Interview
Rona Hartner, chanteuse,
comédienne, peintre, danseuse…
Nationalité vagabonde,
chanson du monde, « fusion électro tzigane aux
accents afro jazz »
Jeudi 13 novembre à 20h30 au
Théâtre
Le cinéma vous a révélée
en France. Considérez-vous aujourd’hui ces expériences
cinématographiques comme une porte d’entrée vers
la musique ?
Oui ! Elles m’ont assuré
un crédit. Grâce à elles, on m’a fait
confiance lorsque j’ai souhaité lancer mes projets
musicaux. Il a ensuite fallu que je fasse mes preuves. Pour cela, la
scène et le public fidèle qui me suit depuis Gadjo
Dilo, le film de Tony Gatlif qui m’a faite connaître
en France, m’ont beaucoup aidée. Mes différentes
collaborations artistiques ont également démontré
que je pouvais mener de front cinéma et musique. Aujourd’hui,
l’équipe qui m’entoure me permet d’exercer
harmonieusement ces deux métiers.
Qu’est-ce qui vous a faite
venir à la musique ? Quelles sont vos influences ou ce
qui vous a marquée musicalement ?
Quand j’étais enfant en
Roumanie, on écoutait toutes sortes de musiques :
classique, rock, roumaine, etc. Mes parents étaient fans
d’Elvis Presley ! Mais c’est incontestablement le
gospel et le jazz qui m’ont le plus marquée. J’ai
chanté le gospel dès l’âge de cinq ans. Il
est ma première culture, ma première expression
artistique. A six ans, j’ai pris des cours de jazz, puis j’ai
arrêté. A treize ans, je me suis mise à la
guitare, à quatorze ans, au bel canto. A dix-huit ans, j’ai
repris le jazz pendant deux ans et suis montée sur scène.
Mes influences ? Janis Joplin, Malia Jackson, Billie Holiday…
Je suis venue à la musique tzigane beaucoup plus tard, suite
au tournage de Gadjo Dilo. Avant cela, je l’envisageais
comme un monde fermé, peu accessible. Moi, j’étais
une chanteuse de rock heavy-metal !
Le
public vous a récemment découverte comme
artiste-peintre. Est-ce une nouvelle pratique artistique pour vous ?
Oui, c’est venu il y a onze ans,
avec mon arrivée en France qui m’a ouvert de nouvelles
perspectives et un chemin vers la maturité. Mes parents et ma
sœur peignaient en Roumanie. De mon côté, je
n’osais pas… Mais c’est la première chose
que j’ai eu envie de faire en arrivant ici ! J’ai
donc pris des cours pour pouvoir me dépasser et éviter
de me répéter. J’expose peu et depuis 2004
seulement. La peinture n’est pas mon métier, elle reste
pour moi un hobby, quelque chose de très intime et personnel…
J’ai aujourd’hui trois cents peintures et dessins à
mon actif et toujours une œuvre à achever. En ce moment,
Marie, femme eucharistique…
Chanteuse, comédienne,
peintre et danseuse… Dans quel registre vous sentez-vous le
plus à l’aise ?
La comédie et le chant sont
complémentaires. Lorsque je joue, j’ai besoin de trouver
le rythme, la musicalité de mon personnage, j’ai besoin
de décrypter sa partition. A l’inverse, ne faire que
chanter n’est pas intéressant. C’est
l’interprétation qui donne leur force aux paroles. Entre
cinéma et musique, je ne peux pas choisir, les deux sont
indissociables. La peinture participe elle aussi à mon
développement. Et la danse est ce qui me permet de faire le
show, un autre moyen, extra verbal, de communiquer avec mon public.
Tout cela forme en quelque sorte un tout, ils sont un peu comme mes
deux bras et mes deux jambes…
Vous
êtes jeune maman, est-ce que cela a des conséquences
sur votre carrière ?
J’emmène ma fille
Sumayla, qui a neuf mois, partout en tournée avec moi. Ma mère
m’accompagne également. Cela ne m’empêche
absolument pas de travailler, au contraire, je suis rassurée
de savoir ma fille près de moi et en de bonnes mains. La
première fois qu’elle a voyagé, c’était
à l’occasion d’une émission en prime time à
la télévision roumaine. Elle avait deux semaines. Son
arrivée a donné un nouveau sens à mon travail.
Je prends mes décisions en pensant à elle. Elle m’a
apporté de la maturité, une certaine sérénité,
une sorte de paix intérieure. Elle est un être
merveilleux qui m’inspire, une œuvre d’art complète
que je ne m’attribue pas vraiment !
Votre dernier album Nationalité
vagabonde parle de vos différentes identités,
origines. Vous vivez en France depuis plusieurs années, la
culture française fait-elle désormais partie de vos
influences ?
Oui, bien sûr ! C’est
d’ailleurs la raison pour laquelle je chante des chansons en
français que j’écris avec Claude Lemesle, mon
parolier rencontré en 1998. C’est un parti pris car
c’est comme cela que l’on communique ici, avec les mots.
Le public français est très attaché à
leur sens. Mon public m’a beaucoup vue dans des spectacles de
musique tzigane. C’est de là qu’est née
notre complicité. En commençant à chanter en
français, j’ai fait un nouveau pas vers lui. Cela a été
pour moi une sorte de progression. Je pense en français, je
rêve en français. Je parle même le roumain en
traduisant le français ! Je me suis fondue dans ce
paysage et cette culture. Mes meilleurs amis, aux origines diverses,
sont français. Notamment pour ma fille qui est née et
grandit ici, j’aimerais un jour avoir la double nationalité.
Quels sont vos projets futurs ?
J’ai recommencé le
théâtre en France il y a seulement trois ans, pour des
raisons de maitrise de la langue. Je suis actuellement en répétitions
pour la pièce La Célestine, mise en scène
par Henri et Frédérique
Lazarini, qui se jouera
au Vingtième Théâtre à Paris à
partir du 14 janvier 2009. Jusqu’à mars, je marquerai un
break musical pour me consacrer à cette parenthèse
théâtrale ! J’ai aussi un projet de film au
cinéma, qui sera tourné en 2009 entre la France et
l’Espagne et dont je ne peux pas encore parler. Je prépare
également un nouvel album avec la même équipe que
pour Nationalité vagabonde. Vingt cinq chansons sont
déjà écrites, j’y parle notamment de ma
foi… J’espère qu’il sortira en septembre
2009.
Renseignements
au 01 41 33 92 91 et sur www.ville-vanves.fr
Réservations
sur place ou par téléphone : du mardi au samedi de
10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h00
Par
courrier : Théâtre de Vanves - 12, rue Sadi-Carnot -
92170 Vanves
(chèques
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Courriel :
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