Gender: Female
Status: Divorced
Age: 58
Sign: Cancer
State: Languedoc-Roussillon
Country: FR
Signup Date: 6/7/2007
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Monday, July 20, 2009
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Bonjour.
Je m'appelle Benoît, j'ai 74 ans passés, je suis plombier et nous
sommes aujourd'hui le vendredi 11 juillet 2025. J'ai eu l'honneur
d'offrir aux membres de mon entreprise, mon pot de départ à la retraite.
Mon patron depuis 40 ans, Monsieur Guy, m'a offert comme cadeau, un
superbe déambulateur qui m'aidera à me déplacer, mes collègues de
travail se sont cotisés, quant à eux, pour m'offrir une séance d'une
semaine dans un centre de thalassothérapie à Binic, consacrée au
soulagement des douleurs dues à l'arthrose...
Quelle émotion, mes amis !
Mais ce fut pas tout pas tout ! Tenez vous bien : un membre du
Ministère du Travail des Aînés s'était personnellement déplacé pour me
décerner la Médaille de vermeil récompensant une activité
professionnelle exercée pendant plus de 55 ans ! Sans oublier la visite
surprise de Monsieur Gérard, appareil photo en bandoulière, membre du
bureau de ma section UMP de Vélizy, m'apportant 3 bouteilles de "vieux
pape", mon vin préféré !
Vous imaginez ma joie et ma fierté.
Et celle de Bernadette, mon épouse. Sans oublier Kiki, mon caniche nain, fier comme un ortolan !
J'admets sans honte avoir sangloté comme un gosse.
Et puis est venu le moment de mon discours. La voix étranglée par le
trac, j'ai d'abord remercié Monsieur Guy, un patron au grand coeur,
qui, à l'occasion de mes 65 ans n'a pas hésité à adapter des bretelles
à mon poste à soudure afin que je grimpe les étages plus aisément et de
surcroît a commandé des harnais sur mesure pour faciliter le transport
des sacs de plâtres. Ce geste simple et désintéressé m'a profondément
touché : je lui en serai toujours reconnaissant.

Puis j'ai évoqué M. Brice Hortefeux, l'instigateur généreux de la
réforme des retraites et chaleureusement félicité les gouvernements
successifs, qui, sous la poigne sévère mais juste de Messieurs Sarkozy
et Copé, ont su prendre à bras le corps ce problème crucial... À ce
moment du discours j'ai cru entendre quelques quolibets de collègues
socialistes et autres mauvais esprits toujours prêts à se rebeller pour
travailler le moins possible mais royal comme le président Copé, j'ai
méprisé ces manifestations conservatrices d'un autre âge.
Je ne sais ce qu'il m'a pris ; j'ai soudain été secoué par une
quinte de toux qui m'a durée 2 bonnes minutes. [Mon médecin, un
gauchiste du Modem écologique, m'avait assuré que mes poumons
ressemblaient à une éponge passée dans un bain d'acide sulfurique du
fait de l'absorption de vapeurs toxiques dues au chalumeau. Mais
Monsieur Guy, m'avait persuadé du contraire]. Essoufflé, je dus
réclamer un siège avant de chuter, victime d'un léger malaise.
Je me réveillai 5 minutes plus tard, pour poursuivre courageusement
mon discours sous les ricanements de la racaille bolchevique et
l'admiration bruyante de Messieurs Guy et Gérard et sous les aboiements
et les applaudissements de Bernadette et Kiki. À ce moment, devant la jalousie exacerbée de certains, j'avoue avoir eu mal à la France. Des tremblements incoercibles agitant mes mains m'obligérent à abréger mon speech.
Et ce fut couché sur une civière que je reçu cette médaille si
convoitée des mains d'un délégué du Ministère du Travail des Aînés.
Ce fut le plus beau jour de ma vie.
Ce fut aussi son dernier.
Amis, vive la retraite à 67 ans, puis 70 ans et enfin à 74 ans pour
le bien de l'économie et des équilibres financiers si nécessaires au
bonheur et à la perpétuation de l'espèce humaine, qu'ils disent !
La mort et la déchéance sont indubitablement au bout de cette
réforme qui résoudra au moins un problème majeur : celui de
l'euthanasie.
Bon courage et à après !
http://www.mediapart.fr/club/blog/doumepao/200709/le-mirage-aux-retraites
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Monday, July 20, 2009
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La justice condamne l’Etat à indemniser trois détenus La justice condamne l’Etat à indemniser trois détenus
C’est la deuxième fois que la justice reconnaît les conditions de vie « indignes » infligées à certains prisonniers
La
décision du tribunal administratif de Nantes, le 8 juillet, ne devrait
pas redorer le blason des prisons françaises. En cause, les conditions
de détention infligées à trois détenus incarcérés à la maison d’arrêt
de la ville. Vu « l’indignité » de leurs cellules, les juges leur ont
accordé une réparation allant, pour chacun, de 5 000 à 6 000 €.
Une décision qui en laisse présager d’autres, à entendre
l’Observatoire international des prisons (OIP). « Ce jugement constitue
un espoir pour les 45 000 détenus actuellement incarcérés au sein de
maisons d’arrêt surpeuplées, assure Hugues de Suremain, juriste à
l’OIP. D’ailleurs, plus d’une vingtaine de requêtes ont récemment été
déposées un peu partout en France. » Il s’agit aussi, et surtout, d’un
signal fort envoyé aux autorités pénitentiaires. Si les plaintes
venaient à se multiplier, la facture pourrait se monter à plusieurs
millions d’euros pour l’État.
Retour aux faits. C’est en voyant se dégrader l’état de santé de
ses clients, de plus en plus amaigris et déprimés, que l’avocat nantais
Benoît Rousseau décide, en 2003, de lancer une procédure. Les
conclusions des experts dépêchés à la maison d’arrêt sont sans appel :
« L’État ne respecte pas les règles qu’il impose lui-même. » Les
détenus s’entassaient en effet à sept dans une cellule de 30 mètres
carrés, sans toilettes séparées.
Des conditions contraires aux préconisations du code de procédure
pénale et d’une circulaire de 1987, qui impose 11 mètres carrés par
détenu. Convaincu de pouvoir obtenir gain de cause, l’avocat lance une
action indemnitaire en 2005. C’est elle qui vient de se solder, au
début du mois, par la victoire des trois détenus.
Un kit juridique à destination des avocats
L’expertise
ordonnée par Me Rousseau pourrait permettre le dépôt de nouvelles
requêtes, au nom d’autres prisonniers de ce même établissement. C’est
ce qui s’est passé après un jugement récemment obtenu par Me Étienne
Noël à Rouen. Premier et seul avocat – jusqu’à la décision du tribunal
nantais – à avoir réussi à faire condamner l’État (en mars 2008) pour
les conditions de détention infligées à un détenu rouennais, Étienne
Noël vient de gagner un second procès contre l’État en s’appuyant sur
l’expertise menée lors de la première affaire en 2008.
« Nous attendons la décision définitive avec impatience, puisque
l’État a fait appel du jugement, précise l’intéressé. Si elle était
confirmée en seconde instance, il me serait possible de recourir à
cette unique expertise pour une soixantaine de détenus incarcérés à
Rouen. » Selon l’OIP, les requêtes pourraient d’autant plus prospérer
que rien n’empêche les anciens détenus de poursuivre, eux aussi, l’État
(durant les quatre ans qui suivent leur sortie de prison).
Après avoir encouragé un peu partout dans l’Hexagone les dépôts de
plaintes de détenus, le Syndicat des avocats de France (SAF) vient de
faire paraître un kit juridique à destination des avocats souhaitant se
spécialiser dans ce contentieux. « En diffusant les bonnes pratiques
des professionnels les plus en pointe en la matière, nous espérons
aider les avocats à user des arguments les plus à même de faire
condamner l’État », explique Jean-Louis Borie, président du SAF. Un bon
moyen, selon lui, de faire évoluer la situation.
 | Marie BOËTON
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2384652&rubId=4076
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Monday, July 20, 2009
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Source / auteur : http://www.oip.org
Condamnation de l’orientation sécuritaire de la politique pénitentiaire par la CEDH
Paris, le 9 juillet 2009
Condamnation de l’orientation sécuritaire de la politique pénitentiaire par la Cour européenne : le législateur au pied du mur
Ce jour, la Cour européenne des droits
de l’homme a, à l’unanimité, condamné la France à raison du régime de
haute sécurité appliqué depuis le début de son incarcération en 2001 à
Cyril Khider, inscrit au répertoire des Détenus particulièrement
signalés (DPS). La Cour considère que les conditions de détention du
requérant, soumis à des transfèrements répétés, placé en régime
d’isolement à long terme et faisant l’objet de fouilles corporelles
intégrales régulières « s’analysent, par leur effet combiné et
répétitif, en un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article
3 de la Convention européenne ». Au travers de cette affaire portée par
l’OIP, c’est toute la politique pénitentiaire conduite depuis 2003,
orientée vers une gestion ultra-sécuritaire de la détention des
prisonniers réputés dangereux qui fait l’objet d’une mise en cause
cinglante.
La Cour a examiné dans le détail
chacune des mesures qui constituent le régime de détention imposé au
requérant. Elle incrimine d’abord les rotations de sécurité appliquées,
c’est-à-dire un système de transfert continuel d’un établissement à un
autre résultant d’une note confidentielle de l’administration
pénitentiaire, dont l’OIP a obtenu l’annulation par le Conseil d’Etat
le 29 février 2008. La Cour considère « qu’un nombre si élevé [14] de
transferts du requérant pendant son incarcération (...) était de nature
à créer chez lui un sentiment d’angoisse aigu quant à son adaptation
dans les différents lieux de détention et la possibilité de continuer
de recevoir les visites de sa famille et rendait quasi impossible la
mise en place d’un suivi médical cohérent sur le plan psychologique. »
La Cour pointe « la mise à l’isolement
pour une si longue période, combinée avec la dégradation de l’état de
santé psychologique et somatique du requérant, qui d’après les
certificats médicaux serait imputable aux prolongations répétées de
celle-ci ». Elle met ensuite en cause « le caractère répété » de
fouilles qui « combiné avec le caractère strict des conditions de
détention dont le requérant se plaint, ne paraissent pas être
justifiées par un impératif convaincant de sécurité, de défense de
l’ordre ou de prévention des infractions pénales et sont, de l’avis de
la Cour, de nature à créer en lui le sentiment d’avoir été victime de
mesures arbitraires ». Selon lles juges, « ces fouilles répétées,
pratiquées sur un détenu qui présentait des signes d’instabilité
psychiatrique et de souffrance psychologique, ont été de nature à
accentuer son sentiment d’humiliation et d’avilissement à un degré tel
qu’on peut les qualifier de traitement dégradant. »
La Cour condamne enfin la France à
raison de la violation du droit à un recours effectif, constatant que
l’intéressé ne disposait pas de moyens efficaces pour contester le
régime de transfert et de fouilles corporelles, eu égard à la
jurisprudence suivie à l’époque par les juridictions administratives.
Enfin, elle alloue au requérant 12 000 euros à titre de réparation du
dommage moral subi, considérant que le traitement appliqué était de
« nature à provoquer désespoir, angoisse et tension ».
Par ailleurs, la Cour européenne a fait
savoir, le 25 juin 2009, qu’elle examinerait les requêtes dirigées
contre la France de deux autres détenus, également appuyées par l’OIP.
Elle a dans ce cadre demandé au Gouvernement de fournir ses arguments
notamment sur la conformité du régime disciplinaire des détenus au
principe du procès équitable, ou la compatibilité des modalités
d’intervention des ERIS (unités spéciales d’intervention) avec
l’interdiction des traitements inhumains et dégradants.
L’OIP considère que la décision rendue
aujourd’hui par la Cour européenne appelle une réorientation radicale
de la gestion de la détention des personnes condamnées à des longues ou
très longues peines. Il constate en outre que le projet de loi
pénitentiaire en discussion au Parlement ne satisfait pas aux exigences
résultant de la jurisprudence de la Cour de Strasbourg. En effet, le
texte laisse, par son silence, en l’état la question du régime de
l’isolement et celle des transferts des personnes détenues. Plus
largement, le projet de loi accentue le pouvoir reconnu à
l’administration de porter atteinte aux droits fondamentaux des
personnes qui lui sont confiées, compte tenu de la possibilité qui lui
est octroyée de différencier les régimes de détention en fonction de
l’appréciation qu’elle porte sur la personnalité et la dangerosité des
détenus. La décision de la Cour de Strasbourg met une fois de plus en
lumière le fait que le projet de loi pénitentiaire apparaît en
contradiction avec les prescriptions du droit européen. L’OIP appelle
le législateur à en tirer toutes les conséquences.
http://www.hns-info.net/spip.php?article19055
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Sunday, June 28, 2009
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Compte-rendu de la
manif
La
grande manifestation s’est plutôt bien passée, malgré un dispositif
policier ahurissant et un parcours de manif qui nous a fait passer dans
des zones désertiques du port de Calais et de la commune de Blériot.
Pour tout dire, nous avions à peine fait 100 mètres en dehors du camp,
que chacun-e d’entre nous était fouillé individuellement. Nous avons
ainsi attendu au moins une demi-heure, le temps que les policiers
ouvrent tous les sacs et confisquent les sweat shirt et les batons de
nos drapeaux et banderoles, avec des vagues promesses de restituer ça
plus tard. C’est bien évidemment illégal (enfin, en temps normal).
Aujourd’hui nous avons vu : des centaines de CRS armés de leurs
«bétaillères» à chaque carrefour, un hélicoptère bourdonnant en
permanence au-dessus de notre tête, des gardes mobiles, des flics en
civil dans notre cortège, la police montée, des flics en bateau, des
flics postés aux fenêtres et sur le toit des immeubles HLM, et jusque
dans les jardins des maisons, etc.
Ce
fut ainsi quelque peu chaotique pour rejoindre le lieu de la
manifestation : nous avons bien marché 1h30 jusqu’au phare, puisque ce
sont des dizaines de CRS qui nous ont contraint, à chaque carrefour, à
choisir les chemins qui évitaient le centre-ville, histoire que nous
allions brayer avec les canards. Cela ne nous a cependant pas empêché
de distribuer le
journal du camp dès lors que notre route croisait celle de quelques maisons.

Arrivé-e-s
au phare, nous formions bien entre 1500 et 2000 manifestant-es. Nous
attendait notamment, un gros cortège CNT et une bonne mobilisation du
NPA. Les quelques riverains qui nous regardaient défiler depuis leurs
fenêtres s’affichaient sympathisants, certain-es d’entre eux nous
filant de l’eau.
Mais
l’impression dominante reste un constat d’impuissance face à un
dispositif policier et médiatique qui, depuis le début du camp,
invisibilise le contenu politique de nos actions pour ne focaliser les
regards de l’opinion que sur un aspect sécuritaire monté de toutes
pièces. Encore ce matin
Nord Littoral
titrait : «No Border, ça marche ou ça casse», avec en sous-titre
«L’heure de vérité». Jamais telle opprobre n’aura à ce point été jetée a priori.
Depuis mardi, les journalistes préparent médiatiquement les éventuelles
interventions de flics. C’est bien simple : dès qu’il s’agit de mettre
l’accent sur un supposé penchant prononcé pour la guerre de rue, nous
sommes clairement des anarchistes, mais dès qu’il s’agit de décrire la
réalité bon enfant du camp et sa dimension ouverte sur l’extérieur,
nous redevenons d’inofensifs «altermondialistes».
En attendant, il y avait aujourd’hui autant de flics que de
manifestant-es et une ville transformée en caserne… Pas d’arrestations
et une prise de parole d’un Afghan à la fin de la manif. Avec la
tension qui régnait hier soir sur le camp, c’est toujours ça de pris…
Indymedia Lille, 27 juin
2009.
9h35 : Départ pour la manif
Après une nuit dans un camp assiégé par les flics, nous partons vers le phare de Calais, début prévu de la manifestation.
Sauf que nous n’avons même pas fait 200 mètres dans la zone pavillonaire que nous sommes bloqués par un important barrage policier. :-(
On nous annonce qu’afin de pouvoir passer, nous allons tous subir une fouille…
Maintenant, sachant que nous sommes plus de 500, qu’il n’y
a que deux flics pour faire les vérifications, et que ça prend au moins
une minute par personne, pourrez vous nous dire si nous pourrons
rejoindre la manif lorsqu’elle fera son deuxième passage par le phare ?
10h05 : En route vers le phare
Finalement, quelques flics se sont mis en renfort pour fouiller les
manifestants, et nous avons pu enfin repartir vers le phare, où nous
attendraient déja plus de 2000 personnes.
Quoi qu’il
en soit, cet arrêt nous aura encore permis de discuter avec quelques
voisins, toujours aussi solidaires face à un déploiement policier aussi
disporportionné…
Au passage devant les HLM près du centre commercial Mi-Voix, les
manifestant crient aux habitants nous regardant aux fenêtres de nous
rejoindre.
Le centre commercial est bien ouvert (tiens, ils n’ont pas suivi les consignes de madame le Maire), mais un des «cars de ramassage» parisiens est garé bien en évidence sur le
parking…
Arrivé au phare d’ici 30 ou 45 minutes.
11h25 : Divagations policières
On se demande si les flics regardent le plan de la ville à l’envers ou s’ils cherchent vraiment à ce que tout dégénère…
Alors que nous aurions pu prendre un chemin assez direct et
relativement sûr de leur point de vue (avec très peu de commerces), ils
nous font prendre tout une série de chemins détournés…
Le pire, c’est
qu’arrivés
pres du début de la rue Molien, presque vers le lieu de la distribution
des repas de midi (en fait plutôt vers 14h, ce qui explique qu’il n’y a actuellement personne), les flics nous forcent à faire un détour et passer juste au
contact de la maison des Éclusiers (le squat des Érythréens), puis nous reforcent à rejoindre la rue Molien, alors que d’ici, il faut prendre un pont pour rejoindre directement le phare…
Encore pire, ils nous bloquent quelques dizaines de mètres plus loin…
Assez violemment, puisque les BAC balancent quelques coups de matraques
sur les premiers rangs, qui cherchent à passer.

Après quelques minutes d’arrêt, les flics nous repoussent jusqu’en face du pont qui reste cependant bloqué
!
Nous sommes donc devant le squat des Érythréens, dans une situation
très tendue, car les flics sont au contact de la maison et entravent
les déplacements aussi bien des manifestants que des Érythréens…
12h00 : Arrivée au Phare
Bon, on dirait que les flics lillois ont enfin compris qu’ils étaient
encore en train de lire le plan de Lille, et qu’ils ont eu la bonne
idée de demander aux gens de l’hélicoptère de leur indiquer le bon
chemin…
Nous sommes donc enfin
arrivés au phare, où nous attendent les autres manifestants. Pas 2000
comme je l’avais malheureusement dit, quand même pas loin d’un millier.
Après une petite prise de parole pour décrire aux autres les conditions
de notre parcours, nous partons directement pour la manifestation
officielle.
Au delà des barrières, loin de nous, une bonne centaine de Calaisiens nous regardent.
14h30 : Fin de manif
Avec dispersion au phare, alors que nous devions aller jusqu’aux
ferries. La longueur du trajet, le soleil de plomb, et probablement le
désir de ne pas se retrouver dans une souricière si nous continuions
jusqu’aux ferries comme cela était prévu.
Prises de paroles, avec notamment un migrant afgham et une personne de Calais qui héberge un migrant.
Maintenant, puisque nous n’avons pas accès aux restaurants locaux, il ne nous reste plus qu’à retourner au camp.
En espérant que les flics nous permettent un retour moins tumultueux que l’aller…
ZPAJOL liste sur les mouvements de sans-papiers, 27 juin.
http://juralibertaire.over-blog.com/article-33158758.html
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Sunday, June 28, 2009
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De la répression à la jubilation
Le camp No Border de Calais aura donné l’occasion à la Voix du Nord de choisir le sien avec zèle. On
appréciera une fois de plus les commentaires adéquats de cet honorable journal, en date du 26 juin, à propos de l’inscription documentée dans le présent article :
«Les
No Border écrivent beaucoup. Un site internet, des tracts, des
affiches, des pancartes. Ils ne se privent apparemment pas non plus
d’étaler leur prose sur les murs, comme en témoigne l’inscription
couchée sur un mur du transformateur électrique situé à côté du camp.
Surtout, dans un contexte de tensions avec les CRS, l’inscription prend
des allures d’avertissement. Et ça fait quoi une guêpe contre une
matraque ?»
Quand la police réprime, la Voix du Nord aboie.
Le droit d’auteur comme
instrument de censure
Le Jura Libertaire a pour sa part eu droit à ceci, au sujet de la série
d’articles intitulée «No Border Calais : La répression qui vient» — qui
ont été beaucoup lus, avant d’être supprimés par Overblog
:
Mise en demeure
Anne-Caroline BUISSON ..>
Lille, le 24 juin 2009
Monsieur le Directeur de la Publication,
Nous avons constaté que sont reproduits et diffusés des articles parus dans LA VOIX DU NORD sur le site
juralibertaire.over-blog.com que vous éditez notamment à l’adresse suivante : http://juralibertaire.over-blog.com/article-32844337.html
Cependant, à aucun moment vous n’avez sollicité ni obtenu notre accord pour la reprise de ces
articles.
Je vous rappelle que ces diffusions non autorisées sont constitutives du délit de contrefaçon, sanctionné par
l’article L.335-3 du Code de la propriété intellectuelle.
Dans ces conditions, nous vous mettons en demeure de retirer de ce site l’ensemble des articles de la Voix du
Nord dans un délai de quarante-huit (48) heures à compter de la réception de la présente.
À défaut, nous nous réservons la faculté d’engager toute procédure judiciaire, notamment en référé, afin de
faire valoir nos droits.
Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur de la Publication, l’expression de
mes sincères salutations.
No border ? Au bûcher !
Médias, police, justice, mairie, préfecture : tous ensemble pour alimenter la psychose d’une invasion
terroriste. Les autorités n’auraient-elles pas quelque chose à craindre de la solidarité que l’organisation d’un tel évènement fait naître
inévitablement ?
Vous êtes maire d’une
ville qui va recevoir pendant une semaine un événement majeur sur une
question qui touche directement votre commune. Que faites-vous ?
Bouchart (UMP) a la réponse : annuler les activités culturelles,
appeler les flics en renfort, reporter le conseil municipal, faire
ville morte, donner des interviews alarmistes tout en faisant pression
sur l’ensemble des
associations calaisiennes ; et surtout ne pas rencontrer le No Border qui envoie des «mails anonymes», c’est-à-dire dire signés du nom du collectif. «Je ne sais pas de qui on parle. […]
c’est
signé “No Border”. On ne sait pas qui est qui, on ne sait pas
identifier.» Pas question non plus de traverser la rue qui sépare la
mairie de la Maison Pour Tous où se réunissait le comité organisateur.
«À l’intérieur
de ce mouvement qui peut apparaître “Peace and love”, il y a des anarchistes […] Vu l’état d’esprit de ces personnes, on peut tout attendre.» Tout ? Ambiance…
Police partout / Justice nulle part
Côté préfecture, c’est clair : une bonne cargaison de CRS (entre 1000 et 2000 parqués au camp Jules
Ferry), des meutes de flics en civils genre cow-boy de la BAC [Brigade anti-criminalité] et fouille-merde des RG [Renseignements généraux] qui occuperont pour l’occasion les hôtels calaisiens réquisitionnés tout spécialement. Pierre de Bousquet de Florient [Préfet du Pas-de-Calais, ancien chef de la DST, co-prince d’Andorre entre 1997 et 1999 (c’est pas une blague) et mis en cause
dans l’affaire Clearstream] n’a
pas confiance : «Nous voyons bien que ceux avec lesquels nous discutons
ou bien ne tiennent pas leurs engagements, ou bien ne veulent pas les
tenir». Il est fait ici référence au refus d’un terrain par le collectif
organisateur, les gens du voyage l’ayant
déjà réservé, chose que le préfet avait «omis» de préciser. Pourtant ce
dernier est «de bonne volonté», et ses déclarations le prouvent : il
est «absolument sans illusions sur les intentions de ceux qui
organisent». En effet.
«Tous les papiers qu’on reçoit sont signés No Border. Mais No Border, pour moi, c’est nobody.» Humour… «Ce ne sont jamais les mêmes personnes qui négocient avec
nous. Il s’agit
souvent de pions avancés. Les vrais décideurs, on ne les voit jamais.» Et paranoïa… Une structure sans hiérarchie, c’est trop !
Et celle là : «La manifestation est déclarée sous de faux noms, de
fausses identités. […] Quelles craintes ont-ils à déclarer leur
manifestation ?» Peut-être une méfiance vis-à-vis des flics et des
magistrats habitués à mettre en taule au moindre prétexte ? Lors d’une réunion de négociation, le sous-préfet a prévenu : surtout «ne pas répondre aux provocations policières», tout est dit !
À noter : les populations migrantes détenues au Centre de Rétention
Administrative de Coquelles ont été transférées pour l’occasion. En effet, assiéger les CRA pour réclamer la libération des populations en
exil, voilà le genre de «dérives ultra violentes» dont sont capables les personnes participantes au No Border.
Des pressions à gogo
Du côté de la société civile, c’est l’embrouille. Certaines associations humanitaires se méfient de la «politisation» de la question migratoire [Emmaüs, Secours catholique et Médecins du Monde se sont officiellement «désolidarisés» du No Border
(Nord Éclair, 18/06/09)].
D’autres
craignent la réaction du maire en cas de participation au projet :
adieu subventions ! Côté théâtre, sans les pressions que le directeur
du Channel a subi, aurait-il annulé la rencontre organisée par le No
Border dans ses locaux ? «On m’a demandé de prendre cette décision. Mais cette décision c’est moi qui l’ai prise. Librement.» Précisant par ailleurs que «l’avenir du Channel est en jeu». Et
l’avenir
n’est pas mis
en péril par le No Border : «Honnêtement, je ne pense pas qu’une avocate et un médecin auraient tout cassé au Channel». Considérant les 800.000 € annuels versés au théâtre par la mairie de
Calais, Bouchart était plus à même de peser sur le «libre arbitre» du directeur de la scène nationale…
Positionnements «subtils»
On connait la promptitude avec laquelle les Verts et la LDH dénoncent
les politiques répressives dans des communiqués qui n’engagent à rien. Pourtant, le
représentant de la LDH sur Calais et l’élue Vert enfoncent tranquillement le No Border dans le torchon Nord Littoral [Édition du
13/06/09]. Contactés par nos soins, ils
n’ont pas donné
signe de vie… morts de honte ?
Si les associations de soutien aux sans-pap’ de Calais n’ont pas signé l’appel à manifester du No Border [L’association Terre d’Errance fait exception], certaines ont fini par le soutenir publiquement [Notamment le collectif d’associations C’Sur, ainsi que l’association Salam, dont les communiqués dénoncent entre
autre la psychose entretenue par les autorités] tandis
que nombre de militant-es associatifs se sont joints à titre individuel à l’organisation de l’évènement.
Les médias partent en croisade
Côté médias, on donne pleines pages aux autorités se délectant des
«dérives ultra-violentes», sans contradicteur et sans vérifier la
réalité des faits ; on déblatère sur les thèmes de prédilection des
flics et des mouchards : sécurité, ordre, violence et menace. La
description du réseau No Border frise le comique : «groupuscule
associatif international à sensibilité anarchiste», «GreenPeace de l’immigration», «mercenaires de l’anti-impérialisme», «babas cool pacifistes ou casseurs ?», «réseau d’ultra gauche clandestin», «groupe
d’extrême
gauche anarchiste»… Quand on questionne le journaliste de Nord Littoral, il annonce : «C’était par provocation, pour que les gens du No Border se manifestent». Un vrai
pro…
La Voix du Nord remporte la palme avec son titre : «Le camp No Border, une zone de non-droit». Le journaliste se lâche : «Ces militants […] s’enferment, se replient,
s’isolent
et déterminent une zone de non-droit». Il en rajoute : «Visiblement,
tout est mis en œuvre pour vivre en autarcie». Pourquoi tant de haine ?
Parce que la presse est invitée à rester en dehors du camp, tout comme
les flics. Les raisons ? Primo : une carte de presse ne donne pas tous
les droits. De deux : le camp fonctionne en groupes de travail et en
réunion collégiale, il est de ce fait important de se protéger des
mouchards. Tertio : quand les journalistes feront leur boulot, on en
reparlera. À titre
de remarque : lui et ses collègues restent bien gentiment sur le pas de
la porte quand les réunions de ministres et des conseils d’administration se font dans le secret.
Cela concerne pourtant la vie de millions de gens. Alors ? Quand l’autorité parle, les chiens de garde se couchent.
Psychotiques forcenés
Cet enchaînement de dispositifs sécuritaires, médiatiques et
souterrains crée un certain malaise. Le quadrillage policier, les
interventions récurrentes du maire et de la préfecture sur «l’ultra-violence», les dizaines d’articles que les médias locaux consacrent non sur l’évènement, mais sur ses supposés dangers…
Précisons ici que les camps No Border sont l’occasion de créer un rapport de force avec les autorités, notamment par l’action
directe (occupations de locaux, blocages) et de créer une rencontre
avec les populations locales et migrantes. Contrairement au
positionnement «humanitaire» œuvrant dans la négociation permanente, il
s’agit
ici de montrer une opposition nette, non contre une population, mais
contre une politique répressive, xénophobe et «ultra violente».
Citations tirées de la Voix du Nord, Nord Littoral et
Nord Éclair, journaux
propriété de l’empire Rossel (qui compte aussiL’Indépendant, Lille
Plus, Nouvelle Côte d’Opale, etc.) + d’info :La Brique no 12.
http://juralibertaire.over-blog.com/article-33161950.html
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Thursday, June 11, 2009
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08.06.2009
« Un handicapé incarcéré »
Il
y a un peu plus de deux ans E. était un détenu en bonne santé faisant
du sport régulièrement et participant à toutes sortes d'activités que
propose la centrale. Puis, un jour, après un match de foot, ils l'ont
emmené et je ne l'ai plus revu durant un certain temps. Quand il est
réapparu en promenade personne ne l'a reconnu tellement il était
affaibli et amaigri. Ensuite nous l'avons vu dépérir de plus en plus
en quelques mois, jusqu'à ce qu'il finisse par être paralysé, ne se
déplaçant plus qu'en fauteuil roulant. Tout ça, d'après lui, à cause
d'une infection urinaire mal soignée, chose que nous avions eu un peu
de mal à croire vu son état physique. En le voyant traîner son
corps comme un fardeau au parloir ou lors de ses rares sorties en
promenade, je me suis dit qu'il devait vivre un véritable enfer en
détention, car bien évidemment, ici, rien n'est véritablement adapté
pour les personnes handicapées subissant une longue peine. Un
jour, il est venu me parler de son histoire et de sa souffrance. Il
avait entendu parler du BLOG et avait envie d'y exprimer ce qui lui
était arrivé afin de faire bouger les choses et surtout de ne pas
laisser passer sous silence les erreurs que l'administration avait
commise à son encontre et qui l'avaient conduit sur une chaise
roulante. Comme il avait un peu de mal à mettre tout ça par écrit, je
lui ais donc proposé de l'interroger en une dizaine de questions dans
le cadre de la série des « interviews interdites » afin de faire
partager à un maximum de lecteurs extérieurs les réflexions de cet
handicapé incarcéré. La raison d'être de ce BLOG, comme vous le
savez, est de laisser la parole en priorité à ceux qui ne l'on pas,
afin de vous donner, par le récit et différents témoignages, un petit
aperçu de l'inhumanité carcéral brut telle que nous pouvons la vivre au
quotidien. Par la même occasion c'est aussi une façon de briser
le silence scandaleux des institutions, tout en vous donnant à
réfléchir sur le « vrai sens de la peine » que certain accomplissent
toujours dans des conditions indignes dans le soit disant « pays des
droits de l'homme ». Je vous laisse donc avec les propos de E., accrochez-vous parce que ce n'est pas tendre... A bientôt sur le BLOG pour la suite... Laurent JACQUA 1) Comment tes problèmes de santé sont-ils arrivés ? Tout
a commencé lorsque j'ai ressenti quelques difficultés pour uriner
après un match de foot. Le lendemain je suis allé à l'infirmerie pour
voir le médecin qui a diagnostiqué sans faire plus d'analyses une
infection urinaire. Des antibiotiques m'ont été prescrits, mais
le soir même j'ai eu un blocage urinaire qui m'a conduit à être
hospitalisé d'urgence. A l'hôpital de Poissy les médecins ont
décidé de me percer le ventre avec un cathéter pour soulager la vessie
puis je suis retourné à la prison et j'ai dû utiliser une sonde et une
poche durant six mois pour uriner. Durant cette période j'ai été
extrait à plusieurs reprises dans différents hôpitaux pour voir des
urologues qui ont finalement décidé de me retirer la sonde perçant mon
ventre depuis six mois. Mais les choses n'ont fait qu'empirer
puisque suite à un nouveau blocage je suis retourné aux urgences et ils
m'ont réinstallé un cathéter avec une poche. De retour à la prison
pendant le parloir j'ai eu un début d'hémorragie au niveau des
perforations. Les surveillants ne ce sont alarmé outre mesure et m'ont fait remonter en cellule au lieu d'appeler les secours. Quelques
heures plus tard j'ai été retrouvé inconscient dans ma cellule et
finalement j'ai atterri une fois de plus aux urgences parce que les
surveillants n'avaient pas pris la mesure de la gravité de mon cas. Après
un coma dont je ne peux précisé la longueur je me suis réveillé à
l'hôpital de Poissy et j'ai constaté qu'ils avaient retiré le cathéter
planté dans le ventre pour m'introduire une sonde dans le sexe. Le lendemain seulement j'étais de retour en cellule malgré la gravité de mon état. Durant
dix jours j'ai gardé cette nouvelle sonde urinaire. C'est le médecin
chef de la centrale qui a pris la décision de me la retirer sans
consulté l'avis d'un urologue, résultat la vessie c'est bloquée à
nouveau et les aller retour entre les urgences et la prison n'ont plus
cessé pendant des semaine jusqu'à ce que la direction de Poissy prenne
enfin la décision de m'envoyer à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes où
j'ai été hospitalisé durant un mois. J'y ai fait toute une série
d'examens et d'analyses qui ont décelé une « prostatite aigue » ce qui
n'est pas normal à 33 ans. 2) D'après toi qui en est responsable ? Le
retard pris pour mon problème de santé, une mauvaise prise en charge du
médecin de l'UCSA de Poissy, l'incompétence du personnel pénitentiaire
ainsi que les mauvais soins à l'hôpital de Fresnes ont conduit à ce
qu'une simple infection urinaire se transforme en prostatite aigue. Mon
état s'est considérablement dégradé puisque aujourd'hui je suis
paralysé des deux jambes, en effet le nerf sciatique a été touché suite
à l'hémorragie, j'ai aussi perdu plus de 10 kilos. 3) Depuis quand ton calvaire dure-t-il ? Depuis
le 12 avril 2007 je vis un véritable enfer et je ne vois pour
l'instant aucune amélioration à ma situation et à mon état santé. 4) Es-tu bien suivi sur le plan médical à Poissy ? Comme
vous avez pu le constater plus haut, la prise en charge en prison des
cas comme le mien sont dramatique et les conséquences sont terribles
puisque aujourd'hui je me déplace en fauteuil roulant et en béquille
quand cela va un peu mieux. C'est seulement au bout de deux ans qu'un
urologue sérieux a fini par trouver un médicament capable de me
soulager. 5) Quelles conséquences cela a-t-il sur ta vie en détention ? Imaginez
la vie d'un handicapé dans un milieu comme la prison, rien n'est adapté
pour nous. C'est un vrai parcours du combattant ne serait-ce pour se
déplacer, nettoyer sa cellule,se laver, s'habiller, aller au parloir et
bien entendu je suis privé de toute activités culturelles et sportives,
je suis prisonnier de mon corps à l'intérieur de la prison, c'est une
double peine. Je vis au jour le jour selon mon état physique, mais
moralement c'est encore pire puisque je vis dans l'angoisse permanente
d'une rechute ou d'un problème grave de santé. Je ne vis plus je survis en me traînant comme un vieillard affaibli. 6) A combien de pourcent évalues-tu ton handicape ? J'évalue
mon handicape à 90% mais ici la COTOREP l'évalue seulement à 79% pour
pas que je bénéficie de l'aide médicale et des auxiliaires de vie. Il
faut savoir que l'allocation COTOREP en prison n'est que de 30%, ce qui
représente 185 euros. 7) Espères-tu une amélioration de ta situation ? Comme
aucune guérison ne peut se régler par un traitement médicamenteux la
seule solution est chirurgicale avec l'ablation de la prostate ce qui
risque d'engendrer une stérilité permanente. Je suis
actuellement en train de réfléchir à cette seule possibilité, mais la
décision reste difficile à prendre compte tenu de mon désir d'enfants
et de ma vie de couple. Vous pouvez voir ce qu'une simple
infection urinaire mal soignée en prison peut vous coûter à cause d'une
erreur médicale en milieu fermé. C'est ce que l'on pourrait appeler de
la maltraitance carcérale et de la non assistance à personne en danger. 8) As-tu demandé un aménagement de peine, et si oui ont-ils tenu compte de ton état de santé ? En
juin 2008, mon état de santé s'aggravant, j'ai fait une demande de
baisse de peine de sûreté, celle-ci a été rejetée et j'ai dû attendre
mars 2009 pour faire une demande de conditionnelle pour raison
médicale. Après un mois d'attente j'ai eu une réponse négative à cause
de mon passé judiciaire et mon incapacité à travailler vu mon handicape. J'ai fait appel de cette décision mais je suis très pessimiste en ce qui concerne mon aménagement de peine. 9) Qu'envisages-tu
d'entamer comme autres procédures ou démarches pour que l'on prenne
enfin en compte ta souffrance et ta situation ? J'ai déposé plainte contre le médecin chef de l'UCSA de Poissy, ainsi que la direction de la centrale. J'ai
aussi informé de ma situation les instances concernées, à savoir ; la
direction régionale pénitentiaire, la DASS, l'IGAS et OIP. 10) Comment envisages tu ton avenir ? Je
souhaiterai être libéré en appel et bénéficier d'une conditionnelle le
plus vite possible avant qu'il ne soit trop tard et que mon état de
santé ne se détériore encore plus. J'aimerai retrouver ma
famille et surtout ma femme et ma fille. Etre soigné de façon plus
efficace et humaine à l'extérieur, ainsi n'aurai-je peut-être pas
besoin de subir l'ablation de la prostate en suivant un traitement
adapté à mon cas. E. T.
BLOG DE Laurent JACQUA : "Vu de prison" http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/
- Laurent JACQUA, séropositif, incarcéré depuis 1984, auteur de "la guillotine carcérale", écrit le premier blog de prisonnier depuis sa cellule de la maison centrale de Poissy -
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Saturday, May 23, 2009
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Le gâchis Patrick Henry
Christian
RANUCCI, Lucien LEGER, Patrick HENRY, tous trois
incarnent chacun une facette du traitement judiciaire du tueur
d’enfant. 3 facettes d’un même échec pourrait-on dire, aucun d’entre
eux n’ayant une fin heureuse, ou du moins synonyme d’espoir et de
réinsertion. Christian RANUCCI incarne aux yeux du grand public
l’erreur judiciaire, avec un arrière fond d’injustice qu’on adhère ou
non à la thèse de l’innocence, puisque lui-seul sur les trois a été
guillotiné, à 22 ans. Lucien LEGER incarne la folie meurtrière, le
meurtre sans la moindre raison si ce n’est l’espoir de devenir un
criminel célèbre, et fut sanctionné de la peine de mise à l’écart de la
société, 40 ans de détention. Patrick HENRY incarne lui la crapulerie
et la médiocrité d’un homme lancé dans un enlèvement mal ficelé, tuant
l’enfant sans état d’âme lorsqu’il devient gênant, le seul à avoir eu
de la chance et qui l’a systématiquement gâchée. Tous trois sur une
période de dix ans, entre 1966 et 1976, auront déchaîné les passions et
les haines, puis auront ressurgi à leur façon à la fin des années 90.
Le 30 janvier 1976 à TROYES, Patrick HENRY kidnappe le fils des
époux BERTRAND, le petit Philippe. Le mobile est crapuleux, il veut
extorquer de l’argent et appelle aussitôt les parents pour leur
demander un million de francs. Patrick Henry est déjà connu des
services de police pour quelques vols ainsi qu’un homicide
involontaire. Il est jeune et rêve à l’évidence d’une vie facile et
sans contrainte. Patrick Henry est un jeune homme sans qualités et sans
qualification. Il s’est laissé orienter vers un CAP de cuisinier. Il a
été représentant, il a vendu des ficelles et des grillages aux paysans
champenois. Et puis il a voulu ouvrir un magasin dont il attend la
fortune. Mais il confond chiffre d’affaires et bénéfice. Il est vite
dans le rouge.
A-t-il voulu imiter quelque enlèvement d’enfant de riche industriel
comme il s’en est produit dans les années 70 ? Sur l’année 1975, on
recense Maxime Cathalan, 20 mois, fille du PDG des laboratoires
Roussel, libérée contre 2 millions de francs, et Christophe Mérieux,
libéré contre 20 millions de francs. Toujours est-il qu’il s’est bien
trop surestimé.
Philippe BERTRAND le connaît, et le suit tout naturellement
lorsqu’il vient le chercher à la sortie de l’école. Les parents
reçoivent vite une demande de rançon, destinée au grand-père, le seul à
avoir une petite fortune, toute relative puisqu’il dirige un cabinet
d’assurance. Mais on ne s’improvise pas kidnappeur d’enfant et Patrick
HENRY est très vite pris à son propre piège. Agissant seul, il ne peut
risquer d’approcher l’enfant d’une grande fortune et entreprendre un
rapt violent. Il est obligé de s’en prendre à un enfant de son
entourage, pour pouvoir partir avec lui après l’école sans éveiller les
soupçons. Effectivement, personne à l’école n’a rien remarqué, mais
Patrick HENRY se retrouve vite face à un dilemme, puisque l’enfant
pourra le dénoncer. Pour la planque, là encore, les moyens ne sont pas
au rendez-vous. Il a loué une petite chambre pour y rester avec
Philippe, ce qui n’est guère discret, au niveau du voisinage ou des
cloisons, au travers desquelles les pleurs vont s’entendre et
attireront les soupçons lorsque les médias relaieront l’affaire.
 
Par ailleurs, concernant la rançon, les parents ayant fait appel à
la police, Patrick HENRY ne parvient pas à organiser sa remise, les
policiers n’étant jamais loin. Il balade ainsi sur de longs kilomètres
le père du petit Philippe, le promenant en de multiples points de
rendez-vous où le père y trouve des habits de son fils, et manque ainsi
à deux reprises de se faire attraper par la police. Car Patrick HENRY a
trouvé malin d’utiliser de petites routes de campagne, pratiques
certes pour semer des poursuivants mais sur lesquelles il est
impossible de se fondre dans la foule, parce qu’elles sont désertes.
Par deux fois, il est donc poursuivi par la police et s’échappe de
justesse. Les jours passent sans nouvelles du ravisseur pour les
parents du petit Philippe. C’est comme si Patrick HENRY avait abandonné
l’idée de récupérer l’argent. Durant cette période, il part au ski et
vaque à ses occupations. Repéré cependant par des gérants de bar, il
est arrêté et interrogé par la police, qui doit le relâcher. L’affaire
Patrick HENRY est aussi célèbre pour le dérapage assumé des policiers
lors de la garde à vue puisque le commissaire a avoué, après que la
culpabilité d’HENRY ait éclaté au grand jour bien sûr, l’avoir emmené
en forêt. Le commissaire lui a tiré juste au dessus de la tête sans que
Patrick HENRY ne craque. Cette bavure incroyable ne sera évidemment
jamais reprochée au commissaire dans l’atmosphère de lynchage qui a
suivi.
Libéré de sa garde à vue, Patrick HENRY se livre à quelques
interviews qui lui seront grandement reprochés à son procès, dont la
fameuse interview télévisée où il milite pour la peine de mort pour le
responsable. Même relâché, Patrick HENRY reste surveillé, et avec une
confondante bêtise, mène tout droit les policiers dans sa planque, où
le cadavre de l’enfant est resté, depuis l’enlèvement, sous le lit,
enroulé dans un tapis. Patrick HENRY l’a vraisemblablement tué le
soir-même de son enlèvement, les voisins du dessous n’ayant jamais
entendu des pas ou bruits d’enfant. Il n’a pas fait disparaître le
corps. C’est la fin de ce pitoyable enlèvement et meurtre d’enfant.
 
Patrick HENRY risque alors la peine capitale et aucun avocat de
Troyes ne veut le défendre. Même son père réclame le châtiment suprême.
Dans des cas comme celui-là, c’est le Bâtonnier, Robert BOCQUILLON,
représentant de l’ordre des avocats, qui doit accomplir cette besogne,
besogne qui lui ôtera certainement de nombreux clients. La chance
sourit alors à Patrick HENRY, qui bénéficie d’un appui décisif dans sa
défense puisque Robert BADINTER accepte de venir plaider uniquement sur
la peine de mort. Cela ajouté à une stratégie de défense en retrait, où
Patrick HENRY reconnaît les faits, permettra aux deux avocats de lui
sauver sa tête, malgré l’ambiance de lynchage durant le procès. En
janvier 1977, à la stupeur générale, Patrick HENRY est condamné à la
réclusion criminelle à perpétuité.
 
En prison, Patrick HENRY semble se réinsérer de façon encourageante
par le biais de l’informatique qu’il a étudié et qu’il enseigne à son
tour aux autres détenus. Il obtient son BEPC, son bac, une licence de
mathématiques et un DUT en informatique. Il s’occupe de l’imprimerie de
la détention et la transforme en entreprise florissante. Il gagnera
ainsi environ 1.100 € par mois avec cette activité quand la plupart des
détenus doivent se contenter des maigres salaires des ateliers. Et
pourtant, l’appât du gain reprend le dessus. Patrick HENRY est en effet
condamné en prison pour trafic de drogue, organisé donc au sein de la
prison, en 1989. Cette affaire est lointaine quand il obtient une
libération conditionnelle avec promesse d’embauche chez un employeur
caennais le 15 mai 2001. La famille du petit Philippe n’a manifestement
pas fait opposition. On se souvient en effet que Lucien LEGER n’avait
pu pendant longtemps être libéré en raison du père de sa petite victime
qui avait juré de le tuer à sa sortie. La sortie de Patrick HENRY se
déroule mieux et passer la tourmente médiatique, on pense qu’il va
mener une vie tranquille avec son nouveau travail.
Les surveillants de la prison en tout cas sont peu enclins à le voir
sortir, et certains disent qu’il n’avait rien perdu de son côté
manipulateur en détention . Patrick HENRY les étonnait par ses
provocations, nullement impressionné par les menaces des autres détenus
qui ne sont pas tendres avec les tueurs d’enfants. Des surveillants
disent également que son goût et sa recherche de l’argent ne l’ont
jamais quitté et qu’il choisissait ses amis par intérêt .
Et de fait, Patrick HENRY recommence à faire n’importe quoi. Alors
que la libération conditionnelle lui a été accordée difficilement, il
recommence ses larcins, est pris pour vol à l’étalage et se fourvoie
dans un trafic de stupéfiants en se faisant arrêter avec plusieurs
kilos de haschich en Espagne. Il a acheté la drogue au Maroc et est
sorti du territoire français en violation de ses obligations auprès du
juge d’application des peines. Rien que cette faute déclenche la
délivrance d’un mandat d’arrêt par son juge d’application des peines.
Il se serait fait cueillir en France dès sa rentrée sur le territoire.
Comme si l’incarcération durant 25 années n’était qu’une parenthèse et
qu’à peine sorti, il voulait de nouveau mener à bien son projet de vie
facile. Là encore, il n’a aucune expérience du genre de délinquance où
il sévit et met toutes les chances de son côté pour se faire attraper.
La police espagnole a en effet installé, comme souvent,un barrage sur
un axe bien fréquenté des trafiquants ramenant du cannabis du Maroc
vers la France. Patrick HENRY essaie d’échapper au contrôle mais se
fait arrêter avec 10 kilos de pollen de cannabis d’une valeur de 30,000
€. Incompréhensible faux pas lorsqu’on sait que Patrick HENRY est sorti
de prison avec un pécule de 110.000 francs grâce à son travail à
l’imprimerie et n’avait pas besoin d’argent !

La sortie de son livre intitulé "vous n’aurez pas à le regretter"
était prévu quelques mois plus tard mais ne verra sans doute jamais le
jour. Cette phrase, Patrick HENRY l’avait prononcée à l’énoncé du
verdict de la Cour d’Assises. Déjà, on pressentait la recherche des
médias, et nul doute que sans son retour en prison, Patrick HENRY
aurait fait le tour des plateaux télé. Il avait alors commencé à
monnayer des interviews.
Le 22 juillet 2003, il est condamné par le Tribunal Correctionnel de
CAEN à quatre ans de prison et 20000 € d’amende. Sa conditionnelle est
évidemment annulée et il est donc de nouveau condamné à perpétuité.
Dans le cadre de l’enquête en FRANCE, la police retrouve des images
pédophiles sur son ordinateur. Patrick HENRY s’est aussi connecté sur
des sites d’achat d’armes et de faux documents....Patrick HENRY censé
être un exemple de réinsertion termine donc en mouton noir de la
réinsertion. Au vu de sa personnalité, nous n’avons peut-être pas fini
d’entendre parler de lui.
Voici une interview donnée au journal L’EXPRESS après cette affaire
en février 2003 dans laquelle Patrick HENRY ne manque guère d’excuses
pour se justifier. A la lire, on s’étonne vraiment qu’une libération
conditionnelle ait pu lui être accordée. Patrick HENRY y apparaît comme
quelqu’un d’égocentrique, justifiant sans le moindre mal ses délits :
Vous avez été arrêté, début octobre, avec 10 kilos de haschisch
en Espagne. Pourquoi avoir pris le risque de retourner en prison, alors
que vous sortiez à peine de vingt-cinq ans de réclusion ?
C’est un long enchaînement de circonstances. En fait, lorsque je
suis sorti de prison, en mai 2001, j’ai commencé à travailler chez un
imprimeur. Très vite, je me suis senti mal dans cette entreprise, même
si j’étais reconnaissant à son patron de m’avoir offert une chance.
J’avais l’impression de faire en liberté exactement ce que je faisais
dans les ateliers en prison. J’ai commencé à chercher un autre boulot.
Mais ce n’est pas facile quand on s’appelle Patrick Henry… Un jour,
j’ai voulu louer un garage dans une agence immobilière de Caen. Quand
j’ai donné mon nom, l’employé m’a hurlé de sortir. A ce moment-là, j’en
suis arrivé à la conclusion que je n’avais pas d’autre solution que de
quitter la France. Je me suis dit que j’allais monter une entreprise de
programmation informatique en Tunisie. Là-bas, personne ne connaît mon
nom, mon visage. Le problème, c’est qu’il me manquait encore un peu
d’argent pour financer ce départ.
Votre éditeur vous avait pourtant versé une importante avance. Pourquoi aller acheter du haschisch ?
J’allais mal. La seule chose que je savais, c’est que, depuis mon
crime, il était évidemment hors de question que je m’attaque à une
personne ou commette une agression. J’avais entendu parler du shit, du
Maroc. Dans mon esprit, je faisais un seul aller-retour. Je ne savais
même pas comment revendre la drogue, ni combien cela allait me
rapporter…
La police espagnole ne vous en a pas laissé le temps...
Au péage de Sagunto, au sud de Valence, la Guardia civil me
contrôle. Je tremblais, mais, dans ces cas-là, on garde toujours un
petit espoir d’y échapper. Pendant que les policiers tournaient autour
de la voiture, j’ai réussi à prendre discrètement mes papiers à
l’intérieur et à récupérer mon passeport, qui avait été placé sous un
képi, sur le toit du véhicule. Quand ils ont découvert les 10 kilos,
ils ont vu que j’étais nerveux et m’ont passé les menottes. J’ai quand
même essayé de m’échapper, mais je ne suis pas allé bien loin…
Vous avez déçu la confiance de ceux qui vous ont aidé et risquez
de porter atteinte à la réinsertion des prisonniers. Comment
expliquez-vous votre attitude ?
Depuis mon procès, j’ai l’impression d’être un phénomène de foire.
On m’a présenté comme le symbole de la lutte pour l’abolition de la
peine de mort. Pourtant, après mon procès, alors que j’étais incarcéré,
il y a eu plusieurs condamnations à mort et même deux exécutions. On
n’en parle pas. Plus tard, j’étais censé incarner le problème de la
réinsertion, après vingt-cinq ans passés en détention. On a voulu faire
de moi un surhomme, alors qu’en fait je ne suis qu’un pauvre type. Et
maintenant que je suis en Espagne, on lance des procédures d’urgence
pour me faire revenir le plus vite possible en France. Je suis prêt à
rendre des comptes à la justice, mais pas à être récupéré par le débat
politique.
On a parfois l’impression que vous avez totalement refoulé le meurtre du petit Philippe Bertrand...
Depuis mon acte de 1976, je suis habité par un mal-être. J’ai dans
la tête en permanence la mort d’un enfant. Comment est-il possible, si
vous êtes normal, d’intégrer une chose pareille, de l’admettre, de
l’oublier ?
Avant l’épisode du haschisch, il y avait déjà eu le vol à l’étalage chez Leroy-Merlin, en juin 2002...
Rien ne justifiait ce geste stupide. J’ai risqué ma liberté parce
que j’ai eu la flemme d’aller chercher de l’argent dans ma voiture, qui
était garée à 300 mètres sur un parking ! Cette histoire ridicule a eu
des conséquences gigantesques. Lorsque la nouvelle a été rendue
publique dans les médias, le 18 juillet, le ciel m’est tombé sur la
tête. J’étais affolé. J’ai jeté toutes mes affaires dans ma voiture et
j’ai pris l’autoroute Caen-Paris sans savoir où aller. Je voulais me
cacher. Je me suis finalement arrêté sur une aire de repos, je me suis
allongé dans l’herbe et j’ai pleuré pendant vingt minutes. J’ai appelé
mon avocat, Me Thierry Lévy, qui m’a demandé de le rejoindre à son
cabinet parisien. Là, il m’a expliqué qu’il fallait faire face.
Pourtant, le jour du procès, je n’étais pas fier. Le parquet n’a pas
voulu que j’entre au tribunal par une porte discrète. Pourquoi
m’obliger à affronter les objectifs des photographes ? Et pourquoi me
condamner à une amende démentielle de 2 000 euros pour un vol de 80
euros que j’avais remboursés ?
Votre ancien employeur a déclaré qu’il avait trouvé des photos à caractère pédophile sur l’un de vos ordinateurs...
Je ne sais pas qui a entré ces photos sur mon ordinateur. Je n’ai
jamais stocké la moindre photo pédophile. A l’époque de mon crime, il
n’y a eu aucun soupçon de cette nature. Je considère que la pédophilie
est une maladie. Je ne l’ai pas attrapée en prison.
Compte tenu de votre crime, ne deviez-vous pas être plus irréprochable encore que les autres citoyens ?
J’ai du mal à accepter cette idée. J’ai quand même fait vingt-cinq
ans de prison. C’est très long. Je ne suis pas sûr que m’y remettre
servira à grand-chose. Un an après ma remise en liberté, dans ma tête,
j’étais encore en prison. Après l’épisode Leroy-Merlin, j’ai offert ma
démission à mon employeur, qui la gardait sous le coude. Je ne savais
plus où j’allais, je ne sortais plus de chez moi, je vivais volets
clos. J’avais passé dix-sept ans en prison à Caen et je ne connaissais
personne dans cette ville. Mon grand regret, c’est de n’avoir pas été
capable de parler de mes problèmes avec les quelques personnes qui
auraient su m’écouter. J’ai le sentiment d’un immense gâchis.
Vous allez avoir 50 ans dans quelques jours. Comment voyez-vous votre avenir ?
Je ne vois pas grand-chose. En France, ma liberté conditionnelle va
tomber automatiquement. Je vais sans doute être condamné, peut-être à
sept ans de détention. Au bout d’un certain temps, je pourrai toujours
essayer de demander une liberté conditionnelle. Mais quel employeur va
s’engager à me donner du travail ? Or, sans travail, pas de
conditionnelle… Et après, quand je sortirai, il faudra tout recommencer
à zéro. Je ne sais pas si j’en aurai le courage.
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/le-gachis-patrick-henry-56394
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Monday, May 18, 2009
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Tous et toutes à Calais du 23 au 29 Juin - Camp No Border
Publié vendredi 15 mai 2009
Du
23 au 29 juin à Calais se tiendra un camp pour la liberté de
circulation pour tous et toutes et la fin des frontières et des
contrôles migratoires.
Suite à la rencontre entre un militant du collectif No Border et des
Lyonnais, à la Plume noire le 13 mai 2009, voici quelques éléments
d’information pour le camp No Border.
(
Plan de l’article :
I - Appel pour un camp No Border à Calais
II - Diaporama sur la situation des migrants
III - Préparer le camp
IV - Liens et contacts utiles
V - Quelques vidéos sur la situation à Calais
I - Appel pour un camp No Border à Calais
Discussions, actions, rencontres, meetings, manifestations, démonstrations (23-29 juin 2009)
Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militants
français et belges, et des groupes de soutien français en coopération
avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la
situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens
avec les communautés de migrants, contribuer à développer les liens
entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités
sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre
les migrants et les militants de la région. Le camp revendique la
liberté de circulation pour tous et toutes, la fin des frontières et
des contrôles migratoires. Nous appelons à un mouvement radical contre
les systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyens et
non-citoyens, entre avec et sans papiers.
Pourquoi Calais ?
Nous avons choisi Calais pour deux raisons essentielles. C’est un
lieu important dans l’histoire du développement des contrôles
migratoires et depuis longtemps un goulet d’étranglement pour celles et
ceux qui cherchent à se rendre en Grande-Bretagne. C’est surtout un
lieu d’affrontement entre ceux qui veulent stopper toute migration vers
l’Union Européenne et ceux qui luttent pour détruire les barrières
entre les peuples, les frontières qui empêchent la liberté de
circulation pour tous et toutes, et non pour quelques privilégiés.
Depuis le milieu des années 90, des dizaines de milliers de migrants
ont vécu à Calais sans aucune ressource, contraints de dormir à la dure
dans la “jungle” dans l’espoir de pouvoir un jour traverser la Manche
vers l’Angleterre. En 1999 la Croix Rouge a ouvert un centre dans la
ville voisine de Sangatte, mais celui-ci a dû fermer sous la pression
conjuguée de la France et de la Grande-Bretagne. Depuis, une présence
policière et une répression renforcées obligent des milliers d’hommes,
de femmes et d’enfants à errer dans la région de Calais et le long des
côtes du Nord de la France, de la Belgique et des Pays-Bas. Ils et
elles sont régulièrement brutaliséEs par la police, victimes de gaz
lacrymogènes, battuEs, arrêtéEs et enferméEs régulièrement au Centre de
Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. La police brûle
régulièrement leurs abris et les maigres possessions qu’ils
contiennent. Les groupes qui les soutiennent en leur fournissant des
repas et de l’aide humanitaire subissent une répression croissante par
la police et plusieurs militants ont été arrêtés ces derniers mois.
Pendant ce temps, le ministre de l’immigration britannique Phil Woolas
a appelé à la construction d’un centre de rétention permanent à
l’intérieur du Port de Calais.
La partie la plus visible de l’iceberg
Calais n’est pourtant qu’une petite partie de l’ensemble des
contrôles migratoires européens, une frontière interne majeure au sein
du système hi-tech des frontières européennes. Depuis le début des
années 2000, l’UE s’emploie à construire “l’Europe Forteresse” en
externalisant ses frontières en Asie et en Afrique avec des patrouilles
frontalières en Méditerranée, en Lybie et sur la côte Ouest de
l’Afrique grâce à l’agence Frontex (Agence européenne pour la gestion
de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures), et via sa
politique extérieure qui permet de payer des Etats, de l’Ukraine
jusqu’au Maroc, pour effectuer à sa place le travail de prévention de
l’immigration.
Les droits des migrants sont aussi ceux des travailleurs
A travers ce système de contrôle aux frontières, les autorités
créent deux sortes de migrants : une minorité de migrants “qualifiés”,
considérés comme “utiles” à l’état, et une majorité de travailleurs
sans papiers, à laquelle aucun droit n’est garanti et qui se retrouve
donc exploitée à loisir sur le marché du travail. C’est pourquoi notre
combat pour la liberté de circulation est également un combat pour les
droits de tous les travailleurs.
La solidaité transnationale marche !
Etablir des liens en travaillant ensemble nous permet d’échanger de
l’information à un niveau transnational, et ainsi d’exploiter les
failles et les fissures de cette “Europe Forteresse”. En novembre
dernier, c’est en partie grâce à un effort de solidarité transnationale
que la déportation organisée de réfugiés afghans de Calais à Kaboul a
pu être empêchée.
Camper et Faire Campagne contre les Frontières
Ce camp s’inscrit dans la tradition des camps No Border organisés à
travers le monde depuis les années 90. Comme le camp de Lesvos au mois
d’août prochain, ce sera un espace pour partager des informations, des
compétences et des expériences, un espace pour préparer et réaliser des
actions contre le système des frontières qui nous divise tous et
toutes. Depuis des siècles, les puissances impérialistes européennes
exploitent la terre, les ressources et les populations de la majorité
de la planète pour s’enrichir et devenir plus puissantes, semant sur
leur passage la guerre, la destruction de l’environnement et des
inégalités criantes. Tenter le voyage vers le Royaume Uni, c’est lutter
contre cette injustice. La situation calaisienne est une conséquence de
la politique d’immigration britannique et nous appelons les groupes,
réseaux et individus à agir à travers la Manche pour participer au
mouvement global de solidarité qui défend leur droit à la circulation à
travers les frontières.
Egalité des droits pour touTEs !
Personne n’est illégal. Liberté de circulation et d’installation pour touTEs !
II - Diaporama sur la situation des migrants à Calais (cliquer sur l’image pour passer à la suivante)
..
III - Préparer le camp no Border
La Logistique :
Les besoins logistiques sont nombreux, le matériel et les bonnes volontés sont les bienvenues. Le camp a notamment besoin de :
Groupes électrogènes.
Cantines (deux se sont déjà engagées à venir).
Des tentes de grandes tailles pour l’installation des espaces collectifs. (chapiteaux, marabous, yourtes, etc.)
Du
matériel informatique et des gens compétents pour le mettre en place
afin d’installer une tente informatique / médias alternatisf.
contact : calais.logistics[at]gmail.com
Finances du camp :
Le camp a aussi besoin d’argent, les dons sont les bienvenus et doivent être envoyé à :
London No Borders, Co-operative Bank
IBAN : GB85CPBK08929965252615
BIC Code : CPBKGB22
Les dons serviront pour :
Matériel électrique
Provision d’eau
Toilettes chimiques (en complément de toilettes sèches fabriquées sur place)
Assurance si l’on obtient la permission légale de tenir le campement
Location de tentes
Factures téléphone et Internet
Location d’un lieu en ville pour un point d’info
Location d’un lieu pour l’équipe médicale / légale
Achat de la bouffe, en large quantité, à l’avance ; on récupérera de l’argent à travers des dons dans le camp
Le terrain ? Plusieurs terrains ont été repérés par
les militants locaux. Des négociations sont en cours avec la communauté
d’agglomération pour l’obtention d’un terrain à proximité du
centre-ville équipé eau/électricité et capable d’accueillir entre 2.000
et 3.000 personnes. Dans le cas où les négociations pour le terrain
échoueraient un des terrains sera probablement squatté.
Le planning ? Sur l’ensemble de la semaine aucun
planning précis n’est pour l’instant posé, en dehors du 27 Juin où une
manifestation importante est prévue. Pour le reste les rendez-vous
dépendrons des envies des participants, de leurs modes d’actions, de
l’actualité. Débats, projections, aussi bien que manifestations et
actions diverses sont bien sûr envisagées.
Un espace d’expression sera prévu avec des cartes du monde. Dans le camp il faudra que les migrants aient la parole, la possibilité d’écrire à leurs familles par courrier postal ou courriel, de laisser des témoignages sur différents supports.
Un espace d’infos juridiques et politiques.
Des infos sur la France, Calais, l’Angleterre.
Des débats sont envisagés, parmi les premières propositions :
Comment vivre sans frontières
Pillage des pays du sud
Monde du travail et sans papiers, vivre illégal
Racisme et manipulations politiques
Le rôle des médias
L’enferment, prisons pour étrangers, prisons pour tous
Migrations sud/sud
Les lois européennes mises au clair et comparaisons transnationales du
sort réservé aux migrants
Militarisation du monde, raison des migrations
Médias alternatifs :
Le site No Border reste le premier outil d’information sur le camp,
avec relais dans les médias alternatifs par la suite, avec notamment
l’adaptation d’un site "indymedia.org" en site multilingue pour relayer
l’information (Les motivés pour faire de la traduction seront les
bienvenus sur le camp).
Une radio sera aussi mise en place sous forme de web-radio, peut-être
émission 24h/24h pendant le camp. Des équipes photo & vidéo sont
aussi en formation.
La volonté de faire un journal papier (quotidien ?) est aussi évoqué.
Les bonnes volontés et les compétences sont les bienvenues pour faire vivre l’information dans et hors du camp.
Médias traditionnels :
Il est évident que nous serons rapidement amenés à être en contact
avec les médias. Des journalistes étaient d’ailleurs présents lors du
premier meeting que nous avons eu.
Nous avons demandé un compte-rendu aux camarades anglais sur la
façon dont le lien avec les médias avait été géré lors du campement de
Gatwick. Le groupe médias avait été contacté quelques six semaines
avant le début du camp. Au campement de Gatwick, il y avait un n° de
téléphone pour les contacts presse, ainsi qu’une tente réservée aux
contacts médias ; la règle choisie était aussi « aucun média à
l’intérieur du campement. » Une formation pour gérer les médias,
comment répondre aux questions manipulatoires avait été proposée. Il
avait été noté qu’il faudra être vigilantEs quant aux intrusions de
médias dans le campement, dans les réunions…
Pour le campement de Calais, les choses pourraient être différentes
étant donné la médiatisation du sujet (cf. le succès du film "Welcome",
qui décrit la situation à Calais…). Sans doute aussi y aura-t-il un
traitement médiatique beaucoup plus hostile de la part des médias
britanniques ?
Nous avions décidé de mettre en place une équipe médias lors de
notre prochaine rencontre en mai. Il faut collectivement décider des
messages, du discours porté par cette équipe. Cette équipe pourrait
être composée de deux groupes, l’un gérant les médias britanniques,
l’autre les médias français et belges.
Dans tous les cas, nous ne pourrons contrôler les distorsions
opérées par les médias. Il faudra essayer de faire passer notre message
No Border aussi clairement que possible. Le groupe britannique a déjà
été formé, il a produit un article à destination du magazine Red
Pepper. Le groupe français sera mis en place en mai.
Il est vraisemblable que les associations locales ainsi que leurs
porte-paroles soient contactés par les médias qui les connaissent bien.
Nous allons écrire aux associations pour leur dire comment nous
souhaiterions qu’elles appréhendent leurs réponses aux médias quant au
campement. Nous demanderons à ce qu’aucun détail matériel ne soit donné
quant aux actions. Bien entendu, chacun-e sera libre d’exprimer ce
qu’il ou elle pense du camp, évidemment nous espérons que cela sera
plutôt positif, voire enthousiaste ! Nous espérons aussi que les
assoces s’associeront et organiseront des ateliers au sein du
campement, sur la situation sur le terrain, la solidarité à construire
etc…
Bref, il reste donc à décider comment nous allons organiser l’équipe
médias, quels seront celles et ceux qui seront mandatéEs pour parler
aux médias. Sur le site web, il y aura des coordonnées pour les
contacts médias. Une idée serait de contacter Atiq Rahimi (l’écrivain
afghan lauréat du dernier Goncourt), et, plus important, de contacter
d’autres migrants pour faire partie de ces contacts.

IV - Plus d’info / Contacts :
Le site du camp no border
Le site no borders anglais
contact : noborder-groupelocal-calais[at]hotmail.fr
Le tract diffusé auprès des migrants de Calais aussi en arabe et en dari
Des sites sur la situation des migrants et les luttes dans le Nord :
Dissidence Nordiste
Here Today, gone tomorrow…
Collectif C’sur (Collectif de soins d’urgence aux réfugiés
Site de la Cimade
Association SALAM
Les Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS)(A calais mais aussi partout en france)

V - Vidéos
5 Ans après la fermeture de Sangate…
..
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La vie des migrants à Calais (film en trois partie)
..
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Témoignages des 50 Afghans arrêtés à Calais en Novembre 2008
..
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Sans-Papiers : enquête de Saïd Bouamama
Le 31 mai 2009, au "Nouveau Siècle" de Lille, le sociologue Saïd
Bouamama présente les données de son enquête sur le devenir des
sans-papiers, les trajectoires des personnes ayant bénéficié d’une
régularisation.
Organisé par le CSP 59, le Collectif Afrique et l’IDM, avec le soutien du Conseil Général.
Un rapport en trois parties extrêmement intéressant !
..
..
..
Pour les motivé-e-s, un autre camp No Border aura lieu cet été en Europe, à Lesvos en Grèce, du 25 au 31 aout 2009. Plus d’infos ici. Contact : noborder.lesvos.2009[at]gmail.com
Un gros merci à Enous, pour son passage à la Plume noire et pour
toutes les informations/vidéos/textes qu’il a pu nous passer sur le No
Border de Calais.
http://rebellyon.info/article6363.html
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Tuesday, May 12, 2009
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EVENEMENT TRES IMPORTANT A MONTPELLIER DANS LA LUTTE AVEC LES SANS-PAPIERS POUR OBTENIR LEUR REGULARISATION ! VENEZ NOMBREUX, FAITES SUIVRE CETTE INFO ! MERCI
Kermesse de solidarité
La Coordination des Comités de Soutien aux sans-papiers vous invite à venir nombreuses et nombreux,le samedi 16 mai sur la place du plan Cabane à partir de 16 h,
POUR UNE GRANDE KERMESSE DE LA SOLIDARITÉ AVEC LES SANS-PAPIERS.
Avec: Tombola *, jeux, stands , animations pour les enfants, musique, tables de presse et conteurs Venez
ainsi passer un moment convivial en protestant contre les contrôles
incessants de la police et les rafles dans Figuerolles qui
criminalisent ce quartier. Venez affirmer votre solidarité avec les
sans-papiers... Accepter de laisser les sans-papiers
criminalisés aujourd'hui c'est accepter la restriction de nos libertés
demain ! Les sans-papiers sont les premières victimes de l'inégalité dans la répartition des richesses que nous subissons nous aussi. Accepter leur sort aujourd'hui c'est accepter nos conditions de vie de demain !
Aucun être humain n'est illégal !
*
Les bénéfices de la tombola serviront à participer aux frais pour la
défense des dossiers de sans-papiers déposés le 25 juin dernier par la Coordination des Comités de Soutien aux sans-papiers . Les lots de la
tombola sont une contribution des commerçants du quartier Figuerolles.
Un grand merci à eux.
Site internet de la Coordination des comités de soutien aux sans-papiers de Montpellier, à visiter: http://soutienauxsanspapiers.hautetfort.com/
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Thursday, April 30, 2009
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appel pour un camp no border à calais
Le
camp No Border de Calais est un projet mené par des militantEs
françaisES et belge, et des groupes de soutien français en coopération
avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la
situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens
avec les communatés de migrantEs, contribuer à développer les liens
entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités
sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre
les migrantEs et les militantEs de la région.
Le camp revendique la liberté de circulation pour tous
et toutes, la fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous
appelons à un mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui
nous divisent entre citoyenNEs et non-citoyenNEs, entre avec et sans
papiers.
Pourquoi Calais ? Nous avons choisi Calais pour deux raisons essentielles. C’est un
lieu important dans l’histoire du développement des contrôles
migratoires et depuis longtemps un goulet d’étranglement pour celles et
ceux qui cherchent à se rendre en Grande-Bretagne. C’est surtout un
lieu d’affrontement entre ceux qui veulent stopper toute migration vers
l’Union Européenne et ceux qui luttent pour détruire les barrières
entre les peuples, les frontières qui empêchent la liberté de
circulation pour tous et toutes, et non pour quelques privilégiéEs.
Depuis le milieu des années 90, des dizaines de millier de migrants ont
vécu à Calais sans aucune ressource, contraints de dormir à la dure
dans la “jungle” dans l’espoir de pouvoir un jour traverser la Manche
vers l’Angleterre. En 1999 la Croix Rouge a ouvert un centre dans la
ville voisine de Sangatte, mais celui-ci a du fermer sous la pression
conjuguée de la France et de la Grande-Bretagne. Depuis, une présence
policière et une répression renforcées obligent des milliers d’hommes,
de femmes et d’enfants à errer dans la région de Calais et le long des
côtes du Nord de la France, de la Belgique et des Pays-Bas. Ils et
elles sont régulièrement brutaliséEs par la police, victimes de gaz
lacrymogènes, battuEs, arrêtéEs et enferméEs régulièrement au Centre de
Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. La police brûle
régulièrement leurs abris et les maigres possessions qu’ils
contiennent. Les groupes qui les soutiennent en leur fournissant des
repas et de l’aide humanitaire subissent une répression croissante par
la police et plusieurs militantEs ont été arrêtéEs ces derniers mois.
Pendant ce temps, le ministre de l’immigration Phil Woolas a appelé à
la construction d’un centre de rétention permanent à l’intérieur du
Port de Calais.
La partie la plus visible de l’iceberg Calais n’est pourtant qu’une petite partie de l’ensemble des
contrôles migratoires européens, une frontière interne majeure au sein
du système hi-tech des frontières européennes. Depuis le début des
années 2000, l’UE s’emploie à construire “l’Europe Forteresse” en
externalisant ses frontières en Asie et en Afrique avec des patrouilles
frontalières en Méditerranée, en Lybie et sur la côte Ouest de
l’Afrique grâce à l’agence Frontex (Agence européenne pour la gestion
de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures), et via sa
politique extérieure qui permet de payer des Etats, de l’Ukraine
jusqu’au Maroc, pour effectuer à sa place le travail de prévention de
l’immigration.
Les droits des migrants sont aussi ceux des travailleurs A travers ce système de contrôle aux frontières, les autorités
créent deux sortes de migrants : une minorité de migrants “qualifiés”,
considérés comme “utiles” à l’état, et une majorité de travailleurs
sans papiers, à laquelle aucun droit n’est garanti et qui se retrouve
donc exploitée à loisir sur le marché du travail. C’est pourquoi notre
combat pour la liberté de circulation est également un combat pour les
droits de tous les travailleurs.
La solidaité transnationale marche !
Etablir des liens en travaillant ensemble nous permet d’échanger de
l’information à un niveau transnational, et ainsi d’exploiter les
failles et les fissures de cette “Europe Forteresse”. En novembre
dernier, c’est en partie grâce à un effort de solidarité transnationale
que la déportation organisée de réfugiés afghans de Calais à Kaboul a
pu être empêchée.
Camper et Faire Campagne contre les Frontières Ce camp s’inscrit dans la tradition des camps No Border organisés
à travers le monde depuis les années 90. Comme le camp de Lesbos au
mois d’août prochain, ce sera un espace pour partager des informations,
des compétences et des expériences, un espace pour préparer et réaliser
des actions contre le système des frontières qui nous divise tous et
toutes. Depuis des siècles, les puissances impérialistes européennes
exploitent la terre, les ressources et les populations de la majorité
de la planète pour s’enrichir et devenirs plus puissantes, semant sur
leur passage la guerre, la destruction de l’environnement et des
inégalités criantes. Tenter le voyage vers le Royaume Uni, c’est lutter
contre cette injustice. La situation calaisienne est une conséquence de
la politique d’immigration britannique et nous appelons les groupes,
réseaux et individus à agir à travers la Manche pour participer au
mouvement global de solidarité qui défend leur droit qui défend leur
droit à la circulation à travers les frontières.
Egalité des droits pour touTEs !
Personne n’est illégal. Liberté de circulation et d’installation pour touTEs !
http://calaisnoborder.eu.org/
http://london.noborders.org.uk/cala...
Contact à Calais : noborder-groupelocal-calais at hotmail.fr
Infos à propos du camp No Border de Lesbos : contact : noborder.lesvos.2009 at gmail.com
http://lille.indymedia.org/article16180.html
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