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Tuesday, April 01, 2008 

Un bon compte-rendu des caractéristiques de la névrose obsessionnelle.

 

Cette névrose est caractérisée par l’existence de sentiments, d’idées, de conduites qui s’imposent de façon contraignante et qui entraînent le patient dans une lutte incessante et anxieuse.

Ces obsessions assiègent le malade, s’imposent malgré lui alors qu’il a conscience de leur caractère pathologique.

La névrose obsessionnelle est la névrose la plus difficile à soigner.

Elle survient en règle sur une personnalité obsessionnelle, marquée par le souci de l’ordre, la tendance au doute, aux scrupules, aux vérifications.

Souvent les obsessions déterminent des comportements stéréotypés, des gestes absurdes, gratuits.

Par exemple ceux qui consistent à ne pas poser le pied sur les interstices du pavage d’un trottoir, à toucher tel objet au passage etc. Il s’agit d’un rituel qui finit par s’imposer si puissamment au sujet que celui-ci éprouve de l’angoisse ou un malaise lorsqu’il ne peut le respecter.

Chez la plupart des individus, ce ne sont là que des jeux n’entraînant aucune tension psychique. Ils révèlent toutefois un certain besoin du sacré, du tabou. Ce geste, ce mouvement mécanique, constitue une conjuration, une exorcisation dont l’objet, bien qu’invisible même aux yeux du patient, reste présent quelque part.

Les obsessionnels ont parfaitement conscience de leur singularité, de leur ridicule. Ils ne s’obstinent dans ces rites absurdes qu’afin d’avoir la paix, l’espace d’un instant.

[?] Causes et facteurs de risque

L’obsession peut faire irruption à tout moment. Le malade ne peut ni l’empêcher d’apparaître, ni la faire disparaître.

Les obsessions sont nombreuses ; elles peuvent être :

  • Idéatives ou intellectuelles : abstraites et symboliques, elles paraissent absurdes : auto-interrogations, doutes sans fin, répétition de chiffres, de mots... Elles ont l’allure de ruminations mentales, souvent interrogatives, réoccupant sans arrêt le champ de la pensée. Leur contenu peut être une idée concrète (mot, chiffre, objet), mais parfois il s’agit de questions abstraites, métaphysiques, religieuses, morales...;
  • Impulsives : le plus souvent ce sont des phobies d’impulsion, c’est-à-dire des actes impulsifs que le malade redoute de commettre (actes ridicules, inconvenants, agressifs...). Le sujet ressent à la fois le désir et la crainte de prononcer ou de commettre une obscénité, de se donner ou de donner la mort (infanticide) . Mais le passage à l’acte est exceptionnel, sauf s’il est sans conséquence ;
  • Obsessions phobiques : elles se rapprochent des phobies par leur contenu, mais s’en différencient par l’absence de l’objet phobique. La crainte est spécifique, mais non liée à la présence de l’objet. La pensée de l’objet ou de la situation suffit à entraîner l’angoisse. Le malade par exemple s’interdit de toucher un objet déterminé. Ces obsessions concernent souvent les maladies, les microbes, la saleté, voire le contact. Elles entraînent de nombreux rites de lavage, nettoyage et vérification.

Ces "rites conjuratoires" , imprégnés de pensée magique, sont des moyens de défense contre les obsessions et se répètent de plus en plus jusqu’à devenir invalidants. Le patient sait qu’ils sont absurdes, mais il ne peut pas s’empêcher de s’y livrer.

Par exemple, un malade atteint d’onomatomanie ne peut s’empêcher de répéter mentalement les mots. Un autre, souffrant lui d’arithmomanie, ne cesse de se livrer à d’épuisantes opérations de calcul mental. Un troisième, en proie à la folie du scrupule, passe son temps à se torturer en s’infligeant des pensées odieuses, sacrilèges etc.

Les thèmes obsessionnels portent le plus souvent sur la religion (et le péché, le sacrilège), la protection corporelle (et la maladie, la souillure), la protection contre les dangers extérieurs (avec souvent agressivité), l’ordre et la symétrie (avec classement), la perfection et l’exactitude (provoquant la honte de ne pas atteindre la perfection), le temps.

La personnalité obsessionnelle

Cette personnalité comporte trois composantes :

  • La psychasthénie : fatigue intense physique et psychique, timidité, tendance aux scrupules...
  • La pensée compulsive : doutes, hésitations, scrupules, vérification, ordre, méticulosité, superstition, manque de confiance en soi...
  • Les traits de caractère "anal" : économie, entêtement, collectionnisme, obséquiosité, soumission à toute autorité...

Dans sa vie le patient obsessionnel est prudent, économe voire parcimonieux, rigide, hyperrrationnel, parfois sec et pédant dans ses rapports avec les autres. Raison, logique, sont essentielles dans son approche des gens.

[?] Evolution de la maladie

La névrose évolue vers une multiplication des rites. Des épisodes dépressifs avec risque de suicide sont toujours possibles.

[?] Diagnostic différentiel

La personnalité obsessionnelle peut s’observer aussi dans les psychoses paranoïaques ou schizophréniques.

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Le traitement repose sur :

  • La psychothérapie et la psychanalyse ont des résultats incertains.
  • Les antidépresseurs sérotoninergiques (Prozac, Deroxat)
  • Les neuroleptiques sédatifs ou anxiolytiques quand l’angoisse est très importante.
Tuesday, April 01, 2008 

 

Voici un article sur Les troubles de la personnalité. Avis a la populacion, peut être avez vous des individus de ce genre dans votre entourage, au travail ou dans votre famille... Alors ouvrez grands vos yeux. Peut être que cela aidera certains à aiguiser leur lucidité et jugement critique... ;)

D’après des données américaines, de 6 % à 9 % de la population souffre d’un trouble de la personnalité.

  • Les troubles de la personnalité prennent plusieurs formes. Leur influence sur les relations interpersonnelles varie de légère à grave.
  • Ces troubles apparaissent habituellement à l’adolescence ou au début de la vie adulte.
  • On constate souvent le trouble de la personnalité antisociale chez les prisonniers (jusqu’à 50 %)
  • Au nombre des hospitalisations pour troubles de la personnalité dans les hôpitaux généraux, 78 % sont pour des jeunes adultes de 15 à 44 ans.

Que sont les troubles de la personnalité?

Les troubles de la personnalité causent des modes durables d’expérience et de comportement qui sont contraires aux attentes de la société, qui sont profonds, inflexibles et stables dans le temps et conduisent à la détresse ou à une déficience1.

La personnalité est considérée aujourd’hui comme un modèle complexe de caractéristiques psychologiques imbriquées qui sont pour la plupart inconscientes, qui ne se modifient pas facilement et qui s’expriment automatiquement dans presque tous les aspects du fonctionnement2. (traduction)

Les caractéristiques ou traits de personnalité s’expriment sur un continuum du fonctionnement social. Les troubles de la personnalité expriment des traits de personnalité de façon inappropriée et éventuellement mésadaptée2. Jusqu’à un certain point, il s’agit ici d’une classification arbitraire.

Certaines déviations peuvent être très légères et empiéter très peu sur la vie familiale ou professionnelle de la personne; d’autres peuvent causer de grandes perturbations familiales et sociales. Des situations ou des événements précis déclenchent les comportements d’une personne atteinte d’un trouble de la personnalité. En général, ces personnes ont de la difficulté à s’entendre avec les autres et peuvent être irritables, exigeantes, hostiles, craintives ou manipulatrices.

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Les troubles de la personnalité prennent plusieurs formes1 et leur classification est arbitraire. Chaque personne est unique et peut présenter une combinaison de modes de comportement.

Tableau 5-1 Types de troubles de la personnalité

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Symptômes
Troubles de la personnalité
  • Difficulté à s’entendre avec les autres. La personne peut être irritable, exigeante, hostile, craintive ou manipulatrice.
  • Les modes de comportement dévient de façon marquée des attentes de la société et demeurent constants avec le temps.
  • Le trouble affecte la pensée, les émotions, les relations interpersonnelles et le contrôle des impulsions.
  • Le mode de comportement est inflexible et se manifeste dans toutes sortes de situations.
  • Le mode de comportement est stable ou de longue durée, et se déclare en enfance ou à l’adolescence.
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Jusqu’à quel point les troubles de la personnalité sont-ils répandus?

Les données canadiennes sur la prévalence des troubles de la personnalité sont rares. Les estimations des États-Unis sur la prévalence du diagnostic de ces troubles s’étendent toutefois de 6 % à 9 % selon les critères de définition3.

Les études épidémiologiques font davatange état du trouble de la personnalité antisociale. Selon les estimations d’une étude ontarienne effectuée en 1991, le taux de prévalence pour 1 an du trouble de la personnalité antisociale était de 1,7 %4. Selon l’étude d’Edmonton des années 1980, 1,8 % de la population souffrait d’un trouble de la personnalité antisociale au cours des 6 mois précédant l’étude, et 3,7 % des répondants ont signalé avoir eu un trouble de la personnalité à un moment donné de leur vie5,6. Les estimations de la prévalence des autres troubles s’étendent de 1 % à 10 % de la population.

Répercussions des troubles de la personnalité

Qui développe un trouble de la personnalité?

Il existe une différence sexuelle dans les types de troubles de la personnalité. Par exemple, le trouble de la personnalité antisociale est plus courant chez les hommes alors que le trouble de la personnalité limite est plus fréquent chez les femmes. Les troubles de la personnalité dépendante et de la personnalité hystérique sont également plus fréquents chez les femmes. Un biais de classement chez les professionnels de la santé peut conduire à certaines des différences entre les hommes et les femmes.

Idéalement, les données d’une étude démographique devraient fournir de l’information sur la répartition selon l’âge et le sexe des personnes souffrant de troubles de la personnalité. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) fournira ces données à l’avenir.

Toutefois, à l’heure actuelle, les données sur les hospitalisations offrent la meilleure description des personnes atteintes de troubles de la personnalité. Ces données présentent cependant certaines limites parce que la plupart des personnes atteintes de troubles de la personnalité, à moins qu’elles manifestent un comportement suicidaire, sont traitées dans la collectivité plutôt qu’à l’hôpital. De nombreuses personnes ne sont jamais diagnostiquées ni traitées. Les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité limite ont des taux d’admission plus élevés que celles qui souffrent d’autres troubles en raison de leur taux élevé de comportement suicidaire. On doit garder ces limites à l’esprit en interprétant les données du présent rapport.

Chez les hommes et chez les femmes, les taux les plus élevés d’hospitalisation pour troubles de la personnalité se trouvent parmi des personnes âgées de 15 à 44 ans (figure 5-1). Plus des trois quarts (78 %) de toutes les admissions se trouvaient entre ces âges et les taux étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes.

Quels sont les effets des troubles de la personnalité?

Bien que les troubles de la personnalité apparaissent habituellement à l’adolescence ou au début de la vie adulte, ils peuvent aussi apparaître au milieu de la vie adulte. Jusqu’à un certain point, le moment de leur apparition dépend du type de trouble de la personnalité et de la situation ou des événements entourant la personne. Par exemple, le trouble de la personnalité limite apparaît habituellement de façon prononcée à l’adolescence et au début de la vie adulte et devient ensuite moins évident à l’âge moyen. Par contre, le trouble de la personnalité narcissique peut ne pas apparaître avant l’âge moyen alors que la personne fait l’expérience d’un sentiment de perte de perspectives d’avenir ou affronte des limites personnelles.

Puisque les troubles de la personnalité apparaissent habituellement à l’adolescence ou au début de la vie adulte, ils se présentent à un moment où la plupart des gens établissent des relations d’adultes, sont aux études, entreprennent une carrière et se créent une vie. La manifestation de comportements mésadaptés pendant ce stade de la vie a des répercussions sur toute la vie.

Des antécédents d’alcoolisme, de toxicomanie, de dysfonction sexuelle, de troubles anxieux généralisés, de trouble bipolaire, de trouble obsessionnel-compulsif, de trouble dépressif, de troubles de l’alimentation, de pensées suicidaires ou de tentatives de suicide accompagnent souvent les troubles de la personnalité3,7. Jusqu’à la moitié des prisonniers présentent un trouble de la personnalité antisociale à cause de caractéristiques comportementales associées (toxicomanie, violence et vagabondage) conduisant à un comportement criminel3. Voici d’autres conséquences sociales des troubles de la personnalité :

  • La violence conjugale
  • Les mauvais traitements envers les enfants
  • Le mauvais rendement au travail
  • Le suicide
  • Le jeu

Les troubles de la personnalité ont un effet majeur sur les proches. Ses modes de comportement fixes rendent difficile l’adaptation à diverses situations. Les autres doivent alors s’adapter. Cela crée une grande tension dans les relations familiales, avec les amis proches et dans le lieu de travail. En même temps, lorsque les autres ne s’adaptent pas, la personne atteinte du trouble de la personnalité peut se mettre en colère, être frustrée, déprimée ou se retirer. Cela l’engage à un cercle vicieux d’interaction qui l’amène à persister dans son comportement mésadapté jusqu’à ce que ses besoins soient satisfaits.

Stigmatisation associée aux troubles de la personnalité

Comme les comportements manifestés dans les troubles de la personnalité sont près de ce qui est considéré «normal», les autres assument souvent que la personne peut changer facilement son comportement et résoudre tout problème de relations interpersonnelles. Toutefois, lorsque le comportement persiste, il peut être perçu comme un manque de volonté de changer, car la nature fixe du comportement n’est pas bien comprise des autres.

Causes des troubles de la personnalité

Les troubles de la personnalité découlent probablement de l’interaction complexe d’événements du début de la vie, ou de facteurs génétiques et environnementaux. En principe, les facteurs génétiques contribuent à la base biologique de la fonction cérébrale et à la structure de la personnalité de base. Cette structure influe ensuite sur la façon dont la personne réagit et interagit devant les événements de la vie et l’environnement social. Avec le temps, chaque personne développe des modes distinctifs ou des façons particulières de percevoir son monde et de ressentir, penser, s’adapter et se comporter.

Bien que nos connaissances des corrélations biologiques possibles des troubles de la personnalité soient minimes, les personnes atteintes de ces troubles peuvent souffrir d’une déficience de régulation des circuits cérébraux qui contrôlent les émotions. Cette difficulté combinée à des facteurs psychologiques et sociaux tels l’abus, la négligence ou la séparation met la personne à plus grand risque de développer un trouble de la personnalité. De solides liens familiaux ou un réseau de soutien à l’extérieur de la famille, à l’école et dans la collectivité aident la personne à développer un sens d’estime de soi et de bonnes capacités d’adaptation. Les possibilités de croissance personnelle et de mise en valeur d’habiletés uniques peuvent améliorer l’image de soi d’une personne. Cet environnement soutenant peut offrir une certaine protection contre le développement d’un trouble de la personnalité.

Pour les personnes prédisposées sur le plan biologique, les principaux défis développementaux qui sont un aspect normal de l’adolescence et du début de la vie adulte - séparation de la famille, actualisation de soi et autonomie - peuvent s’avérer les facteurs qui précipitent le développement d’un trouble de la personnalité, ce qui peut expliquer pourquoi ces troubles apparaissent habituellement au cours de ces années.

Traitement des troubles de la personnalité

Les troubles de la personnalité sont difficiles à traiter à cause du refus d’accepter la présence d’un problème et à cause de certain pessimisme chez les professionnels de la santé découlant d’un manque de succès dans leurs efforts antérieurs. Une psychothérapie individuelle et collective intensive combinée à des antidépresseurs et à des psychorégulateurs, peut servir de remède au moins partiellement efficace pour certaines personnes. Les difficultés découlent de la persistance des symptômes et de leur effet négatif sur la relation thérapeutique.

Les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité limite sont hospitalisées plus fréquemment, ont recours à la psychothérapie en clinique externe plus souvent, et se rendent plus souvent en salle d’urgence que les personnes atteintes des autres troubles de la personnalité.

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Type Modèles
Trouble de la personnalité limite Instabilité des relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects, et impulsivité prononcée.
Personnalité antisociale Irrespect et violation des droits des autres.
Personnalité histrionique (hystérique) Émotivité et quête d’attention excessives.
Personnalité narcissique Caractère pompeux, besoin d’admiration et manque d’empathie.
Personnalité évitante Inhibition sociale, sentiment d’inadéquation et hypersensibilité à une évaluation négative.
Personnalité dépendante Comportement de soumission et d’accrochage associé à un besoin excessif qu’on s’occupe de la personne.
Personnalité schizoïde Détachement des relations sociales et éventail restreint d’expression émotionnelle.
Personnalité paranoïaque Méfiance et suspicion par lesquelles les motifs des autres sont interprétés comme étant malveillants.
Personnalité obsessionnelle-compulsive Préoccupation concernant la discipline, perfectionnisme et contrôle.
Personnalité schizotypique Malaise aigu dans les relations étroites, distorsions cognitives ou perceptuelles et excentricités du comportement.
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Tuesday, April 01, 2008 

Bon j’vais faire un copié coller tout simplement d’un article sur les Pervers Narcissiques car c’est très bien expliqué, alors je ne vois pas pquoi on s’en priverait...et puis comme disait Mark Twain et Fabrice Luchini: "Lorsque quelque chose a été dit et bien dit, n’aie pas de scrupules. Prends-le et copie-le!" ;)

Le profil du pervers narcissique:

S’il existe des traits stigmatisant la perversité narcissique (dans la mesure où la définition le permet), il faut bien distinguer la personnalité de chacun des tendances pathologiques qui ne sont répertoriées que de façon subjective.

Intelligence, niveau culturel

Certains ont un très bon niveau culturel. Tous sont intelligents et particulièrement bons psychologues.

Absence de valeurs morales

Leur manque d’état d’âme, de remords ou de problème de conscience peut être si extrême, qu’au début de leur relation avec elles, leurs victimes ne peuvent y croire. Ce manque de scrupules les déroute, les estomaque ou les abasourdit.

En fait, ils ont un total mépris pour toutes lois ou contraintes morales. Leur morale est, le plus souvent, celle de la morale ou la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus retors. Il y a le plus souvent, dans leur comportement, la banalisation du mal, une certaine « relativisation » de la morale, dans le cadre d’un nihilisme opérationnel, qui peut même être militant. Ils n’ont du respect que pour les gens plus forts qu’eux, ayant plus de pouvoir et de richesse ou plus combatifs qu’eux. Faire preuve d’humanité, de sensibilité est souvent vu par eux comme l’expression d’une forme de naïveté ou de sensiblerie qui n’a pas lieu d’être. Seuls les résultats comptent : « la fin justifie les moyens ».

Le pervers narcissique n’éprouve donc aucun respect pour les autres, qu’il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d’autorité ou servant ses intérêts. Il fait des promesses qu’il ne tiendra pas, sachant que « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

Egoïsme, défense agressive de leurs intérêts

Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même. Le pervers narcissique sait parfaitement et farouchement défendre ses intérêts et il en a toujours une vision très claire. Son unique objectif est d’obtenir un bénéfice pour sa propre personne. Il essaye de profiter à chaque instant de toute opportunité, de toutes les situations, de toutes les personnes rencontrées - ces personnes étant systématiquement instrumentalisées tant que cela est possible - pour en tirer avantage pour lui. Sa philosophie est toujours utilitariste. Et il sait ménager ceux dont il a besoin : son conjoint, une relation de travail… car même l’être le plus asocial a besoin d’affection, de compagnie, de présence (ne serait-ce que pour se faire admirer) et donc par moments, sera gentil avec son partenaire.

Il n’est « courageux » que quand il est sûr de gagner, et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant de son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le premier à passer, selon les prétextes les plus fallacieux, avant les femmes et les enfants, dans le canot de sauvetage.

Egocentrisme

Comme pour les autres narcissiques, tout leur est dû. Le pervers narcissique n’admet aucune mise en cause et aucun reproche Leur loi est celle de leur désir, immédiat, dans l’instant. Tout doit leur céder systématiquement. C’est comme s’ils étaient demeurés, à l’âge adulte, un enfant gâté.

Voici quelques exemples du mode de pensée du pervers narcissique :

· « Je suis génial, je suis fort, je suis au dessus des autres, dans le haut du panier ». · « Les autres ne peuvent pas ne pas m’aimer ». · « Je vais me servir de l’autre pour obtenir ce que je veux, ce à quoi j’ai droit ». · « Je vais m’arranger pour que ma victime se sente coupable afin qu’elle ne m’en veuille pas et qu’elle n’ait aucun désir de prendre son indépendance ». · « Pourquoi aurais-je un problème de conscience, ce n’est quand même pas ma faute si elle est à ce point stupide ou naïve. Je n’y suis pour rien si elle est si naïve ». · « Ma victime me remerciera pour ce que je fais pour elle, ce qui est normal étant donné que c’est vrai, sans moi elle ne serait rien, c’est un honneur que je lui fais ». · « Quand il arrive un problème - même si c’est autrui qui a ce problème -, j’ai de la peine pour moi, pas pour autrui » (ce raisonnement est généralement inconscient).

Absence d’empathie

Les pervers narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune « humanité », aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculeurs, totalement indifférents à la souffrance d’autrui.

Mais tout en étant, le plus souvent, incapables d’avoir des sentiments humains, ils simuleront le fait d’être totalement remplis, en apparence, de bons sentiments humains et d’une sincère empathie pour autrui.

Les pervers peuvent se passionner pour une personne, une activité ou une idée, mais ces flambées restent très superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf pour leur intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche. Cela explique la rage destructrice qui s’empare d’eux lors des séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent un désir illimité d’obtenir une revanche. Ce n’est pas, comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c’est une rancune inflexible, implacable à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura que cesse d’assouvir son désir de vengeance.

La séduction perverse ne comporte aucune affectivité, car le principe même du fonctionnement pervers est d’éviter tout affect. Les pervers, tout comme les paranoïaques, maintiennent une distance affective suffisante pour ne jamais s’engager vraiment. L’efficacité de leurs attaques tient au fait que la victime ou l’observateur extérieur n’imagine pas que l’on puisse être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant la souffrance de l’autre.

Les éventuels dérèglements sexuels ou la « méchanceté » foncière pourraient être les conséquences de cette absence de sentiments et d’empathie pour les autres. Il est possible que le manque d’affect empêche de ressentir l’intégralité des limites morales entre ce qui est permis ou interdit dans la société. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

L’absence d’empathie n’est cependant pas toujours présente ; dans certains cas, l’empathie existe bel et bien, mais à un niveau plus élevé que la moyenne, et donc soit refoulée sur des cibles selectionnées (qui ne seront pas les victimes), soit (ou) utilisée pour son entreprise de manipulation.

Haine et agressivité

Le pervers narcissique a souvent besoin de haïr pour exister ; c’est une des raisons pour lesquelles il n’est jamais satisfait par quoi que ce soit (les autres, les objets…). La haine peut être chez lui un moteur très puissant de son action et de son comportement. N’arrivant pas à obtenir et jalousant la plénitude ou le bonheur qu’il observe chez l’autre, il en vient à haïr et à détruire ce qu’il aime et recherche intensément. Étant incapable d’aimer, il essaie de détruire, par cynisme, la simplicité de toute relation naturelle et saine.

A cause de leur histoire personnelle, les pervers n’ont souvent pas pu se réaliser. Ils observent alors avec envie ce que d’autres qu’eux ont pour se réaliser. Et ils essaient de détruire le bonheur qu’ils observent auprès d’eux. Prisonniers de leur propre personnage et de l’image, le plus souvent factice, qu’ils présentent à la société - ce qui leur impose de terribles contraintes permanentes -, ils tentent alors de détruire la liberté d’autrui et de lui imposer des contraintes décidées par eux. Il y a, chez eux, une mentalité agressive d’envie, de convoitise, d’irritation haineuse à la vue du bonheur, des avantages d’autrui.

Pour s’accepter et s’affirmer, les pervers narcissiques doivent triompher de quelqu’un d’autre, le détruire, jouissant alors de sa souffrance. Cette perception, de ce qu’ils croient ne pas posséder, est subjective, elle peut même être délirante. Ce sentiment d’infériorité vis-à-vis de la personne enviée et haïe les pousse à chercher à posséder ce qui est convoité. Pour combler l’écart qui les sépare de l’objet de leur convoitise, il leur suffit alors de l’humilier, de l’avilir.

Ils envient la réussite des autres, qui les met face à leur propre sentiment d’échec, sans cesse refoulé, car ils ne sont pas plus contents des autres qu’ils ne le sont d’eux-mêmes. Pour eux, rien ne va jamais. Ils imposent aux autres leur vision péjorative ou négative du monde et leur insatisfaction chronique concernant la vie. Ils cherchent, souvent, à démontrer que le monde est mauvais, que les autres sont mauvais. Personne n’a vraiment grâce à leurs yeux. Agresser les autres est le moyen d’éviter la douleur, la peine, la dépression.

Ils aiment attendre dans l’ombre, masqués. Certains calculent leurs coups ou leur vengeance très longtemps à l’avance, parfois sur plusieurs années (pour eux la vengeance est un plat qui se mange froid et ils aiment à s’en délecter). C’est la raison pour laquelle ils peuvent être redoutables et imprévisibles. Et d’ailleurs, ils sont le plus souvent imprévisibles.

Mensonge

Le pervers narcissique est toujours, intérieurement, dans la peau d’un autre, il n’est jamais sincère, toujours menteur. Il peut aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb, d’une façon jusqu’au-boutiste (comme un « arracheur de dents »). Le plus souvent, il effectue de sensibles falsifications de la vérité, qu’on ne peut pas vraiment qualifier de mensonges, et encore moins de constructions délirantes. Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise - ce qui est, pour l’autre, très déstabilisant - fait partie de son jeu.

Derrière cette attitude de mensonge jusqu’au-boutiste, qui paraît parfois suicidaire, se cache, le plus souvent, une attitude de défi à l’ordre social, une façon de montrer qu’il est toujours le plus fort et qu’il contrôle toujours la situation... Même quand il le faudrait, il ne reconnaîtra jamais rien, ni ses mensonges, ni ses torts, même dans les moments cruciaux lors d’un interrogatoire policier, voire d’un procès d’assises.

En revanche, il pourra reconnaître éventuellement un mensonge mineur s’il n’a pas grand chose à y perdre. Mais même l’aveu de ce petit mensonge sera toujours difficile à obtenir de sa part.

Mythomanie

Le pervers narcissique a souvent une composante mythomane. Elle est liée à sa propension au mensonge - une composante opérationnelle, consciente, pour parvenir plus facilement à ses fins - et à un besoin de se voir mieux qu’il n’est dans la réalité.

Il aime se mentir à lui-même, sur lui-même. Le déni (de ses défauts, de l’autre) lui permet de « s’aimer » (et de s’aimer toujours plus).

Comme tout mythomane, il ment souvent parce qu’il craint la réaction négative de l’entourage (de dévalorisation, par exemple) qu’entraînerait l’aveu de la réalité et de son mensonge. Sa mythomanie a tendance alors à s’auto-entretenir, sans fin, voire à se renforcer au cours du temps. Il se ment à lui-même, sur sa vraie valeur, sur ce qu’il est réellement. Il sait partiellement qu’il se ment à lui-même, mais en même temps il minimise son propre mensonge sur lui-même. A certains moments, il finit par croire à son mensonge, à d’autres, il a conscience de son mensonge. C’est toute l’ambivalence de la pathologie mythomane.

Un « comédien né »

Le pervers narcissique est un « comédien né ». Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus chez lui une seconde nature.

Sa palette de personnalités, de personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de son jeu d’acteur est étonnant, infini, sans cesse renouvelé.

Il donne le plus souvent l’image d’une personne parfaitement calme, ne s’énervant jamais.

Intégration sociale et extraversion

Le pervers narcissique est en général apprécié au premier abord car il paraît extraverti, sympathique et séduisant. Assez fin psychologue, il a souvent un talent pour retourner l’opinion en sa faveur et emporter l’adhésion à ses idées, même les plus contestables.

Orgueil et Combativité

Le pervers narcissique est le plus souvent doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond remarquable. Sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent cette combativité.

Souvent immensément orgueilleux, voire mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix, sans fin, et ne peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout, même aux coups les plus retords, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un enfant gâté. S’il ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.

À cause de cette stratégie de victoires sans fin il peut parvenir à se convaincre qu’il n’y a pas de valeurs morales positives dans l’univers et qu’il gagnera toujours à agir ainsi.

À la longue cette tendance, qui peut lui assurer une dynamique du succès pendant un certain temps, devient une addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en retour, et l’amène à ne plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou contradiction.

Le pervers narcissique adore se valoriser, paraître plus qu’il n’est réellement. Toute atteinte à la haute image qu’il a de lui-même le rend très méchant, agressif. Tous ses efforts viseront alors à rétablir cette image flatteuse qu’il a de lui-même, et ce par tous les moyens, y compris par la destruction du perturbateur, celui qui a commis le crime de lèse-majesté.

Il a une très haute opinion de lui-même. Les autres sont pour lui quantités négligeables - ce sont des larbins, des domestiques, des « peanuts »… -. Il déteste qu’on lui fasse de l’ombre, qu’on se mette en avant, qu’on prenne de l’ascendant sur lui, qu’on lui résiste, qu’on lui dise non. Il a besoin sans cesse de rabaisser autrui, par une petite pique de-ci de-là (untel n’a pas de personnalité, untel est égoïste, untel est ingrat, untel est pingre…).

Sadisme

Un plaisir pervers s’éprouve dans la vision de la souffrance de l’autre. Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à voir l’autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l’asservir et à l’humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime chosifier l’autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en sortir, ne serait-ce que pour l’empêcher de témoigner contre lui.

Paranoïa

et narcissique peut parfois se superposer une composante paranoïaque. À force de duper les gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de plus en plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. À un moment clé, il peut se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Il vit dans une suspicion constante et une prudence extrême, qu’il dissimule profondément. Sa paranoïa apparaît alors décupler son intelligence, lui fournissant alors un extraordinaire regain d’énergie combative.

« Esprit mesquin »

On est parfois surpris de découvrir, derrière son apparence généreuse, brillante, très intelligente, un esprit mesquin, terriblement jaloux, rancunier, vengeur, d’une indéniable petitesse morale. Ses buts « nobles » et « généreux » se révèlent alors nettement moins nobles qu’il n’y paraissait au premier abord. Il semble en effet (et c’est ce qui apparaît à l’analyse) aimer se venger discrètement, sans témoin, sans que la victime s’en rende compte et il savoure le plus souvent sa vengeance en solitaire. Et c’est une des raisons pour lesquelles sa conduite peut paraître parfois secrète, indéchiffrable ou déroutante.

Si sa victime lui a résisté et lui a fait un affront, il pourra « s’amuser », par exemple, à lui envoyer une lettre d’anniversaire incompréhensible, à une date éloignée de la date d’anniversaire, cette action incongrue étant à ses yeux une « bonne plaisanterie », dont il sera d’ailleurs le seul à rire ou à jouir.

Ce genre de comportement paraît parfois être l’indicateur d’un début de psychose ou de démence précoce, en tout cas d’une réelle forme de maladie mentale, mais pas nécessairement.

Narcissisme criminel

Terme imaginé par Daniel Settelen, psychiatre, et Denis Toutenu, psychiatre, dans leur livre « L’affaire Romand : le Narcissisme criminel », consacré au cas de Jean-Claude Romand, qui décrit la personnalité du pervers narcissique au moment où il passe à l’acte criminel.

Psychogénèse et enfance

Selon des thèses psychanalytiques, le pervers narcissique est quelqu’un qui n’aurait jamais été reconnu dans sa personnalité propre. Par exemple il peut avoir été victime d’investissement narcissique important (c’est-à-dire d’une identification projective) et donc été obligé de se construire un jeu de personnalités (factices), pour se donner l’illusion d’exister et être conforme à l’image narcissique réclamé par exemple par les parents.

La pathologie de l’enfant se trouverait induite par les exigences narcissiques (c’est-à-dire la demande de présentation d’une personnalité) de son entourage familial et scolaire. A l’âge adulte, la pathologie du pervers narcissique est le maintien d’une image fausse de lui-même à travers le regard de l’autre, en l’instrumentant (souvent à travers un échange de rôles) maintenant ainsi l’aveuglement de son entourage, et donc sa souffrance de manque de reconnaissance.

On dit parfois que certaines carences affectives dans l’enfance peuvent aussi l’empêcher, à l’âge adulte, d’aimer autrui.

Autrement dit, s’il a pu subir durant son enfance des blessures narcissiques, plus ou moins importantes, ces blessures le pousseront à satisfaire, sans cesse, un énorme désir de reconnaissance ou de revanche. On peut dire alors qu’il a un besoin énorme d’être aimé, reconnu... mais cette reconnaissance étant demandée pour sa personnalité factice ou usurpée, il ne peut atteindre la satisfaction et reste dans la demande d’être alors surévalué, surestimé (mais sans rapport à ce qu’il est réellement).

Il peut être l’enfant surprotégé, chouchouté, le petit dernier (à l’exemple du jeune Abdallâh, des albums de Tintin), statut dont il profite à fond, un de ces enfants qui profitent sans cesse de l’aveuglement de ses parents sur sa véritable nature (en se faisant passer pour le petit malade souffreteux, pour la victime imaginaire des professeurs, du frère ou de la sœur). En particulier l’enfant unique, tant attendu, conçu tardivement…, qu’on dorlote alors d’autant plus. Ou simplement un de ces enfants gâtés, à qui on n’a pas appris à résister à leurs désirs et leurs frustrations.

De fait, le pervers narcissique est sans cesse amer, frustré et accuse systématiquement les autres. À la moindre blessure narcissique, à la moindre frustration il bascule dans la haine et passe à l’acte.

Dès leur enfance, ces pervers sont souvent doués d’une intelligence supérieure à la moyenne, voire redoutable, machiavélique, leur permettant déjà d’élaborer des pièges ou des stratégies très subtils. Tôt, ils peuvent déjà abuser leurs parents et leurs amis. L’enfant, plus intelligent, plus psychologue, que les parents l’imaginent, phagocyte littéralement la mère ou le père (une mère ou un père complice ou bien qui ne se doute de rien), dans une relation littéralement fusionnelle qui empêche les parents d’avoir un recul suffisant.

Sa biographie personnelle (son histoire) est importante à ses yeux car elle justifie, plus que toute chose, sa philosophie de vie et son comportement actuel.

Les pervers narcissiques sont-ils fous ?

Selon Marie-France Hirigoyen, « Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. ils font mal parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens d’autrui. » ("Le Harcèlement Moral", page 126).

En général, on ne les considère pas comme complètement fous, car ils sont capables de maîtriser et de calculer leurs actes. Ils ne sont pas irresponsables en particulier sur le plan pénal. Toutefois la question n’est pas tranchée.

Les psychologues voient éventuellement dans le narcissisme, quand il est excessif, une « maladie », une addiction (le « malade » est parfaitement conscient de sa maladie, mais la minimise, ne peut pas changer ou ne cherche pas à changer), et non une folie.

Au pénal, les pervers narcissiques ne bénéficient généralement pas d’une responsabilité altérée ou atténuée, comme on l’a vu dans le procès de Jean-Claude Romand : Le pervers connaît la loi et il est conscient de ce qu’il fait (simplement, il le fait quand même par défi, par jeu, pour le frisson). Donc il reste responsable de son choix (en tout cas, il semble être responsable pénalement).

Mais le pervers narcissique lui-même se considère souvent comme « irresponsable » de ses actes. Ce qui rappelle la litanie des « ce n’est pas ma faute, et ce n’est pas ma faute … » du Vicomte de Valmont annonçant à Madame de Tourvel qu’il va rompre d’elle dans le roman "Les Liaisons dangereuses" de Pierre Choderlos de Laclos. (lettre CXLI)

Le pervers narcissique ne se considère pas comme malade

Le problème, c’est que le pervers narcissique refusant de considérer qu’il a un problème, les thérapies n’ont pas de prise sur lui.

S’il accepte de s’y soumettre (pour pouvoir dire qu’il a fait "tous les efforts possibles"), il va vite considérer le thérapeute comme nul et incompétent et la thérapie comme totalement inutile. Peut-être aussi d’ailleurs a-t-il très peur de découvrir certaines vérités désagréables, sur lui-même (le fait qu’il ne soit pas si magnifique que ce qu’il imagine).

Pour la plupart des témoins de leur comportement étrange, il est très difficile de comprendre les pervers narcissiques car la littérature psychiatrique ne décrit, le plus souvent, que le mécanisme mais pas leurs motivations profondes (comme celle se s’enfermer systématiquement dans un mensonge, ou le fait de sans cesse rebondir d’un mensonge à l’autre). On ne fait que des supputations...

Quelle évolution pour le pervers narcissique ?

Le pervers narcissique peut-il remédier à son « vide », à son absence d’intérêt pour les autres, cesser de projeter vers les autres une personnalité qui n’est pas la sienne ?

En réalité il est extrêmement rare qu’il change ou veuille changer d’attitude ou de valeurs morales. Car les gains que lui ont valu cette attitude sont souvent très importants et très gratifiants pour lui (admiration, célébrité, pouvoir…). On ne pourra pas changer un pervers narcissique par un « discours rationnel » car la quête perpétuelle de pouvoir est un moteur puissant et une source intarissable de plaisir, une véritable drogue dure.

Pour qu’il puisse changer, il faudrait qu’il subisse des chocs violents et des épreuves très importantes, susceptibles, par exemple, de déstabiliser la très haute conception qu’il a de lui-même, et surtout le convaincre qu’à la longue l’efficacité de ses mensonges et de ses tactiques s’est émoussée. C’est seulement ainsi qu’on pourrait espérer le voir, peut-être, un jour (?), évoluer favorablement. À vrai dire cela n’arrive presque jamais.

Mais en laissant espérer à son entourage, souvent aveugle, pareil changement, le pervers narcissique renforce son pouvoir. En donnant à ses victimes l’impression de chercher sincèrement à s’amender, il endort leur méfiance et en fait plus aisément ses dupes.

De fait tout effort d’amélioration personnelle lui paraît dérisoire voire ridicule, et il craint surtout d’avoir tout à y perdre - sa force, son pouvoir, le respect qu’on lui porte - avec le risque supplémentaire de se faire duper à son tour.

La relation du pervers-bourreau, et de sa victime

La logique perverse ignore le respect de l’autre. Autrui n’existe pas, il n’est pas entendu, il est seulement utile. Le pervers a besoin de l’énergie de certaines personnes pour combler le vide de sa propre existence. Mais pour cela il lui faut les soumettre.

« Un pervers narcissique ne se construit qu’en assouvissant ses pulsions destructrices. » (Marie-France Hirigoyen, « Le Harcèlement moral », page 125). Le pervers narcissique craint ainsi autant la solitude que les personnes qu’il ne peut pas soumettre. Il a besoin d’avoir toujours auprès de lui quelqu’un, une victime, qu’il va utiliser pour se mettre en valeur, pour se détourner de son propre néant, de sa propre réalité peu glorieuse, peu honorable. Il va donc essayer soit de s’approprier des qualités de la victime, soit de la détruire en reportant sur elle ses propres défauts (égoïsme, avarice, mensonge…). Le pervers est un prédateur

Appropriation des qualités de l’autre

Plus que les biens matériels, ce sont des qualités morales, autrement plus difficiles à voler, que cherche à s’approprier le pervers : la joie de vivre, la sensibilité, l’aptitude à la communication, la créativité, les dons musicaux ou littéraires... Ainsi, lorsque le partenaire émet une idée, le pervers s’en empare et la fait sienne. S’il n’était pas litteralement aveuglé par la haine, il pourrait, dans une relation d’échange, apprendre comment acquérir un peu de ces qualités qu’il envie. Mais cela supposerait une modestie que par définition il n’a pas. Les pervers narcissiques cherchent aussi à s’approprier les passions de l’autre dans la mesure où ils se passionnent pour cet autre ou, plus exactement, ils s’intéressent à cet autre parce que cet autre est détenteur de quelque chose qui pourrait les passionner. On les voit ainsi avoir des coups de cœur, puis des rejets brutaux et « définitifs ». L’entourage comprend alors mal comment une personne peut être portée aux nues un jour puis démolie le lendemain.

Les pervers narcissiques ressentent une envie très intense à l’égard de ceux qui leur semblent posséder les choses qu’ils n’ont pas ou qui simplement tirent plaisir de leur vie. Ce désir d’appropriation peut être d’ordre social comme de séduire un partenaire qui les introduira dans un milieu qu’ils envient, haute bourgeoisie, milieu intellectuel ou artistique… Le bénéfice qu’ils en attendent est de posséder un faire-valoir qui leur permette d’accéder au pouvoir. Ils s’attaqueront ensuite à ce faire-valoir, cherchant à détruire en lui l’estime de soi et la confiance en soi, afin d’augmenter à leurs yeux leur propre valeur.

Détruire et nier l’autre

Cet autre, dont ils ne peuvent se passer, n’est même pas un alter ego respecté, qui aurait une existence, seulement un reflet d’eux-mêmes. D’où la sensation qu’ont les victimes d’être niées dans leur individualité et leurs qualités.

Le pervers narcissique cherche constamment à rehausser l’image qu’il a de lui-même. Il lui est pour cela nécessaire de trouver un être qui l’admire et lui renvoie de lui-même une image prestigieuse. Mais, refusant d’admettre ce besoin de se sentir perpétuellement valorisé, il dénie l’attachement à son faire-valoir que pareil besoin induit, faire-valoir qu’il n’aura de cesse de détruire.

Le pervers ne peut établir une relation fondée sur la symétrie ; il lui faut dominer l’autre et le mettre dans l’impossibilité de réagir et d’arrêter ce combat. C’est à ce titre que l’on est fondé à parler d’une réelle agression sur l’autre, et non d’un jeu pervers-complice. Il n’y a pas de négociation possible avec le pervers, tout est imposé, dès le départ, à la victime à qui a été retiré le pouvoir de dire non et qui, même si elle essayait d’utiliser à son tour des défenses perverses, ne pourrait jamais atteindre à la virtuosité « dans le mal » de son bourreau.

Pour parvenir à la destruction de sa victime, le pervers procède souvent de la façon suivante : - Il aborde sa victime en affichant une certaine « chaleur » externe. - Il s’insinue de plus en plus dans la vie de cette personne. - Il la vampirise par des moyens directs (reproches, insultes, humiliation...) ou indirects. - Finalement la victime tombe dans la dépression, la mélancolie, les comportements addictifs, voire l’automutilation. Elle est ainsi totalement à sa merci ou détruite.

Le pervers entre en relation avec l’autre pour le séduire. Dès que le poisson est « ferré », il le maintient tout simplement « accroché » tant qu’il en a besoin. Il joue avec sa victime au chat et à la souris, faisant patte de velours pour mieux la tenir, puis sortant ses griffes lorsqu’elle cherche à s’évader.

Celle-ci peut mettre des années avant de se rendre compte du processus de destruction mis en place. Au commencement elle ne subit que des brimades, des phrases anodines mais pleines de sous-entendus blessants, avilissants, voire violents. C’est la répétition constante de ces petites attaques qui rend l’agression évidente. Et il faut un incident pour déclencher la crise qui amène l’agresseur à dévoiler son piège ou sa tactique.

En règle générale, c’est la prise de conscience de la victime, et ses sursauts de révolte, qui vont provoquer le processus de mise à mort. Car l’on assiste bien à de véritables mises à mort psychiques où l’agresseur n’hésite pas à employer tous les moyens pour atteindre son but : anéantir sa proie. De fait toute remise en question de la domination du pervers sur sa victime ne peut qu’entraîner chez lui une réaction de fureur destructrice.

Le pervers peut chercher par exemple à éteindre toute libido en refusant soudainement une relation sexuelle avec son partenaire, tout en le culpabilisant pour cela. Il cherche ce faisant à éteindre, chez sa victime, toute trace de vie, tout désir y compris celui de réagir.

Il s’ingénie à culpabiliser sa proie. Ne supportant pas, un seul instant, d’avoir tort, il refuse toute critique, toute discussion ouverte et constructive avec sa victime. Il la bafoue ouvertement, n’hésitant pas à la dénigrer, à l’insulter, autant que possible sans témoin. Sinon il procède plus subtilement par allusions, tout aussi destructrices, mais invisibles aux yeux non avertis. La victime, elle, donne énormément, mais ce n’est jamais assez. N’étant jamais content, le pervers narcissique prend toujours la position de la victime d’une frustration dont il rend sa propre victime responsable.

Il dévore sa victime en se persuadant que c’est elle qui sollicite la sujétion. Il refuse de voir ou de reconnaître les difficultés qu’il crée dans la relation, car cela l’amènerait à une perception négative de sa propre image. Il en rejette la responsabilité sur son partenaire pour peu que celui-ci fasse preuve de bienveillance ou s’applique à jouer un rôle réparateur. Mais si ce dernier refuse d’accepter les torts imaginaires qui lui sont injustement imputés, il est immédiatement accusé d’être hostile et rejetant.

Il ne mesure pas à la même aune son comportement, toujours irréprochable selon lui, et celui des autres, toujours en faute. Il ne voit jamais la disproportion entre le peu qu’il « donne » et ce qu’il reçoit. C’est toujours l’autre, et jamais lui, qui fait preuve d’ingratitude et de mesquinerie.

L’existence même de la victime peut constituer, pour le pervers, un reproche permanent de sa perversité, et elle devient alors, à son insu, celle sur qui va se focaliser sa haine. Le pervers s’en prendra d’ailleurs à tous les « redresseurs de torts », à tous ceux qui auront cherché à le faire changer, et il n’aura de cesse de les faire chuter (moralement, socialement) car ils auront commis le crime, impardonnable à ses yeux, de faire intrusion dans son système de « confortement narcissique permanent ».

Le profil des victimes

Elles sont dotées des qualités que le pervers précisément convoite : douées et cherchant toujours à donner le meilleur d’elles-mêmes, elles sont séduisantes. Vives et extraverties, elles aiment parler de leurs réussites et exprimer leurs joies. Étant profondément généreuses, elles ne peuvent se résoudre à admettre la perversité de leur bourreau et s’appliquent à lui trouver des excuses. Toujours prêtes à se sentir responsables, voire coupables, acceptant facilement la critique, elles s’épuisent à donner au pervers une impossible satisfaction.

Elles introjectent la culpabilité : « Tout est de ma faute ! », ce qui permet au pervers narcissique une projection hors de soi-même en rejetant la culpabilité sur l’autre : « C’est de sa faute ! » (cf. Marie-France Hirogoyen, « Le Harcèlement Moral », p. 112).

Le pervers recherche souvent une personnalité maternelle, aimante, dévouée, parce qu’il a besoin d’être aimé, admiré - même et surtout s’il est lui-même incapable d’aimer -, d’avoir quelqu’un entièrement à son service. Mais l’attirance qu’il ressent pour elles n’exclut pas la haine.

Il prend le plus souvent ses victimes parmi des personnes pleines d’énergie et d’amour de la vie, pour les vampiriser et les « dévitaliser ». Il choisit de préférence des personnes honnêtes, sincères, gentilles, qui cherchent vraiment à consoler et à réparer, mais aussi naïves, sans trop d’esprit critique, voire fragiles, afin de les amener plus facilement et plus rapidement à accepter une relation de dépendance.

La victime recherche souvent de son côté une personne forte et charismatique qui la rassure, et c’est là justement l’image que le pervers veut donner de lui.

Les victimes désignées sont celles qui ont besoin d’un but valorisant pour exister - visiteuses de prison, bénévoles d’ONG… -, qui veulent agir pour le bien, et aiment à s’occuper des « chiens perdus sans collier ». Elles tomberont aisément sous l’emprise des pervers dans lesquels elles verront, souvent à tort, une personne fragile, un enfant à protéger.

Le pervers vit et se nourrit de l’espoir que la victime place, naïvement ou désespérément, en lui ou en quelque chose qu’il lui fait miroiter en permanence par des promesses fallacieuses. Cet espoir, pour la victime harcelée, est de « guérir » le harceleur et c’est cette illusion qui la fait rester dans la relation, et continuer à subir les attaques qui la détruisent sans réussir à la « décrocher » pour autant.

On s’étonne souvent que, malgré l’évidence des preuves, les victimes ne quittent pas leur bourreau. Mais c’est qu’en elles se mêlent aussi fierté, aveuglement, entêtement, dissonance cognitive, refus de la réalité. Car admettre la réalité serait trop douloureux, trop insupportable, quand l’investissement affectif dont le conjoint ou le partenaire a été l’objet a pris tant de place dans leur vie. Elles auraient trop à perdre à y renoncer, à commencer par leurs illusions.

Il y a souvent chez elles un amour fier, fanatique et aveugle (voire délirant), pour le compagnon ou l’enfant pervers. Par orgueil elles ne veulent pas se reconnaître comme victimes, car elles espèrent toujours contrôler la situation. Du moins le pervers le leur laisse-t-il croire, alors que c’est toujours lui le vrai marionnettiste qui sait tirer les bonnes ficelles.

Pour certains psychanalystes, les victimes d’une agression perverse sont secrètement complices de leur bourreau en instaurant ou favorisant une relation sadomasochiste, source de jouissance pour le pervers qu’elles espèrent ainsi contenter, pour mieux se faire accepter par lui. On est alors dans une relation psychopathologique.

Certaines victimes semblent souffrir au départ d’un manque de confiance en soi pathologique qui leur fait accepter aisément toute forme de soumission. Mais la plupart des victimes ne sont pas nécessairement masochistes : ce qui différencie les victimes de pervers des masochistes, c’est que lorsque, au prix d’un immense effort, elles parviennent à se séparer de leur bourreau, elles ressentent une immense libération, parce que la souffrance en tant que telle ne les intéresse pas. Parmi les victimes, on trouve parfois des personnes souffrant de trouble de la personnalité narcissique (états limites plus sûrement car un narcissique, même s’il contre son trouble, a trop de points communs avec le pervers narcissique pour se laisser abuser) ; celles-ci étant naturellement faibles et ne voulant pas se rendre à l’evidence de leur condition de victimes, elles deviennent une proie facile et intarissable pour le pervers narcissique.

Profil des conjoints des pervers narcissiques

On remarque que ces épouses (ou époux, le pervers narcissique n’est pas nécessairement masculin) se retrouvent un peu dans la même situation que celles des femmes battues. Elles subissent graduellement un lavage de cerveau, d’autant plus facilement qu’elles-mêmes sont souvent à la recherche d’un compagnon qui puisse les structurer. Elles peuvent même trouver excitant le côté sombre de leur partenaire. Elles peuvent être au courant de ses antécédents (problèmes de mœurs, prison, mauvaises actions racontées à l’envi par le pervers à son partenaire etc.) et pourtant tout lui pardonner.

Beaucoup d’entre elles restent avec leur mari parce qu’elles ont peur pour leur avenir, pour celui de leurs enfants, et pour leur sécurité matérielle. Beaucoup sont financièrement dépendantes de leur mari. Autant de raisons pour qu’elles acceptent le statu quo et se contentent d’un « bonheur au rabais ».

Les pervers narcissiques mariés ont souvent des épouses soumises qui ont sans doute peur de perdre leur « homme » et ne posent aucune question, même devant des évènements très troublants. Leur relation avec leur mari est loin d’être parfaite, mais elles s’en contentent. Elles espèrent toujours se tromper sur son compte, ou le corriger avec leur amour.

Elles ne reviennent à la réalité que lorsqu’elles échappent à l’attraction machiavélique qu’exerçait leur compagnon et que le monde dans lequel il les avait contraintes à vivre s’écroule peu à peu. Lorsqu’elles découvrent qui est réellement leur mari, elles perdent en fait toutes leurs certitudes. « Ces femmes ont des soupçons qu’elles ne veulent pas croire ». « La réalité est que le mariage est une chose très compliquée et qui doit répondre à beaucoup de besoins. Ce qui est acceptable pour une personne peut ne pas l’être pour une autre ».

Il est possible que, quel que soit l’aspect monstrueux du mari, ce dernier est capable par moment de tendresse, d’une tendresse toute relative dont se contentera alors l’épouse. D’autres sont l’objet de menaces, de punitions, le plus souvent subtiles, voilées, dans le cadre d’une sorte de dressage.

Comme Monique Olivier, 55 ans, visiteuse de prison qui avait rencontré Michel Fourniret lors de son séjour à Fleury-Mérogis avant de l’épouser, en 1989, une personne effacée « craintive, très impressionnée par son mari mais pas dans une logique de remords », ne s’étant pas révoltée une seule fois, selon le procureur général de Reims.

Parlant des femmes des tueurs en séries - le cas extrême - Michèle Agrapart-Delmas, psychocriminologue, expert judiciaire auprès de la Cour d’appel de Paris, rapporte : « Elles sont dans un rapport de soumission dans lequel elles trouvent un équilibre très précaire, pathologique. (...) Il y a un rapport de domination, mais en même temps elles participent et mettent la main à la pâte, ce qui révèle vraisemblablement des personnalités perverses. (...) Parallèlement, elles sont soumises à un isolement de plus en plus grand, sont petit à petit retirées de leur vie sociale. Leurs partenaires leur font comprendre que « les autres ne comprendraient pas ». Ces femmes sont des victimes mais des victimes partiellement consentantes ».

Roy Hazelwood, psychologue, a relevé que beaucoup de sadiques sexuels expérimentent sur leurs épouses certains comportements qu’ils accomplissent par la suite sur leurs victimes. Séduites, fascinées, vampirisées par la personnalité de leurs maris, elles peuvent perdre une partie de leur humanité. Selon ce dernier, on ne deviendrait pas toujours la femme d’un grand pervers par hasard. Certaines femmes sont fascinées par les tueurs en série ou les pervers. L’un des plus célèbres, Ted Bundy, qui a inspiré le film « Le silence des agneaux », a été inondé de demandes en mariage avant son exécution en Floride, le 24 janvier 1989.

Pourquoi acceptent-elles leur sort et ne se défendent-elles pas ?

La plupart du temps ces victimes ne peuvent rien faire. Elles sont trop faibles pour se défendre face à leur persécuteur, trop faibles pour prouver aux autres que la personne qui les a persécutées n’est pas celle qu’elle s’évertue à paraître. Elles sont souvent déstabilisées par l’absence de scrupules et la capacité de mensonge jusqu’au-boutiste de leur bourreau. De plus, elles savent qu’il est capable de terribles vengeances. Il y a souvent chez elles un mélange de fascination et de peur, comme la souris devant le naja.

De plus certains pervers infligent à leurs victimes des coups moraux si terribles, qu’il faut à leurs victimes beaucoup de temps pour s’en remettre. Certaines ne s’en remettent d’ailleurs jamais et peuvent aller jusqu’à se suicider.

L’aveuglement de certaines victimes est semblable à celui des membres d’une secte face aux agissements de leur gourou. Elles croient se défendre sans mesurer la puissance de l’emprise à laquelle elles sont soumises et le courage immense qu’il leur faudra pour s’en libérer. Elles peuvent alors trouver plus facile de se bercer d’illusions que de s’engager dans ce difficile effort libératoire.

Ruses, stratégies et tactiques des pervers narcissiques

Le pervers a en général beaucoup d’imagination, et il est difficile de recenser, ici, les milliers de ruses et tactiques, dont il dispose dans son arsenal.

Séduction, jeu sur les apparences

Contrairement au pervers de caractère, qui irrite son entourage par ses revendications et nie radicalement l’autre, le pervers narcissique, lui, réussit à créer un élan positif envers lui. Comme toute personne manipulatrice, il sait se rendre aimable.

Il change de masque suivant les besoins, tantôt séducteur paré de toutes les qualités, tantôt victime faible et innocente. Il a un souci scrupuleux des apparences, donnant le plus souvent l’image, valorisante pour son ego, d’une personne parfaite, image qui cache son absence d’émotion, d’amour, de sincérité et d’intérêt pour tout ce qui n’est pas lui. Il ne s’intéresse pas à la réalité, tout est pour lui jeu d’apparences et de manipulation de l’autre. Il excelle à susciter, amplifier et faire alterner chez l’autre regrets et peurs.

Dissimulation

Le pervers agit à l’abri des regards. Les maltraitances sont rarement sous le feu des projecteurs, mais plutôt perpétrées dans le secret des alcôves. Les pervers sont les professionnels de la double vie et de la double personnalité.

Mimétisme

Ce sont de véritables caméléons, aptes à mimer les attitudes et les paroles de son interlocuteur pour susciter chez lui l’illusion d’un accord parfait, d’une entente exceptionnelle qui ne cesse de s’approfondir. Le mimétisme est d’ailleurs l’une des techniques employée par la Programmation neuro-linguistique.

Diviser, cloisonner ses relations

Par prudence, il divisera et cloisonnera ses relations, afin qu’on ne puisse pas recouper ses mensonges ou que ses victimes ne risquent pas de s’allier contre lui. Sa technique, dans ce domaine, finit par être magistrale.

Vous encenser pour mieux vous couler

Il commence par vous encenser. Vous êtes le meilleur, le plus doué, le plus cultivé… Personne d’autre que vous ne compte pour lui (il n’hésite d’ailleurs pas à dire la même chose successivement à plusieurs personnes). Ces éloges et ces protestations d’attachement lui permettent de mieux « vous couler » ensuite en jouant sur l’effet de surprise, et de vous atteindre d’autant plus que vous ne vous attendiez pas à l’attaque et qu’il a en outre pris soin de choisir précisément le moment où vous pouviez le moins vous y attendre.

Se valoriser sans cesse et dévaloriser l’autre

Les narcisses cherchent à évoluer sous les feux de la rampe, à choisir des situations où d’autres pourront les admirer. Ils veulent capter l’attention de leurs semblables qu’ils considèrent, par ailleurs, comme de simples faire-valoir, victimes potentielles qu’ils n’hésiteront pas à critiquer en public, souvent insidieusement.

Le principe d’autorité

Il utilise son pouvoir de séduction, ses talents de comédien, son apparence de sérieux, toutes les facettes de ses « personnalités » pour s’imposer. Il aime arrêter toute discussion par quelque phrase définitive, utilisant le principe d’autorité : « Je suis malade ! », ou bien « Tu te rends compte de ce que tu me demandes ! », « Je ne peux pas discuter avec toi pour l’instant, tu vois bien que je suis pris »; "de toute façon tu fais toujours comme tu veux".

L’induction (suggérer l’idée à l’autre)

La grande force du pervers narcissique est l’art de l’induction.

Il s’applique à provoquer chez l’autre des sentiments, des réactions, des actes, ou, au contraire, à les inhiber. Il fonctionne en quelque sorte comme un magicien maléfique, un hypnotiseur abusif, utilisant successivement injonctions et séduction. Evitant d’exprimer à l’autre ce qu’il pense, de l’éclairer sur ses intentions, il procède par allusion, sans jamais se compromettre. Pour mieux duper, il suscite chez l’autre un intérêt pour ce qui va faire l’objet de la duperie, qu’il va rendre aussi alléchant que possible sans jamais en parler ouvertement. Etalant connaissances, savoir, certitudes, il va pousser l’autre à vouloir en savoir plus, à convoiter l’objet en question et à exprimer son désir de se l’approprier .

Il procède de la même façon s’il a l’intention a priori de refuser quelque chose. L’autre, qui n’avait pas l’idée de demander quoi que ce soit, va se sentir pris à contre-pied sans savoir exactement pourquoi : il se promettra alors de ne jamais demander quelque chose, il doutera de sa propre honnêteté, ou même se sentira suspect, entrant inconsciemment dans le jeu du pervers narcissique. Ce dernier, pour prendre l’ascendant sur sa « victime », assortira volontiers son discours d’un message moralisateur et s’affichera comme un être « noble et pur », contraignant l’autre qui ne veut pas être repoussé à s’identifier à cette morale, que cela soit dans l’acceptation ou le refus de la chose suggérée.

Faisant parler le pervers narcissique, Alberto Eiguer écrit : « Il faudrait que vous agissiez de sorte qu’il ne reste aucun doute que vous êtes moi... et que tout ce que vous faites, dites ou éprouvez, confirme que je suis le seul, moi, le plus grand et cela même au prix de votre propre disqualification ». On touche ici au fondement de l’induction narcissique.

Contradictions ou contradictions apparentes

Un jour, relâchant sa vigilance, le pervers narcissique pourra même se vanter auprès de tiers auxquels il prête ses propres pensées, de son succès : l’autre l’avait mérité, il « n’avait qu’à ne pas être si bête et si naïf ».

Mais même quand les contradictions de son comportement éclatent, semant le doute sur sa personnalité, ses intentions ou sa sincérité, il parvient le plus souvent à se rattraper et à restaurer la belle image de lui-même qu’il a laissée se fissurer par manque de prudence. Il affirmera alors, par exemple, qu’il a plaisanté et qu’il ne cherchait qu’à tester son interlocuteur.

La plupart du temps, on lui pardonnera malgré tout, parce qu’il sait se rendre sympathique et surtout parce qu’il a toujours une explication pour justifier un comportement soudain contradictoire. L’erreur « désastreuse » sera mise sur le compte d’une faiblesse momentanée, d’une fatigue, d’un surmenage, d’une maladie. Finalement, on se dira que toute personne « parfaite » est faillible.

« Le pervers narcissique, […] aime la controverse. Il est capable de soutenir un point de vue un jour et de défendre les idées inverses le lendemain, juste pour faire rebondir la discussion ou, délibérément, pour choquer. » (Marie-France Hirogoyen, Le Harcèlement moral"", page 108)

Emploi de messages paradoxaux

Le pervers narcissique se complaît dans l’ambiguïté. Par ses messages paradoxaux, doubles, obscurs, il bloque la communication et place sa victime dans l’impossibilité de fournir des réponses appropriées, puisqu’elle ne peut comprendre la situation. Elle s’épuise à trouver des solutions qui seront par définition inadaptées et rejetées par le pervers dont elle va susciter les critiques et les reproches. Complètement déroutée, elle sombrera dans l’angoisse ou la dépression (voir Marie-France Hirigoyen, « Le Harcèlement Moral », « La communication perverse », p. 111).

Calomnies et insinuations

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » (Beaumarchais).

Le pervers narcissique a le talent de diffamer sans avoir l’air d’y toucher, prudemment, en donnant l’apparence de l’objectivité et du plus grand sérieux, comme s’il ne faisait que rapporter des paroles qui ne sont pas les siennes. Souvent il ne porte pas d’accusation claire, mais se contente d’allusions voilées, insidieuses. À la longue, il réussira à semer le doute, sans avoir jamais prononcé une phrase qui pourrait le faire tomber sous le coup d’une accusation de diffamation.

Il usera du pouvoir de la répétition et ne cessera pas de semer le doute sur l’honnêteté, sur les intentions de l’adversaire qu’il veut abattre s’appuyant sur la tendance humaine à croire « qu’il n’y a pas de fumée sans feu ».

Fausse modestie

Lo

Tuesday, April 01, 2008 

Voici un article sur le pervers et ses troubles liés à la Psychopathie.

Histoire

 

Historiquement étaient désignés "pervers" les gens qui n’éprouvaient pas les symptômes de la pathologie mentale. Il y avait une notion d’économie psychique, les pervers ne semblant pas souffrir, par manque de moralité, dans leurs relations à la loi.

 

Le pervers, de manière répétitive et systématique, se distingue de la perversité en ce qu’il a une conduite sexuelle autre, déviée dans son but pulsionnel. Le besoin, pour aboutir à la jouissance, s’étaye sur des Objets supports de fantasme. Les gestes naturels de la reproduction ne sont pas suffisants, et d’autres prendront leur place de manière systématique. Pour faire naître le désir, le fantasme sera la condition nécessaire et suffisante, sans lequel la jouissance ne pourra être obtenue. On a alors un glissement de la totalité pulsionnelle vers un morceau, une partie qui devient essentielle à l’accomplissement.

 

Tout ce qui, de manière partielle participe à l’acte sexuel, fera partie des conduites perverses lorsqu’elles deviendront condition exclusive de la jouissance (accès au dossier "perversion sexuelle").

 

 

Moralité et normalité

 

Dans la perversité, il y a une notion de moralité. La perversité c’est ne pas être pur, de manière secondaire. Ce sera l’utilisation d’actes immoraux, accompagnée de satisfaction.

 

- Pervers : qui a un comportement anti-social.

- Perversion : modification pathologique des tendances affectives.

- Perversité : tendance à accomplir des actes immoraux.

 

Etre normal, c’est avoir la capacité de tenir droit sur un terrain en pente. Le pervers n’exprime aucune souffrance. Le pervers normal est celui qui peut se débrouiller sans dépendre des autres, sans faire trop souffrir. Le pervers pathologique sera celui qui fera souffrir les autres.

 

 

Approche psychanalytique

 

L’enfant est un pervers polymorphe en ce qu’il est branché directement sur ses pulsions (accès au dossier "pulsion"), sans connaissance de la réalité. Il sort définitivement de ce fonctionnement en même temps qu’il sort de l’Oedipe (accès au dossier "complexe d’Oedipe"). Il a alors acquis une censure de sa confrontation à la Loi.

 

L’origine pulsionnelle est liée au développement neuropsychique qui donnera à l’enfant le pouvoir de commander à sa bouche, puis à son anus et enfin à son urètre. Le manque, la frustration sont nécessaires pour que se réalise le besoin, sortant l’enfant de la position schizoparanoïde ("je commande"). Vient alors la position dépressive, la satisfaction n’est plus immédiate, le bébé reçoit quand l’autre.. -->created by http://psychiatriinfirmiere.free.fr--> lui donne (accès au dossier "petite enfance").

 

Le pervers n’a pas un désir, mais un besoin demandant une satisfaction immédiate. L’autre n’existe pas.

 

Avant le stade du miroir (accès au dossier "stade du miroir"), il n’y a pas d’identité. Au stade anal il y a un jeu avec le manque. L’enfant commence à dire non à la mère, et acquiert une maîtrise. Ayant acquis cette maîtrise, il peut donner activement. Il n’en est plus à subir passivement l’extérieur, il est devenu actif. L’enfant a une identité. A partir de là, de cette maîtrise limitée, il va vouloir tout conquérir. Il y a un sur-investissement narcissique, et l’enfant ne reçoit que des gratifications. Il pensera alors pouvoir apporter toutes les satisfactions à sa mère. L’enfant se mesure désormais à son père, et se trouve confronté à la loi. De par sa parole de tiers, le père y énonce sa présence. Si le manque a permit la représentation mentale, la loi permet de faire des associations d’idées dans un processus secondaire.

Cette loi sera une loi de protection qui évitera à l’enfant de déprimer après sa toute puissance. Il substituera un fantasme à cette dépression. En effet, s’il ne peut plus apporter les satisfactions libidinales, ce n’est pas qu’il n’est pas capable, mais parce que c’est interdit. On aura alors l’entrée en latence (accès au dossier "latence"). Les pulsions libidinales pourront être retirées de cette voie sans issue, pour les reporter vers l’apprentissage cognitif. La loi de castration permet à l’enfant de se retirer d’une expérience affective insatisfaisante. C’est donc une loi de protection qui le dirige vers la connaissance et la socialisation. 

 

L’interdit est la possibilité de tomber d’accord, c’est un consensus avec l’autre, la mère.

  • Avant 8 mois, il n’y a pas de différenciation avec le milieu.

  • Après 8 mois, confrontation à une problématique : moi (l’enfant) et les grands. Il a besoin de l’autre, dans une loi totalitaire en termes d’idéal. Ce sera l’univers refuge des états limites (accès au dossier "état limite"). L’enfant idéalise la toute puissance maternelle.

  • A partir de l’Oedipe, papa est une personne, qui est là pour dire et inter-dire (position de tiers). C’est la parole qui fonde la nature d’une loi intériorisée. "Le système de papa marche et je peux l’intérioriser". On ne peut pas être d’accord avec une loi qui ne marche pas, on ne peut que la subir, comme le petit bébé, totalitairement. C’est le dépassement de la position narcissique vers le respect de l’autre, un Idéal du Moi qui se détache du centre du Surmoi (accès au dossier "ça moi surmoi").

Si la mère lui laisse croire qu’elle n’a pas besoin d’un homme, que son enfant lui suffit, il s’imaginera qu’il n’aura pas besoin de grandir. Il faut que la mère montre sa confiance en la vie suffisante pour que l’enfant ne reste pas bloqué à un stade qui correspond à une organisation perverse. Il faut qu’elle ose laisser son enfant seul, qu’elle l’écarte quand elle rencontre le père.

 

 

Diagnostic différentiel

 

Il y a deux structures stables, la structure psychotique et la structure névrotique (accès au dossier "psychose état-limite névrose").

L’organisation psychosomatique n’est pas une structure et se joue à un âge très précoce. C’est un mode de fonctionnement qui n’inclut pas le fantasme, et la vie mentale reste très pauvre, comme dans l’alcoolisme par exemple (accès au dossier "psychosomatique"). 

L’organisation perverse se caractérise quant à elle par une apparence de génitalité, de fonctionnement social adapté et mentalisé. En réalité on a affaire à un déni de la réalité, qui découle directement du déni de la castration: "je suis le maître du monde".

Il ne s’agit pas ici de psychose. Le pervers n’a pas compris la nécessité du respect de l’autre, il dénie la nécessité de recevoir la loi du père. Il dénie qu’il soit différent, que ce soit au niveau des générations (enfant/adulte), au niveau du sexe (garçon/fille)... etc. Le fonctionnement psychique, très riche, est celui d’un enfant qui a partagé trop tôt des soucis d’adulte. Le père a fait vivre à l’enfant des émois pulsionnels, des excitations non maîtrisables. Il n’y a pas eu protection de l’enfant. Les parents n’ont pas eu de censure devant l’enfant, lui ont parlé en adulte, l’ont fait participer, lui ont mis sous les yeux. L’enfant a vu. L’adulte pervers était un enfant qu’on n’a pas protégé. Il en a conclu qu’il n’y avait pas de différence entre lui et l’adulte, qu’il n’y a pas de loi, le père étant dévalorisé, ridicule (insuffisance narcissique). L’enfant n’a aucune raison de s’identifier.. -->created by http://psychiatriinfirmiere.free.fr--> à lui. Sa loi ne marche pas.

 

Le pervers se croit donc à l’origine de la loi. Lui-même fera sa loi. Ainsi il sera d’une part délinquant, et d’autre part indélicat.

 

Psychopathie et perversion

  • Le psychopathe (organisation de personnalité état limite, confrontation à la loi, registre de comportement psychopathe) a un comportement moins mental, plus comportemental. L’abandonnisme est majeur. Il passe de l’idéalisation à la dépression sans cesse, et démontre qu’il est toujours abandonné. Sa mère était imprévisible (accès au dossier "psychopathie").

  • Le pervers pense, associe, utilise des comportements de mentalisation. Il s’est sauvé de la psychose et de la psychopathie en construisant lui-même sa loi. Il cherche la justification de la loi dans la raison, et ne l’écoute que dans ce qui l’arrange. Il démontre tout le temps qu’il a raison, et soutient que la loi a une essence rationnelle. Le pervers n’est pas coupable, mais aura quelquefois honte. Le père était trop prévisible. Le pervers n’est pas aussi instable que le psychopathe et peut se contenter des bénéfices d’une relation durable. Il est auto suffisant. Un pervers a eu une hyper stimulation, un bombardement de stimuli qu’il n’avait pas la possibilité de traiter par voie mentale. Il survit à des traumatismes relationnels trop précoces. Le pervers a aussi une confrontation à la loi ainsi qu’une organisation à part qui ressemble à l’état limite. Deux notions importantes chez le pervers: enfant qu’on n’a pas respecté, et composante abandonnique.

 

Aspect relationnel

 

Au tout début, la relation d’Objet est orale. L’Objet doit remplir (accès au dossier "relation d’Objet").

Puis la relation devient "lâcher/retenir". C’est alors une relation d’Objet anale.

Les relations d’Objet très primitives demandent très peu de coopération de l’autre, qui n’est pas bien différencié. Le pervers utilisera la relation sado masochiste car c’est une relation solide, qui apporte une sécurité affective. "Si je fais du bien, je ne suis pas sur qu’on me le rende. Si je fais du mal, je suis assuré d’avoir un retour". C’est un mode de relation qui ne parie pas sur l’autre. Le pervers essaie de disposer de l’autre, ne lui fait pas confiance.

 

Pour s’en tirer, l’enfant a été obligé de refuser la loi du père et de s’en créer une. La loi n’est pas protectrice, l’enfant a vécu dans une dérision. Le père lui a dit: "en dehors de là où je t’attends, tu n’existes pas". Le pervers fonctionne ainsi avec les autres. Il leur assigne une place, en niant le droit à la différence.

 

Le pervers pose la source de ce qui est bien et de ce qui est mal. Il existe chez lui des mécanismes abandonniques, ses modes de relation primitifs traduisant le manque de respect des parents à son égard. Il n’aura pas perception du manque, de l’interdit.

 

  • Sadisme : c’est le plaisir que l’on tire à faire souffrir ou humilier autrui. Dans le sadisme, il y a confusion entre le dynamisme érotique et le dynamisme agressif. Le but est de contrôler, maîtriser l’Objet affectif corporellement (il y aura donc souvent investissement dans la musculature) et psychiquement (investissement dans les comportements manipulatoires). L’angoisse de castration provoque une régression au stade sadique-anal. Pour ne pas être la victime, le sadique.. -->created by http://psychiatriinfirmiere.free.fr--> devient le bourreau.

 

  • Masochisme : c’est un retournement de l’agressivité sur soi (accès au dossier "agressivité"). Le plaisir est atteint dans la souffrance et l’humiliation. La personne masochiste impose son scénario à son partenaire car celui-ci est un instrument pour lui. Cela correspond à une régression au stade anal où la punition était recherchée pour le plaisir. Face à l’angoisse de castration, il se l’inflige lui-même pour éviter qu’on ne lui inflige. C’est sans cesse une répétition de la scène de castration. Dans le même temps, le masochiste se punit des désirs vis à vis de la Mère ou du Père. Dans le plaisir est la punition qu’il demande.

 

  • Exhibitionnisme : c’est la tendance à montrer à des tiers ses organes sexuels, en érection ou non. Cela concerne essentiellement les jeunes hommes. Le but est de susciter l’effroi, le scandale. C’est alors une scène où les deux protagonistes se touchent du regard, avant la fuite. Le regard de la femme est l’équivalent du substitut phallique. Face à l’angoisse de castration, l’exhibitionniste a besoin que l’Autre réassure sa possession d’un pénis. Ce comportement correspond à la persistance d’une pulsion partielle qu’était l’exhibition devant la Mère pour la séduire.

 

  • Voyeurisme : consiste à épier autrui à son insu et dans son intimité. C’est un moyen pour contrôler visuellement la scène primitive vécue comme une agression dangereuse. C’est aussi un moyen de vivre par procuration le rapport sexuel sans la crainte du châtiment qu’est la castration. C’est enfin la recherche.. -->created by http://psychiatriinfirmiere.free.fr--> du pénis chez la femme.

 

  • Travestisme : c’est le plaisir sexuel apporté par le port du vêtement de l’autre sexe, ainsi que l’imitation des attitudes corporelles de cet autre sexe. Ce comportement correspond à une identification primaire à la Mère préœdipienne. La Mère est vécue comme possédant le phallus (dans une inversion du complexe d’œdipe).

 

  • Fétichisme : perversion par déviation du but, le désir érotique se rapporte à une chose inanimée. C’est une défense contre l’angoisse de castration qui amène l’enfant à une véritable dénégation de l’absence de pénis chez sa mère. L’Objet fétiche est alors l’équivalent de ce phallus maternel dont la manifestation symbolique apparaît dans certains vêtements ou dans les cheveux, la fourrure... Surtout masculin, il se rencontre aussi chez quelques femmes qui vont valoriser une caractéristique vestimentaire ou corporelle du partenaire. Le sujet est souvent immature au niveau affectif, anxieux, timide. Le fétichiste a un rituel, et il démontre par là qu’il a la loi: "j’ai organisé l’univers, tout se passe comme je l’ai prévu".

 

Soin

 

Si les véritables pervers sont assez rares, leur pronostic d’évolution demeure sombre.

Ils sont très souvent incapables de se plier à une discipline institutionnelle, et restent principalement soucieux de satisfaire leurs appétits.

Le pervers rencontre en fait le psychiatre quand il s’est fait arrêter. Il recherche de lui-même le contact avec le stimulus, avec la loi. Lorsque la répression s’abat sur lui, ou quand il se trouve bousculé dans son système, pour une fois non prévisible, le pervers fait la démarche de rencontrer le psychiatre. Il y a eu surgissement d’un sentiment d’angoisse (accès au dossier "angoisse") dans le fait que l’on a pu disposer de lui. Au départ il avait tout prévu, mais ça ne se passe pas comme il le pensait, et se trouve confronté au manque: "je ne suis pas complet!".

Le moment de la dépression du pervers est alors à saisir pour lui permettre de se réconcilier avec ses affects, de reconnaître le risque de la différence...

Tuesday, April 01, 2008 

Vous trouverez dans ce blog quelques articles de Psychologie particulièrement intéressants, qui me parlent et que j’ai envie de faire partager à d’autres...

Il s’agit plus spécifiquement de maladies mentales lourdes, appartenant au domaine de la Psychopathologie.

Pour commencer voici un article sur les personnalités manipulatrices, perverses narcissiques, qu’on appelle également... Les personnalités BORDERLINES.

I. Définitions du Manipulateur
II. Les pervers narcissiques
III. Comment faire face
IV. Stratégies d’autodéfense
V. Cas du harcèlement moral
VI. Principes de contre manipulation

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I. définitions du Manipulateur :

1. Il culpabilise les autres, au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle, etc…
2. Il se déresponsabilise (reporte sa responsabilité sur les autres ou se démet de ses propres responsabilités).
3. Il ne communique pas clairement ses demandes, ses sentiments et ses opinions.
4. Il répond souvent de façon floue. il utilise des phrases mystérieuses pour déstabiliser et impressionner son interlocuteur.
5. Il change son discours, ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes et les situations ; il sait changer très rapidement de registre (ex: en alternant flatteries et menaces, il joue sur l’affectif...).
6. Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes.
7. Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, tout savoir et répondre immédiatement aux questions.
8. Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres ;
Il critique sans avoir l’air, dévalorise et juge (sous forme d’ insinuations ).
9. Il fait faire ses messages par autrui ou par des intermédiaires (téléphone au lieu de faire face, Laisse des notes écrites) ; n’informe pas clairement.
10. Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner et peut provoquer la rupture d’un couple.
11. Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne (maladie exagérée, entourage "difficile", surcharge de travail, etc.).
12. Il ignore les demandes (même s’il dit s’en occuper).
13. Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins (notions d’humanité, de charité, racisme, "bonne" ou "mauvaise" mère ).
14. Il menace de façon déguisée ou fait un chantage ouvert.
15. Il aime polémiquer mais peut changer carrément de sujet au cours d’une conversation.
16. Il évite ou s’échappe de l’entretient, de la réunion (est imprévisible, déstabilise)
17. Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire à sa supériorité.
18. Il ment.
19. Il ne pratique pas la communication vraie ; craint la transparence, aime le flou artistique, pratique le double langage
20. Il prêche le faux pour savoir le vrai, déforme et interprète ; il exagère un faux problème, pratique la mauvaise foi.
21. il utilise l’ironie et la dérision , les accusations manifestement fausses (mais invérifiables).
22. Il est égocentrique ( narcissique ) ; il est indifférent aux besoins des autres malgré ce qu’il en dit.
23. Il peut-être jaloux même s’il est un parent ou un conjoint.
24. Il ne supporte pas la critique et nie des évidences.
25. Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres.
26. Il utilise très souvent le dernier moment pour demander, ordonner ou faire agir autrui.
27. Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes, ses actes, ou son mode de vie répond au schéma opposé.
28. Il utilise des flatteries pour nous plaire, fait des cadeaux ou se met soudain aux petits soins pour nous (séducteur, il utilise d’abord le charme ; mais bientôt les flatteries feront place aux sarcasmes...). Vendeurs : attention à une trop grande proximité (jouent sur l’affectif, sur la sympathie et la confiance...)
29. Il produit un état de malaise ou un sentiment de non-liberté (piège)
30. Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais au dépens d’autrui.
31. Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas faites de notre plein gré.
32. Il est constamment l’objet de discussion entre gens qui le connaissent, même s’il n’est pas là.

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Les manipulateurs peuvent revêtir tous les masques :
Du sympathique au dictateur caractériel, en passant par le séducteur ou l’altruiste...
En gros :
« il pratique mauvaise foi et communication brouillée pour maintenir mystère et pouvoir.
Il prend un plaisir sadique à dévaloriser et à rabaisser son conjoint, ses enfants et ses collègues de travail.
Champion de la méchanceté subtile et de l’ambiguïté, il exploite les faiblesses des autres à son profit (renforcer son estime de lui-même).
L’affection, le partage, la franchise? Il ne connaît pas. Ce qu’il veut, c’est le pouvoir sur les autres. ».

C’est vrai que nous sommes tous un peu manipulateurs (ou à un degré moindre, persuasifs ou séducteurs).
Et pour être considéré comme un vrai "expert" manipulateur (!) ,
il faut correspondre à au moins une dizaine de ces 32 caractéristiques listées + haut (définies par Isabelle Nazare-Aga
).

Les vrais manipulateurs ont besoin d’être légitimés dans un statut où ils pourront exercer leur pouvoir ; d’après Isabelle Azare-aga, ils seraient à 90 % des hommes, et on les trouve surtout dans les professions suivantes, par ordre croissant :

- enseignants,
- médecins chefs (?),
- magistrature,
- pub, "show biz",
- responsables,
- politiques,
- gourous, etc


Mais « il n’existe pas de commune mesure entre :
- FAIRE de la manipulation (de temps en temps)
- et ETRE manipulateur.

En effet, il ne faut donc surtout pas confondre :

- la manipulation qui peut n’être qu’un comportement passager (stratégie de persuasion, séduction, chantage, etc),

- et la personnalité manipulatrice.

Le vrai manipulateur ment, embrouille, utilise les gens, cherche à culpabiliser ou à manipuler, il est de mauvaise foi, comédien, démagogue... parce qu’il ne peut pas faire autrement, parce qu’il en tire des bénéfices.

Il s’agit pour lui d’un système de défense souvent inconscient, mis en place dès l’enfance.
Ce système de protection fonctionnera tant qu’il en tirera bénéfices. En effet, il s’agit pour lui(elle) d’un véritable moyen de survie.
Mais :
Certains manipulateurs sont conscients de leur état, et dans ce cas, ils confinent à la perversité. » (pervers narcissiques).


II. Les pervers narcissiques :

Les pervers narcissiques (individus "toxiques" ou "vampires", sadiques, prédateurs, psychopates)
sont de vrais méchants et ont besoin, pour se sentir exister ou pour nourrir leur estime d’eux-mêmes,
de détruire celle d’autrui, de "casser" les autres ;
il considère donc l’autre comme un objet qu’il va manipuler, casser ou harceler pour arriver à ses fins.

Il s’agit d’individus, hommes ou femmes, ayant une personnalité de type narcissique (égocentrisme) assortie d’un comportement pervers :
déviation, dans leurs relations avec les autres, de l’instinct moral et social, de ces individus sans scrupules et sans états d’âme.

Pourtant, on ne trouve pas la "perversion narcissique" parmi les troubles de la personnalité officiellement répertoriés.
En effet, « les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. »

Noter que si les pervers sont toujours narcissiques (égocentriques), par contre les narcissiques ne sont pas toujours pervers
... heureusement !

Ainsi, une des caractéristiques du pervers narcissique :
manipuler en inversant les rôles bourreau/ victime
(persuader sa victime que c’est elle qui est responsable de ses ennuis et tourments...).

Les pervers narcissiques,

- se présentent d’abord comme des séducteurs flatteurs (aspect manipulateur) puis plus sarcastiques, ensuite avec leurs plus proches (épouse, collaborateurs, etc) cassants, blessants, dévalorisateurs, tyranniques... et finalement harceleurs.

- sont inaccessibles aux remords et aux scrupules,

- manquent d’empathie (incapacité à comprendre les sentiments et les émotions d’autrui ; refus de se mettre à la place des autres ; considère l’autre comme un objet, même ses propres enfants ; seuls comptent leurs propres intérêts),

- ils s’intéressent aux autres non comme une altérité, mais comme une proie possible,

- « ils "ne font pas (toujours) exprès" de faire mal, ils font mal (souvent) parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour "exister". »
Plus exactement, simplement pour se sentir mieux, certains harceleurs déchargent leur stress, leurs angoisses et leur hostilité sur une tierce personne souvent innocente et vulnérable.
Ils ne se rendent pas toujours compte qu’ils font du mal à ce tiers (ils "souffrent seulement" d’un grand égoïsme et d’un manque d’empathie), mais ça les soulage (au détriment d’autrui) et ils en retirent même le sentiment d’exister, voire un sentiment de puissance.

Pourtant, d’autres harceleurs et individus malveillants sont conscients de faire du mal, ils comprennent bien la détresse de leur victime et en retirent de la jouissance :
ce sont les vrais pervers narcissiques...

Et c’est ainsi que la personnalité narcissique perverse s’empare de la vie des autres. Ces individus font souffrir leurs victimes en silence. Ils les réduisent à néant en les dépossédant de leur vitalité, de leur confiance en eux, de leur estime d’eux-mêmes.
Le narcissique est en quelque sorte un voleur...un voleur de vie, un voleur d’âme.


III. Comment faire face :

J’ai relevé plus loin qques recettes relevées dans la littérature spécialisée concernant plutôt ces agresseurs pervers narcissiques :

1) comment faire face aux attaques malveillantes, à la méchanceté et à la mauvaise foi
2) principes de contre-manipulation

Si l’on ne peut fuir ces personnalités toxiques, comment faire face aux attaques malveillantes, à la méchanceté et à la mauvaise foi ?

Analyser au plus vite l’agression, la situation et l’adversaire afin de le déstabiliser
(on dit que l’esprit de répartie peut se cultiver ! ??? ) :

• prendre du recul (détachement nécessaire ), donner aux choses et aux événements une valeur relative :
• facile à dire ?… pour cela, il existe différentes méthodes dont celles évoquées plus loin.

Mais ces situations exigent une décharge émotionnelle immédiate, donc l’intelligence est d’ éviter l’agression de plein fouet ! (éviter l’affrontement direct ) =>


IV. Adopter une stratégie d’autodéfense =>

- répondre, ne pas encaisser ; mais :

• agir, ne pas réagir ;
• éviter de se justifier ;
• éviter la transparence ;
• éviter la profondeur ;
• éviter spontanéité et impulsivité ;
• ne pas sourire au tyran (sauf humour et ironie) ; le regarder dans les yeux ;
• utiliser l’humour et la dérision (qd c’est possible), afin de faire perdre toute substance au discours du manipulateur ou du tyran ;
• surtout ne pas lutter de front (face à un manipulateur ou à un pervers narcissique, on est toujours perdant !).

- sinon (suivant les cas ) :

• l’ignorer, jouer l’indifférence =>
apprendre à ne pas réagir aux provocations, à garder son calme, son sang-froid, etc, …..

Pour certains, le plus dur est sans doute de garder son sang-froid et prendre du recul dans ce genre de situation ( comment libérer cette surcharge émotionnelle ?... ) ;
et cela ne prend-il pas une toute autre dimension, lorsque les humiliations ont lieu "sur la place publique" et que le provocateur ou harceleur parvient à mettre le public de son côté ?...

Mais le fait même de mettre en place ces stratégies, d’ anticiper,
aide à prendre ce recul salutaire... et à éviter l’affrontement direct

( d’où l’ intérêt des exercices de
respiration/ concentration/ méditation/ cohérence cardiaque/ yoga/ arts martiaux
, etc !...)


V. Cas du harcèlement moral :

À propos du harcèlement moral et du profil des harceleurs, il faut je crois distinguer :

- les personnalité paranoïaques (1)/ psychorigides
(ou simplement des "JCD" aux dents longues ? (2))

- des personnalités manipulatrices, très différentes.

Les individus mégalos, toxiques ou "vampiriques", il faudrait bien sûr absolument les éviter ou les ignorer.
Mais parfois, c’est impossible (au travail, notamment).
Dans ce cas, il faut jouer un jeu où l’on est plus soi-même.

Mais apprendre à gérer l’agressivité (la sienne, celle de l’autre) peut aider à grandir, à s’affirmer, à retrouver l’estime de soi-même.

Pour le reste, la répartie avec ironie et humour léger, on peut s’y exercer.
C’est sans doute plus difficile pour certains que pour d’autres.
Avec ces personnes, il faut se montrer superficiel ou mystérieux.
Pas forcément très compliqué : faire des phrases courtes, floues ou stéréotypées.
Les situations se répètent, il est donc possible d’anticiper.


On peut trouver des infos
- dans le bouquin d’Isabelle Azare-aga
« les manipulateurs sont parmi nous »,
- peut-être aussi dans celui de MF. Hirigoyen
« le harcèlement moral - violence perverse au quotidien » déjà cité plus haut,
- ou encore dans « le harcèlement psychologique » (D. & K. Rhodes - Marabout ).

Toujours dans ce contexte de harcèlement moral, les personnalités manipulatrices sont en général plus difficiles à gérer que les personnalité paranoïaques/ psychorigides =>


VI. Principes de contre manipulation (extraits de "les manipulateurs sont parmi nous") :

• faites des phrases courtes,
• restez dans le flou,
• utilisez les phrases toutes faites, les proverbes et les principes,
• utilisez aussi le "on" (généralités),
• faites de l’humour dès que le contexte le permet,
• souriez, surtout en fin de phrase, si le contexte le permet,
• pratiquez l’auto-dérision,
• restez poli, n’entrez pas dans la discussion si elle ne mène à rien ou à la dévalorisation,
• évitez l’agressivité,
• utilisez l’ironie et la dérision seulement si vous renvoyez un message et si vous êtes sûr de vous,
• surtout, ne vous justifiez plus
j’ajouterais qd même à cette liste : apprendre à s’affirmer, à dire non (travailler sur la passivité, sur ses dépendances, ses modes d’attachement, la confiance en soi) ... un gros travail pour certaines personnes.
Notamment celles qui "recherchent" inconsciemment les rôles de victimes...
Les personnes "énergiques" et qui ont une bonne image d’elles-mêmes réagissent plus vite face aux attaques. Mais personne n’est à l’abri de la manipulation, de la malveillance sournoise et de la mise sous emprise (3).


(1) Paranoïa :
à côté des paranoïaques tendance psychorigide et agressive (potentiellement harceleurs),
il y a aussi, à l’inverse (côté victimes), les personnalités plus ou moins "paranos", tendance victimes, qui ont tendance à toujours se croire harcelées :
il s’agit souvent de tempéraments hypersensibles...
(mais la susceptibilité peut être temporaire, liée à une déprime et à une perte de confiance en soi)


(2) "JCD" (jeunes cadres dynamiques aux dents longues) :
il pourrait s’agir, de la part du "petit chef", de la peur de ne pouvoir asseoir son autorité ;
il pourrait aussi ne s’agir "que" d’une situation de blocage au travail, où...

...« plus le manager s’efforce de "soutenir" son collaborateur (parfois brutalement ou maladroitement, surtout s’il s’agit d’un jeune manager), plus le collaborateur doute de ses propres capacités et se replie sur lui-même.
S’installe alors un cercle vicieux qui engendre beaucoup de souffrance et qui peut se révéler coûteux en termes de carrières »

D’après le livre de JF. Manzoni et Jean-Louis Barsoux :
« Relations difficiles au travail – Rompre le cercle vicieux », (2004)
édition originale aux US sous le titre « The Set-Up-to-Fail Syndrome », 2002 :

Ce livre part d’un constat quelque peu dérangeant : les collaborateurs peu performants ne sont pas mauvais malgré les managers qui les pilotent mais bien au contraire à cause d’eux.
De « bons managers » peuvent mettre durablement de « bons » collaborateurs en situation d’échec.

La dernière partie (chap.11) s’attache davantage au cas particulier de la France ...

Autre ouvrage de Jean-Louis Barsoux :
« French Management : Elitism in Action » (1997 - 2005 ?)


(3) Dans son livre « Femmes sous emprise », Marie-France Hirigoyen explique que la violence conjugale est un processus complexe où les coups sont l’aboutissement d’un mode relationnel mis en place au sein du couple et essentiellement marqué par la domination.
Pour M.-F. Hirigoyen, plus la violence a été subie longtemps, plus il est difficile d’en sortir. Voilà pourquoi il faut réagir le plus tôt possible. Dès les premiers signes.
Les femmes "énergiques" et qui ont une bonne image d’elles-mêmes réagissent plus vite face aux coups. Mais personne n’est à l’abri de la manipulation, de la mise sous emprise.
C’est pourquoi il faut que les femmes apprennent à repérer le plus tôt possible les signes avant-coureurs de la violence des hommes.
L’agresseur pourrait être un manipulateur orgueilleux et introverti, jaloux et possessif, qui va d’abord user d’alternance entre douceur et menaces : menaces d’abord insidieuses puis plus directes pour instaurer la peur.
Résultat : un processus de dissociation psychique (comparable au "syndrome de Stockholm" qui désigne l’empathie de certaines victimes de prise d’otages pour leurs ravisseurs).
Petit à petit, l’homme amène la femme à douter d’elle-même et à perdre tout sens critique en lui faisant subir des violences psychologiques d’abord insidieuses (communication paradoxale), un contrôle jusqu’à l’isolement, le harcèlement, le dénigrement, les disqualifications, les humiliations, les menaces, les insultes, voire les coups (prendre garde à réagir dès les premiers coups !).
Ce processus peut prendre des mois, des années, jusqu’à ce que les femmes sous emprise finissent par être persuadées que leur mari a raison et qu’elles ne sont bonnes à rien.
Noter que ce processus existe aussi dans une relation homosexuelle.

Source : Dossier « Violences conjugales » dans Le Nouvel Observateur (juin 07,
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2222/articles/a346349-pourquoi_elles_subissent.html ).