s'est levé et a mis sa capuche sur la tête. J'crois qu'il  est allé chialer dans un coin, seul, pour pas que je le vois. Merde, au début, je voulais pas y croire. Je me figurais qu'il me faisait un sale plan et tout. Puis quand je l'ai vu maigrir comme un vrai squelette, là, j'ai sérieusement commencé à flipper. Surtout qu'il se shootait de plus en plus. Je crois qu'il faisait ça pour oublier. En fait, on fait tous ça pour oublier.

Jim, c'était la star de l'équipe de basket. Juré. C'était lui le meilleur. Il marquait des paniers, putain je sais pas comment il faisait. Une fois avec les potes, on lui avait même bandé les yeux et il avait continué à marquer. Terrible je vous dis. S'il avait pas clamsé, sûr qu'il serait devenu un grand, un très grand. Enfin, y'avait la dope aussi…

Bien sûr, deux jours après, tout le monde savait qu'il avait choppé cette merde. Putain, partout où on allait d'habitude pour se fournir, les gens le regardaient d'un sale air. Ils n'osaient même plus lui serrer la main. Sans déconner. Même une tape dans le dos ça les faisait flipper. Comme on était inséparable, bien sûr, j'avais choppé le Sida aussi. Bordel, je sais pas comment vous dire, mais voir la réaction des ces crétins, j'en aurais chialé. D'ailleurs j'en ai chialé. Pas pour moi. Mais pour Jim. Parce que c'était le mec le plus super que j'ai jamais connu. Y'en avait pas un pour arriver à sa cheville. Alors quand je les voyais le traiter comme un moins que rien, j'avais envie de tous les flinguer, rien que pour leur montrer que c'était des cons, une sale bande de cons.

Une fois, y'a même eu un type qui lui a balancé une pierre sur la tronche. Jim, il sortait à peine de chez lui et il a reçu le truc en pleine poire. Bien sûr, le mec qui avait fait le coup avait mis son écharpe jusqu'au nez, et avec sa capuche sur la tête, on pouvait pas savoir qui c'était. Super courageux quoi.

Bref, sur la pierre y'avait un bout de papier accroché, et c'était écrit « va te faire sucer sale pédé ». La classe. Je crois que de lire ça Jim en a vomi. Comprenez, tous ces gens avant, ils disaient que c'étaient ses amis, et voilà il avait choppé sa merde et c'était devenu un ringard, ou pire, un trou-du-cul. D'ailleurs, cette remarque vaut aussi pour moi. On était devenu deux beaux trous duc aux yeux des autres.

Je crois que ça l'a achevé. Le coup de la pierre je veux dire. Même ses parents osaient plus lui parler. La vérité. Alors bon, comme vous savez, y'a eu une fin. Une saleté de fin. Je me rappelle on était à l'hosto quand c'est arrivé. Bon sang, vous l'auriez vu, c'était même plus un squelette, c'était pire que ça. J'arrêtais pas de me dire que je devais pas chialer ni rien, parce que ça faisait mauviette et des conneries de ce genre. Sauf que j'ai pas pu me retenir et lui non plus.

Je lui ai tenu la main et je lui ai souris. J'savais pas quoi dire, alors je souriais comme un con.

« - T'as l'air con de sourire comme ça, il m'a dit. On a rigolé et merde, rien que de rire, on voyait trop bien que ça le faisait souffrir. J'aurais tout donné pour être à sa place.

-         Mec, j'ai dit. Le plus grand c'est toi.

-         Ouais, c'est gentil de le croire.

-         Non sérieux mec. Dehors ils sont tous laids. Et toi t'es beau.

-         Ouais, je me défonce avec les infirmières tellement suis beau. Bon trêve de conneries tu veux ? Promets-moi un truc, promets--moi de gagner le championnat pour moi. Pour nous. Parce qu'on est les meilleurs, pas vrai ?

-         Tu parles qu'on est les meilleurs. Les autres, c'est tous des ploucs à côté. On croirait qu'ils leur manquent une jambe quand ils courent. Et j'ai mimé les mecs qui couraient comme des nazes et on a rigolé encore un peu. Mais j'ai vite arrêté quand je me suis rappelé que ça le faisait souffrir. On s'est alors regardé et on a rien dit pendant un moment. C'était super fort et tout. On se disait dans les yeux que c'était la fin et que c'était bien comment on a déconné nous deux. Avant. Je vous jure, je pleurai grave. Je pleurai mon pote qui chialait aussi et qui se faisait la malle. Et qui le savait. Je me suis alors approché de lui et je l'ai embrassé sur la bouche. Je savais que c'était risqué et tout mais avant qu'il parte je voulais lui montrer que ses putains de globules blancs je les enculais à sec. Que c'était mon seul pote et que je l'aimais ce con. Alors j'ai fais ça, et c'était beau. Quand j'ai retiré mes lèvres il m'a sourit une dernière fois et m'a dit en rigolant :

-         Pédé, va. ». Et il est mort. Dans mes bras.

Bon voilà, c'était son histoire. C'était notre histoire. Rien que de vous raconter ça j'en ai encore les larmes aux yeux. Bien sûr j'ai continué à me shooter. Mais plus chez les mêmes salopes d'avant. Des fois je les croisais dans la rue et ils me souriaient comme si rien ne s'était passé. J'avais qu'une envie, c'était de leur cracher à la gueule à ces enfoirés. Mais je continuais comme si de rien était, je les snobais et tout. Parce que merde, crever pour crever, je ferais pas ça avec n'importe qui. Des cafards y'en a partout dans la ville, c'est sûr, mais pour le coup, pour les regards qu'ils avaient jeté à la fin de Jim, je me suis dis qu'il valait mieux que j'aille voir ailleurs. Ca prendrait trop de temps à tous les tuer.

Et j'ai pas que ça à faire.

 

La petite fille au sexe froid

 

La petite fille rêvait d'une autre histoire. Un peu moins suicidée, un peu moins tâchée. De son enfance elle ne se souvenait de pas grand chose. Trop trash pour en être fière. Elle se rappelait encore l'image de son père au bout de cette ceinture, ceinture pendue au plafond. Un jeu sm on lui avait dit. Mais qui avait mal tourné. Elle avait commencé à se maquiller juste après. Parce que son père, bon dieu, elle l'aimait. Il lui offrait toujours des bonbons.

A l'enterrement, c'était en mode rimel et mascara, noir sur teint pâle. Pour oublier ça, qu'il n'était déjà plus là. Et pour faire corps avec lui, être ce beau cadavre ambulant dont on parlerait si longtemps. Parce que personne ne la comprenait, parce que personne ne voulait guérir ses plaies, elle s'était dit qu'il était temps d'en finir avec ces conneries.

Parce que quoi, la vie c'était ça ? A l'école ils ne voulaient pas, non ils ne voulaient pas d'elle. Parce qu'elle était si seule, qu'elle ne riait pas, qu'elle était différentes des autres, alors on la montrait du doigt on disait des choses sur elle, des choses pas très belles vous comprenez. Au début elle s'en fichait, et puis, elle les regardait, les amoureux, et ça faisait mal. Beaucoup trop mal. Elle se demandait pourquoi le monde était comme ça, pourquoi l'amour, son amour, n'était que masturbatoire et blasphématoire ? Pourquoi faisait-elle ça maquillée, mettant le pied nu sur le carrelage blanc de la salle de bain, plongeant habillée dans l'eau froide de la baignoire, ouvrant grand le trou béant, ses lèvres sa bouche sur le flingue de papa. Et elle pleurait, elle pleurait ses longs cheveux bruns sur ses yeux noirs de ne plus pouvoir avancer. Elle pleurait d'être condamnée. Ce monde était une folie, il fallait trouver la porte de sortie, la force d'appuyer sur la gâchette, s'éclater le putain cerveau en mille morceaux.

En fait Justine en voulait au monde entier. Oui elle devait les tuer eux. Elle s'imaginait à l'école, à l'enterrement. Elle les tuerait tous ces chiens, ceux qui crachaient maintenant sur son père, ceux qui crachait sur elle à l'école. Elle s'enfonçait dans l'eau de son bain et fermait les yeux. C'était si beau le paradis, son paradis. Elle rêvait de ce jeune homme brun qui entrait dans la pièce, qui pénétrait le bain sa solitude son interlude. Il ne dirait rien, juste un regard juste des mains sur son corps. Lui aussi habillé dans l'eau froide, il se rapprocherait d'elle, lui lécherait ses cicatrices, lui lécherait les lèvres. Pas de sexe. Non pas de suite. Juste deux ou trois caresses là ou il faudrait. Juste assez pour se sentir en vie. Et il partirait, et il reviendrait, la baiser sur les seins sur le sexe. Avec de l'amour. Beaucoup d'amour.

Après ça elle prenait l'arme et la laissait glisser où ça importait. Et elle jouissait ainsi. Comme ça ne se fait pas. Et après chaque jouissance elle pleurait plus fort, oui plus fort encore, parce que les fées viendraient la réveiller dans le noir, la sortiraient de son de amant de tout le temps.

 

Les gens se demandent souvent pourquoi les jeunes veulent en finir. Pourquoi un jour ils veulent tous mourir. Mais les gens ne comprennent pas l'histoire d'une souffrance adolescente. Quand grandir fait tant souffrir, quand pleurer n'est plus assez. Oui les gens ne comprennent pourquoi on se maquille au fond de soi, au fond de sa joie. Pour allez plus loin plus fort la mort. Parce que comprenez, se faire mal, se taillader, se saigner la peau s'est encore être vivant. C'est sentir l'amour du fer sur la chair.

C'est un signe d'espoir, pas un au-revoir.

Je ne vais pas vous mentir, je vais vous le dire. Justine ne voulait plus voir ça. Elle était bien allée chez le psy mais il ne l'avait tout simplement pas cru. Il lui avait dit que c'était normal qu'à son âge, qu'à cause de son père etc etc, toutes les conneries que vous pouvez imaginer en somme. Justine lui avait expliqué que la solitu..ait avant son père, c'était comme ça depuis ses 7- 8 ans… qu'elle ne savait pas pourquoi… qu'elle passait ses journées devant sa télé, à rêver d'être une star, cette star aimée d'elle et d'eux. Oui elle voulait les avoir tous à ses pieds. Ne pas crever en vain. Et puis elle s'était vite rendu compte que tout ça était perdu d'avance. Quoiqu'elle puisse faire, la mort viendrait la chercher. Elle avait parlé de tout ça, de toutes ces angoisses-là à ce psy. Mais il avait rit encore une fois.

Ce fut une fois de trop.

Elle avait toujours douté des adultes qui prenaient les ados de si haut. Il avait rit, lui avait dit de ne plus penser à ça. Son c--ur, bon sang, vous auriez vu son petit c--ur, il avait exploser en tout plein de petits morceaux partout dans son corps. Alors elle lui avait expliqué sa masturbation, avec l'arme de son père et son regard avait soudainement changé. « Fais moi voir comme tu fais » lui avait-il dit.

Et elle lui avait fait voir. Ou presque.

Car la dernière fois qu'elle eut joui, il n'était déjà plus en vie. Elle s'était levée de sa chaise et avait fermé la porte à double tour. Le psy se disait qu'il pourrait sans doute y mettre la langue. « Tout va bien se passer, avait-il continué. Montres-moi. Montre-moi comment tu fais. » avait-il continué. Et elle lui répondu qu'il pourrait faire tout ce qu'il aimerait. Puis elle sortit son arme et l'exécuta d'une seule balle.

Après ça, assise sur sa chaise, elle a commencé a relever sa jupe et à se masturber. Oh comme c'était bon les yeux fermés, l'arme chaud sur sexe froid. Elle les entendait mais ne les entendait pas. Ils voulaient forcer la porte et elle rêvait qu'elle était dans son bain, habillée les cheveux bruns mouillés. Et elle le voyait entrer, souriant et doux et il la pénétrait cette fois, il l'embrassait sur les joues sur les lèvres. Oui… oui, il lui disait « je t'aime, je t'aime, je t'aime ». Et c'était beau, et ça faisait mal, ce sang qui coulait de son sexe.

L'arme avait déchargée en même temps qu'elle. Elle souriait.

Elle n'avait jamais été aussi belle.

 

Pauvre petit nazi. Personne ne t'as compris.

 

Bon. L'autre jour je regardais la télé. Ouais je sais, je devrais pas, vu que y'a rien de plus nase la télé. Mais bon je suppose que j'ai eu un moment de faiblesse et bref j'étais allongé dans le canapé et je matais les infos. C'est là que j'ai vu qu'on arrêtait pas de passer sa photo à ce type qui vivait dans ce foutu pays où y eu deux avions qui se sont écrasés sur deux tours. Ce type, c'était un mec, pffff, vous savez quoi ? Il devait même pas avoir dix-sept piges. Sans déconner. Dix-sept piges. C'est que dalle. Je veux dire, on a peine vécu et paf on se tire une balle dans la tête. Et dans celle des autres aussi, tant qu'on y est. Parce que bon, voilà ce qu'il c'était passé. Le mec il était tellement seul qu'à à un moment donné il a pété un câble et il a pris un flingue qu'il avait acheté et il est allé dans son bahut avec. Alors bon, vous devinez la suite, le mec, ni une ni deux il a flingué tous pleins de types qui lui avaient cherché des crosses avant et il a aussi tiré dans le tas voyez. Forcément, y'a eu des tonnes et des tonnes de morts et forcément aussi la télé a pas tardé à venir sur les lieux. Juste après que le type se soit flingué et tout.
Le truc, si vous voulez savoir, c'est ce que ce type, il lisait des magazines ou ça parlait de nazis et de tous ces types qui ont fait plein de mal dans une guerre y'a super longtemps. Du coup, tout le monde a été d'accord rapidos. Le mec, c'était un nazi et voilà. Ca justifiait toutes les conneries qu'il avait fait. Les gens, c'était tout vu, c'était la faute aux nazis et ils allaient pas chercher plus loin. Le truc qui me faisait bien délirer, c'est quand j'ai entendu la voisine et qui disait « on voyait bien que ses lectures étaient pas saines. Une fois je suis tombé sur un de ces livres dans sa chambre ». Alors bon, déjà, je me demandais bien ce que la voisine pouvait bien foutre dans sa chambre à ce môme, et puis surtout, si elle le voyait que trop bien que le mec allait pas fort dans sa tête, pourquoi elle l'a pas aidé. Et là, ça a été le grand déferlement. Tous ses amis et toutes sa fichue famille disaient qu'ils savaient pour le coup des magazines et que selon eux, c'était vraiment un mauvais chemin qu'il empruntait le mec. Là je savais plus s'il fallait chialer ou se bidonner. Je veux dire, quoi, y' a ce type, tout le monde voit qu'il file du mauvais coton, tout le monde hein, et pas un ne vient l'aider, lui dire qu'il devrait pas lire ça ou faire ça. Juste les gens ils disent c'est pas bien maintenant et le pire dans tout ça, c'est que pour eux c'est comme s'ils étaient super fiers que eux ils savaient eux ils avaient bien compris que ça tournerait mal. Eux avaient une longueur d'avance sur tout le monde.

Sauf que eux, ils avaient rien capté au truc je crois. Parce que voilà, le mec – à mon avis – il demandait pas mieux qu'on l'aide, qu'on vienne lui dire qu'il se mélangeait sérieusement les pinceaux dans sa tête. Sûr que ça, ça l'aurait aidé. Mais non, tout le monde l'évitait, parce qu'il s'habillait comme ci comme ça et surtout en noir. Il portait pas mal de piercings aussi voyez. Alors bon, forcément, ça lui donnait une drôle d'allure. Je veux dire le genre de drôle d'allure qu'on croise pas vraiment partout voyez. Les gens, y'en avait pas mal qui l'évitaient, qui le regardaient bizarrement, et je crois bien que ça l'énervait drôlement.
Parce que ce que les gens savaient pas, c'est que le gars il avait comme qui dirait été violé par son grand –père quand il avait eu cinq six piges. Forcément, niveau mental, il avait jeté l'éponge. Je veux dire, des saloperies comme ça, on en sort pas indemne. Ca laisse des tas et des tas de traces dont certains se remettent jamais vraiment. Alors le type il s'habille super extrême et on trouve rien de mieux que de se foutre de sa gueule. Et c'est là où je me dis que peut-être si on c'était intéressé un peu plus à son c--ur, et non à son look, peut-être qu'il aurait pu s'ouvrir, parler de tout ces trucs nases qu'il avait refoulé en lui. A mon avis, le truc, c'est que le mec, comme il avait ni frère ni s--ur ni potes, il était là devant son pc et y'a eu ces fils de pute –pardon pour le gros mot – de mecs qui déversent leur haine à travers l'écran et ils ont bien vu que le type était super fragile et tout. Qu'il en fallait pas beaucoup pour qu'il dérive complètement. Alors ils lui ont dit que tous les autres c'étaient des salauds et qu'ils méritaient pas mieux que de crever. Au début le mec, il y croit pas, sauf qu'en allant au lycée, y'a un sale crétin qui lui crache sur la gueule et quand il revient devant son fichu pc les gens haineux lui disent qu'ils avaient bien raison, qu'ils méritaient pas de vivre ni rien. Et c'est là que le type le croit. Toutes ces conneries, il est à fond dedans. C'est devenu une foutue marionnette.

Une marionnette salement seule.


C'est pour ça qu'on pourra jamais excuser c'qu'il a fait. Même si c'étaient des gros crétins, les autres, ils méritaient pas de crever. Faut dire que ces crétins, le pire, c'est que ce sont juste des gens seuls aussi et qui trouvent pas d'autre manière de s'exprimer qu'en faisant les cakes. Ils se donnent des airs et tout, ils ont l'impression d'être des durs sauf qu'ils cherchent juste à exister, à dire qu'ils sont là, qu'ils voudraient bien qu'on leur montre le chemin. Le truc, c'est qu'ils savent pas le dire. Faire le cake et tout le reste, c'est comme ces filles qui se maquillent comme jamais, c'est pareil. Je veux dire, si elles font ça, c'est pas pour coucher ni rien de ces conneries. C'est juste pour faire croire qu'elles en sont capables. Parce que comme ça, y'a un tas de mecs qui les regardent et ça leur donne l'impression d'être quelqu'un, d'être l'attention de quelqu'un je veux dire.

Alors voilà, le monde c'est déjà assez compliqué comme ça je trouve. Faudrait vraiment qu'on apprendre à s'accepter comme on est.

Vous croyez pas ?
 

 

 

Au nom du Christ va te faire...

 

 

Au début j'en ai pas cru mes yeux. Je vous jure, ce sont eux qui on fait que je préfère Satan. Bon sang, vous les auriez vu, ce type et cette femme, avec leurs airs hautains et tout. Ils sont passés devant elle comme si elle avait la peste, et à vrai dire, pour eux, elle avait bel et bien la peste. Comprenez, la fille était pauvre et elle tendait la main. Vous devinez pourquoi. Elle avait l'air d'une prostituée droguée. Ce qu'elle était. Mais elle était pas méchante. Bon ok, c'est sûr, le fric qu'elle demandait, c'était pour de la dope. Sa putain de dope qui lui rendait le monde meilleur. Elle avait les cheveux blonds complètements ébouriffés et son rouge à lèvres partait dans tous les seins. Ses yeux, eux, bon sang, on voyait trop bien qu'elle avait chialé un bon milliard de fois tant son rimmel coulait sur ses joues. Perso, je la trouvais vachement chouette, belle je veux dire. On aurait dit une petite fée un peu beaucoup paumée voyez. Et j'allais la protéger, la sortir de tout ça. Enfin, c'est ce que je me disais.
J'arrivais pas à lui donner d'âge. Au début, je pensais dix-sept piges, quelque chose comme ça. Mais les prostituées font jamais leur âge. Alors bon, ça se trouve, peut-être qu'elle avait dans les quatorze quinze. J'essayais de m'imaginer comment elle en était arrivée là. Je me disais qu'avec ces vieux, ça avait pas du coller quelque part et elle s'était fait la malle. Ca arrive vachement souvent ces trucs-là. Je veux dire, que les vieux ils captent que dalle, que l'adolescence ça peut être vachement merdique quand on y pense. Que des fois, on voudrait que tous ces crétins à l'école ils meurent un bon coup. Non mais. Sérieux, les parents, ils pensent qu'à leur boulot ou à leur voiture, c'est tout ce qui compte. Vous pouvez crever rien à fiche. J'sais pas si vous vous rappelez ces deux mômes, elles avaient ce truc qu'il y a partout sur le net, des blogs qu'on appelle ça. Elle avaient dit qu'elles voulaient se barrer de là. Et quand je dis barrer, c'est genre dans les étoiles et tout. Bref, elles l'avaient écrit sur leur blog, mais quoi ? Les vieux, ça se trouve, ils savaient même pas qu'elles avaient un blog. Sérieux, les mômes, faut pas les laisser crever. Bordel, pourquoi y'a jamais personne qui nous tend la main ? Alors bon, y'a ces profs à l'école, mais c'est pas ça. Ca reste des adultes comprenez. Bon, et puis y'a la musique. Putain ce que c'est bon de s'isoler dans sa bulle. Moi je fais ça tous les soirs. Je me branche un truc et hop je pars.
Parce que faut bien comprendre que cette société, y'a quand même un paquet de trucs qui clochent dedans.

Alors bon, forcément, vu qu'on a vingt piges, on comprend rien au monde, soit disant. Mais putain ce qu'ils sont naïfs, putain ce qu'ils sont loin de nous. Ca fait peur. Je vous jure ça me fait flipper à mort.
C'est pour ça que j'ai choisit Satan. Parce que dieu, c'est qu'un sale crétin. Sans déconner. Jésus, il raconte que si on lui fou une baffe, il tend l'autre joue. Tu m'étonnes qu'il a fini sur une croix après. Bon, en même temps je sais bien que tout ça c'est des conneries. Déjà ce gars, Jésus, y'a personne qui parle de lui dans les cent premières années. Et là je blague pas. Les cents premières années y'a personne qui a écrit sur lui. Ou alors c'est qu'on a rien trouvé. C'est pour ça, la religion, tout ça, ça me fait bien rire, c'est mensonge sur mensonge. C'est laid, c'est nous. Avilissant et désespérant.
Alors quand je suis rentré sur le seuil de l'église j'ai vu ce type, ce mec qu'on dit curé, et il faisait des grands gestes avec ses bras et patati et patata et les gens écoutaient comme si c'était super important ce qu'il disait. Pour eux ça devait l'être en tout cas. Là, j'ai comme qui dirait hésité entre chialer et me bidonner. Putain, mais y'avait que des moutons. Je me disais, quoi, ces gens, c'est nos parents ? Ils sont si crétins ? Je veux dire, on a vraiment besoin de gens qui nous disent ce qu'il faut faire de nos fichus vie ? Merde, on est pas capable de décider par nous-mêmes ce qui est nase ou ce qui l'est pas ?
Alors j'ai rigolé, et la fille à côté aussi. Elle savait pas pourquoi je rigolais mais elle trouvait ça cool que quelqu'un s'éclate en regardant une messe. Sérieux, c'était vachement chouette de rigoler avec elle. Entre nous, si vous voulez savoir, ça a tout de suite passé. On sentait trop bien qu'on était sur la même longueur d'onde et tout. Qu'on pensait la même chose sur les gens qui s'enchaînent à leurs peurs, juste pour croire qu'un monde meilleur les attend. Sauf qu'on est attendu nulle part. Enfin, les vers peut-être, à diner...si nos os sont pas trop pollués. Merde, ça me ferait bien chié que mes os fassent du mal à des bestioles qui ont rien demandés rien cherchés. Sans déconner, je voudrais pas ça.
Bon, avec la fille, on s'est embrassé juste devant l'église et c'était vraiment chouette. On aurait dit un mariage. Ouais, carrément. Le truc, c'est quand on a eu fini avec la langue, elle a sortit son flingue de son bas et s'est tirée une balle dans la tête.
Je me rappelle encore, je lui ai soulevé la tête et je lui ai demandé pourquoi elle avait fait. Vous savez ce qu'elle m'a répondu ?

- Je voulais juste partir sur un bon souvenir.

Papa ôtes ta main de là, non me touche pas

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Viens plutôt m'embrasser comme tu sais faire. Avec ta langue et tout le reste ». Voilà ce qu'elle lui avait dit tout bas. Et il l'avait embrassé comme jamais il n'avait embrassé personne. Non ça ne les gênait pas, non ils n'étaient pas comme les autres. Juste un peu trop amoureux. Personne ne le savait et personne ne devait le savoir. Ils n'auraient pas compris. On choque les gens si facilement. Comprenez, il y a la société qui dit que c'est si immoral, si interdit, que tout le monde finit par le croire. Parce que tout le monde a baissé les bras, parce qu'il est plus facile de reculer que d'avancer. Mais ils voulaient s'aimer coûte que coûte, parce que l'amour, pour eux, il n'y avait rien de plus beau, de plus pur. Oui, il aimait la prendre dans ses bras, oui elle aimait se faire pénétrer par son âme, sucer sa peau et mordre ses lèvres. Elle se rappelait encore comment tout ça était arrivé. Elle se rappelait comment les gens la traitaient dehors, à l'école, au restaurant où elle était serveuse. Ils se moquaient tous d'elle, parce qu'elle était différente. Elle était so trash, avec ce bébé qu'elle avait eu si tôt, à cause ce type qui l'avait violé. Alors on la jugeait, on disait d'elle qu'elle couchait ci et là, que c'était un de ces nouvelles putes, une de ces prostituées de seize ans nouvelle génération. Qui regardait un peu trop la télé, qui pianotait trop sur son pc. Qui rêvait d'être ailleurs, d'être aimé pour exister. Alors elle aurait couché avec ce garçon, parce que c'était le chemin que suivent toutes ces petites filles absentes.

Alors ils la jugeaient, ils ricanaient sur son passage. Ils lui inventaient des surnoms, juste parce qu'elle avait gardé ce secret d'avoir été violé.

En rentrant ce soir-là, ce soir de trop, elle avait juré de ne plus y mettre les pieds, chez les tristes. Personne ne comprendrait jamais sa douleur, personne ne lui donnerait sa chance.

Mais lui n'était pas comme les autres. Il avait connu ça, oh, pas aussi méchamment, mais il savait que l'adolescence est parfois trouble et solitaire. Il ne l'avait pas laissé tombé. Ils s'étaient rapprochés, embrassés. Tout le monde disait que c'était mal, que cela ne se faisait pas. Que c'était contre tous les principes. Mais tout le monde n'étaient sûrement pas amoureux, mais tout le monde n'est pas mouton, hélas. Qu'importe, pour eux, il fallait désormais vivre vite et intensément. Sans perdre de temps. Parce qu'on peut mourir demain. C'est certain.

Souvent, quand ils roulaient de ville en ville, elle reposait sa tête sur les cuisses du conducteur, ses pieds nus pendant à travers la vitre, flirtant avec le vent. Ils riaient. Ils parlaient et ils…. La société, pour eux, c'était trop compliqué. Que voulait-elle cette sordide société ? Que les gens qui s'aiment ne le puissent pas, qu'ils soient malheureux juste parce «  ça ne se fait pas » ? Mais qui sont-ils ces gens pour dire ça, qui sont-ils pour savoir ce qui est bien ou mal, eux qui se font tant de misères entre eux, qui jugent sans savoir les douleurs, peuvent-ils vraiment se permettre de donner des leçons ?

Et la société, qu'est-ce que c'est si ce n'est une chose mouvante et instable construite par des hommes et des femmes, tels quel lui et elle ? Ces créateurs étaient-ils différents ? Non, c'étaient juste des humains, comme papa, comme la petite fille. Des semblables qui avaient érigé LEUR morale, LEUR vision des choses… mais s'est t-on jamais demandé si c'était il et elle qui avait crée la société, peut-être que tout ça aurait été bien différent, peut-être, qu'il aurait pu l'embrasser en tout liberté, sans doute ils auraient permis aux gens de s'aimer, quelque soit le sang qui coule dans leur veines. C'est pour ça qu'il et elle avaient décidé de tous les emmerder. Oui, qu'ils aillent tous se faire foutre avec leur morale de merde. Parce que personne n'a le droit de dire ce qui est bien ou mal, parce que le bien et le mal n'existent pas. Ce sont juste des concepts pour que tout tienne debout, cette société surtout. On a créé ça pour nous tenir en laisse, comme des gentils toutous qui acceptent tout.

Il et elle savaient bien que tout ça c'était des conneries. Ils vivraient comme ils l'entendaient eux, et pas comme le voudrait les autres. Souvent, quand ils s'arrêtaient à une station d'essence ou dans un hôtel, et qu'il lui mettait gentiment la main sous sa jupe à fleur, il y avait toujours quelqu'un pour s'offusquer. Alors ils continuaient de plus belle. Elle était brune avec deux grains de beauté sur la joue, et des yeux si pleins de joie de vie. Lui était si apaisant, toujours rieur et philosophe. Il n'arrêtait pas de parler de tout et de rien et elle l'aimait pour ça, elle buvait ses paroles et c'était beau. Il aurait pu dire n'importe quoi ça aurait été pareil. Juste parce que c'était lui. Et ça lui suffisait à son bonheur.

 

 

Dans les toilettes, avec les garçons, part 1.

 

Il y avait une soirée. Et il n'était pas invité. Il était seul dans son lit dans sa robe noire. Il se demandait pourquoi le monde était comme ça, pourquoi ils ne voulaient pas d'elle. Seul au fond de son lit, shemale pas assez femelle, shemale pas assez male, mis au banc, à l'index d'une société un peu trop fermée, qui crevait la différence en toute indifférence. Andy se travestissait depuis l'âge de treize ans. Au début, c'étaient de simples déguisements innocents de ses héros télévisés préférés, puis, alors qu'il entrait au lycée, il commença à mettre des robes qu'il bourrait dans ses pantalons. Il n'osait pas encore montrer sa nudité vérité. Alors il faisait semblant. Il mettait une robe sous la chemise et dans le pantalon et, à la fin des cours, il s'en allait dans une petite ruelle à l'abri du monde entier et il sortait de son sac sa petite trousse de maquillage qu'il s'était confectionné. Il s'en mettait sur le visage, sur les paupières et le reste. Il ôtait son pantalon et sa chemise et laissait voler les pans de sa robe dans les airs. Il rangeait alors toutes ses affaires dans son sac et se promenait ainsi, beau et belle à la fois. Bien sûr, les gens le regardaient bizarrement mais il s'en foutait maintenant. Ne comptait plus que le souffle de l'air sur ses jambes, cette impression de liberté totale. Oui, oui les premières fois, les premiers regards furent ambigus, étranges. Il avait eu peur d'être reconnu mais ce reflet lui plait. Ce reflet de soi sur cette fenêtre. Et il s'était trouvé belle. Si belle qu'il en avait pleuré un long moment, si longtemps que les gens s'étaient arrêtés autour de lui, lui demandant ce qui n'allait pas, et comment il pouvait l'aider. Et de les entendre, ça le faisait pleurer de plus belle. Car ils disaient « elle ». Ils le prenaient pour une fille et c'était le plus beau jour de sa vie.

Jusqu'à ce terrible soir….

Jusqu'à ce terrible soir où d'autres élèves l'avaient vu se maquiller, ôter ses vêtements et déployer sa robe noire. Bien plus que leurs moqueries, ce fut le fait de vivre un cauchemar éveiller qui l'effrayait. Car il allait bientôt devoir se réveiller. Oui ses parents n'allaient pas tarder à être mis au courant et tout serait fini, la liberté et la vie infinie. Mais plutôt que d'attendre qu'ils l'apprennent de la sale bouche des autres, Andy préféra tout avouer. Il se présenta chez lui habillé en noir, en robe noire je veux dire. Ses parents mirent bien des mois avant d'accepter les « déviances » de leur fils. Les voisins, la famille, on parla beaucoup d'Andy, beaucoup trop à son goût. Pourquoi ne pouvait-il pas être différent ? Pourquoi fallait-il à tout pris rentrer dans le moule ?

Les mois et les années s'étaient écoulées et rien n'avait changé. Il avait vingt ans et aimait toujours autant porter des robes noires. Sauf que maintenant, il ne s'en cachait plus. Puisque tout le monde savait son vice artifice, autant l'exposer au grand jour, dans les cours et aux plus beaux atours. Bien sûr, railleries et insultes ne manquaient guères à l'Université, mais ces moments-là, du moment qu'on s'y attend, ils font quand même un peu moins mal. Non, Andy s'en fichait d'eux, il ne pensait désormais plus qu'à lui, qu'à ce garçon aux cheveux longs, qui, contrairement aux autres, ne détournait pas le regard sur son passage. Bien au contraire, ses pupilles bleues ne cessaient de le fixer alors qu'ils se croisaient dans les couloirs.

Et, imperceptiblement, la nuit, il se pinçait les seins et il imaginait ses mains, sa bouche, son corps si fragile et si gracieux. Bien des fois, il avait voulu l'aborder, le toucher. Mais il n'avait jamais osé. Il se disait que s'il l'écartait il ne s'en remettrait pas. Alors il retardait l'instant, il retardait l'échéance. Trop de douleurs suffisent à tous les cœurs. Horloge du temps qui passent et trépassent pour les grandes peurs.

Il n'avait pas été invité à la soirée. Ce n'était pas comme lui. Lui était populaire. Il y serait. Pas de doute. Et cela le rendait fou. De désir, de jalousie, d'envie. D'amour. Oui, de l'amour, car il le savait, il le savait qu'il ne le laissait pas indifférent, que ces yeux ne le trompaient pas. Il y avait une pulsion dans son corps qui ne mentait pas. Et cette pulsion, il y avait fort à parier que lui aussi la ressentait. Andy fit donc la seule chose qui lui sembla sensée en cet instant rempli de fébrilité. Aller le voir et tout lui avouer. Sans fard ni honte. Lui dire la plus belle chose au monde. L'envie d'aimer, de se blottir dans ses bras. Qu'il soit une fille ou un garçon pour lui, peu importe. Qu'il soit, c'est tout.

Il y était donc allé, habillé de sa robe noire, son éternel apparat qui lui donnait cette confiance dont il avait tant besoin ce soir-là. Comme il s'y attendait, les railleries fusèrent de plus belle. Les garçons de la soirée étaient pour la plupart éméchés et les filles discutaient entre elles de savoir avec lequel elle se verrait bien défaire le lit …

Andy vit tout de suite Damon. Il était si beau, si élégant. Il portait un costume noir en flanelle et son pantalon – noir également- tombait merveilleusement sur ses bottes en cuir. Quiconque le regardait ne pouvait que tomber amoureux de lui. Andy attendit ainsi prêt des plantes accolées au canapé rouge du salon. Il voulait rester discret, du moins, aux yeux de son amant. Il attendait l'instant propice.

Cet instant ne tarda pas à arriver lorsque Damon s'en alla aux toilettes. Ce n'était certes pas l'endroit le plus romantique pour lui avouer son amour, mais au moins, ils ne seraient pas dérangés. Alors il s'infiltra dans le lieu convenu, prenant grand soin à regarder autour de lui que personne ne l'aperçoive rentrer dans cet interdit. Il posa sa main sur le loquet et entra dans la petite pièce. Son cœur n'avait jamais battu aussi vite et aussi fort. Il lui semblait qu'il allait sortir de sa poitrine à tout moment. Son souffle s'immisçait maintenant dans le cou de l'homme en face de lui. Qui se retourna, qui le regarda et…

Damon lui prit la main avec une tendresse infinie. Cette tendresse, il la ressentait comme il ne l'avait jamais ressenti. Par ce geste doux et délicat il savait qu'il venait de rencontrer l'amour. Bientôt leurs lèvres ne devaient plus faire qu'une seule et même symbiose. Oui ils s'aimaient, oui ils étaient des garçons et oui il se déguisait en fille. Et ils aimaient ça. Ils aimaient que leurs mains caressent la poitrine de l'autre, que les doigts flirtent avec le sexe, et que les habits en tombent aux chevilles. C'était sexuel, intemporel. Ils risquaient de se faire surprendre d'un instant à l'autre mais ça ne les dérangeait plus. De la foule inhibée d'alcool ne survivait qu'un vague brouhaha.

« -Tu me veux en il ou elle ? lui demanda alors Andy, entre deux fellations.

Ca n'a aucune importance. Ce n'est pas ça qui compte.

Tu es sûr ?

Oui. Qu'est-ce qui nous retient ? Aime - moi, prends-moi. Apprends-moi le gout de ta langue, de ton sexe. Montre-moi comment on fait.

Alors ce n'est que sexuel ? Ce n'est qu'une nouvelle expérience ? 

Non, j'aime vraiment les garçons. Tu crois que je prendrais tous ces risques juste pour du sexe ? J'attendais cet instant depuis si longtemps…

Dis… Damon… tu me trouves belle ?

Tu es aussi belle qu'une princesse éternelle. J'aime quand tu te travestis. Tu m'excites, tu m'incites à tout, à la folie à la passion. A la déraison. Pervertis-moi. Embrasse-moi comme un garçon, embrasse-moi de mille façons.

Hum. J'ai l'impression que l'on va bien s'amuser…

Chut. Viens me boire maintenant. Allez, ose, allez, viens sur moi, viens en moi et donnes-moi ta bouche.

Oui, inonde -moi, aime -moi»

 

Et ils s'inondèrent en parallèle, ils s'inondèrent la bouche pleine. Parce que sexe is beautiful sexe is love, life. Oui l'amour qu'on fait seul ou à plusieurs. L'amour le cœur battant pour il et elle. Et qu'importe les mauvaises langues, qu'importent les tristes sans joie. Qu'ils fassent les faux-semblants, qu'ils se cachent dans les secrets de leur lit, et qu'ils y meurent, oui qu'ils y meurent assoiffés de vie, agonisant de ne pouvoir toucher à l'interdit, là où les plus beaux contes sont permis !

 

En sortant des toilettes, Demon avait une large trace noire sur ses lèvres. Celle du maquillage de sa nouvelle petite amie. Andy le lui fit aussitôt remarquer. Il avait peur que les autres voient Demon ainsi. Damon le regarda avec tendresse et lui répondit qu'ils en avaient la pleine bouche et plus rien à foutre. Que tout ça ne les regardait pas. Que l'intime vérité s'est prosternée sous leurs pieds, que son corps est le plus beau des accords. Et qu'ils pouvaient tous se faire enculer car jamais ils ne seraient autant grossiers que ceux qui voulaient les voir pleurer.

Ils sortirent des toilettes en se tenant la main.

 

Dans les toilettes, avec les filles, part 2.

Cela faisait maintenant plus de six mois qu'elles se parlaient à travers l'écran, les portes de la nuit grandes ouvertes sur leur nouvelle intimité. Elles avaient à peine seize ans et elles s'attiraient comme deux aimants un peu trop amants. Dehors le monde était si triste et si froid, la pluie sur leurs yeux, sur leurs paupières. Elles n'en pouvaient plus de cette vie, de cette vie qu'on essayait de leur imposer. On voulait d'elles un monde sans rêve sans joie. Qu'Elle ne soit pas avec lui, pas de tout de suite, qu'Elle ne sorte pas ce soir, qu'il pourrait y avoir de mauvaises histoires. Alors elles étouffaient, à petit feu mouraient. Le cœur épanché sur le blog, pour explorer le virtuel imaginaire, pour s'imaginer des vies un peu mieux. Et se dire des secrets tout bas, des secrets qui ne leur plairaient pas.

Elles se parlaient et s'attiraient. Jamais elles n'auraient pensé que cela pouvait être possible. Une fille avec une fille, sexy, décadent, un peu pour faire genre, un peu comme une poupée à la mode dévêtue dans la garde-robe. Mais la réalité c'est tomber les bas, tomber dans les bras. La réalité, c'est embrasser la peau le rêve et les lèvres. Oseraient-elles ? Oseraient-elles s'envoler dans l'interdit, oseraient-elles s'écouler dans leur rivière fatale ?

La nuit elles se connectaient dans le noir, connexion dans une paille d'espoir. Fusion des fils implantés dans le cœur. Ne manquait plus que l'odeur. Alors les mains faisaient le reste, le beau geste, en succion et transpiration. Dans le sexe, sur le clavier, telles des petites filles pas très gentilles, pas très polies. Mais ce n'était plus assez, il fallait passer outre, passer à l'acte. Elles se disaient qu'elles n'avaient qu'une seule vie et qu'elle était courte et que de toute façon ils ne comprendraient pas. Ils diraient qu'elles avaient seize ans et qu'à cet âge on ne saigne pas encore. Du sang, il y en avait plein l'écran. L'écran fatal, l'écran total. Se scarifier pour exister, pour mélanger les veines, pour oublier les peines à la vie comme à la mort. Sceller ce pacte d'amour, couvrir un peu ses plaies. Oui, elles n'en pouvaient plus d'être prises pour des enfants qui se maquillent juste pour exister. Elles étaient fatiguées qu'on croit qu'elles jouent à être rebelles. Pourquoi ne voulaient-ils pas voir qu'on peut pleurer à seize ans comme à cinquante ans ? La solitude serait-elle l'apanage des adultes ? Un cœur bat-il moins fort dans sa jeunesse que dans sa vieillesse ? Non, ils ne s'occupaient pas d'elles, « l'adolescence passera pensaient-ils. Oui, ca leur passera bien ».

Mais ça ne passait pas. La solitude n'est pas une question d'âge.

Alors elles s'étaient enfuies un matin. Elles avaient tout préparé depuis si longtemps. Trains, itinéraires, message d'avertissement sur le blog (mais leurs parents regardaient-ils jamais leur blog ?) pour un adieu chez les malheureux. Pour se retrouver vers la mer, sur la plage près du port. Là où le rocher repoussait les vagues, là où les anges se donnaient se rendez-vous.

Toute la journée, elles le passèrent dans le train, baladeur branché sur la fréquence rock. Assises près de la fenêtre, elles regardaient les paysages s'écouler, elles regardaient les gens passer. Parfois elles voyaient une mendiante sur le bord du quai et cela leur serrait le cœur. Elles se demandaient ce qui avait pu arriver à cette femme qui tendait la main et ignorées de tous. Comment la société pouvait-elle encore permettre ça. Etait-ce ce monde là qu'on leur promettait ?

Il ne restait désormais plus qu'un train direction océan. Ce train qu'elles prendraient ensemble. C'était convenu. Le dernier voyage serait la rencontre. Et elles se virent à travers les glaces des portes des wagons. Elles restèrent un long moment figées devant tant de beauté. Alors elles tendirent la main sur le verre et chaque main n'était plus séparée que par une mince paroi de quelques millimètres. Elles y étaient arrivées. Oui, enfin, c'était la fin. Le début de tout, d'une joie et d'autres choses. Puis la porte s'ouvrit et elles s'enlacèrent. Elles s'enlacèrent tendrement et amoureusement. Elles pleurèrent beaucoup aussi. Bientôt leurs mains se cherchèrent, se fouillèrent la peau le corps. Bientôt leurs lèvres fusionnèrent comme une seule âme, comme le plus bel amour jamais existé sur terre. C'était sexy, ravageur et passionné. Collées comme un seul corps, elles allèrent dans les toilettes du train, et bien sûr, fermèrent la porte derrière elles. Seules au monde, seules et loin de l'immonde, de tous ces gens qui sans nul doute cracheraient sur ce qu'elles faisaient. Oui, voir deux filles s'embrasser, se déshabiller, se mordiller la chair les seins, c'était au-dessus de leur force, comprenez, pour eux, l'amour le sexe n'est jamais aussi précoce. Alors leurs mèches s'emmêlèrent dans la lumière, la musique dans leurs oreilles les portait, leur disait d'aller plus loin, plus loin encore, de blasphémer tous les interdits et de toucher la vie, toucher à jamais sa petite amie.

Elles firent l'amour pour la première fois. Une première fois pleine de joie. Plus rien ne les retenait. Plus de secrets, plus de caresses unitaires et solitaires. Deux reines qui se confessent, con et fesses… maximum overdose, et plaisir d'écrire des nouvelles messes.

Et puis elles se séparèrent. Elles avaient passé la journée à se prendre la main, à regarder les vagues se fracasser sur les rochers. Mais il fallait bien repartir. Pour rendre cet amour encore plus fort. Pour ne pas abîmer la magie. Parce que malgré tout, ils devaient se faire du soucis. Et que deux ans passent vite. Deux ans à s'attendre, deux ans dans les écrans géants, à faire circuler le sang dans les câbles, à toucher le verre, s'aimer de toute manière, de toutes les manières. Il y avait leur odeur sur leurs lèvres, c'était beau et sale à la fois. Marcher de travers dans la droite société, c'était tous les condamner. Elles se regardèrent ainsi une dernière fois, s'échangeant leur petit bracelet de ficelle noire. Un cordon ombilical pour ne jamais oublier l'amour le sexe, la découverte. Pour croire que rien n'est jamais écrit, et que seules dans leur lit, la main qui caresse et couvre leurs petits cris restera à jamais celle de l'autre.

Wednesday, January 23, 2008 

Cette interview a été réalisé le 21/001/07 par Nadine Crow Pour "Narcysiquement Toi"

Tu es visiblement inspiré par Narcys au point d'écrire sur lui. C'est sa musique qui t'a inspiré ou son univers ?


Un peu des deux en fait. Bon, alors au début, j'ai écouté sa musique tu vois, et bon, j'ai vachement accroché. Vachement. Ces sonorités glam, c'est quand même quelque chose. Et puis y'a le personnage qui ne laisse pas indifférent non plus. Parce que le truc, c'est quand même, je me renseigne à gauche et à droite avant de choisir un groupe ou chanteur(euse). J'aime bien voir ce que les gens en disent, c'est toujours intéressant. Et là, ben, j'ai pas été déçu. Alors y'en avait qui adoraient et d'autres pas vraiment cool qui disaient pas que du bien, sur par exemple le fait qu'ils croient qu'il se la pète vu son nom, sa bio et tout. Et c'est là où faut drôlement se méfier des clichés. Parce que souvent, dans ce milieu, t'as pas mal de jalousie et des gens qui cassent exprès parce que eux sont pas arrivés où il est arrivé, lui. C'est pour ça que je me suis salement méfié quand j'ai entendu ça. Et que ça m'a encouragé à aller vers lui. Pour tenter de voir à travers tout ça, démystifier le truc. Pour montrer aux gens qu'ils se trompaient, parce que la jalousie c'est quand même un sale sentiment.

Qu'apprécies-tu dans sa musique ?


C'est ce côté glam – rock. Le glam-rock, moi ça m'a toujours parlé. Du genre Bowie période Ziggy Stardust. C'est quand même terrible tout ce qui passe par le glam. Y'a ce côté paillette du style la gloire qu'on touche, et un peu ce côté drogue, déchéance. Tout ça c'est de la solitude, c'est un rêve qu'on porte au plus haut qu'on peut. C'est se brûler es doigts et aimer ça parce qu'on se sent vivant du coup. Et puis, pareil, ce côté androgyne, c'est ambigu et sexy mais c'est surtout la solitude encore. C'est se chercher le sexe, se demander si on préfère il ou elle, c'est essayer de trouver l'osmose chez l'autre, ne plus se sentir seul(e), pouvoir partager un truc beau et pur avec l'alter ego. Pour moi c'est un peu tout ça le glam, et c'est un peu ce que je retrouvais chez Narcys. Musique, image, ça accroche pas mal quoi.

Peux-tu nous parler un petit peu de cette histoire ?
Alors mon éditeur me couperait un doigt ou une main si j'en disais trop. Après je ce que je peux quand même lâcher, c'est que évidemment on va voir un autre visage de Narcys, celui qui se cache derrière le « masque glam ». Je veux dire, on va apprendre plein de choses sur son adolescence, et surtout quand son paternel est dans l'armée et que pour lui c'est moyennement cool. C'est très solitaire comme nouvelle, c'est à dire qu'on va comprendre pourquoi ses textes sont si profonds et pourquoi c'est si dur de percer dans ce milieu de la musique. Bon après, ça se passe l'hiver dans un parc, et y'a des mômes dans ce parc, et Narcys il se confie à un type.

Tu déclares écrire avec la participation des artistes. Avez-vous bossé à distance ou face à face ? Quelle a été votre méthode de boulot pour cette portion de livre ?


Ca dépend des fois. Le plus souvent, on se voit, on se rencontre parce que c'est plus sympa, on peut sentir les gens. Sauf que là, question temps, j'étais pas mal court et donc on a pas pu encore se capter en vrai. Alors ça s'est fait par téléphone. Après la méthode à proprement parler, y'en a pas. Perso, quand j'écris, c'est une question de comment ressentir la musique et tout plein de choses, comme la personnalité du groupe ou du leader. Parce que chaque leader, si connu soit-il (ou elle), c'est toujours pareil. Je veux dire, à la base, quand il ou elle était ado, y'a ce sentiment de solitude, de vouloir exister à travers quelque chose et ce sera donc la musique. Donc voilà, il faut vraiment bien saisir l'âme de la personne ou du groupe, et essayer de refléter tout ça sur papier. Sauf que bien sûr, faut pas faire du copié collé. Faut aussi mettre sa propre patte, c'est vachement important ça aussi. Parce qu'après ça devient commercial et là c'est nul. Faut pas. Vraiment pas. Faut un mélange de tout ça, de ce que je ressens en moi, et de ce que je ressens en eux. De toute façon, si c'est pas sincère, les gens le voit bien, faut pas croire, les gens, ils voient tout.

A-t-il vu le rendu final ? Qu'en a-t-il pensé ?


Oui, et je crois qu'on peut dire qu'il a bien aimé.

 

A quand une collaboration Pacaly/Narcys sur des paroles ?


Faut lui demander ! Après je suis pas sûr que Narcys ait bien besoin de quelqu'un comme moi. Je veux dire, ses textes, c'est pas rien. C'est pas pour faire de la lèche à deux balles, mais il a vraiment un style d'enfer, une écriture super poétique. D'ailleurs, il m'a fait l'honneur de pouvoir mettre certains passages de ses poèmes qu'il écrivait quand il était plus jeune, et vous le verrez, c'est quand même terrible. Alors bien sûr qui aimerait pas collaborer, mais son niveau est vachement haut. En tout cas, c'est que je pense. Après, bien sûr ça empêche pas, parce que faut pas voir que ça, que le niveau. Faut voir la connexion qui passe ou pas entre les deux personnes, et là, pour le coup, ça peut être drôlement intéressant de bosser sur un même truc, parce que justement quelque chose est passé, et que ça a été beau et vrai. Alors pourquoi pas le refaire ?

 

 

 

 

Cette interview a été réalisé le 21/001/07 par le Cercle de Lecture de la Faculté de Perpignan pour leur journal.

 

Bonjour Pascal, pouvez-vous vous présentez brièvement à nos lecteurs, pour qu'ils en sachent plus sur vous ?

Je vis dans une petite ville pas très loin de Saint-Etienne et je crois que mon amour de l'écriture commença avec « La Nouvelle Justine » de Sade, livre que je conseille à tout le monde, non pour le côté sexe, mais pour cette philosophie de vie qu'a Sade, c'est à dire que ni la religion, ni la société ne doivent être des freins moraux à nos idéaux, doivent-ils être contraire à ce que le « bon peuple » pense. Après ça j'ai commencé à écrire des poèmes à 17 piges, mais c'était plus pour évacuer une certaine trouble adolescence, mais cela fait trois ans environ que je bosse à plein temps sur l'écriture.

 

Vous avez déjà publié deux recueils de poésie : « Les maux d'Amour » et « L'amour-Eux » : est-ce que vous pouvez nous révéler de quoi relèvent vos poèmes dans ces deux recueils ?

C'est cette même jeunesse dont je parlais plus haut qui se reflète dans ces textes. Incompréhension d'une société ou la guerre ou l'apparence sont les obsessions des malsains que je ne comprends pas. Alors, forcément, quand on voit ces gosses crever ici et là, quand on voit les politiciens promettre sans ternir et se ternir, on se dit qu'il y a un truc qui cloche. Ce truc, c'est Eux. Nous, tout ce qu'on voudrait, c'est une fille super chouette et super jolie, et qui vous tiendrait la main pour un bout de temps. Des fois ça arrive et des fois pas. Alors ça parle de ça aussi, de cette solitude qui nous ronge de l'intérieur, de ces rêves d'amour qu'on voudrait toucher, qu'on envie en regardant les autres s'embrasser. Bref, l'adolescence en plein dedans. L'adolescence si chère à mon c--ur car c'est la transition finale et fatale de l'humain. Si l'ado est con, il fera un adulte con. C'est pour ça qu'il est important de ne pas les prendre de haut, de ne pas oublier que les grands ont été comme eux, et qu'il faut leur montrer l'exemple plutôt que de lui acheter des cds de il ou elle ou eux et de les envoyer dans leur chambre pour pas qu'il vous « emmerde » le reste de la soirée alors qu'en fait ils ne désirent qu'une main tendue… C'est tout ça, tout ce que mon c--ur a récolté que j'ai fait passer dans ces textes, cette ironique et tragique société, ces rêves qui crèvent… alors bon, « Les Maux d'Amour », le titre résume bien tout ça, mais avec le recul certains textes sont encore jeunes, pas assez aboutis, comme un premier jet… tandis que « L'amour-eux », c'est vraiment parfait… il y a dedans cette nouvelle, la nouvelle Justine –justement – et qui parle de tout ça, qui résume bien tout, cet ado qui voit cette fille terrible qu'il sent aussi seule et isolée des gens que lui, et qui pour sûr, il rendrait heureux si seulement il osait lui parler…

 

Passons à « Il e(s)t Elle » : vous y décrivez une jeunesse pour le moins perdue, se cherchant de manière sensuelle & érotique, mêlant aussi noirceur et amour (sans tabou) : est-ce que vous ressentez la jeunesse actuelle de cette façon-là ?

 C'est pas facile à dire. Je cause avec pas mal de « jeunes » mais « pas mal » ne fais pas un tout. Alors si je me base sur ce « pas mal » je répondrai oui. Oui ils sont perdus sans l'être. Car la jeunesse comprend ce qu'il se passe autour d'elle. Beaucoup plus informée que jamais et donc ouverte plus encline d'esprit et d'âme, et pourtant et pourtant… il manque toujours quelque chose ou plutôt quelqu'un, cet il ou elle… Le truc, c'est qu'aujourd'hui l'image, la starification de tout a pris une telle place que chacun se dit qu'il suffit de passer a la télé deux trois fois pour « être quelqu'un » alors que c'est tout le contraire. La télé-réalité à flinguer tous les rêves. Parce qu'au lieu d'être quelqu'un, on est personne. Pour moi, être quelqu'un c'est s'être battu pour ci ou ça, c'est avoir suer, donner de son c--ur, de son âme… parce que, quoi, passer à la télé, qui n'en est pas capable ? Mais créer la magie du bout de ses doigts, c'est pas pareil… et c'est ça être quelqu'un, c'est créer, de l'art, une maison, ou une famille… c'est être dans le vrai, pas n'être qu'une vulgaire et fausse image fabriquée par les marionnettistes qui veulent juste se payer un bateau de plus. Alors on vend du rêve télé, et certains jeunes qui sont seuls (abandonnés par les parents absents ? eux aussi noyés ?) y croient, car on a tous besoin de se dire qu'on existe pas en vain… C'est comme Internet, tout ça nous rapproche mais au fond, derrière son pc, quand on lui parle à l'autre, on est seul… quand on se couche, on est seul… c'est étrange comme sentiment, se dire que cette solitude est partagée par des tas et des tas de personnes et qu'elle forme un tout qui se dissipera une fois le pc éteint… Bon, en même temps c'est pas toute la jeunesse qui est ainsi, mais c'est elle qui me touche, car j'ai été comme ça, alors j'espère, je pense parler de ce que je sais… Parler des fleurs et des dauphins dans les océans je saurais pas faire. Non les jeunes ne sont pas perdus, juste un peu égarés dans tout ce foutu bordel, attendant que quelqu'un leur tende la main…

Vos poèmes saisissent de suite les lecteurs, nous interpellent et parfois nous poussent à nous identifier à vos héros/héroïnes. Avez-vous toujours, en vous, une âme de poète bohémien, qui veut garder sa jeunesse à jamais tout en étant dans un corps d'adulte ? Comme un peu un Peter Pan poétique ?

 

Non, le truc c'est pas de garder sa jeunesse… il faut savoir vieillir…c'est la vie, la nature, faut accepter ça parce que c'est beau. Non, faut juste ne pas oublier d'où l'on vient, ce qu'on a vécu… Quand on est ado, on reçoit tellement d'infos et d'émotions d'un coup que c'est vachement brutal. On emmagasine tout et parfois on a du mal à faire le tri. Mais c'est le jeu. On s'éveille et tout quoi. On forme notre pensée par rapport à ce fichu monde. Normal. Par contre, ce qui ne l'est pas, c'est lorsqu'on grandit, c'est qu'on oublie tout ça, toutes nos émotions si belles, nos premiers émois, nos premières fois avec lui ou elle. Bref, on devient un gros nase et on s'en rend même pas compte. Alors je me dis que ça serait bien si j'essayais d'éviter ça.

 

Dans la troisième et dernière section de « Il e(s)t Elle », intitulée : Ils sont fusionnels : vous racontez l'histoire de Sarah, qui fuit un amour et sa vie d'adolescente pour la gloire et les strass qui lui seront fatals…dans la partie « prose », et d'autre part, vous 'illustrez' la partie dite en prose par des vers poétiques : pourquoi avoir choisi de séparer les deux procédés d'écriture ? pourquoi n'avoir pas choisi de continuer les vers comme dans les deux premières parties ? est-ce que vous vouliez faire une césure d'avec celles-ci ?

J'avais d'abord écrit les poèmes. Mais un poème, il y a ce que toi tu y mets, et ce que l'autre y lit, ressens. Et la plupart du temps c'est différent. C'est comme une private joke en somme. Si t'es pas dans le coup, tu piges pas. Et moi, je voulais que les gens pigent. Parce que Héroïne me touche beaucoup trop pour laisser le hasard ou la vision différente faire sa loi. Je voulais qu'on sache bien ou j'allais, et que quand Sarah se prostitue pour la gloire, que ce soit bien clair, évident. Pas d'images toutes belles pour enjoliver le truc. Non, elle couche, elle écarte les jambes pour le strass et les paillettes. C'est le décodage des poèmes.

 

 

Une dernière question avant de clôturer cette interview : nous retrouvons dans vos titres de poèmes ou à l'intérieur des titres semblables à ceux de chansons d'Indochine. Par exemple, votre recueil s'ouvre par « Coma toi, Coma en toi », qui rappelle sans hésiter : Coma, coma, coma sur l'album Wax, « Indogirl » (…); ou encore des thématiques propres au groupe telles l'ambiguïté sexuelle ; ou les noms des héroïnes : « Trois Justine », la référence à Alice&June…

Est-ce que vous vous inspirez du groupe ? qu'est-ce qui vous attire chez Indochine ? Peut-on considérer que des poèmes comme « Indogirl », « Indoboy » soient des hymnes au groupe ?

 

Non, ce ne sont pas des hymnes aux groupes, mais à ceux, comme moi qui aime leur univers. J'ai découvert Indochine avec Kissing my Song. Pas avec wax, avec Unita, le best of. Je connaissais bien sûr les succès des années 80 mais bon sang, rien que la pochette, où on voit ce bout de visage, un peu rebelle un peu garçon manqué… y'a tout une attitude de révolte contre le conformisme qui veut qu'une fille soit en jupe élégante maquillée et tout. Je crois que cette pochette à fait énormément dans mon amour du groupe. Y'a toute une symbolique qui vous touche de plein fouet, surtout quand vous êtes ado. C'est ce que je disais, vous voyez le monde et vous vous dites que personne ne vous comprend, et là paf, la photo, première claque, on sort des pochettes pourries, et deuxième claque, Kissing my song, si chargée de puissance, d'émotion, un peu sexe et tellement sexy. Combien ai-je pu écouter cette chanson seul dans le noir dans ma chambre. Après autant Indoboy et Indogirl sont un hommage aux fans, c'est aussi et surtout un texte pour tout ceux qui se sentent différent de la « normale », qui veulent plus beaucoup plus qu'on ne leur donne. Un monde meilleur dont l'échappée se prend par Indochine. C'est la solitude d'une âme qui rencontre le rêve d'un mieux par la musique. Coma, c'est plus le côté entre la vie et la mort, cette imagerie romantique qui fait que tu es en équilibre précaire sur la corde raide et que toi seul décidera si tu veux tomber ou marcher encore un peu. Se battre, toujours se battre contre ceux qui ne veulent pas, qui vous poussent dans le vide… Quant à « Trois Justine » c'est un hommage à Sade que je « vénère » tout comme Salinger et Mac Cullers. Justine cette fille si seule et si positive jusqu'au bout, et qui n'aura que du malheur. Là aussi, on ferme les yeux et on a cette image romantique et tragique de la fille qui voulait tant, qui pouvait… qui n'a pas pu… cette fille qui rêvait d'amour et de bonheur et qui n'a récolté que la laideur et le malheur… Après bien sûr, cette première partie à des influences indochinoise, dans les thématiques, comme dans l'écriture, c'est plus qu'évident. C'est pour cela que j'ai tenu à mettre d'autres poèmes dans les autres parties, pour bien montrer que j'ai diverses cordes à mon arc, et que l'amour porté à un groupe ne signifie pas exclusivité. Différents voyages, différents chemins, voilà ce que j'ai essayé d'amener dans Il e(s)t Elle.

 

 

Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions.

Elodie.

Tuesday, October 23, 2007 

Différents extraits de chroniques, critiques et interviewes :


 


« Pascal Pacaly innove dans l'écriture d'ouvrage musical » - Francofans – Avril /Mai 2007


« L'auteur aborde chaque nouvelle sous un angle différent, original et décalé » - Rock Mag – Mai 2007


«  Les  ados y retrouveront leur compte ! » - Rolling Stone Magazine – Mars 2007


« Vous voulez en savoir plus sur les groupes de rock ? Facile ! Histoire(s) de… est là pour ça ! » - Rock Sound – Mai 2007


« Ces ouvrages sont une riche idée, pour se divertir et pour participer à la promotion du rock français qui en manque toujours cruellement ! » – La Grosse Radio – Mai 2007


« Un voyage dans le c--ur des rockers oscillant entre sueur et bonne humeur pour tous ceux qui débutent dans le métier – et les autres ! » - Batterie Mag – Juin 2007







Et enfin quelques liens très sympa, interviewes et critiques de l'auteur sur Métalight ainsi que les sites de fan de Madinka et d'Undercover Slut :


http://metalight.free.fr/pages/index.php?page=livres&id=chronique_livre_Pacaly_histoire_de_mon_groupe_1


http://gwen.blast.free.fr/intwpaca


http://undercover-slut.wifeo.com/blog-page4.html

 

Saturday, October 20, 2007 

C'est l'histoire d'une ado un peu perdue...c'est l'histoire d'un garçon un peu solitaire...

 ensemble ils donneront naissance à …

 

« Il e(s)t Elle »

 

Editions Les Deux Encres

 

En commande Fnac ici :

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=2069870&OrderInSession=1&Mn=3&Mu=-13&SID=7087714f-fad0-0169-2001-45d9ad6cde2f&TTL=111120072158&Origin=FnacFR&Ra=-1&To=0&Nu=3&UID=073be5c1d-248d-6927-c4ed-e754fc409053&Fr=0

 

 

 "Du maquillage sur ta joue

Ton ultime dégoût

Ton premier rendez-vous

Qui coule

S'accumule

Dans tes veines

Dans ta haine»

 

C'est un recueil de poésie et courtes nouvelels sur la solitude adolescente, le sexe et le rock. Un regard perdu et plein d'espoir, beau et sale, jeune et adulte à la fois. Une vision d'une certaine jeunesse pour le moins désenchantée. Une jeunesse qui se cherche, une jeunesse érotique, sexy et musicale. La musique comme ultime échappatoire, comme fuite d'une réalité qu'on rêvera comme meilleure…

 

Parce que chaque coeur à un jour besoin d'une main tendue...

 

Quelques exemples...

 

 

Le baiser Gay

 

Le baiser gay comme un peu imparfait

Toi et moi on fait ce qui nous plait

Dans la main dans le corps

Juste une nuit encore plus fort

Le Baiser gay, ce sera beau je te promets

On se retiendra à l'intérieur comme un pamphlet

Mouillé déposé sur ta peau s'il le faut

Oublier la raison oublier la morale

Laisser le doute, un poison fatal

Et qui s'installe

S'aimer à la folie cicatriser nos plaies

T'exaucer t'exhumer sur mon souhait

Te lécher les lèvres te toucher l'imprudence

Oui c'est si bon de leur faire offense

A ceux qui ne comprennent pas,

Ceux qui ne veulent pas

Voir ça

Toi et moi

Toi sur moi

Et encore une fois on aimera ça

A l'envers à l'endroit

Un peu comme tu voudras

Juste être dans tes bras

Oublier le temps oublier les gens

Etre amoureux à contresens…

Le baiser gay c'est te caresser t'embrasser

Etre ton homme être ton nom à l'envoûté

Essayer la pluie essayer de se faire male

Essayer de s'envoler un peu trop sale

Le baiser gay c'est mourir à l'essentiel

C'est graver il est beau il est belle

C'est aimer il est il, il est elle…

 

 

 

Héroïne

Part II : TV Star   

 

 

            Il le faut. Il le faut bien. Rêver. Encore un peu. Maintenir le souffle. Puisque c'est encore possible. Puisqu'il reste encore un peu de temps… La mort, petites morts, douce folie à petits feux. Doucereux, dangereux.

            Seule, au fond de son lit, éventrée, évidée de ses tourments, la voilà perdue. Non, ils ne se sont pas embrassés. Juste frôlés, éclipsés. Deux moineaux en plein vol. Ecrasés vivants sur l'asphalte. Mais pas abattus, seulement un peu convenus. Un jour oui, un jour c'est promis, permis. Ils seront tous à ses genoux, un à un et mis à bout. Damnés et elle prêtresse. Pécheresse. Elle ira briller au firmament, là-bas, tout au fond de son roman, de son absent. De son écran.

            Sa mère ne cesse de pleurer maintenant. Son père de crier. Ces jours sont interdits. Et qui brûlent les nuits. Oh et ils sont si beaux, si glamours, si toujours toujours… Oui, et elle leur montrera, elle leur prouvera à tous qu'ils avaient torts, qu'elle n'est pas ce qu'ils croient, ces fantômes d'ici-bas, errants, chaînes engoncées, crachées et

Par le vent, elle flottera,

Dans la mélancolie, elle le rejoindra.

A l'infini. Les images défilent une à une, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Et elle ingurgite le tout, d'un seul coup, sève et bave, la rage qui écume aux lèvres. Alors le rêve se construit, en morceaux éparpillés estampillés. L'écran fera d'elle une reine. Pieu dans l'arène. Au combat de ses artères et grimper à l'absolu, plus haut, toujours plus haut. Et con-venir de tout. Dû-t-elle y passer debout ou…

 Couchée,

Les jambes écartées.

 

 

Part II : TV Star

 

A TV Star

C'est ce que tu es

Dans ta tête

Dans ton corps

Le langage du condamné

Quand seule cette nuit

Seule dans ton lit

Rendez-vous dans la boîte à rêves

Pour la petite fille qui ne s'achève

Pacotilles de ton disco

Ils se donneront à ton hymen

A l'offrande

De tes sens,

Ta future déchéance.

Mais les photographes et les autographes

Sont la vie rêvée des anges

Et un peu de poudre sur tes yeux

Quand le verre n'est qu'une paroi

Tu verras,

Si tu y crois,

Il n'y de montagnes

Qu'on ne grimpe

Si tu as la foi

On t'élèvera des croix

Sur les autels de ton temple

Sur l'indécence de la reine

Pucelle qui se consume dans l'arène

Le fantôme de toi vole dans leurs éclats

Oui, tu les imagines,

Ces parterres de fleurs, de roses et de flashes

Tous à genoux

Pendus à tes bijoux

A ta gloire

Les mains moites

De celle qu'on idolâtre

La princesse sur son trône

Suspendue à leurs cous

Héroïne born a TV Star

Now, that's what you are

 

 

La photo de la couverture à été réalisée par la photographe parisienne NS AKA IRAE. Ame solitaire, artiste de ses doigts, de sa voix, la photographe song writer parisienne NS AKA IRAE réalisera la couverture de Il e(s)t Elle. Et c'est un honneur. Merci à elle.

Pour voir son travail, ses expos, ses chansons...ca se passe par là....
http://www.myspace.com/ns_art"


 

 

 

Saturday, October 20, 2007 

Histoire(s) de mon groupe de musique Vol 1." fut publié en MARS 2007 aux éditions le bord de l'eau et est disponible dans toutes les fnacs, virgin, librairies, (sites amazon.fr, alpage.com, fnac.fr) etc. C'est un recueil de 13 nouvelles sur les groupes de rock Français (WAMPAS, WATCHA, MADINKA, THE VERSUS, DEAD POP CLUB, ENHANCER, DAISYBOX, KINITO, LIK... ID, ARKOL, LA RUDA, UNDERCOVER SLUT, FICKLE). L'exclusivité de ce livre tient dans le fait qu'il a été écrit avec la participation et l'aval final des groupes et pour la première fois la plupart d'entre eux (pour ne pas dire tous) dévoilent des infos sur les débuts de leur groupe (leur rencontre dans leurs lycées, collèges, etc.), ou comment leur est venue l'idée de créer ce même groupe, les anecdotes en tournée, les premiers skeuds... jusqu'à aujourd'hui...

Le second volume sortira en mars 2008 pour le salon du livre (avec dédicace) avec les groupes ASYL, GLOW, MASS HYSTERIA, MATMATAH, MLLE K, OXYGEN, SUBWAY, TAGADA JONES, MY POLLUX, VENDETTA, VEGASTAR, SIDILARSEN, LUNATIC AGE, TRIPOD, et bien d'autres...

Quelques extraits de nouvelles du premier volume...

Daisybox

La nouvelle de Daisybox a ceci de particulier qu'elle est narré par Léonard, qui aujourd'hui ne fait plus partie du groupe. Il n'empêche même racontée par une personne désormais absente du groupe, la vie et création de Daisybox nous rappelle que pour quasiment toutes les formations, une certaine solitude est la clé de bien des rêves. Des rêves qui deviennent des besoins si fort qu'une seule alternative deviendra désormais possible : que tout cela devienne réalité.

Dans l'extrait suivant, nous plongeons dans la jeunesse de Léonard…

"J'me rappelle de cette pochette, on y voyait un enfant qui en avait à peine dix et on aurait dit que c'était moi, Léonard. Enfin, pour être exact, j'imaginais que c'était moi. Le môme de la pochette, il avait les mains sur ses oreilles et j'avais eu ma petite idée sur ce que ça voulait dire. A coup sûr, il devait se boucher les oreilles pour pas écouter les grands, qui racontent que des nullités et surtout pas ce qu'un môme veut entendre. Alors il invente son univers et tout et c'est ça que j'ai aimé. Le groupe, il s'appelait U2 –j'suppose que vous connaissez- et le titre de l'album c'était « Boy ». Et puis y'a eu les Smiths et tous ces trucs venus d'où y'a une reine qui gouverne. Le truc, c'est que ma famille habitait pas trop loin de ce pays et cette reine et du coup, ça a super joué sur le fait qu'on ait accès – mon frère et moi -à cette musique. On était à Dunkerque, et si vous voulez vraiment savoir, Dunkerque – le maire va me tuer si il lit ça mais je m'en fou – c'était de ma fenêtre des tas et des tas d'usines qui crachaient de la fumée à n'en plus finir, à s'en dégouliner le c--ur. Le plus terrible, c'était que ce soit l'été où l'hiver c'était pareil. Quand il faisait beau et que t'ouvrais les fenêtre pour profiter des rayons, t'avais l'odeur des usines et elles s'infiltraient comme de la boue dans tes pores. L'hiver, je regardais les mômes et ils couraient comme des fous dans la neige. C'était salement triste comme scène parce que comprenez, on voyait trop bien sur leur sourire qu'ils s'amusaient mais en même temps ils se trouvaient à cent mètres des usines et de la fumée et je pouvais m'empêcher de penser qu'ils ingurgitaient ça dans leurs petits poumons de piafs".

Kinito

La nouvelle de Kinito a inconsciemment été écrite sous influence Bukowskienne. Pour ceux qui ne connaîtrait pas, Bukowski, dit le « Buk » fut un écrivain du siècle dernier tant réputé pour ses nouvelles très crues que pour son penchant pour l'alcool. Et je m'étais immergé dans ses nouvelles et romans. C'est donc sans doute à cause ou grâce à cela que cette nouvelle raconte la soirée d'un jeune homme traînant de bar en bar à la recherche de l'inattendu, de quelque chose d'original dans une société lui étant devenue trop banale. A chaque bar sa rencontres et ses discussions. Des gens parlent d'un groupe, des membres de ce dernier semblent d'ailleurs faire la même tournée des bars. Alors il tendra l'oreille, il écoutera tout ce qu'il se dit sur ce fameux groupe dont tout le monde semble parler ce soir… les Kinito.

"On en était donc là. J'avais étanché ma soif, mais rien qu'un peu. Le concert avait pas l'air pour tout de suite alors j'ai décidé de mettre le nez dehors, voir si ça pleuvait. Quand j'ai reluqué à travers la glace de la vitrine, j'ai pas pu m'empêcher de voir cette autre fille qui me faisait plier le pantalon et de suite j'ai décidé de la suivre dans cet autre bar en face dans lequel je la vis rentrer. J'arrive dans la pièce et là, qu'est-ce que je vois au bar, un mec portant un tee-shirt avec dessus la même image que j'avais vue dans l'autre bar, en affiche. Je sais pas pourquoi, mais je me suis dit que ce mec, à coup sûr, il devait faire partie du groupe. J'me suis approché du bar, où il buvait un coup. Il parlait à cette fille, une sorte de fan un peu délurée, mais vraiment mignonne et qui l'appelait Stéph. Le fameux Stéphane du baby, donc. Et les voilà lancés dans la conversation.

"« - C'est la première fois que je rencontre un vrai musicien !

- Tu t'en remettras !

-         Waouh quand même !

-         Ouep, waouh.

-         Ca fait longtemps que t'es dans le groupe ?

-         Depuis 96.

-         Et alors ?

-         Ben c'est le pied. C'est toujours le pied avec Kinito.

-         Mais tu voulais faire ça depuis toujours ?

-         C'est à dire ?

-         De jouer de la musique, en faire ton métier.

-         Bof, oui et non. Tu sais, avant on jouait sous le nom de Dies Irae, et la seule chose à laquelle on pensait, c'était de s'amuser. Franchement, pas une seule seconde nous est venu à l'esprit qu'on pouvait en faire notre métier. C'est quand on a rencontré notre producteur, que là, on s'est dit que ça pouvait devenir sérieux.

-         Vous l'avez rencontré comment ?

-         C'est un peu étrange…je ne sais pas si on peut appeler ça une coïncidence ou le destin… Notre producteur, c'est grâce à Thomas, un de nos potes, que nous avons  fait connaissance. Thomas se trouvait dans un pub, le « O'Neal » je crois, et il essayait tant bien que mal de draguer la serveuse. La fille, comme il la saoulait, elle essayait par tous les moyens de lui faire comprendre qu'elle avait déjà un mec. Alors elle lui a sorti une phrase du style « Ecoutes mon MEC bosse avec un producteur ». Elle a causé du prod' juste pour pouvoir caser le « MEC ». Thomas, lui, pas fou, il a dit qu'il connaissait justement un groupe et que ça valait peut-être le coup de se voir. C'est le genre de truc que tu crois pas trop, qu'un producteur va kiffer ce que tu fais. Et pourtant, un jour qu'on répétait dans ce studio, « La Luna Rossa », voilà que le type débarque. Et après deux trois visites, ils nous sort qu'il aimerait bien bosser avec nous, produire un vrai album et tout. Nous on dit ok en pensant dans notre tête qu'il dit ça pour nous faire plaisir et qu'il n'en pense pas un mot. On s'est gouré. Le mec accrochait vraiment et il a nous produit".

Undercover Slut

J'ai tout d'abord écrit la nouvelle d'UNDERCOVER SLUT à la première personne du singulier. Mais bien vite, il s'avéra que O ( c'est le nom du chanteur ) ne se retrouvait pas dans cette première personne qui est vrai se mélangeait mal entre mon style d'écriture et sa manière de parler. Et puis l'aspect provocateur qui sied si bien au groupe n'était pas présent. Il fallait donc revoir la copie ! C'est alors que nous avons décidé de jouer cette fameuse carte de la provocation a fond ! Et, comme vous le constaterez, avec Staline et Hitler, cette provoc' n'y va pas de main morte ! Bien sûr, on espère que les lecteurs sauront ne pas y voir ce dont certains se plaisent à accuser les autres sans juger. UNDERCOVER SLUT  a souvent été accusé à tort de tous les maux. Par cette nouvelle délibérément sulfureuse, c'est ainsi l'occasion pour le groupe de répondre à bien des accusations malveillantes…

Dans ce petit extrait nous voyons donc O qui discute avec ses interlocuteurs de la diffusion de ces fameuses images « indécentes » qui ont fait naître tant de rumeurs...


'O' : je me doute bien. Mais qu'importe, nous ne sommes que de passage sur cette terre. Alors on continuera à se battre, à faire réagir, débattre. A faire que les gens parlent de ça encore et encore, sans cesse, sans fin. Qu'ils réfléchissent sur ce qu'ils ont vu, pourquoi on en est tous arrivés là, aussi bas que ça.

'O' : je ne sais pas, mais vous ne serez pas invité !

HITLER : quelle muflerie !

STALINE : mais dites-moi, je suis curieux… que vous a t'on reproché exactement ?

'O' : oh trois fois rien… juste qu'on était des extrémistes des nazis, des drogués, etc etc.

STALINE : quelle chance…

'O' : déjà que notre réputation n'était pas des plus féeriques, ça n'a pas arrangé les choses, pensez-bien. Enfin il faut bien que les médias vendent leurs produits. Le plus triste là-dedans, c'est quand nous entendons qu'une jeune fille de dix-sept ans ne pouvait pas venir à nos concerts parce que ses parents ne voulaient pas. La réputation, encore… On est des diables, des fous, des sataniques. Le bouche à oreille fonctionne bien. Et puis, inévitable, risible, désespérant : le cliché. On nous compare à cet autre musicien, de l'autre côté, aux U.S.A, un certain Charles Monroe. Puisqu'on se maquille, on s'inspire de lui, etcetera. Le genre de chose qui vous amuse et vous agace. Parce que les gens ne vont pas chercher plus loin que ce qu'on leur montre. Parce qu'ils ne cherchent pas à nous comprendre, à percer le véritable sens de notre démarche. France, au pays des étiquettes, bienvenue !

 HITLER : justement, ce maquillage, ces visages blancs, ça vous

vient d'où ?

'O' : du théâtre japonais Kabuki. Pas un hommage, non, juste une

inspiration.

HITLER ; j'ai toujours pensé que l'aspect visuel des choses était important, sinon primordial.

STALINE : pas faux.

'O' : je vois où vous voulez en venir, mais vous le faite pour de mauvaises causes… et mauvaises, c'est le moins qu'on puisse dire !

HITLER : parce que le visuel, vous… vous le voyez comment si j'ose dire ?

'O' : ça doit être un complément, former un tout, la musique et l'aura, l'âme. D'ailleurs, si jamais des gens sont d'abord plus attirés par le fait qu'on se maquille, plus que par la musique, je ne crois pas que cela nous gêne beaucoup. C'est une passerelle en quelque sort. Deux chemins différents qui vont vous mener au même final, à UNDERCOVER SLUT. Et puis, dans un groupe, chaque admirateur doit y trouver ce qu'il a envie d'y trouver. Une admiration pour un travestissement, une échappatoire musicale, un message social, peu importe. Il faut toucher les gens, voilà ce qui compte, ce qui est important. En plus, quand on y réfléchit vraiment, la vraie perversion, ce n'est pas d'être habillé comme ceci où comme cela, de dire ci ou ça, mais c'est bien celle qui consiste à juger les gens sans les connaître, à dire des choses fausses sur eux juste pour exorciser ses propres frustrations. Il n'y rien de pire que cela. Les rumeurs font souvent de beaux dégâts.

STALINE : je n'aurais su mieux le dire…

HITLER : chut, laissez- le parler…"

The Versus

 J'ai voulu cette nouvelle très poétique, fidèle au personnage de Yo - avec qui l'entretien a eu lieu- ainsi qu' à l'image du groupe qui transpire à travers leur graphisme. On peut y lire toutes les difficultés qu'à une certaine jeunesse actuelle vis-à-vis de notre société : perte de repères, envie de fuir, de se créer un monde, bref, de s'échapper de la modernité et du stress pour s'envoler dans les effluves d'un rêve plus romantique et surtout moins violent.
Nous retrouvons donc Yo en grande conversation avec Cassie, jeune fille à l'idéal brisé, se trouvant sur son lit d'hôpital, et qui rêvait de rencontrer le chanteur de son groupe préféré. Leur conversation porte ici sur la confrontation entre les aspirations musicales de la jeunesse et la froide et implacable réalité de leurs parents.

"-         Et tes parents ils en disaient quoi ? Moi j'ai du fuguer pour venir vous voir !

-         T'aurais pas du mais tu as bien fait. En fait, mes parents, ils pensaient que c'était juste une passion, que ça me passerait. Non, ceux qui réagissaient comme des crétins, c'étaient les gens dans la rue.

-         Ils disaient quoi ?

-         Oh rien directement. Mais on savait. Les chuchotements, ça a beau être dans le bas, tout fini par revenir dans tes oreilles. Alors parce qu'on avait des fringues différentes, qui sortaient du carcan, et parce qu'on faisait du rock, on nous traitait de pédés et de tout ce qu'il s'en suit.

-         Mais The Versus, ça a été ton premier groupe ?

-         Non, j'ai dû faire un bon milliard de groupes avant ça ! Sérieusement, j'en ai fait un bon paquet. J'crois que je trouvais pas ma place. C'était pas le feeling, pas l'âme. Pas encore la bonne étoile. Et puis, Werner, mon frère, je lui faisais découvrir plein de trucs et il a accroché aussi. Je me disais bien que ça serait cool de faire un truc avec lui. En plus tu vois, je sais pas si t'as un frère ou une s--ur mais perso, avec Werner, on peut tout se dire. On peut s'engueuler comme des pots pourris ça empêche pas qu'on s'aime et qu'on le sait. Et que le lendemain de l'engueulade c'est déjà oublié. C'est pour ça qu'on a jamais eu peur de toujours tout se lâcher.

         Mais tu as su quand, que tu l'avais trouvée ta place, dans ta musique ? A quand t'as su que ce groupe c'était enfin le bon ?

J'sais pas trop tu vois. Ca a pas marché comme ça. Comme je te disais j'ai du faire un milliard de groupes avant The Versus. Et puis, pas le pied. Alors, j'me rappelle, un soir, j'essayais de trouver un coin où crécher. Y'avait des fêtes de tous les côtés. Pour boire le tonneau, t'avais qu'à te baisser. Sauf que le tonneau, j'étais la tête première dedans depuis le début de la journée. J'arrivais à que dalle, mettre ce pied devant l'autre, le truc devenu inimaginable. Et puis j'ai vu de la lumière dans cette fenêtre, une soirée, une autre encore. J'me cramponnais au mur et c'est là que j'ai vu ce type, Bat, et qui se cramponnait au mur aussi. Bourrés comme cochons qu'on est devenu. On est bien rentré dans cette fête mais on s'est fait gicler direct. Pas de long feu. Mais peu importait désormais. On s'était trouvé."

Tuesday, May 01, 2007 

-      Candy & Sandy -

Par P.Pacaly ©

- Candy & Sandy –

 

 

 

Part I

L'enterrement

Juste une nuit

Au Paradis

Juste une vie

Le corps qui gît

Et toucher les interdits

Avancer dans le mauvais sens

Ne pas oublier l'encens

Ne pas oublier Sandy

Sandy qui dort maintenant

Pour très longtemps

Les poupées défigurées

L'intimité a peur

Dans sa boîte en pleurs.

Le cercueil s'est

Refermé

Dénudé

Evaporé

En consternation

De ton nom

De tes lèvres

De ta sève.

Et il y a des corbeaux

Des vers sur ta peau

Qui méprisent à tes maux

O les pervers oiseaux !

Regarde-les

Ils dansent

En éphémère

En cortège

Silencieux et amoureux

Une ode aux odieux

Allongés dans des cimetières

Entre les porcs pas très fiers

Mais nul n'a retrouvé ton corps

Nul n'a pleuré à ton sort

Sandy à l'endroit à l'envers

Couronnée et sans doute en enfer

Vivre jusqu'à douze ans

Et embraser

Embrasser

A la liberté

A la pureté

Puis disparaître

Dans un sombre rêve

Affalée sur un cauchemar

Réveillée un peu trop tard….

Et Candy

Candy dans les soirs maudits

Dans les silences incompris

Qui pleure cette fille

Cette jumelle,

 O ta petite sœur

 

 

 

- Candy & Sandy –

 

Part II

Les rivières fatales

 

Elle crie

A son agonie

Elle subit

Seule au fond d'un puits

Les yeux remplis de pluie

Mais comment oublier

Cet univers en violence

Cette fille en souffrance

Dans les sirènes de sa douleur

Les océans de la liqueur

Noyée dans un ciel incertain

Quand les flots lui prédisent sa fin

Sandy à la vulve

Aux anges sans effluves

Le monde est

Un gouffre

Une chaîne

Un piège

Sous neige

Qu'on secoue

Dans la boue

Qui déborde

Se saborde

Mais Candy a tout vu

Sur le bord de la berge, ingénue

Cachée dans la forêt, éperdue

Paralysée par un destin

De voir une sœur noyée

Dans son bain

O les affreux lendemains

Pervers et divins

Quand Sandy tend à sa main

Pour sentir encore les lendemains

Près d'elle

Le rituel

Eternel

Mais Candy ne bougea pas

Pourtant,

Jamais elle n'aurait voulu voir ça !

 

 

- Candy & Sandy –

Part III

La forêt aux secrets

 

 

Suicidée un peu trop mal

Torturée dans un anormal

L'aurore aux eaux noires

Pas si loin de la mare

De l'autre côté du miroir

S'enfuir sur une loi

De peur d'être montrer du doigt

D'être répudiée

Dans la joie

Le froid

Sous le même toi.

Candy s'est enfuie

Chez les maudits

Dans la forêt

Prier en secret

Se protéger

S'exproprier

De leurs regards

Aux teints blafards

Pour aller la chercher

Elle lâchée

Fâchée

Pour mieux la prendre

Au milieu des cendres

Et les bras en croix

Se créer de nouveaux rois

De nouvelles fois

Et bientôt dans son aube

Allongée dans un cerceau

Et creuser des tombes

Pour y accueillir leurs bombes

Parler aux esprits

Converser aux fantômes

Eplorée sous un dôme

Pour trouver un royaume

Qui partagera son trône !

Alors les spectres se sont

Essoufflés

Envolés

Le ciel s'est illuminé

Constellé dans un sentier

Le portail désormais grand ouvert

Sur le manoir hanté

Le château pervers

 

 

- Candy & Sandy –

Part IV

La Danse Macabre : le serment

 

 

Il y a son odeur

Il y a son malheur

Sa mort

Son corps

Au bord du précipice

Châtelains sur complices

Ma main qui y glisse

Des sœurs et des frères

Des immondes, trop de monde

Mais à l'intérieur

De ces murs

Si sombres

Si seuls

La vie qui succombe

A la peur d'une pénombre

Pendue au balcon

La chair qu'on dénombre</P>

Oui, les couloirs sont du foutre

Oui, les catins ont passé outre

Mais quel autre choix

Quelle autre joie

De continuer

A avancer

A s'initier

Aux plus grands sévices

De l'empire du vice ?

Et cette première rencontre

Au fond de la cave

Nuits d'orgies et de baves

Les squelettes dansent

Dans le bruit

De leurs abîmes

Crimes qui s'ennuient

De nouvelles victimes

Immortelles et sublimes

Dans le vertige d'un pardon

Le vestige d'une illusion !

O l'horloge sonne

Le chat ronronne

Sandy y voit la main

Les os

La bague

Bijou

Familial

Eperdu dessus

«  O danseur macabres

D'où te viens cette bague

Qui m'appartient

Qui lui appartient ?

O petite fille

Dévorée des pupilles

Je me souviens de tout.

Elle te ressemblait tant

Partie

Effrayé comme un coup de vent

C'est mon serment

Je ne sais où elle est à présent ! »

 

 

- Candy & Sandy –

Part V

Les Tableaux Etranges

 

 

La cave s'est éclairée

Les bougies allumées

Et la mort dispersée.

Bientôt de nouveaux murs

Bercés par les blessures

De nouveaux couloirs

A l'entrée des isoloirs

Des araignées dans les fissures

Dans les fentes de leurs armures

Elle frissonne

Elle tremble

De leur décadence

De leur étrange

Ces tableaux ne leur ressemblent pas

A la beauté et au glas

L'homme n'était-il pas

Le roi

Le Lord

De ce manoir ?

Mais cette fille

Sanglante

Obsédante

Un trait de famille

Recouvert du bout des doigts

Portée comme un insigne sur la croix

Un portrait de sœur

Envisagé dans la candeur

Tenue au silence

Imaginée sans sa présence

Mauvaise nouvelle affichée

Ragots colportés

La fille se serait noyée

Et depuis cent ans ont passé !

Mais Candy l'a aperçue

Voilà que le châtelain voisin

Cligne

Confesse à son destin

Et à la lueur d'un sanglot

Tremble dans son tombeau

Et parla tout haut :

«  Ta traversée vient juste

De commencer

Fuis pour ne t'échouer

Aux grands visages

Aux grands rivages

Cours, cours avant

Qu'elle n'apparaisse

Dans le cadre, avant

Quelle ne disparaisse

De la surface

De son naufrage.

Je te le dis, enfant

C'est au bout du royaume enneigé

Que tu découvriras la vérité ! »

 

 

- Candy & Sandy –

Part VI

Le Manège

 

 

Il y a un manège

Qui se souvient

Qui te convient

Aux affres de ton sort

La gorge nouée

Serrée

Mêlée

De larmes

De spasmes

Les bouffons

Clowns et valets

Pleurent

Te sourient

Et tournent, tournent

Sur leurs chevaux

De bois

Du roi

O mais comme ils ont l'air triste

Dans leur ronde d'ivoire

Dans leur fol espoir

Que tout finira

Que tout s'arrêtera

Des lumières sur leur tête

Ont-ils encore le choix

De se signer sur la croix

De participer à la fête

Ignobles sujets !

Sujets à l'ignoble

Déformés à leur tour

Dans leur tour

Infernale

Du mal

Et Candy, sur un piédestal

Leur parle

Et tout devient fatal :

« Savez-vous pourquoi

Elle a fait ça ?

Pourquoi elle est partie comme ça ?

Noyée dans un trouble sans fin

Et que moi sa sœur je n'osais

Aller plus loin

Tendre la main

La sortir enfin…

Mais la voir mourir demain

O clowns O bouffons

Pourquoi le monde est-il

Un océan cruel ? »

Et le bouffon, de répondre

Dans un joyeux sanglot

Déposé dans l'eau

« Petite Candy

Qui te l'as apprit ?

Qui te l'as dit ?

La crois-tu vraiment morte

Monté là-haut chez les cloportes ?

Car ta sœur vit encore.

Suis le chemin

Du destin

Le sentier

Enneigé

Et de tout ça

Tu verras bien

Si tu en trouves la fin… »

 

 

- Candy & Sandy –

Part VII

Les Peluches

 

 

Candy à une belle bouche

Que plus personne ne touche

Elle trottine dans le sentier enchanté

A la recherche d'un monde entier.

Sandy a survécu

Les clowns l'ont vu

Les chants en sont convenus !

Mais que voilà de bien étranges

Amis

Au paradis

Qu'elle s'est construit

Parmi les papillons

Parmi les moribonds

Et soudain

Et devant elle

Des peluches qui prennent vie

Qui s'agitent

Comme des pantomimes

<FONT face="Times New Roman, Times, serif">Un peu beaucoup sublimes.

Et derrière leur dos

Pendus si haut

Par les corbeaux

Des cadavres

Qui se navrent

De n'être que squelettes

Ecorchés dans le vif

Comme tombés d'un récif

Désormais un peu captifs

Désarmés et au sang froid

Ecartelés dans la neige en croix !

Mais les peluches n'en ont cure

Leurs yeux en ont construit un mur

Si dur

Aux injures et blessures

Entrées dans l'armure !

Seraient-ils

De la pureté, de la joie ?

Ou les nouveaux jouets du roi ?

Candy s'avance avec nonchalance

Aura-t-elle cette fois un peu de chance 

Dans sa nouvelle

Romance

Décadence

Danse ?

Et elle leur demandera

Les royaumes enchantés

Les royaumes enneigés

Et son regard se perdra

Là où monte leur doigt

En effet, ne parlent-ils pas tout-bas

D'un dragon sans proie ?

« Et si tout doit arriver

Prends alors l'arc-en-ciel sacré »

Ajoutent-ils dans un émoi

Dans un frisson de son nom

En horreur ou illusion ?

 

 

- Candy & Sandy –

Part VIII

L'arc-en-ciel

 

 

Candy a monté au pourpre

Embrassé aux roses

Marché le vert

Les couleurs sont acidulées

Des sœurs des frères

Qui se couchent

Dans  la source

Dans sa course.

Le ciel est d'ange

La mort la vie un mélange

Condamnés à l'étrange

A l'absurde

Des interludes.

Mais à quoi rêve t-elle ?

A quoi pleure t-elle ?

Quand elle les voit de si haut

Petits les grands

Plus si beaux

Entourés de ces oiseaux

Noirs

D'un tombeau</FONT>

Blanc

D'êtres vivants

Oh que le monde se rétrécit

Quand la vanité s'enfuit

Quand on s'élève parmi

Les appris

Les repris

Par ici

Coincés sous sa langue

Dans le permis

D'une vie

D'une fille

Qui tangue.

Tombera t-elle

Chez l'éternel

Pour se briser les ailes

Et casser à sa chaîne ?

Et les neiges sont fécondes

Tempêtes de deux rondes

Maudites dans deux mondes

Qu'on succombe

Sous une jupe

Sous une chute

De reins

De saints !

Et Candy s'approche

La pluie le corps si proche

Portails de fer

Bienvenue dans mon enfer !

O petite fille sous terre

Les dragons veillent

Tous sans sommeil

Tous pareils

A l'aube

D'un temps qui se trompe

A chaque seconde

D'heure

De sœur

De malheur !

Non, il ne te laissera pas

Passer

Non il ne te bercera pas

O toi désormais trépassée

De ton chemin

De ton Malin

Tombe, tombe !

Dans un gouffre

Sans fin

Sans joie

Sans toi

Tombe, tombe

Dans un vertige

Sans lendemain

Glorifiée comme ta fin…

 

 

- Candy & Sandy –

Part IX

La chute

 

E tes reins

Qu'on exécute

Qu'on ausculte

Dans une sirène

Au milieu d'une reine

Qui a prit à son règne

Parmi les araignées

Parmi les prisonniers

O cruelle infâme !

Le roi est une femme

Qui s'ébat sur les montagnes

Des prisons infernales

Aux regrets de la court

A qui elle a joué un bien vilain tour !

O elle les poussera

Un à un

Une à une

D'un seul petit coup

Qu'elle déflore

Qu'elle adore

Le pouce posé sur son décor

Sur sa mort.

Mais Candy n'en veut plus

Candy n'en peut plus

Sandy est une perdue

Sur le doigt de son refus

Dans l'océan, disparue

Aux abords d'un marécage, aperçue

Là où les princesses font naufrages

Dans le mouillé

D'un sexe sur sa nudité

D'un sang sur son intimité

Imaginé dans un grand secret

Sous le voile d'un reflet

Pour enfin s'apercevoir

Que ce que les spectres lui disent

Que ce que les fantômes lui prédisent

N'est qu'un visage dans le miroir

Une illusion à sa façon

L'orgasme d'un pantalon

Qui s'échoua dans une religion

Une perversion !

Oh Candy s'est réveillée

En sueur en moiteur

De son temple

Qu'elle contemple

Dans les nuages

De son outrage

Oh l'hommage !

 

- Candy & Sandy –

Part X

Le Grand Malaise

 

 

C'est au bord

De la falaise

Qu'elle saura

Qu'elle survivra

Qu'enfin elle comprendra

Les rites de la joie

Se réveillera au fond d'un bois

D'un grand coma

Un rêve de soi

Caché sous un drap

Et la justice sur ses lèvres

Dans un cru incongru

Oh sa bouche est contenue

Le son réapparaît

Aux grand mauvais

A côté des corbeaux

Oh toujours les bourreaux !

Sortie d'un cauchemar

D'un sinistre regard

Candy a tout entendu

Sandy est revenue

Dans son esprit

Dans les maudits

Glissée, fânée sous cette pluie

Encore un peu en vie

Mais Candy a tort

Sa sœur frôle un trésor

Frôle la mort

Cette nuit un peu plus fort

O le grand partage

Le bel hommage

Partit à l'étalage

La victime d'un carnage

Mais l'horloge sonne

Susurre

Murmure

Un nouveau cri

Qui retentit

Dans les tristes

Petite fille qu'on égorge…

Oh Sandy vient de tomber

Accroché décrochée à un arbre

La branche brisée

Au creux d'un vœu

D'un aveu

Trop dangereux

Sandy au fond d'un puits

A l'abri des crucifix

En larmes de nuit

Elle pleure à sa sœur

En appelle au cœur

Qu'on vienne la délivrer

De son passé

De cette eau qui la remplit

Un peu comme noyée sous la pluie

Sa mélancolie

Son dernier sanctuaire

Son dernier lit

 

 

- Candy & Sandy –

Part XI

Le Dilemme

 

 

Le dilemme coule

Comme un viol dans ton emblème

Le pacte est brisé

Les damnés sont rentrés

Dans le puits

De ton agonie

Et O Sandy

Tes peurs

Tes pleurs

Leurs horreurs

Personne n'est venu t'aider

Noyée dans un instant

De larmes

De gris.

Les oiseaux t'ont emportée

Portée

Par leurs griffes acérées

Crochets sur ta peau

Du sang des corbeaux

Et arrivée en retard

Trop tard

Candy qui supplie

Qui prie

Que la mort ait un prix

Celui de la vie

Et les mains liées

Attachées

A ta lie, ma chérie

A ta rivière

Ton lac endormi.

O mais que les squelettes s'animent

Que les clowns se dressent sur un mime

O mais que les macabres

Si glauques

Si tristes

S'agitent

Comme dans un livre

Dans l'épilogue de ton chapitre

Car s'ils t'ont sortie du lit

De ton puits

Pour t'emmener dans les royaumes enneigés

C'est que le cou du tordu

Le cou éperdu

Ta tête finisse en pendu !

 

 

 

- Candy & Sandy –

Quelques Explications…

 

 

1.      L'enterrement : Ici nous voyons une petite fille de 14 ans, Candy, qui pleure sa petite sœur morte, Sandy, et qui avait 12 ans. Sauf que personne n'a encore retrouvé son cadavre... Candy se souvient comment tout cela avait commencé ( ou plutôt finit ?). Fait curieux, on distingua un nombre impressionnant de corbeaux lors de cet enterrement. De bien bien étranges spectateurs, non ?

2.      Les Rivières Fatales : nous voyons Sandy se débattre dans une rivière. La malheureuse est en train de se noyer, et appelle à l'aide. Sur le bord de cette même rivière se trouve Candy… les deux sœurs échangent des regards de douleur. Mais Candy est comme paralysée. Oh elle aimerait tant bouger, réagir, agir, bref, la sauver… mais, non, non elle n'y arrive pas…

3.      La forêt aux secrets : tous les gens sont partis de l'enterrement. Candy est seule désormais, et elle marche dans cette nuit froide, à travers cette bien étrange forêt, pleurant et priant les dieux pour elle et sa sœur, leur demandant de lui pardonner de n'avoir bougé sur le bord de la rivière. Elle marcha ainsi, perdue, noyée de chagrin pendant un long long moment jusqu'à…jusqu'à ce qu'elle aperçoive le château hanté…

4.      La Danse Macabre : le serment. Candy vient d'entrer dans le château. A l'intérieur, pas un bruit, rien que la pénombre. Et puis...en avançant... elle voit un mur, ce mur sur lequel on peut y voir les portraits des anciens maîtres des lieux.  Il y a une dizaine de tableaux qui se suivent horizontalement sur ce mur, sauf que… Sauf que sur le dernier tableau, si l'on y distingue le corps de la personne, on n'y voit pas son visage, et pour cause, il n'a pas été encore peint ! Par contre sur les mains de celui-ci ( ou celle-ci, à cause de la pénombre, Candy n'arrive pas à savoir si le buste peint est celui d'un homme ou d'une femme) on peut y apercevoir une fabuleuse bague... la même bague que celle que Sandy avait pour habitude de porter à sa main.. Hélas, elles sont maintenant toutes deux dans un si froid tombeau ! Mais….soudain…. mais quel est donc ce bruit, d'où vient-il, perçant le silence glacial du château ? Oh mon dieu, les squelettes, oui des squelettes venus d'on ne sait où approchent en rituel, gesticulant, dansant ! Courage Candy, approche toi et parle-leur !

5.      Les Tableaux Etranges : Les squelettes lui ont dit d'aller voir le roI ; Mais Quel roi ? L'une des peintures ? Oui, celle du Roi, et qui d'ailleurs commence à bouger à l'intérieur même de son cadre ! Candy discutera donc avec le portrait/roi. Elle lui demandera quel est le sentier à suivre pour rentrer chez elle. Et il lui répond ceci : «  c'est dans le royaume enchanté que tu trouveras la réponse ».

6.      Le Manège : Candy est de retour dans la forêt. Sur le chemin elle croise un manège… des chevaux de bois. Sur ces chevaux il y a des nains, des valets et autres clowns qui rient et pleurent dans la même seconde ! Une nouvelle discussion a lieu entre eux et Candy, et toujours, toujours la même réponse… «  va au royaume enchanté… en prenant l'arc-en-ciel".

7.      Les Peluches : sur la route menant à l'arc-en-ciel, elle rencontre de bien étranges peluches… des peluches vivantes qui plus est ! Juste au-dessus d'eux, des arbres, tristes et dénudés, et sur ceux-ci, des corbeaux, comme ceux de l'enterrement… Des centaines, voire des milliers de corbeaux la regardant, la menaçant ! Et le plus affreux dans tout cela, si vous voulez le savoir ( et si vous ne le voulez pas, sautez  ces lignes qui suivent) c'est que des dizaines et des dizaines de cadavres humains sont pendus à ces mêmes branches ! Pourtant les peluches n'en ont cure, de ces horribles voisins. On jurerait qu'ils ne les voient pas, ou que du moins, ils ne font pas attention à eux. Ainsi les peluches continuent à sourire aux passants qui leur sourit. (Mais attention au dragon !!)

8.      L'arc-en-ciel. Candy marche sur l'arc-en-ciel. Mais celui-ci est si haut dans le ciel... elle a un peu le vertige... et oh, quand elle regarde en bas, quand elle voit les gens et qui sont si petits, si minuscules même…des fourmis ! Mais voilà qu'elle arrive maintenant au royaume enchanté... et la neige tombe des étoiles. Enfin, elle y est arrivée, au portail de fer, à l'entrée du royaume... elle cherche la sonnette mais la soudaine arrivée du dragon, d'effroi, la fait tomber de l'arc-en-ciel !

9.      La Chute : la chute semble sans fin... durant celle-ci, elle entend des bruits…et puis le choc ! Elle se réveille, haletante, suffoquant. Mais les cris... et si c'était possible, après tout ?

10. Le Grand Malaise : les cris sont de plus en plus forts, aigus et la nuit est si froide, si triste...  on dirait que... oui on dirait la voix de Sandy..... Candy bondit de son lit et voit alors sa sœur tomber d'un arbre. Elle tombe dans un puits et la pluie et les larmes de chacune fait que l'eau ne cesse de remplir le puits. Sandy tente de nager, mais elle... n'a jamais su nager ! Va t'elle se noyer une nouvelle fois ?

 

11.Le Dilemme Final. Candy sort, court au-dehors afin de sauver sa soeur mais alors qu'elle arrive au bord du puits interdit, elle voit les corbeaux soulever avec leur bec la robe de Sandy. Attrapée, pincée par les bras, les jambes et les cheveux, ils l'emportent haut, haut et loin dans le ciel... très loin de la Terre... 

 

 

 

                                                             …peut-être au royaume enchanté ?