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Last Updated: 10/26/2009

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City: Chez les ovnis du crépuscule
State: Aquitaine
Country: FR
Signup Date: 5/8/2007

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Wednesday, October 14, 2009 

Current mood:  catalyzed
Évidemment, Hubert-Félix Thiéfaine est là depuis toujours. D’ailleurs, je me suis souvent demandé à quand remontait Thiéfaine. Était-il au début du siècle ou plutôt vers la fin ? Et puis, quelle tête avait-il ? Je n’avais jamais vu de photo de Thiéfaine. Je l’ai souvent fantasmé en clochard magnifique. Je lui donnais un visage plutôt triste et ridé. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu pour la première fois des photos de ce type si beau. Pour moi, avec une tête pareille, on ‘était crooner, lover, on chatntait Sinatra.
Dans mon village, les grands écoutaient Thiéfaine. Ce qui me marquait, à l’époque, c’étaient que les gens chantaient tous ses textes par cœur, comme à la messe. « Lorelei » passait à la radio, et il y a en avait toujours un pour prendre la guitare en fin de repas et chanter « La fille du coupeur de joints ». Un hymne intemporel. Évidemment, tout le monde reprenait en chœur les paroles. Cette chanson devrait remplacer « La Marseillaise » avant les matchs de foot. Je l’imagine réorchestrée avec cordes et vents, juste pour voir.
J’ai acheté « Soleil cherche futur » pour cette phrase entendue trop jeune : « N’est-ce pas merveilleux de se sentir piégé ? », et puis cette pochette très punk. Ces deux mômes et le gamin qui nous menace avec un tesson de bouteille. Les pochettes sont importantes dans mon rapport à l’œuvre de Thiéfaine. Celle avec les chaussures à l’envers sur fond de ciel bleu était accrochée au mur du meilleur pote de mon grand frère, à côté de la langue des Stones, ça compte.
Oui, Hubert-Félix Thiéfaine est important. Son ombre plane au dessus de la chanson, comme s’il était là, quelque part, caché mais bienveillant. Thiéfaine est un jeune homme de cent soixante-douze ans. 
…/…
« Gynécées » est un texte splendide. Avoir le droit d’écrire une musique sur ces paroles, c’était comme obtenir la permission de poser ses mains sur la plus belle des filles. Je n’ai pas pu croiser Ferré, mais j’ai chanté avec Thiéfaine. J’ai été très impressionné de poser ma voix auprès de la sienne en studio. Vous ne pouvez pas imaginer combien j’ai frimé avec les copains, après ça.
Ce qui m’a le plus touché ? Son extraordinaire gentillesse.
Cali.
extrait de « Jours d’orage », de Jean Théfaine.

Saturday, August 29, 2009 
Sunday, August 02, 2009 


http://www.youtube.com/watch?v=IkCWKm2kLPo

Merci à Lorelei et La Doubiste.

Monday, July 13, 2009 

Current mood:alambiqué
Alambic sortie Sud a parcouru des tuyaux entortillés avant de voir le jour. Cette fois, Claude Mairet a écrit toutes les musiques, chacun a travaillé un peu en solitaire, longuement. "En fait, ironise Hubert, sans cette foutue rumeur on y travaillerait encore". Car c'est l'un des rares artistes français, sinon le seul, sur qui ait couru une rumeur de mort (par overdose). Rumeur tenace ; pendant l'été 1984, les rédactions sont assaillies de coups de téléphone indignés ("Quoi, Thiéfaine est mort, et vous n'en parlez pas ?"). Curieusement, le bruit court précisément quand Thiéfaine commence vraiment à vivre. "Comme si les gens recevaient seulement le contenu de Dernières Balises. Trois ans auparavant, cette rumeur aurait joué mon jeu. Là, au début j'ai rigolé, après j'ai trouvé ça pesant". Il répond donc par la sortie d'Alambic, où il glisse une sarcastique chanson programmant sa mort pour "Un vendredi 13 à 5 heures", le jour de l'immatriculée-contraception ou une connerie comme ça. Exorcisme pas triste.

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Surprise, Thiéfaine se montre un peu sur la pochette, de dos, à demi nu. Assis dans une lumière océane (ou galactique), il regarde un poste de radio, annonçant, dirait-on, musiques visuelles et paroles en relief. Effectivement, il y a de ça. La perfection et la précision de cet album confinent presque à la sophistication. Esthétiquement, Alambic sortie Sud est un point limite. Tendu, nuancé, une pulsation intense et maîtrisée. Thiéfaine s'amuse parfois à quitter la caverne, mais ça se présente mal : La terre joue au bingo sa crise d'adolescence. Alors l'animal futurien s'octroie sa part de rêve, dans une rumination solitaire, un peu passive. Il rit beaucoup dans cet album, mais du rire sans joie des gueules de bois. Toutes les illusions retombent. Et j'ai beau raccorder mes fils/J'traîne un' vieill' caiss' marquée fragile. Les chansons ont la chaleur mouillée de l'alcool et de l'amour ; ici, le climat serait plutôt celui de la vie fœtale.

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J'voudrais rentrer dans ta matrice

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Comme au vieux temps d'ma létargeo

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Quand je jouais avec la matière

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Dans la chambre des éprouvettes

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Au milieu des années-lumière

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Et du rougeoiement des planètes

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Les musiques, portées surtout par chœurs et synthés, aident Thiéfaine à flotter entre le vert et l'écarlate, entre une science-fiction interstellaire et un passé sous-marin : Je flye vers le chaos caché/Dans les vestiges de ma mémoire. Entre 1980 et 1983, il a fait le tri, reconstitué ces vestiges, recollé les morceaux ("ma période Catgut") ; à partir de 1983, il "joue avec le puzzle".

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Fin 1985, au milieu d'une grande tournée, Thiéfaine passe quatre jours au Zénith. 12000 personnes l'applaudissent au festival de Nyon, au cours de l'été 1986, où il participe aussi au festival de Québec. Il trouve le temps d'élaborer un album, Météo für nada, qui paraît fin 1986.

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Currently listening:
Alambic /Sortie Sud
By Hubert-Félix Thiéfaine
Release date: 2007-11-19
Sunday, June 07, 2009 

Current mood:  knighted
Soleil cherche futur, paru en 1982, ressemble un peu à Dernières Balises, d'abord par la pochette aux enfants. Mais les couleurs sont plus chaudes. Enfin, Thiéfaine envisage un futur, quant au soleil, ce n'est plus tout à fait le vieux soleil glacé du précédent album. Le héros est toujours fatigué, mais il cherche à sortir du souterrain. Seulement, il ne se paie pas d'illusions : les souvenirs qu'on laisse en route, le temps qui passe, les idoles qui sont toutes fausses, le voilà coincé, entre la nécessité de vivre et le désir de fuir. Dernières Balises ressemblait aux nausées de l'enfance, celui-ci se rapprocherait plutôt de la naissance. Si t'as peur de t'mouiller, retourne à ton fœtus. Les dingues et les paumés, eux, enfermés dans leur errance (remarquablement illustrée par une musique circulaire, close sur elle-même), s'arrachent leur placenta. Hargne ou tristesse, turbos ou violons, rien de bien gai. Mais l'amour ouvre de jolies perspectives, et Thiéfaine met plus de drôleries dans ses expressions. Quant à la musique, où Claude est de plus en plus présent, vibrante, obsédante, elle s'enrichit de gags sonores réconfortants : chœurs coquins, match à la télé, pépiements et tyrolienne au soleil.
 
Ce bel album remporte un énorme succès. "Lorelei Sébasto Cha", tendre putain, hante les hit-parades radiophoniques. En quatre mois, Soleil cherche futur est disque d'or. Par dizaines de milliers, les vingt-vingt-cinq ans découvrent Thiéfaine, dont ils achètent aussi les premiers albums (actuellement ses meilleures ventes, après son double live, sont toujours Tout corps vivant et Autorisation de délirer). Thiéfaine revient à l'Olympia, cette fois pour une semaine. Cependant, dès que le succès lui tombe dessus, il freine la machine. Au moment où il réalise les rêves de son enfance, il envisage d'arrêter. Avoir de l'argent ? Non merci. Lui, il pensait continuer à "zoner, et puis à écrire et à chanter pour la beauté du geste". Là, il s'agit non seulement de vivre de la chanson, mais de mener une carrière. Le trou dure deux ans, mais, tout en décidant d'abandonner, Hubert continue à écrire. Alors...



Photo : © collection particulière Yannig :

Currently listening:
Soleil cherche futur
By Hubert-Félix Thiéfaine
Release date: 2001-10-01
Saturday, May 09, 2009 
Saturday, April 25, 2009 

Current mood:  enthralled
Bonjour bonsoir les thiéfainautes!
Un petit sondage pour m'aider à faire le choix des prochains titres en écoute sur la page clandestine d'H.F.T...
Si vous voulez jouer, donnez-moi les titres de vos quatre chansons préférées du monsieur, par ordre de préférence.
Pas facile de choisir, je le reconnais...Donnez-moi alors les titres des chansons que vous aimeriez écouter prochainement sur la page clandestine. A bientôt!
Amitiés acheftéspaciennes.
The ClandestinO-HFT-Space-Master.

Pour ma part, c'est:
1 - Les dingues et les paumés
2 - Affaire Rimbaud
3 - La vierge au Dodge 51
4 - Les fastes de la solitude
Currently listening:
Thiefaine 78-98
By Hubert Felix Thiefaine
Release date: 2007-11-19
Friday, April 17, 2009 

Current mood:  triumphant
La rupture qu'annonce l'album est radicale sur scène. Fin 1980, Thiéfaine laisse tomber accessoires et déguisements, se coupe les cheveux très court, se montre d'une austérité totale. A part une concession au Printemps de Bourges en 1981, il casse son rapport avec un public interloqué. "Je ne comprenais pas comment j'avais pu être sur scène cet hurluberlu provocateur. Dans les interviews, au contraire, j'étais presque muet. Les gens me prenaient pour un guignol, un mec superficiel". Le fossé s'agrandit, jusqu'à devenir intenable. De l'année 1980, Hubert garde un souvenir flou. "Ça se barrait de partout, c'était la déchirure, avec Tony, avec Machin, avec l'agence Écoute s'il pleut... Je les aimais bien, ces mecs, mais c'était le non-dit. Tout merdait, ma vie sentimentale était une catastrophe. Dans le métier je réussissais, mais ma vie personnelle était un échec. Je passais des nuits entières pour savoir quel choix j'allais faire, entre la vie et la mort. A l'époque je prenais pas mal de dope, j'avais des sortes de visions, c'était toujours la mort qui arrivait". Car à ce moment-là, tous les moyens sont bons, du whisky à l'héroïne. "Je travaillais sur Dernières Balises, qui a donc une écriture junkie. Mais je n'ai jamais été junkie. Il y a eu cette courte période, ça a duré un mois, si j'avais continué une semaine, je l'aurais été". Un jour il se voit dans une glace. "J'étais vert, j'ai eu très peur. Je me suis trouvé minable, pas de mourir mais de le faire dans ce laisser-aller. J'ai pris un sac à dos et suis parti marcher une semaine à 2000 mètres. J'avais le sentiment d'avoir foutu en l'air trente ans de ma vie, je n'existais pas vraiment, là j'ai décidé de vivre, mais de vivre autrement". Thiéfaine, une "personnalité fragile", ai-je lu quelque part. Oui, d'une certaine façon. N'empêche, il faut être sacrément costaud pour stopper ce genre de processus. La voiture a une roue dans le vide, mais elle a aussi de bons freins. Hubert revient à Paris. En quête de lui-même, il cherche, trie, analyse, fait table rase pour pouvoir repartir, reconstruire. Dès lors, sa vie colle à ses albums de façon synchrone, à quelques chansons près. Les trois disques de la recherche sont Dernières Balises avant mutation, ou la plongé dans la détresse ; Soleil cherche futur, le début d'une remontée ; et Alambic sortie Sud, l'appel du futur, dans des moiteurs d'alcool et de nostalgie. Même le titre de Dernières Balises avant mutation est inquiétant. D'accord, il annonce une métamorphose, mais la mort en est une. L'ambiance est sulfureuse et bourbeuse dès la pochette, avec cette charmante gamine, putain au recto, sorcière-princesse au verso, le regard triste et malicieux, le sourire fier, un cœur percé d'une seringue entre les mains.

Ce disque douloureux est terrible ; courageusement, Thiéfaine y avoue sa vulnérabilité, met à vif des plaies profondes. Le clown se démaquille.

"Et moi je n'irai pas plus loin
Je tiens ma tête entre mes mains
Guignol connaît pas d'sots métiers
Je ris à m'en fair' crever".

Même sa voix change. Finis cris et soupirs facétieux, fini l'accent franc-comtois fleuri de cancoillotte et d'arbois, la voix se dénude, se rapproche de la fêlure intérieure. Musicalement, c'est le grand tournant ("mon premier disque rock"). Claude écrit presque tous les arrangements, compose plusieurs musiques. Les guitares épousent métalliquement les mots, crachés par un stylo noir. Thiéfaine, plongeant dans ses bas-fonds personnels, rencontre les égouts de l'univers, les miroirs de la honte, des fluorescences froides, des regards figés. Il en veut pour sa faim, mais ne trouve, pour sa fin, que des ersatz vénéneux. La solitude se déchire dans un piano douloureux, s'exaspère de lancinances au saxophone. Pas d'issue pour les paumés.

De l'amour... s'est vendu à 12000 exemplaires en un an, Dernières Balises, qui paraît en 1981, crée la surprise : en un peu plus d'un an, il est disque d'or. A la fin de l'année, outre une triomphale tournée en province (33000 spectateurs en vingt villes), Thiéfaine donne une soirée unique à l'Olympia. Stupéfaction. Le showbiz découvre un inconnu dont le passage déclenche des émeutes ; la salle est trop petite, des centaines de fans restent sur le trottoir du boulevard des Capucines. Hubert, lui, se rappelle qu'un journaliste, deux ans auparavant, avait écrit : "On ne verra jamais Thiéfaine à l'Olympia".




Currently listening:
Dernieres Balises: Avant Mutation
By Hubert Felix Thiefaine
Release date: 2007-11-19
Sunday, March 29, 2009 

Current mood:  talkative
Sans vouloir voler le concept au myspace officiel, j'avais juste envie de prolonger l'effet "Séquelles".
Ici, amusez-vous à déposer en commentaires vos impressions de concert, vos premiers contacts avec l'univers de Thiéfaine, vos souvenirs, vos délires... tout est permis!




Currently listening:
Live Au Bataclan
By Hubert Felix Thiefaine
Release date: 2009-03-16
Friday, March 27, 2009 

Current mood:  bummed
Les trois premiers disques résument dix ans d'écriture : la chanson la plus ancienne, le très juvénile "Je t'en remets au vent", remonte à 1966. Les pochettes travaillent dans le camouflage clownesque, faux nez rouge ou grosse moustache, humour à la Gotlieb. Musicalement, la fantaisie éclectique de Machin, avec Tony pour orchestrateur, s'exerce aussi bien sur des orgues éthérées et des guitares pop que sur des pianos boogies et des complaintes à la flûte ; plus, à l'occasion, quelques arrangements pour limonaire ou chasse d'eau.
"Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir..." (un titre digne du prénom) est bien dans l'air du temps : humour iconoclaste, façon Fluide glacial, surréalisme et non-sens, dérision (Liberté, liberté, ben ouais, quoi). Typiques aussi, le refus de toute autorité, les règlements de compte avec Mai 68, la morale de la flemme et des joints. Mais s'il tombe à pic en ces années de faillite, Thiéfaine ne l'a vraiment pas fait exprès - ses chansons, il les promène depuis longtemps. En plus, il ne se contente pas de rigoler sur le dos des institutions et des idées toutes faites. Le couple catastrophique de "La dèche, le twist et le reste" annonce les futurs naufrages, et "Le chant du fou" a des accents prophétiques empreints de mort et de folie.
C'est avec "Autorisation de délirer" que Thiéfaine démarre vraiment. L'album, paru début 1979, passe à peu près inaperçu jusqu'à l'été, où on l'entend beaucoup sur FIP et sur France-Inter, à l'émission de Jean-Louis Foulquier. Les ventes grimpent à l'automne, atteignant 8500 exemplaires à la fin de l'année. "Autorisation de délirer", qui a plus d'unité que le précédent, est un disque explosif. "Tout corps vivant" comportait encore quelques naïvetés de jeunesse, ici mort, sexe et folie éclatent partout, dans le rire-délire d'une violente révolte contre le système, les beaufs, la médiocrité et les commerces de toutes espèces (sexuel, politique, musical ou spirituel). L'album est plus dansant, plus incisif que le premier. Claude Mairet apparaît aux guitares et pour les arrangements d'une chanson. Car Hubert a retrouvé Claude, qui entre-temps avait constitué un groupe de rock, Guidon, Edmond et Clafoutis (...). Claude s'intègre aux spectacles, en duo avec Hubert ou mêlé aux autres musiciens ; tous deux ont des projets communs : Hubert ne perd pas le rock de vue, au contraire.
Si les deux premiers albums se sont réalisés dans la joie, le troisième, "De l'amour, de l'art ou du cochon ? "est, au dire même d'Hubert, un album bâtard, qu'il faut sortir parce que le succès commence à s'installer, mais où il ne se reconnaît plus tout à fait. Il est déjà dans "Dernières Balises avant mutation".
En 1980, il passe à la Gaîté-Montparnasse où il totalise plus de 2000 spectateurs en six représentations ; la presse commence à s'intéresser au phénomène, le public est enthousiaste, mais pour Hubert le cœur n'y est plus. "J'étais l'imitateur de ce que je faisais avant, pour ne pas décevoir le public, qui venait me voir avec mon drapeau, ma balayette à chiottes et mes cacahuètes. Matériellement, ça s'arrangeait, mais dans la tête ça se dégradait". "De l'amour, de l'art ou du cochon ?" oscille entre la fleur et le revolver, le morbide et la frénésie, l'éclat de rire et le cri de détresse. Les musiques hésitent entre musette-rock, reggae et bossa-nova. Mais on devine quelle route va prendre Thiéfaine. La tendance est de plus en plus rock, et, si presque toutes les chansons parlent d'amour, elles débouchent aussi sur l'ennui et la folie. "Vendôme Gardénal snack", dernier titre du disque, augure de la suite :

"Et tu lèves les yeux quand passent les cigognes
Qui vendent la tendress' le soir au marché noir
Dans la rue des travelos t'as rencontré guignol
Qui s'était déguisé en poète illusoire
Je t'autorise à me jeter..."




Currently listening:
Autorisation de Délirer
By Hubert-Félix Thiéfaine
Release date: 2007-11-19