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Suzanne



Last Updated: 3/14/2009

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Thursday, November 20, 2008 

 

Je crois bien que M. Lisse est Fantomas. Je l'observe dans la cour de l'école.
J'ai peur qu'il enlève son masque et qu'on découvre son visage tout bleu et son rire bizarre.
De toute façon, les maitres et les maitresses ne sont pas vraiment humains. C'est Dieu qui les dépose là juste avant qu'on entre à l'école et puis il les reprend quand on part.
Sauf Fantomas. Lui je sais pas d'où il vient.
Il me fait peur. Une fois il m'a crié dessus très très fort juste parce que je m'étais battue. J'avais donné un coup de pied à un garçon. Il arrêtait pas de m'embêter. J'avais fait une cascade comme James Bond. Comme un agent secret. C'était super cool ! J'aimerais bien être un agent secret, mais on dirait qu'ils ne veulent pas de filles. C'est vrai ça, j'ai vu dans le film, les filles elles sont nulles dedans, elles ne savent pas faire de super cascades. Elles savent juste rigoler et se coller contre James Bond. Je comprends pas pourquoi elles sont là.
N'empêche, je savais pas moi qu'un garçon pouvait être aussi fragile à cet endroit... Le garçon il se roulait en pleurant. Alors Fantomas s'est approché de moi et il a crié tellement fort que je me suis sentie toute froide en dedans.
J'aime bien l'école, même si il y a Fantomas. En classe c'est pas très intéressant mais dès que la cloche sonne, on peut aller jouer au foot. Et là on joue comme l'équipe de Nantes. Ils sont trop fort. Celui que je préfère, c'est Mickaël Landreau.

Des fois je me dis que je ne ressemble pas aux autres. Je me demande si moi aussi Dieu m'a posé là et puis si il va me reprendre et puis après me reposer. Je lui demande mais il ne répond pas, même sil je fixe pendant super longtemps les nuages, il ne veut pas me dire. Dieu est peut être timide.

Wednesday, August 20, 2008 


Comme demandé par M. le DRH avant son entrée à l'hôpital psychiatrique, je vous envoie une lettre pour justifier mon comportement de cet après midi.
Permettez-moi d'abord de présenter la situation comme il se doit. Imaginez un désert sans foi ni loi, où rodent vagabonds et bandits. Voilà votre entreprise au mois d'août, les téléphones sont muets, les boites mails vides, les cafétérias aussi (quelle misère). Maintenant que devions nous faire, nous, pauvres employés face à une situation aussi dramatique ? On s'est organisé.
Je vous assure que j'ai essayé de tenir, rester immobile huit heures par jour à attendre un ordre, une mission, une raison de vivre.
Mais mon bureau est vide, ma chef s'est enfuie en Nouvelle Zélande; il a fallu agir.
Alors je vous vois venir, évidemment, vous ne comprenez pas à première vue l'utilité du bowling géant. En fait c'est une idée géniale de David. On s'est tous rendu compte, et vous aussi surement que les bureaux du troisième ont les dimensions d'une piste de bowling quand on les assemble. Joseph avait son ballon de foot, on a pris les gobelets recyclables, vous savez, ceux qui fuient tout le temps et on a crée le premier bowling d'entreprise.
Alors vous vous demandez surement ce qui a conduit Michoud à se prendre un écran plat dans la tête.
C'est qu'on a fait une pause et on a joué à ça : http://www.t45ol.com/play/1174/pc-breaker.html
Vous admettrez que c'est un jeu très sympathique. Mais essayez d'y jouer quatre heures et vous verrez qu'au bout d'un moment on se lasse. Et on a eut l'idée de faire un mix entre notre bowling et ce jeu.
En fait on vous rendait service. Tout le monde se plaint ici que les ordinateurs font trop de bruit à cause des ventilateurs. Nous on s'est juste contenté de résoudre le problème. On finit les vieux ordis, après vous n'avez plus qu'à changer le parc informatique : meilleure productivité, meilleure rentabilité : tout le monde est content.
Après que Michoud soit rentré alors que Joseph faisait un super Strike, c'est juste une histoire de mauvaises circonstances.

Alors je ne comprends pas du tout pourquoi vous avez fait venir la police. Mais je tiens quand même à m'excuser pour le DRH, pour M. Michoud, pour la fontaine de café qui a un peu dégénéré, les murs du cinquième étage, les câbles de l'ascendeur (oui, j'avais oublié de vous prévenir), et votre bureau (n'empêche, on a quand même vachement bien réussi l'ambiance chambre froide, et juste avec des extincteurs !)
Par contre, vous est-il possible d'annuler mon licenciement pour faute grave, et aussi la plainte pour harcèlement, et demander à Michoud de retirer sa plainte pour coups et blessures volontaires avec intention de donner la mort.

Dans l'attente d'une réponse positive de votre part, je vous d'accepter tous mes hommages en attendant de pouvoir reprendre notre collaboration professionnelle riche et fructueuse.

Saturday, May 31, 2008 
Me revoilà partie pour de nouvelles aventures !

Et pour ton plaisir ô lecteur, j'ai de nouvelles inspirations
Car tu m'as manqué, cher lecteur, je sais c'est de ma faute, j'assume l'unique responsabilité de mes erreures et je me retire de.... heu..  non
Me voici maintenant partie pour une aventure cédédétique de 8 mois au coeur du capitalisme.

Le coeur du capitalisme; une grosse boite de consultants parisienne, une boite qui aide les autres boites à gagner plus d'argent, et qui en passant s'en mets plein les fouilles.
Je suis arrivée en tant qu'assistante Powerpoint. Armée de mon bouquin Powerpoint pour les nuls, j'ai réussi à passer les tests. C'était ardu, mais je n'ai pas balancé l'ordinateur par la fenêtre et j'ai même sourris vaguement à la sadique qui a clos l'épreuve en me demandant si ça s'était bien passé.
Finalement ils m'ont prise.
Et le voilà qui arrive, mon formateur. Celui qui me mettra au format de la boite pour que je mette des documents au format powerpoint.
Il a l'air gentil mon formateur, il me propose du chocolat. Mes yeux s'allument.
Grave erreure. C'était du chocolat noir à 80% de cacao. Je sens le gout de terre envahir ma bouche et je compte déjà : 1-0
Après quelques jours à simuler un régime drastique pour  échapper au chocolat noir dégueulasse, j'ai le droit d'arriver à l'épreuve de validation.
Pas de massue, pas de monstre, pas de combat à l'ancienne. J'aurrais tant préféré la méthode simple... Mais on me donne un petit amat de papier et un ordinateur. On m'ajoute qu'il serrait bien que je le fasse en 4h mais si je le fais en plus de temps, on serra assez gentil pour regarder ce que j'ai fait.
Après un effort dantesque j'arrive à finir leur putain de ... leur document&183; Ca fait 6h30 que je bosse.
Hé hé
Résultat : niveau innacceptable pour cette boite : 2-0
Mais ils me gardent quand même, je suppose un excès de sadisme, qui consiste à me regarder me casser en quatre pour pouvoir souligner en rouge tout ce qui ne leur convient pas.
Il y a deux jours, mon formateur rentre dans mon bureau. J'avais encore 5 pages à travailler, il me restait 10 minutes.
Il s'approche de mon bureau sournoisement, je cherche un bouclier. Quoi ? ils n'ont pas prévu de bouclier. Merde.
2e possibilité, je fais comme si il n'était pas là. Il commence par m'expliquer comment me corriger, ce qui ne va pas chez moi. Puis il me demande quels sont mes 3 défauts sur Powerpoint.
Putain, 8 minutes pour finir mes slides, et pouquoi j'ai un espace d'un milimetre à gauche et pas à droite sur la page 48?
J'aimerais lui dire d'aller voir ailleurs, mais il cherche peut être à m énerver. Je ne vais pas lui faire plaisir, je ne vais pas lui éclater la tête sur le clavier. Pas tout de suite.
Je lui dit que je n'ai aucune idée de mes 3 (putains) de défauts sur Powerpoint.
A part lui, je ne vois pas de défaut me sauter aux yeux...
Plus que 6 minutes, arrrrgl un histogramme !!
Estomaqué que je ne lui fasse pas une dissertation sur mes principales faiblesses sur Powerpoint, il me dit que puique c'est comme ça, il va me regarder travailler. Il se plante dans mon dos et fixe l'écran, un petit sourire en coin.
Je regarde son petit oeil. Il brille. Il sent qu'il est au summum. Il sent qu'il a le pouvoir,  il sens qu'il peut me faire craquer.

Y a pas moyen

J'ai fait le cabinet d'avocat môssier, j'ai survécu à Skoda, j'ai été hôtesse d'accueil pour l'industrie du luxe et j'ai même habité chez des anglais. Alors c'est pas un petit rat du powerpoint qui ve me faire craquer.
il a du voir les éclairs dans mes yeux. Oubliant mes petites cases vertes de Powerpoint, oubliant mes incrémentations, mes histogrammes, mes macros et autres interlignes, je me plante devant lui.
Il part. Je ne comprends pas, j'avais juste envie d'une petite épreuvce à l'ancienne, pas forcément avec les gourdins pleins de petits pics, juste des grosses tatanes.
Il est parti. 2-1
Avec un peu de chance, il va me laisser tranquille pour quelques jours
J'ai finalement pu rendre mon document à temps à la consultante, qui est d'ailleurs fort sympathique. Mine de rien ça fait du bien de voir dans cet endroit quelqu'un de sympa.

Le soir je me suis trainée hors de mon bureau, hors de l'ascenceur, hors de cette boite. Pour finalement me poser au Zic Zinc. Un petit concert, un chanteur qui se plante un peu, qui oublie ses paroles, qui hésite. Et ça fait aussi du bien. Car personne ne lui dirra qu'il a un niveau innacceptable. Il règne dans cet endroit une tolérance à l'imperfection qui fait chaud au coeur et qui lui donne une athmosphère profondément humaine. Une petite bière, quelques amis et cette boite  est enfin bien loin de mon esprit. 2-2

Monday, January 14, 2008 
Sunday, December 30, 2007 
Saturday, December 22, 2007 

Je commençais à rouiller dans mon nouveau travail. Et voilà qu'un jour d'hiver apparemment comme les autres ; les oiseaux fermaient leurs gueules tranquillement dans le pale ciel de Paris, j'ai dut sauvagement défendre mon trésor, ma raison de vivre, la chair de ma chair : mes cartes de voeux.

Parce que ce ne sont pas n'importe quelles cartes de voeux. Je les ai choisies amoureusement, je les ai commandées avec ardeur et attendues impatiemment. Je les ai comptées, réparties entre tous les heureux élus qui auront le droit de les utiliser.

Je préparais les quelques centaines de merveilleuses étiquettes qui auront pour mission de guider le fidèle postier vers les futures merveilleux destinataires. Investie de ma mission,  je suis perturbée par un de mes nombreux chefs qui vient me faire part de son courroux. Il est fâché. Il est même très fâché. Il veut des cartes de voeux lui aussi. Mais en est-il digne ? Va-t-il en prendre soin. Est-ce que je peux lui faire confiance ? Peut être va-t-il les écorner négligemment, peut être va-t-il les laisser sur un coin de son bureaux, sans défense, laissées pour cibles aux millions de bactéries qui pullulent dans notre air athmosphériquement dangereux !

Je ne lui laisse pas le temps d'exprimer davantage toute sa déception quand à mes capacités en gestionnaire de carte de voeux. Je sors mes listings. Horreur ! Il n'est pas prévu dans le comptage. Je ne suis pas habilitée à lui donner une seule carte de voeux. Je lui annonce la triste nouvelle, d'un air désolé et compatissant, espérant que ça suffira pour décourager mon adversaire. Que nenni, il redouble son attaque, il est inadmissible qu'il n'ai pas de cartes de voeux, il en veut tout de suiiiiiite ! Et si il le faut il en volera dès l'arrivage. Face à cette menace, mon sang ne fait qu'un tour, il faudra me passer sur le corps pour me voler mes cartes de voeux, je les défendrai jusqu'au dernier souffle, et plus encore si il le faut. Personne ne me volera mes cartes de voeux. Pendant que je lui explique mon point de vue, il  commence à changer de couleur.

Quoi ? J'ai osé lui dire non ? Cette obscénité m'engage vers un combat à mort. Il se transforme en une créature tentaculaire et dévastatrice. Les objets alentours tourbillonnent, les petits oiseaux ferment toujours leurs gueules. Difficile de rester de marbre. Je pense à mes cartes de voeux, tapies dans un carton, vulnérables. Je suis leur dernière chance. Je me protège contre mon comptoir et lui envoie le contenue de mes listings par vagues. J'aurais bien tenté l'appel à un ami mais le téléphone est trop loin de mon abri de fortune. C'est alors que dans le tumulte volète une petite feuille. Ridicule petit papier qui indique traitreusement qu'il revient de droit à mon adversaire de posséder 25 cartes de voeux.

Hé hé…

Cruelle défaite ! Je dois plier et lui donner son trésor de guerre.

Encore aujourd'hui, il ne se passe pas une minute où je pense à mes cartes de voeux. Où sont-elles ? Est-ce que l'étiquette est bien droite sur l'enveloppe? Est-ce qu'elles sont affichées fièrement sur un comptoir à l'autre bout du monde, ou bien sont-elles négligemment jetées au fin fond d'une vulgaire poubelle ? J'espère que le dieu des cartes de voeux veille sur elles. Je m'en remets à lui.

Sunday, December 09, 2007 






Sunday, October 21, 2007 
J'ai abandonné ma carrière d'hotesse d'accueil et ma fidèle massue.
Etre hotesse d'accueil, quelle expérience ! Que de phénomènes étranges et de situations débiles je laisse sur le bord du chemin !
Je suis étonnée de voir à quel point mon nouveau métier peut etre banal.
Meme pas de gnome virulent ! Pas meme une vieille à lunette qui passe son temps à me surveiller, et je ne parle pas de l'absence d'agent de sécurité pervers !
Quelle honte ! On m'autorise meme à aller aux toilettes quand je veux !! Non mais voyez vous ça !
Avant hier j'ai eut le droit à un verre d'eau ! Et ce n'est pas tout, on m'a meme dit que j'avais le droit d'en prendre quand je voulais, c'est pas normal....
J'ai été outrée de voir que malgré mon retard de trois mnutes cinquante jeudi je n'ai meme pas eut à affronter un boss de niveau 4, je me serrais meme contentée d'un sous boss, mais là rien, niet nada, popof.
Pire encore, ces gens me parlent. Ils ont meme cherché mercredi à savoir ce que j'avais mangé le midi. Face à cette situation incongrue, j'ai bien compris que ma massue ne me servirait plus à rien. J'ai begayé un plat vaguement chinois ou japponais et je me suis empressée d'attirer leur attention vers une pseudo alerte à la bombe.
Pauvre massue, qui aurra vu tellement de notaires, d'avocats, de concessionnaires automobiles, la voilà en chomage technique à cause d'un employeur irresponsable qui ne lui donne meme pas une petite raison d'etre.
Ils ont déjà osé me parler de RTT, il y en a meme un qui a été jusqu'à me faire un compliment et ça ne concernait meme pas ma poitrine. Mais quels monstres !! Je pense que c'est une autre tactique, encore plus pernicieuse que le combat direct à la massue. Surement une guerre psychologique. Possible qu'ils viennent d'une autre planete...

Tuesday, September 04, 2007 

Grace à mon chouper métier d'hôtesse d'accueil remplacante, j'ai put infiltrer le milieu très fermé des notaires parisiens.

Je ne suis pas encore à la fin de mon expérience dantesque et déjà mes doigts me brulent de t'en faire un rapport, Oh toi lecteur heureux et privilégié.

Dès mon entrée dans l'antre de la bête, j'ai compris que ça serrait spécial. J'ai cru que je m'étais trompée, ou qu'on m'avait donné l'adresse de la famille Adams.

Après avoir tourné le solide loquet façon moyen âge, avoir écouté la douce mélodie s'un grincement de porte, que même ma grand mère reconnaitrait que ce n'est pas du mozart, j'entre dans une pièce sombre. Une sorte de couloir avec une fenetre au bout. Mais entre la porte et la fenêtre, il y a des murs gris, un plafond gris, une moquette grise, des fauteuils gris et des lampes adorablement hideuses déversant une lumière jaune pisseuse.

Voilà voilà,. Je prends mon courage à deux mains et je m'aventure. A peine avais je fait 3 pas qu'un gnome de niveau 4 surgit à ma gauche. Naaan en fait c'est juste une des assistantes. Je l'avais confondu. Elle est ratatinée, elle fait vieille alors quelle ne l'est peut être pas, mais elle me regarde avec un air tellement mauvais que j'ai subitement envie de me cahcer sous un des fauteuils ... gris.

Ici est un royaume qui a ses propres lois. J 'ai reçu des directives qui ont été contredites 5 ou 6 fois. J'ai réussi à localiser la seule assistante qui ne ressemble pas à un gnome, pas de bol, elle n'a pas tenu. Elle a pété un cable , on ne peut pas comprendre ce qu'elle dit. Le reste des personnes normales se sont échapés, ils ont réussi à trouver un passage secret ou ont creusé un tunnel, je ne sais pas. Mais le cabinet a subit une perte de 30% de ses effectifs en 1 an, il parrait qu'ils redoublent la garde.

J'ai déjà put faire la connaissance d'un des notaires, il m'a engeueulé parce que je ne l'avais pas appelé pour la reception d'un pli, puis il m'a engeulé puisque je l'avais appelé. Il doit être le boss le plus fort du niveau..

Un peu plus attypique, le notaire plus jeune. Il porte un nom qui commentce par un De, bien sur. Ce qui m'intrigue le plus, c'est son brushing. Des cheveux longs chez un noble, ça n'a rien d'étonnant, mais quand ils sont coiffés à la Bernadette Chirac, c'est louche. Il doit y cacher une arme secrète, j'en suis sure, je me méfierai de lui. 

Ici personne n'est content.. Quand les notaires ne sont pas content ils me crient dessus. et les clients pas content trouvent que c'est aussi une bonne idée. Deux fronts en même temps, il me faudrait une double batte, ou bien une batte mitrailleuse, au choix.

Plus que quelques jours à tenir, j'ai encore des rations de survie, j'ai même réussi à coincer un des gnomes dans la photocopieuse, et si je peux repartir avec la choucroute qui sert de cheveux au notaire, je le ferrai, ça ferra un bon panier pour mon chat.

 

Thursday, August 02, 2007 

Deux heures qu'il me fixe. Pas de fuite possible. J'ai l'interdiction formelle de quitter la pièce.

Pas même pour faire pipi. Encore 3 heures à tenir... 

Pas même pour un gros lourd.

Il est agent de sécurité.

Comme il n'a rien d'autre à faire, il vient me voir. Deux heures qu'il me voit. Il me regarde travailler. Oui, pour une fois je bosse. Je bosse beaucoup. Pour travailler ici, il faut être comme le dieu à 6 bras. Il faut pouvoir faire 4 choses en même temps, tout savoir, être toujours très souriante, ne pas avoir besoin d'un verre d'eau ou d'aller au toilettes, je ne parle même pas de cigarette, et tout ça en supportant un  qui n'a rien d'autre à faire que de me regarder.

Je suppose que ça doit être une tentative de séduction... Il a d'ailleurs essayer de me faire la bise en arrivant mais quand il a vu mes yeux se transformer en kalachikof, il s'est rétracter... Bizarre...

Alors il me regarde, il est assit à un mètre de mon bureau, des fois il se met debout à 5 cm de moi. Je voudrais lui demander si il veut ma photo, mais il parrait que ce ne serrait pas raccord avec mon tailleur rose bonbon.

Comme la perruche, il ne bouge pas pendant des heures, et puis tout à coup, il émet un son bizarre, comme un petit ricanement, au moment ou je vais péter un cable, par exemple lorsque je n'ai pas assez de bras pour faire Shiva. et puis il redevient immobile.  Je voudrais une batte de baseball pour lui fracasser la tête contre le comptoir, mais ça n'est toujours pas raccord avec ma tenue rose bonbon.

Des fois il parle. C'est encore pire. Je fais comme si il n'était pas là. Il me parle de ses ex, des filles en gothique, et des manequins qui courrent toutes nues dans les studios de photos, il est fier de me raconter ça. Il est très fier de me dire qu'il a vécu, lui et que moi je ne suis qu'une gamine. Je me dis que si je ne lui réponds pas, si je ne le regarde pas, il va bien s'arreter un jour et partir. Mais non, il reste. Alors je cherche une solution. Il doit bien avoir un moyen d'arreter ça. Je ne sais pas moi, déclencher l' alarme incendie, lui envoyer une meute de vieilles veuves en ruth, tenter une sortie par le conduit de la clim...

N'ayant pas de veuve enragée sous la main, je vais tenter le conduit. Souhaitez moi bonne chance