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étienne Greib


Last Updated: 10/10/2009

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Monday, July 27, 2009 
Daniel Johnston Yip/Jump Music Continued Story/ Hi, How Are You (Feraltone/ PIAS) Avant de rouvrir ce coffre à merveilles, dont on connaît certains recoins par cœur, penchons-nous sur la tradition orale, ou comment les chansons de Daniel Johnston nous ont été transmises. Au début des années 90 quand elles nous furent présentées pour la première fois, on n’aurait pas pu écouter, et ne serait-ce qu’entendre ces diamants bruts sous cette forme-là. Il a fallu que Yo La Tengo, puis The Pastels se chargent de reprendre Speeding Motorcycle. On ne remerciera donc jamais assez ces passeurs de nous avoir aiguillé sur le cas Johnston. Les premiers ralentirent ce caillou d’optimisme lancé à la face du monde, en faisant un pur velin, la merveille immortelle qui enlumina leur prodigieux Fakebook, disque de reprises acoustiques et autre coffre à merveille s’il en est. Les Écossais en firent quasiment un morceau festif, pas si inoubliable que ça rétrospectivement, mais qui avait le mérite de mettre un terme à une absence discographique de près de deux ans. Les anciens nous montrèrent la porte, certes, mais avions vraiment les clés ? Plus encore que pour Can, Sonic Youth ou le jazz, on a dû se faire violence pour entrer dans la chasse au trésor dans les terres de Daniel Johnston, remettre en question notre idée de qu’est-ce qu’une chanson et comment l’interpréter. Car entendre ces disques pour la première fois fut aussi dérangeants que bouleversant. Le néophyte y entendra un fou. Ça tombe bien, Danny l’est, fou. Ou plutôt, à l’époque (1983-1985) pas encore tout à fait cinglé, il n’est qu’un illuminé qui identifie très bien ses tendances maniaco-dépressives, hyperactif quand il s’agit de musique et de dessin, feignasse pour tout le reste. Au détour de la traque du Down By Law de Jim Jarmusch (1986) Roberto Benigni fait cette simple déclaration : it’s a sad and beautiful world. Daniel le sait et il veut tout dire, très vite, sans se soucier de la qualité formelle de ce qu’il met sur bande. Il enregistre des cassettes à Houston, dans le garage de son grand frère chez qui l’inadapté a trouvé, on a failli écrire asile, non, l’asile ce sera un peu plus tard, mais un refuge où il installe deux magnétos, deux claviers, un ukulele, quelques micros, trois fois rien en somme. On raconte que plus tard, ne disposant pas d’un duplicateur idoine, Danny réenregistrait d’une traite chaque album pour son destinataire. C’est dire l’urgence dans laquelle le garçon, un surdoué parti de trois fois rien (il ne connaissait à l’époque, peu ou prou, que les Beatles et Dylan) a à communiquer, comme s’il savait peut-être que les choses allaient mal tourner. Alors oui, on pourrait divaguer sur l’artiste en tant que cas psychiatrique mais on se contentera de dire que si les chansons de Daniel Johnston sont aussi essentielles, et le fait qu’elles aient depuis trouvé un plus large écho dans le monde le prouve, c’est parce qu’elles sont sûrement parmi les plus honnêtes qu’on a jamais entendues, qu’elles sont de fait, et comme chez les plus grands, une question de vie ou de mort. Un peu moins de trente ans après leur enregistrement, ce qui sidère toujours et même encore plus que la manière dont ces douloureux morceaux de peine (mais pas seulement) ont su bouleverser puis accompagner notre vie, c’est d’abord leur stature de popsongs définitives, qu’elles gardent en l’état, et non plus sous forme de reprises domestiquées. Ou comment passer du bon sauvage débile à celui de classique. Tenez-le vous pour dit : il y a plus de génie, de passion et d’humanité dans une chanson de Daniel Johnston que dans toute la discographie de Radiohead. Que le terme lo-fi, ne soit, au nom du ciel, plus jamais prononcé. Étienne Greib
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The Complete Recordings
By Robert Johnson
Release date: 1990-08-20
Monday, July 27, 2009 
Alasdair Roberts Spoils (Drag City/ Discograph) Le mot Folk ayant été mis à tant de sauces ces dernières années qu’on finira par n’y voir, rétrospectivement qu’un mélange d’un beige chiasseux et franchement gênant, on en aurait presque perdu la mesure de la signification du terme en se noyant dans le n’importe quoi cosmique, voire la singerie affectée de n’importe quel énergumène portant barbe ou aimables colifichets d’avant le punk. Embarrassant. Du coup, il est bon (et non de bon ton, nuance de taille) de revenir vers les disques d’Alasdair Roberts, odieux traditionaliste d’origine écossaise, n’ayant pas eu l’honneur de figurer au panthéon des modasseries affligeantes que les pathétiques tenants incultes de la hype ont menées vers des sommets contestables. Se souciant assez peu du côté, disons, fashion, de la musique que lui et ses aïeux jouent, aiment et perpétuent depuis des siècles, Alasdair Roberts fait, peu ou prou, toujours le même disque. Des disques contenant des chansons dont certaines trouvent leurs origines assez loin, en témoignent son goût pour les murders ballads britanniques des siècles anciens, largement documenté sur No Earthly Man (2005). Spoils enchantera les aficionados sans nécessairement convaincre un nouveau public de l’utilité, ni même du génie, pourtant flagrant de notre bonhomme. On notera tout juste quelques nuances d’envergure, un ou deux larsen électrifié (sacrilège), un ton parfois plus « nouveau monde» (comprendre « américain ») dans la mise en pratique, mais pas de changement notable dans ce disque où le morceau le plus immédiatement notable (Unyoked Oxen Turn) raconte l’histoire d’un homme qui a perdu sa jambe. Pas sûr que les fans d’Animal Collective goûtent ce genre de babioles hautement rigoristes et néanmoins parfaitement estimable. Étienne Greib 4/6
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Daylight Saving
By Appendix Out
Release date: 1999-07-19
Monday, July 27, 2009 
Magnolia Electric Co. Josephine (Secretly Canadian/ Differ-Ant) On ignore toujours les raisons qui nous ont poussé à une certaine lassitude envers les disques de Jason Molina. Peut-être simplement, la certitude qu’avec Magnolia Electric Co. (2003) et son corollaire traumatisant Pyramid Electric Co. (2004, uniquement sorti en vynil et à garder sous le coude pour le titre des plus grands albums de mise en abîme de tous les temps) l’homme était parvenu à son sommet, après des années de tâtonnement. Alors, oui, nous fûmes un tantinet indifférent à ses disques suivants, le laissant heureux de pratiquer simplement un rock classique de haute volée. Que l’on retrouve, non sans plaisir au début de cette nouvelle livraison, la fausse nonchalance de Shenandohah ou Whip-Poor-Will, tout en pedalsteel et apesanteur, en exergue acoustique. Mais, Molina et ses sbires ont toujours eu le chic pour placer leurs pièces maîtresses au moment où on s’y attendait le moins, la triplette qui suivra sur la fin viendra une fois de plus le prouver. Si le début du disque n’est qu’aimablement élégant, la suite est impériale. Hope Dies Last éclaire le passage, laissant la place à la noirceur de Little Sad Eyes, qui trace sa route sous la direction d’un clavier fantomatique avant de succomber à un solo d’une mesure et d’une concision appréciable. Puis, Map Of The Falling Sky, nous fait à nouveau chanceler d’admiration, d’un rythme quasiment tribal (on dirait le Cure de Pornography joué par The Band) à son émotion contenue, le sommet du disque. Tension apaisée puis exacerbée un brin (ce larsen…), toujours, avec Knoxville Girl et même propension à maîtriser à la fois l’affliction et l’apaisement avec un Shiloh final, qui replace Magnolia Electric Co. dans la ligne de mire de ce qu’on nommera par pudeur et faute de mieux, les dignes représentants d’une grande musique américaine, à la fois douloureuse et réconfortante. Étienne Greib 5/6
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Legend
By Poco
Release date: 1990-10-25
Monday, July 27, 2009 
Sunn 0)) Monoliths & Dimensions (Southern Lord/ Differ-Ant) À l’instar des monolithes que Richard Serra, dont une illustration tient ici lieu de pochette, exposait il n’y a pas si longtemps sous les verrières du Grand Palais, la musique de Sunn O)) se présentait souvent sous la forme d’une injonction brutale, lente, monumentale et répétitive. Si la formule pouvait commencer à lasser, elle n’en demeurait pas moins l’un des faits artistiques marquant du début du siècle. Stephen O Malley, Greg Anderson et Oren Ambarchi se sont peut-être aperçus que la formule tournait plus ou moins en rond et se lancent aujourd’hui dans une œuvre ouverte et libre, tout en restant aussi orageuse et abrasive qu’à l’accoutumée. Porté par la diction gutturale et malsaine d’Atilla Csihar (Mayhem), Aghartha ne porte pas immédiatement les promesses de son clin d’oeil à l’œuvre de Miles Davies. Après une chappe de charbon et les nuées ardentes usuelles, le morceau s’échappe pourtant vers un récif dont les roches, à mesure que des instruments tels que la clarinette, la conque marine ou la contrebasse font une inédite apparition; se polissent sous nos yeux ébahis, pour arriver vers ce dont on croyait ce groupe incapable: l’apesanteur, la contemplation, le repos, le silence. C’est ensuite un chœur féminin (fausse bonne idée) qui ruine Big Church malgré la présence louable de Dylan Carlson (Earth). Mais Sunn O)) se depasse ensuite avec une fin d’album qui transcende tout ce que le groupe avait jusqu’à présent couché sur bande. Hunting & Gathering disperse sa violence rentrée jusqu’à un larsen final cathartique, mais c’est surtout Alice, hommage avoué à la veuve Coltrane, qui déploie véritablement des trésors de lenteur et d’étirement en mariant les riffs immobiles d’Earth ou de Codeine aux paradis ascensionnels jazzistiques de la précitée pour atteindre un sommet infranchissable, dont beaucoup ne se remettront pas. Au-delà des contrastes et du spectre musical d’une finesse que le groupe réservait jusqu’alors à la mesure du bruit et de la lourdeur, c’est aussi toutes catégories confondues, l’une des plus belle échappée musicale entendue de mémoire récente. Étienne Greib 5/6 Si vous detestez: PlacebO))
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Journey in Satchidananda
By Alice Coltrane
Release date: 1997-03-25
Monday, July 27, 2009 
Dusty Springfield Just Dusty (A2B Media/ Import) Dusty Springfield, vaste sujet… C’est probablement le toujours fringant Marc Almond qui en parle le mieux avec un lieu commun mille fois entendu (« elle aurait pu chanter le bottin ») mais qui résume à lui seul toute la portée d’une des plus grandes voix de soul blanche de l’histoire. Sauf que, de Burt Bacharach à Carole King en passant par Randy Newman ou les Pet Shop Boys, la grande Dusty, née Mary Isabel Catherine Bernadette O'Brien a chanté tout sauf le bottin. Et comme l’écrivait encore récemment dans le Times, cet esthète de choix qu’est Bob Stanley (Saint Etienne) : « la proximité et l’honnêteté de sa voix étaient parfois presque trop dure à supporter. ». Cette plongée au cœur du sujet s’en tient aux lieux communs, aux clichés que porte l’histoire de la star des sixties. On y constate qu’elle avait deux personnalités distinctes, à la vie et à la scène au point que quand elle voyait son nom sur l’affiche, elle n’avait pas toujours l’impression que c’était bien elle. Myope, capricieuse et perfectionniste, elle allait jusqu’à enregistrer ses voix mot à mot en studio. Elle fut aussi dès 1965, et c’est de la plus haute importance, celle qui introduisit la soul de Motown au cœur des foyers britanniques, invitant pour une édition spéciale du mythique Ready Steady Go rien moins que Martha And The Vandellas, Stevie Wonder, The Temptations, The Miracles et The Supremes. Elle gravera d’ailleurs quelques années plus tard un classique absolu du genre, Dusty In Memphis, sur la magie duquel on s’étend malheureusement assez peu ici. En revanche, rien ne nous sera épargné sur sa bisexualité et l’échec de sa carrière aux States, dégringolade assombrie par la drogue et l’alcool, et son retour triomphant (et pas qu’au niveau capillaire) dans l’Angleterre de la fin des années 80, assombri par une mort précoce (cancer du sein) à l’aube du nouveau siècle. On est en droit de trouver ce documentaire, un peu plat, un peu limité, un peu ronflant, en un mot : télévisuel. Mais on le conseillera tout de même aux fans, voire aux néophytes, rien que pour les versions complètes (en bonus) des classiques millésimés et éternels que sont I Only Want To Be With You, I Just Don’t Know What To Do With Myself et I Close My eyes And Count To Ten. Étienne Greib 4/6
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Ode to Billie Joe/Touch 'Em with Love
By Bobbie Gentry
Release date: 2008-10-14
Monday, July 27, 2009 
Acetate Zero Hesitation Blues (Arbouse/ Anticraft) En entendant les notes cristallines d’Imperial Climb, on ne pourra plus reprocher aux Parisiens d’Acetate Zero leur brouillonisme légendaire, leur art très particulier de brouiller les pistes en noyant leurs merveilles de chansons sous un déluge de fuzz intrépide et concassé. Lorsque après cet enchantement acoustique digne de The New Year, le règne de la distorsion reprend naturellement ses droits, c’est presque un groupe neuf, en tout cas plus maîtrisé qu’on écoute. Dry confirme que, même scandaleusement ignorés dans le paysage actuel, les franciliens troussent à merveille la tension (jamais apaisée, cela dit, juste plus contenue) pour en faire sortir le ravissement. On prendra The Road comme une aire de repos sur un chemin jusqu’ici plein de chaos. La production de Cyril Guillaneuf (Luke, Winter Camp) sert de manière inédite l’approche très personnelle que ces gens ont de ce qu’on appellera faut de mieux un post-rock mélodique et plus distingué qu’à l’accoutumée. Acetate Zero nous feraient-ils leur disque soft-rock ? Que nenni répond comme un uppercut Heavy Super Twin, (et plus tard le plus sobre Satan’s Alley) d’une lourdeur guitaristique peu commune, promis à des stridences terminales sur scène. Mais le ton général, même s’il ne renie rien de son histoire, de sa marque de fabrique faussement dilettante, reste néanmoins doux et précieux comme en atteste le bien nommé Precious Metal. Down With The Ship retrouve la trace de ses origines, avant d’avoir l’idée salutaire de ne pas en rajouter. En maîtrisant ses pulsions bruitistes sans les brider, Acetate Zero parvient à une maturité de bon aloi, concrétisée sur 49°55’’39.55 N+2°45’22.45’’E, crête atteinte de ce cinquième album en forme de new-wave immaculée. Étienne Greib 5/6
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D.I. Go Pop
By Disco Inferno
Release date: 2004-04-20
Monday, July 27, 2009 
V/A Brand Neu ! (Feraltone/ Import) Belle initiative que de saluer le génie stratosphérique de Michael Rother et Klaus Dinger par le biais d’une compilation tendant à rappeler leur influence pernicieuse mais bien réelle sur le rock et l’electro depuis plus de trente ans. Et de commencer avec Two Cool Rock Chicks Listening To Neu ! de Ciccone Youth (1988) où comme son nom l’indique Kim Gordon et une copine papotent en écoutant Negativland avant que J Mascis ne balance un riff monstrueux. Car en partant de Negativland uniquement, on peut tracer une ligne effective qui mène de Joy Division à Sonic Youth. C’est d’ailleurs nul autre que Barney Sumner (ou plutôt Bernard Albrecht) qui trace, en invité de luxe, un axe tangible entre Joy Division et le Krautrock en striant d’une guitare acérée et pas révisionniste pour un sou, l’inoubliable Shoot Speed/Kill Lights, clôture du dernier grand album du Vingtième siècle (XTRMNTR de Primal Scream-2000), premier véritable titre du disque. Si Pets With Pets, School Of Seven Bells et LCD Soundsystem célèbrent le coté évidemment proto punk des deux ex-Kraftwerk (écouter à titre d’exemple le morceau Hero sur Neu !75, puis juste après n’importe quel morceau des Sex Pistols ou de PIL), c’est plutôt l’aspect électronique et linéaire qui l’emporte chez les autres protagonistes (Fujiya & Miyagi, Cornelius, Kasabian, Foals). Ce fameux rythme motorique, buté et fascinant, sur lequel des thèses de musicologie ont dû, à l’heure actuelle, se pencher. On s’étonnera alors de ne point retrouver au générique Stereolab, dont les débuts doivent tout à Neu ! et l’on s’étonnera d’autant de la présence d’Oasis dont I Can See It Now ne recèle qu’une trace d’influence bien parcellaire des Allemands. Qu’on retrouve en personne en fin de parcours avec un titre auto référencé de Michael Rother en solo puis le Sketch1_08 de La Düsseldorf qui serait la dernière prestation enregistrée de Klaus Dinger, batteur important, avant sa disparition en Mars 2008. Quoique incomplète cette Brand Neu ! compilation ne dispense pas, bien au contraire, de redécouvrir les trois albums du groupe (Neu !, Neu ! 2, Neu ! 75) pierres angulaires et occultes d’une musique dont le rigorisme apparent autorisait en fait à toutes les fantaisies. Étienne Greib 5/6
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Neu! 75
By Neu!
Release date: 2008-08-26
Thursday, July 09, 2009 
Brian Eno Here Comes The Warm Jets, Taking Tiger Montain (By Strategy), Another Green World, Before And After Science (Virgin/Import) De Brian Eno, l’histoire aura tendance à ne retenir que ce théoricien pénible de l’ambient-music, ce professeur doué cuisinant des plats végétariens aux enfants de Bono dans des cuisines designés par des architectes italiens. Qui penserait que cet homme a un jour construit (malgré-lui ?) des disques remarquablement inventifs, post-punk d’avant le pré-punk, essayé d’inventer une musique pop moderne avec les moyens du bord, ouverts de nouveaux mondes ? Qu’il influençât de manière palpable ou inconsciente, la totalité de la production actuelle, de l’écurie Kompakt aux groupes qui se réclament de My Bloody Valentine ? Les leçons d’histoire se donnent ailleurs (et les apports de Robert Fripp et de Fred Frith à la guitare électrique se discutent ici assez peu), mais qui ignore délibérément les rééditions de ces quatre albums n’a vraiment aucune volonté de pédagogie envers son lectorat. Les premiers albums d’Eno sont l’œuvre d’un type qui ne se contente pas de sa renommée au sein de Roxy Music, orchestre atypique mais fait pour briller jusqu’à en devenir salement clinquant, non. Dans le contexte, le milieu des années 70, les disques d’Eno sont comme des vignettes naïves dans des bouteilles à la mer qu’on ne retrouvera qu’un peu plus tard, des bulles d’explorateurs incompris, des tapis volants vers la modernité. Toute une génération de curieux y trouva d’ailleurs une nouvelle topographie de la musique enregistrée, une réinterprétation des cartes, des dogmes précédemment admis. Here Comes The Warm Jets est une pure perle de glam-rock contrariée, une vraie pépite. Les deux premiers morceaux inventent My Bloody Valentine et Talking Heads, Big Black et Chris Knox, Baby’s On Fire connaît de nos jours les développements hautement x-tasiés (Superpitcher)) que l’on connaît, et le morceau titre annonce les sommets d’Another Green World. Il y a plus de panache dans ce chef d’œuvre que dans les trois premiers Roxy, ce qui est peu dire. Indispensable. Taking Tiger Mountain (By Strategy) en est un peu le cousin bâtard, faussement anecdotique, un excellent disque pop annonciateur de Blondie (The True Wheel, le meilleur morceau de Le Tigre) ou de Bauhaus (qui reprirent Third Uncle toute honte bue). Another Green World est le socle du post-rock, une merveille absolue, peut être l’un des dix disques les plus beaux de l’histoire, s’ouvrant sur une série de morceaux pénibles (preuve en est que l’innéfable Phil Collins y fait quelques percussions…) mais ouvrant ensuite vers LES disques du silence (Labradford, Talk Talk, Bark Psychosis, Bed pour ne citer que les plus marquants…) sans négliger deux des plus belles pièces de songwriting jamais fournies par le cerveau alambiqué d’un simple fils de facteur (St Elmos Fire-repris en sous-main par Yo La Tengo et Superchunk, Ui et Stereolab- , I’ll Come Running). Cas particulier de disque qui mérite que l’on s’y arrête à plusieurs reprises avant de le savourer pleinement, -à l’instar du Rock Bottom de Robert Wyatt- pour en découvrir la grandeur, The Big Ship, Sombre Reptiles, Becalmed et surtout Spirit Drifting étant (ce que tout le monde ignore) les bonus tracks aphones du Closer de Joy Division. Before And After Science est un cas complexe s’ouvrant comme LE disque des Talking Heads (Remain In Light) trois ans avant qu’ils ne le réalisent (et que Brian Eno ne le produise), annonçant l’ouverture vers la world music et le sampling de My Life In The Bush Of Ghost avec David Byrne, mais en miniatures prétentieuses. Disque ardu (lire casse-couilles) mais fondateur Before And After Science ne vaut que par King’s Lead Hat qui est en fait le meilleur morceau de Franz Ferdinand et par la fin du disque (By This River, Through Hollow Lands, Spider And I) triumvirat de berceuses habitées mais inoubliables. Ces disque sont importants car ils représentent un tournant. C’est le rock qui devient adulte tout en redevenant ludique, Motown qui rencontre l’école allemande, avant de se prendre la tête. Brian Eno aura accompli beaucoup de choses, inventé la new-wave en tant que musique entr’autres, puis d’un geste péremptoire ré-instauré le silence comme un élément prédominant dans la musique moderne. À l’écoute de ces quatres disque-là on aurait presque préféré qu’il en reste là et se taise à jamais. Étienne Greib
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A Year With Swollen Appendices: The Diary of Brian Eno
By Brian Eno
Thursday, June 25, 2009 
http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=58768391
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Denim & Leather
By Saxon
Release date: 2009-05-05
Thursday, May 21, 2009 
AJ Schnack Kurt Cobain, About A Son (E.D Distribution) Il valait peut-être mieux, finalement, que la veuve à poigne n’ait pas autorisé, AJ Schnack à utiliser des images en mouvement de feu Kurt Cobain. Car c’est la lenteur et le verbe qui font d’About A Son, beau requiem au blondinet qui, selon la formule consacrée, sauva le rock sans toutefois se sauver lui-même, un film émouvant et estimable. Il se présente comme une errance, un voyage sur les lieux qu’à foulé ou habité le leader de Nirvana, groupe dont on mesurera et savourera plus tard, quand tout le pathos martyrophile de cette (triste) affaire sera heureusement oublié, toute la glorieuse immédiateté. Cobain, c’est l’absent, il parle, le film se base sur des interviews données à Michael Azzerad, biographe officiel, qui permettent de redécouvrir, l’homme mais aussi le garçon en colère, derrière la rockstar au sommet du monde. La voix se fait récit, la voix laisse passer la décrépitude de l’homme, se fait plus douce, plus vieille. On a parfois l’impression d’entendre celle d’un enfant, parfois celle d’un vieillard. Mais cette voix ne ment pas, car elle en est incapable. Elle raconte aussi, et c’est la seconde qualité du film, son parcours musical, ses influences, ses dégoûts. Le documentaire d’AJ Schnack est donc aussi et surtout une belle leçon de pédagogie sonore. Au milieu de classiques millésimés (Bowie, Arlo Guthrie, Leadbelly, Iggy Pop et le toujours vert Up Around The Bend de Creedence Clearwater Revival) c’est bel et bien les racines de Nirvana qui sont dénudées. Des explosions fondatrices (Melvins, Butthole Surfers, Scratch Acid) aux composantes beaucoup plus Pop (The Vaselines, Half Japanese, REM) toutes les pièces à convictions sont ici exposées. Puis, le débit devient inconstant, souffreteux même, comme absent au monde et à lui-même. Puis comme dirait Jacques Toubon, il est mort Kurt Cobain. Et c’est un beau gâchis, un drame toujours inadmissible plus de quinze ans après les faits. Au final, l’absence et son corollaire implacable, la douleur, écartèlent le spectateur et l’acculent aux larmes, celle causées par la perte d’un génie mais surtout d’un être humain hautement estimable. Étienne Greib 4/6
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Bleach
By Nirvana
Release date: 1991-10-14